L’attrait de la guerre sainte en 4 portraits-robots

Pourquoi des Occidentaux rejoignent-ils les rangs du djihad en Syrie ou prennent-ils les armes en sol occidental ? Qui sont-ils ? Voici quatre portraits-robots, tirés des plus récentes recherches en psychologie du terrorisme.

Mideast Syria

1. L’idéaliste de bonne famille

Parmi les nouveaux convertis à l’islam qui souhaitent aller vivre en Syrie : de jeunes Occidentaux de familles athées, de classe moyenne ou aisée. Une enquête du journal The Guardian avance que 10 % sont des filles !

Ulcérés par les injustices, ces jeunes rêvent d’un monde meilleur. Ils sont choyés sur le plan matériel, mais estiment que leur vie manque de sens.

Sur les réseaux sociaux, ils sont repérés par des recruteurs islamiques, qui répondent à leurs questions existentielles et les convainquent de venir en aide « aux enfants syriens gazés par Bachar al-Assad ».

Les techniques d’endoctrinement empruntent à celles des sectes. Immergés dans la théorie du complot et terrorisés par les forces du mal qui corrompent l’humanité, les jeunes finissent par croire que seul l’islam pourra purifier le monde.

L’anthropologue française Dounia Bouzar a recueilli les témoignages de dizaines de familles de l’Hexagone dont un enfant avait été endoctriné ainsi. Ils sont rapportés dans son livre Ils cherchent le paradis, ils ont trouvé l’enfer, paru en France au début d’octobre.

Une équipe britannique a observé une tendance semblable chez les 600 personnes d’origine pakistanaise ou bangladaise interviewées pour une récente étude de la revue scientifique en ligne PLOS ONE. Les sympathies terroristes étaient particulièrement prononcées chez les riches, les moins de 20 ans, les étudiants à temps plein, les gens en bonne santé, natifs du Royaume-Uni, parlant anglais à la maison !

Cas type
Léa, 15 ans, qui rêvait de devenir infirmière et dont l’histoire a été révélée dans les pages du Nouvel Observateur début octobre. Ses parents ont découvert sa double vie au moment où elle s’apprêtait à partir épouser un djihadiste. Elle a ensuite préparé un attentat en sol français, heureusement déjoué.

2. L’immigrant paumé

Il est un immigrant musulman de première, deuxième ou troisième génération. Il a peut-être grandi dans une banlieue défavorisée ; il est parfois instruit, mais ne trouve pas d’emploi à la hauteur de sa formation ; on le refuse à la porte des boîtes de nuit ; aliéné, désœuvré, sans perspectives d’avenir, il est à la recherche d’un sentiment d’appartenance qui lui échappe dans cette terre d’accueil où il ne se sentira jamais chez lui. C’est ce profil qui ressort des centaines d’entrevues que la chercheuse américaine Anne Speckhard a menées avec des terroristes et leurs sympathisants en France, en Belgique, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, notamment. « En l’absence d’une identité positive et d’un sens à leur vie, et n’ayant pas grand-chose d’autre à faire de leur peau, ces jeunes gens sont séduits par l’idée de devenir des héros au service d’une cause », écrit-elle dans la revue Democracy and Security.

Le psychiatre Jeff Victoroff, de l’Université de Californie du Sud, confirme que les sympathies terroristes peuvent aller de pair avec le sentiment de précarité et de marginalisation. À partir d’un sondage mené auprès de quelque 2 700 musulmans américains et européens, il a établi que ceux qui ont déjà subi de la discrimination ou du harcèlement, qui sont préoccupés par le chômage dans leur communauté ou qui n’ont pas d’emploi à temps plein sont plus susceptibles de trouver justifiés les actes terroristes commis pour défendre l’islam contre ses ennemis.

Cas type
Mohammed Merah. Français d’origine algérienne, élevé dans un milieu chaotique, marqué par la violence et la négligence, il sombre à l’adolescence dans la délinquance et l’islamisme radical. En mars 2012, il tue sept personnes à Toulouse et à Montauban avant d’être abattu par la police.

3. L’ermite désaxé

Le « loup solitaire » — cet homme reclus et déséquilibré qui, tout à coup, trouve dans une idéologie radicale un exutoire à ses humiliations et à ses frustrations personnelles — n’est pas une création médiatique. Ce type est effectivement plus à risque de basculer dans la violence que d’autres genres d’extrémistes. Et ce n’est pas d’hier.

