La semi-retraite: un nouveau standard

Êtes-vous prêt pour cette nouvelle phase hybride de la vie?

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Les baby-boomers, dont je fais moi-même partie, sont réputés pour avoir bouleversé à peu près tous les milieux auxquels ils ont touché. L’immobilier est probablement le premier marché important à avoir subi les effets de leur venue, et personne n’est sans savoir ce que cela a entraîné comme conséquences dans les régions comme Toronto et Vancouver. Maintenant que leurs enfants quittent un à un le cocon familial et que la fin du travail traditionnel approche pour certains, les boomers s’apprêtent à redéfinir ce qu’est la retraite.

La prochaine vague de retraités n’arrêtera pas complètement de travailler.

Bien sûr, je connais quelques couples de baby-boomers qui ont choisi la bonne vieille retraite. Toutefois, la plupart d’entre eux cotisaient depuis longtemps à un régime à prestations déterminées. Plus tôt cette année, ma femme et moi avons participé au 40e anniversaire de notre promotion à l’université. La majorité des personnes dans la salle avaient donc 62 et 63 ans. À l’exception de deux couples (un était formé de deux professeurs et l’autre, de gens plus âgés), tous ceux qui étaient présents travaillaient encore, au moins à temps partiel.

Cela ne surprendra pas ceux qui ont lu Retire Retirement (mettre la retraite à la retraite), un livre de Tamara Erickson paru en 2008. On peut y lire qu’en 1900, la vie professionnelle standard ne durait que 20 ans, mais que pour les boomers comme moi, elle se rapproche plutôt des 40 ans. L’auteure suppose même que les enfants du millénaire passeront près de 60 années de leur vie au travail.

La raison principale de ce changement est la longévité. En effet, la plupart des gens peuvent s’attendre à vivre plus longtemps qu’auparavant grâce aux percées médicales. Ces probabilités augmentent davantage pour ceux qui portent une attention particulière à leur mode de vie et à ce qu’ils mangent, en plus de faire de l’activité physique. À cet effet, l’hebdomadaire britannique The Economist expliquait l’été dernier que les gens d’aujourd’hui, particulièrement les enfants, devraient profiter d’une espérance de vie prolongée. Ainsi, ceux qui atteindront le cap des 100 et des 110 ans seront de plus en plus nombreux.

Selon les auteurs du livre The 100-Year Life: Living and Working in an Age of Longevity (la vie de centenaire: vivre et travailler à une époque de longévité), les «enfants qui naissent en Occident aujourd’hui ont plus de 50 % de chances de vivre jusqu’à 105 ans». En comparaison, ce taux n’était que de 1 % il y a à peine un siècle. Cela signifie donc pour eux une durée de carrière se rapprochant plus de 80 ans que de 60. Cette nouvelle réalité mettrait ainsi fin au modèle que l’on connaît (école-travail-retraite), surtout avec les faibles taux d’intérêt actuels et la disparition des régimes de retraite à prestations déterminées. En d’autres mots, il est bien possible que les enfants du millénaire répètent le cycle école-travail-repos plus d’une fois dans leur vie.

Bien que le terme «retraite» ne représente plus ce qui nous attend maintenant, il est difficile de trouver celui qui le remplacera. Ce que l’on entend le plus souvent de nos jours est «semi-retraite» ou «deuxième carrière». Dans tous les cas, c’est l’étape qui suit un emploi traditionnel, mais qui précède l’arrêt complet qui survient — souvent assez brusquement — à 65 ans.

Si vous êtes en mesure de faire la transition entre votre vie professionnelle et un éventail de contrats pour différents clients, en plus d’activités en tout genre, vous avez de bonnes chances de bien vous porter lors de votre semi-retraite. C’est très important, surtout si l’on considère que cette étape pourrait durer plus de 20 ans pour certains.

Vient ensuite le temps de vous demander si vous êtes prêt pour cette nouvelle phase hybride de la vie. Selon Ian Taylor, auteur du livre Are You Ready for Semi-Retirement? (êtes-vous prêt pour la semi-retraite?), peu de boomers y sont bien préparés. En effet, seulement 10 % à 15 % d’entre eux auraient atteint un niveau d’indépendance financière suffisamment élevé pour passer à une autre étape à 65 ans. Heureusement, quiconque a acheté une maison et a terminé de la payer devrait être à l’aise.

Toutefois, cela ne règle que le côté financier. Il serait faux de croire qu’avoir suffisamment d’argent est la seule condition pour se permettre de rester à la maison. Avez-vous déjà essayé de ne rien faire durant une longue période? Le fait est qu’une retraite non planifiée passée à compter les heures peut s’avérer difficile: vous pourriez en mourir d’ennui.

Dans mon cas, cela m’aura pris deux ans et demi d’essais-erreurs pour trouver mon juste équilibre. Trop de travail me stressait, mais ne pas en avoir assez m’ennuyait. C’est à ce moment-là que l’indépendance financière entre en jeu: lorsque vous l’avez, vous pouvez travailler autant ou aussi peu que vous le souhaitez.

Peu importe la quantité d’argent qu’une personne possède, la nature humaine fera toujours en sorte qu’elle aura besoin de nouveaux défis, de stimulation mentale, de contacts sociaux et d’une structure. Perdre toutes ces choses d’un seul coup peut rendre la vie très pénible. Il existe même un terme en anglais pour décrire ce phénomène: sudden retirement syndrome, qui pourrait se traduire par «syndrome de la retraite subite». Le meilleur moyen de vivre le changement en douceur est de commencer à planifier sa semi-retraite bien avant de mettre fin à sa carrière.

(Cet article a été adapté de MoneySense.)

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