La tentation du repli

Vous allez me trouver un peu sombre aujourd’hui. Ma mère est morte en début de semaine. Elle souffrait de la maladie de Parkinson qui lui a enlevé à petite dose toute sa vitalité et qui a provoqué une infection qui l’a brutalement emportée.

En furetant rapidement les journaux, l’interdépendance entre tous les sujets me frappe. Le pétrole est à 80 dollars le baril. Ce prix élevé se répercute notamment sur le prix du blé, denrée vitale s’il en est une. Le prix du pétrole a un impact encore plus direct sur celui du maïs, de plus en plus utilisé comme carburant. Bref, se nourrir coûte plus cher et nous n’avons peut-être encore rien vu.

Plusieurs raisons expliquent la hausse du prix du pétrole, mais la consommation accrue des deux géants asiatiques, la Chine et l’Inde y contribue largement. Cette consommation accrue s’explique à son tour par une forte croissance économique dont l’impact se fait sentir partout au monde.

Les menaces de récession se font plus pressantes sur les États-Unis qui ont amassé d’importants déficits budgétaires et commerciaux pour sécuriser leurs approvisionnements en pétrole et en délocalisant vers d’autres pays leur production industrielle. Ce qui propulse le dollar canadien vers la parité avec le billet vert. Ce qui complique d’autant la tâche des industriels canadiens.

La morosité se traduit aux États-Unis par une forte montée des sentiments protectionnistes et un immense débat sur le sort qui doit être réservé aux immigrants clandestins. Au Québec, nous avons droit à un débat passionné sur l’immigration.

Le monde a changé. Le sort de nos industries ne se joue plus à Montréal ni même à Toronto. Il y a un fort sentiment de dépossession et de vulnérabilité dans tous les pays occidentaux. La tentation du repli sur soi est peut-être la réponse malhabile et impuissante à un profond malaise. Mais je ne crois pas cette réponse adéquate et utile car nous ne vivons plus sur la même planète qu’il y a 50 ans. Le Québec n’est plus cette société rurale et isolée. Il devra composer pour survivre. Pas s’enterrer.

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9 commentaires
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Je vous offre mes sympathies, M. Duhamel..

Pour ce qui est de notre économie, j’espère que le Québec et le Canada sauront s’ajuster au changement mondial actuel, mais l’adaptation semble être trop lente.

Et c’est encore pire quand on regarde notre plus grand ‘business partner’, nos voisins les Américains qui ne savent plus où donner de la tête sur les marchés boursiers et immobilier.

J’ai bien peur que ce nuage de récession frappe notre pays d’ici quelques années…

Premièrement, M. Duhamel mes condoléances pour votre triste début de semaine.

Une chose est sûre, nous ne sommes pas obligés subir les effets pervers de la mondialisation qui ne profite qu’aux grandes entreprises, comme le consommateur n’est pas obligé d’acheter la cammelote d’une entreprise.

Il est prouvé que cette mondialisation ne profite qu’aux pays riches. Les pays riches s’enrichissent et les pays pauvres s’appauvrissent. Cet effet pervers de la mondialisation se répète à l’intérieur des pays riches ou les pauvres s’appauvrissent et les riches s’enrichissent.

Au niveau des entreprises le même phénomène se produit. Les petites entreprises perdent de plus en plus de pouvoir et les grandes deviennent de plus en plus puissantes au point d’imposer leur loi dans plusieurs pays.

Alors comme le consommateur, les pays ne sont pas obligés d’être ouvert à une concurrence inéquitable à l’encontre de ses propres valeurs et intérêts. Ils peuvent ainsi ne pas acheter d’un pays qui est à l’encontre de ses valeurs d’environnement ou humanitaire.

Un des meilleurs exemples est Wall-marde. Cette entreprise sans morale fait son argent en tirant profit de l’esclavage, de l’exploitation des femmes et des enfants pour nous offrir ses produits supposés bon marchés.

Ce n’est pas de s’enterrer que ne pas acheter chez Wall-Mart, mais de se protéger, ce que l’on peut appeler protectionnisme si vous le voulez.

Il en est de même pour un pays.

L’économie est d’abord et avant tout au service du simple citoyen, plutôt qu’unique et primordiale à la grande entreprise.

P.S. Nous vivons et vivrons toujours sur la même planète…

Mes sympathies m. Duhamel.

J’ignore ce qui s’est passé quand le Japon a pris sa place dans l’économie mondiale, mais serait-il possible que la même chose arrive à nouveau, mais à une échelle différente ?

Je crois à un retour du balancier, mais pas nécessairement juste…..

De tout temps l’isolationnisme et le nationalisme économique ont apporté avec eux leur lot de pestilence.

En 1930 les États-Unis ont répondu à la crise économique avec des lois isolationnistes avec pour résultats une aggravation de la crise.

Tout comme l’isolationnisme économique ont été un terreau fertile pour la 1ere et la 2e guerre mondiale.

Un bénéfice collatéral de la mondialisation ? Une plus grande stabilité mondiale. Quand 2 pays partagent des liens économiques étroits, il leur est beaucoup plus difficile de partir en guerre l’un contre l’autre.

La mondialisation et l’intensification de l’intégration économique, imposent des contraintes beaucoup plus fortes aux politiques extérieures d’un pays. Elles accroissent les incitatifs à ne pas aller en guerre contre un pays qui est économiquement intégré au sien. Attaquer un pays avec lequel on partage de nombreux liens économiques a pour résultat d’affaiblir sa propre économie.

C’est ce que Thomas Friedman appelle La théorie des « arches dorées » pour la prévention des conflits: deux pays associés aux arches dorées n’ont pas intérêt à faire la guerre l’un contre l’autre. Les « arches dorées » de la société McDonald symbolisant la mondialisation.

L’isolationnisme en plus d’affaiblir nos économies risquent de déstabilisé encore plus notre planète.

Ca va mal au Québec. GSK, une multinationale belge vient d’investir 200 millions à Québec (c’est comme un milliard à Montréal. Comment devait investir cette usine de chip de Taiwan il y a une dizaine d’années). 400 nouveaux emplois en haute technologie. Ils vont fabriquer des vaccins. Si jamais il y avait une épidémie de grippe aviaire, le stock serait fabriqué right here in Québec city!

http://srv200.services.gc.ca/iiws/EIRegions/uiratef.aspx?id=2007

En aout, le taux de chomage à Montréal (6,8%) était inférieur à celui de Toronto (7%) et le taux de chomage à Québec (4,8%) était inférieur à celui de TOUTES les villes ontariennes. Maudit que ça va mal au Québec.
Ca va mal parce qu’il n’y a pas un seul média qui en a parlé!

Veuillez accepter mes condoléances dans cette épreuve.

Pour renchérir avec vos propos, on apprend que Renault trsavaille sur le projet suivant:

«Nous tentons aujourd’hui de préparer une voiture au coût de 2500$ en Inde qui serait vendue à 3000$», déclare M. Ghosn au quotidien O Estado de Sao Paulo. »

Pendant que l’on travaille à diminuer les GES, le parc automobile va doubler en 10 ans!!!

Où le monde diminuera-t-il sa pollution?

Monsieur Noel, je ne veux pas contredire vos chiffre sur le chômage mais il faut faire attention. Ici, à Baie-Comeau, le taux de chômage est descendu à 5.8%. Est-ce que ça va bien? non, les chômeurs sont devenus BS.