Le criminologue Gary LaFree, directeur du consortium national Study of Terrorism and Responses to Terrorism (START), à l’Université du Maryland, a examiné trois vagues de violence politique aux États-Unis : l’extrémisme de gauche, qui a secoué le pays au tournant des années 1970 ; l’extrémisme de droite, qui a dominé les années 1990 ; et la montée de l’islamisme radical, consécutive aux attentats du 11 septembre 2001. Le chercheur a constitué une base de données sur 1 650 extrémistes de ces différentes époques, certains ayant été inculpés pour avoir commis un crime violent, d’autres pour avoir seulement fourni du soutien matériel à une organisation terroriste. Gary LaFree a découvert que, peu importe l’idéologie, un extrémiste est plus susceptible d’avoir recours à la violence : 1) s’il est solitaire ; 2) s’il souffre de problèmes psychologiques ; 3) s’il a précédemment dégringolé dans l’échelle sociale ; et 4) si sa phase de radicalisation a été relativement courte avant qu’il participe à des activités illégales.

Cas type
Martin Couture-Rouleau a tué un militaire en fonçant sur lui en voiture, à Saint-Jean-sur-Richelieu, le 20 octobre. L’homme de 25 ans avait connu de graves déboires financiers avant de se convertir à l’islam, l’an dernier, et de devenir un fervent sympathisant du groupe armé État islamique, prêt à mourir pour le djihad.

4. Le délinquant converti en prison

La prison est un terreau fertile à la radicalisation. Des délinquants entrent au pénitencier pour des délits qui n’ont rien à voir avec le terrorisme — une affaire de vol ou de drogue, par exemple —, et ils en ressortent convertis à l’islamisme radical, prêts à poser des bombes pour la cause.

Le phénomène a été documenté dans de nombreux pays, dont la France, les Pays-Bas, le Pakistan, les Philippines, l’Espagne, le Royaume-Uni et les États-Unis. Des détenus se convertissent par conviction, parce que l’islam répond à leur quête de sens et de structure ; d’autres pour obtenir ce que certains perçoivent comme les privilèges associés à la pratique de la religion (le droit de participer à la prière du vendredi, de manger des repas halal) ; d’autres encore pour obtenir la protection d’un gang musulman influent. Ils deviennent alors vulnérables et perméables à l’influence de leaders djihadistes charismatiques, condamnés pour terrorisme, qui profitent de leur passage derrière les barreaux pour prêcher, endoctriner, recruter.

Les prisons canadiennes n’abritent encore qu’une poignée de terroristes, mais le phénomène préoccupe les autorités. « La radicalisation islamiste et le recrutement terroriste dans le système carcéral canadien sont considérés comme de graves menaces à la sécurité nationale », écrit le chercheur Alex Wilner, spécialiste du contre-terrorisme, dans un commentaire publié en 2011 par l’Institut Macdonald-Laurier, un groupe de réflexion d’Ottawa. Il cite le cas d’Ali Dirie, membre de la cellule terroriste « Toronto 18 », laquelle planifiait une attaque d’envergure qui a été déjouée, en 2006 : l’homme aurait fait activement la promotion du djihadisme derrière les barreaux. Relâché en 2011, il a rallié les rangs d’un groupe terroriste en Syrie et serait mort au combat.

Cas type
Omar Bulphred, Canadien d’origine russo-algérienne, a commis des attentats contre deux établissements juifs de Montréal, en 2006 et 2007, au nom du djihad. Il a raconté à La Presse s’être converti à l’islam radical lors d’un premier séjour à la prison de Bordeaux, à l’âge de 19 ans, alors qu’il n’était qu’un petit délinquant.

* * *

Photo : Associated Press/La Presse Canadienne

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La violence est la réponse primale à la plupart des frustrations. Quand ça fait mal, si je suis une femme, je crie ou je pleure. Mais si je suis un mâle, quand ça fait mal et que j’ai 10 secondes pour trouver un exutoire à ma souffrance, je passe à la solution. C’est à dire à l’action. C’est à dire à ce que ma civilisation de l’image me propse comme modèle: Rocky le petit boxeur sorti de l’ombre des trottoirs de Harlem. Ou Ramboo la belle machine à tuer… Trahie. Par les méchants arrivistes… La « noble cause » qui justifie tous les écarts, toute la violence.

