L’appel de l’Ouest

Oubliez l’Alberta. C’est la Saskatchewan qui connaît la croissance de l’emploi la plus importante au Canada. Et les Québécois sont reçus à bras ouverts.

Saskatchewan : l'appel de l'Ouest
Photo : Daniel Paquet

Au Québec, Josée Bourdon était éducatrice. Neuf mois seulement après son arrivée en Saskatchewan, elle coordonne le programme d’aide pédagogique du Service fransaskois de formation aux adultes, organisme sans but lucratif financé par le provincial. Ce poste, elle ne l’aurait jamais obtenu si vite au Québec, dit-elle. Mais en Saskatchewan, la pénurie de main-d’œuvre favorise les possibilités d’emplois. Et fait monter les salaires.

À l’instar de Josée Bourdon, 2 867 Canadiens ont quitté leur province pour s’établir en Saskatchewan l’an dernier. « C’est un très bon moment pour venir s’installer en Saskatchewan », dit le ministre de l’Emploi, Rob Norris. En 2009, le « grenier à blé du Canada » a profité de la hausse du prix de certaines denrées et richesses (blé, orge, pois, lentilles, pétrole, potasse, gaz, uranium) sur les marchés boursiers mondiaux. « Nos experts prévoient que la province va continuer à mener la croissance canadienne dans les mois qui viennent », poursuit le ministre.

Le site Internet Saksjobs, équivalent d’Emploi-Québec, affiche plus de 5 500 postes. Les secteurs de la vente et des services en comptent environ 2 200, surtout liés à l’hôtellerie, à la restauration et à la maintenance. Le commerce, le transport, la construction et les fournisseurs d’équipements, avec des emplois de routiers, d’ouvriers de la construction, d’électriciens, de peintres, présentent autour de 1 200 offres. Les secteurs des finances, des affaires et de l’adminis­tration sont aussi très présents, avec 400 postes d’employés de banques ou du service à la clientèle. Les secteurs minier et agricole ainsi que la santé sont également en recherche active de main-d’œuvre. Selon le ministre de l’Emploi, d’ici 10 ans, 18 000 postes seront disponibles rien que dans le secteur minier.

« Pendant des années, les gens qualifiés s’exilaient en Alberta, attirés par les salaires élevés et les perspectives de carrière. Aujourd’hui, la pénurie de main-d’œuvre spécialisée se fait sentir en Saskat­chewan », dit Marc Masson, responsable des communications à l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF).

Pour attirer les nouveaux venus, le ministère de l’Emploi a posé des affiches dans le métro de Toronto et dans des stades de football en Alberta. Il encourage aussi les employeurs à se rendre aux salons de l’emploi tenus partout au Canada. Au printemps dernier, la Saskatchewan était d’ailleurs présente pour la première fois au salon de Montréal.

Avec 50 000 francophones (sur un mil­lion d’habitants) et une douzaine d’écoles françaises, la Saskatchewan offre de larges possibilités aux Québécois désireux de changer de vie, seuls ou en famille.

« Je voulais arrêter de courir après le temps, explique Josée Bourdon. Mon mari était routier et n’était jamais à la maison. En s’installant ici, on a choisi de repartir de zéro en famille avec nos deux fils et on ne le regrette pas ! »