L’antithèse d’Hérouxville

On ne parle pas d’accommodements raisonnables à Rawdon. Plutôt d’accompagnement profitable.

Photo : Jean-François Lemire
Photo : Jean-François Lemire

Onze drapeaux flottent sur le toit de l’hôtel de ville de Rawdon, dans Lanaudière. « Nous installons à tour de rôle les drapeaux des 50 communautés culturelles qui habitent dans notre municipalité », dit fièrement la mairesse, Louise Major, 54 ans.

Rawdon est l’antithèse d’Hérouxville. Ce fut la première petite municipalité à se doter, dès 2005, d’un service d’accueil et d’intégration des nouveaux arrivants.

Louise Major, au pouvoir depuis 2002, mise sur l’immigration pour contrer le déclin démographique et développer l’économie. Et ce faisant, elle fait honneur à ses prédécesseurs. Car avec ses chutes Dorwin, ses deux lacs et ses paysages vallonnés, Rawdon a séduit des Irlandais au 19e siècle, des Européens de l’Est après les guerres mondiales et, plus récemment, des Asiatiques. Des restaurants chinois, thaïlandais et japonais y ont pignon sur rue, non loin de petites églises russes orthodoxes.

Près de 30 % des 10 000 habitants de Rawdon sont d’origine étrangère. Pour faciliter leur intégration, le Service d’accueil – financé grâce à une subvention annuelle de 65 000 dollars du ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles – les aide à trouver un emploi, un logement et une école pour leurs enfants.

Depuis 2004, la Ville remet aussi aux immigrants sa Charte des droits du citoyen, qui témoigne de l’engagement de la société d’accueil et du nouvel arrivant à vivre dans la bonne entente.

Des accommodements raisonnables ? « Nous n’avons jamais reçu de demandes », dit Louise Major, technologiste médicale qui a « émigré » de Montréal en 1974. « Ici, nous faisons plutôt de l’accompagnement profitable ! »

La Ville a par ailleurs mis sur pied, en 2003, un « conseil interculturel », qui propose des initiatives pour favoriser les échanges culturels. C’est ainsi qu’est né, en 2004, le Festival multiculturel, manifestation annuelle tenue en août, d’une durée de trois jours.

« Nous souhaitons maintenant faire partager notre expérience à d’autres municipalités », dit Louise Major, également présidente du Comité régional de concertation en immigration de Lanaudière. Rawdon a déjà accompagné Berthierville dans la mise sur pied, en 2008, d’un conseil interculturel.