On vient donc à devenir soldat combattant les dragons. Et ce faisant, nous devenons ce que nous combattons.

Il n’y a rien de saint dans cette guerre, tout au contraire ! Toute guerre est un geste barbare.

Hélas toute l’histoire de l’Humanité depuis ses débuts n’est qu’une suite de guerres….pour quelque raison que ce soit….

C`est vraie Paul, il y a des personnes qui ont des gênes pacifiques et qui aiment la vie et qui font pour rendre les gens heureux autour d`eux d`autres qui ont des gênes de tueur, il sont heureux lorsqu`ils détruisent tout autour d`eux, ils fabriquent des conflits et en jouissent, il n`y a que eux qui possède la vérité et si tu ne pense pas comme eux et bien tu es un ennemi à détruire, c`est une jouissance pour leur ego…

Les 4 portraits robot énoncés dans l’ article sont quand a moi 4 désaxés qui ont une chance de se faire justice eux-même par la manipulation très ordonnée des islamistes terroristes et barbares que sont Al Quaida et l’ État Islamique! Ces demis civilisés sont des LÂCHES qui font faire leur sale besogne par des faibles! C’est facile de faire la guerre aux occidentaux en se cachant constamment! A armes égales et aussitôt qu, ils se montrent la face ces BARBARES sont fusillés rapidement! Quel est leur message qu’ ils transportent?

Pour ce qui est de ces jeunes détraqués qui s’ envolent pour la Syrie ,l’Irak et les autres pays de même accabit qui ne respectent pas les femmes et qui condamnent la démocratie : il s ‘ agit tout simplement de leur donner un billet aller seulement et bien les avertir en partant qu’ ils se retrouveront personna non grata en revenant!!!

Je considère votre article comme étant faites avec des oeillères parce que trop ciblé sur des groupes très homogènes. Si vous visionner le documentaire “ivory tower” qui nous donne les détails sur les dettes scolaires au niveau collégial et universitaire aux USA. Une moyenne de 178,000$ pour un Bacc pour lesquels les étudiants ne trouvent pas de travail et les intérêts augmentent leurs dettes à chaque année.

Leurs discours n’est pas très doux envers l’administration des universités dont les dirigeants se payent des salaires à coup de millions par année et dépensent des centaines de millions pour des gymnases et locaux de résidences qui ressemblent à des condos, avec piscine et tout le tra la la qui va avec.

Pendant ce temps, les étudiants flânent de plus en plus car tout ce qui est mis à leur disposition depuis une quinzaine d’années les distraits de leurs études. 78% des étudiants au Bacc échouent durant leurs quatre premières années et 56% pour ceux qui utilisent 6 ans pour compléter le même Bacc mais avec des factures qui exigeront au moins 20 ans à payer.

Les 99% qui avaient commencé à faire du tapage il y a quatre années ne sont pas tous morts et n’ont pas disparus et devraient voir apparaître avec la prochaine débâcle économique incontournable, des factions bien organisées qui se tourneront contre les gouvernements des pays industrialisés et des grandes entreprises et fortunes de ce monde.

Pendant que les nords américains et européens regardent le bourrage de crâne aux nouvelles ils ne s’aperçoivent pas de ce qui les guette et finira par leur “péter” dans la face.

Nombreux sont les mouvements étudiants qui se radicalisent, surtout aux USA mais sont très “low profile” de façon à ne pas se faire remarquer mais où tout ce bordel mènera, le futur nous le dira, mais selon moi rien de bon ne semble se présenter à l’horizon à moyen terme, voir long terme. Ce sont justement les mieux nantis qui ont le plus à perdre et auront le plus de misère à s’y retrouver car les personnes habituées à beaucoup moins sont beaucoup plus débrouillardes.

Vous oubliez tous les convaincus absolutistes, ceux qui sont prêts à tuer ou à se faire tuer pour défendre les animaux de boucherie, combattre l’avortement, défendre une zone décrétée « naturelle », habiter Jérusalem… Ce ne sont pas des ermites désaxés, car ils vivent en groupe, souvent au sein d’un OSBL.

A lire : le livre de Dounia Bouzar, sorti en France, l’automne dernier dont le titre est : «Ils cherchent le paradis, ils ont trouvé l’enfer» très intéressant !

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