Le 22e Régiment a 100 ans !

Redoutables combattants, durs à cuire, joyeux lurons, les militaires du Royal 22e Régiment se sont taillé une réputation enviable dans l’armée canadienne depuis un siècle. Notre journaliste a fouillé les archives de la Citadelle de Québec et a découvert des histoires qui feraient saliver Hollywood…

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Groupés à Valcartier, un camp temporaire constitué de tentes, les soldats francophones serviront d’abord dans des unités anglophones. – Toutes les photos dans cet article : Musée royal du 22e Régiment

Le camp canadien Nathan Smith, en banlieue de Kandahar, est enfoncé dans le dangereux fief désertique des talibans, en Afghanistan. Dressé autour d’une ancienne usine de fabrication de conserves, c’est le point de départ des troupes qui patrouillent tous les jours dans les villages et tentent de reconstruire la région. En ce début d’avril 2007, déjà chaud — le mercure frôle les 35 °C à l’ombre —, les soldats du Royal 22e Régiment, qui assurent la sécurité du camp, échafaudent un plan qui n’a rien de guerrier : construire une piscine !

Un jeune militaire à l’accent du Lac-Saint-Jean, souriant dans son habit beige de camouflage, me montre du doigt les fondations en béton d’une partie de l’usine désaffectée. « On va rendre ça étanche et trouver le moyen de faire venir du chlore et un filtreur », dit-il, excité. Il suffisait aux gars d’utiliser leurs contacts dans les unités de la logistique et du transport pour faire venir les matériaux.

Ce que certains militaires surnomment avec humour « la mafia du 22 » frappait encore ! D’autres préfèrent parler « d’une armée dans l’armée » pour décrire les membres du Royal 22e Régiment, seule unité de combat à 100 % francophone au Canada depuis maintenant un siècle.

Au-delà de la langue, certains traits distinctifs collent à ce groupe façonné par des dizaines de milliers de soldats au fil du temps : un penchant très québécois pour la fête, une solidarité soudée par leur différence au sein de l’armée, une image de redoutables combattants… et des idées à revendre — avec des plans parfois inusités, même au fin fond de l’Afghanistan !

La réputation du 22e a pris forme dès son premier déploiement, dans une Europe ravagée par le conflit sanglant de la Première Guerre mondiale, à l’hiver 1915. Les échos des batailles des Frenchies, ces francophones qui servent dans une nouvelle unité, résonnent jusqu’au Canada.

L’historien militaire et auteur Michel Litalien a épluché des centaines de lettres et d’articles de journaux de l’époque. « On décrit alors les soldats du 22 comme téméraires. Des têtes brûlées qui prennent des risques, qui n’ont peur de rien, mais qui obtiennent des résultats. De bons combattants, mais aussi de joyeux lurons qui fêtent dans les tranchées, qui chantent fort », raconte-t-il.

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Dans son livre Écrire sa guerre : Témoignages de soldats canadiens-français (1914-1919), publié aux éditions Athéna, Michel Litalien reproduit des lettres qui témoignent du manque de préparation des troupes lors de la guerre 1914-1918, ce qui peut expliquer le côté « insouciant » des premiers soldats du 22e Bataillon canadien-français, comme on le nommait à l’époque.

Le major Olivar Asselin prend notamment la plume pour répliquer à un journaliste français de l’Excelsior, qui avait décrit les soldats canadiens sous un angle folklorique. « En réalité, les Canadiens qui sauvèrent la situation à la première bataille d’Ypres ne savaient, pour la plupart, ni tirer, ni lancer une grenade, ni se retrancher, et leurs officiers n’en savaient guère davantage, écrit-il en 1917. C’était des civils qui, enveloppés tout à coup par un ouragan de fer et de feu, durent compter surtout sur leur esprit d’initiative. […] Les troupes qui ont pris Vimy et qui prendront Lens sur les Bavarois et sur la Garde sont commandées par des industriels, des journalistes, des courtiers d’assurances, des courtiers en immeubles (beaucoup de courtiers en immeubles), des architectes, des ingénieurs, des financiers, des employés de banque, des commis-voyageurs (eh oui, beaucoup de commis-voyageurs), qui tous entrevoyaient la guerre comme une chose lointaine, vague, intangible, et n’avaient jamais songé que de leur vie ils porteraient les armes… »

Un mélange typique de combattants enrôlés dans une armée qui n’avait encore rien de professionnel et, de plus, rattachés à un bataillon de langue française formé à la hâte. En août 1914, la colonie britannique du Canada suit la mère patrie lorsque celle-ci déclare la guerre à l’Allemagne. Quelques semaines plus tard, la base de Valcartier, près de Québec, est fondée pour former des militaires de tout le pays, première étape de la grande traversée vers l’Europe. Sur les 33 000 personnes qui s’y présentent, à peine 2 000 sont canadiennes-françaises — 1 200 seront finalement sélectionnées pour servir dans des unités anglophones de l’armée. La plupart sont déjà des volontaires de la milice, des réservistes qui s’entraînent l’été.

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Thomas-Louis Tremblay, commandant en second du 22e. Sur sa casquette, l’emblématique castor.

Le recrutement chez les francophones est loin d’être un succès, et la presse ontarienne critique « l’effort de guerre » au Québec. Des politiciens, tant conservateurs que libéraux, commencent alors à militer pour la création d’une unité de langue française, ce qui faciliterait, disent-ils, l’enrôlement des francophones. « À l’époque, pour faire carrière dans l’armée, il fallait s’angliciser. L’attrait était faible pour les francos », dit Serge Bernier, du Département d’histoire de l’UQAM et auteur du livre Le Royal 22e Régiment (Les Éditions Gid).

Le mouvement vient de l’élite de la société canadienne-française. Le journal La Presse d’abord, puis La Patrie, signent des éditoriaux afin d’encoura­ger la naissance d’un bataillon entièrement francophone. Le médecin Arthur Mignault, qui deviendra colonel, offre 50 000 dollars — une véritable fortune à l’époque — pour acheter l’équipement nécessaire.

Quelques manifestations ont lieu à Montréal pour soutenir la cause. Sam Hughes, ministre de la Milice et de la Défense de 1911 à 1916, résiste d’abord à l’idée, craignant de « briser l’unité canadienne ». Il change toutefois d’opinion sous la pression, de sorte que le bataillon voit le jour en octobre 1914.

La première tâche est ardue : dénicher des officiers pour guider les soldats. De 1876 à 1914, le Collège militaire royal du Canada, à Kingston, n’avait formé que 39 officiers francophones sur ses 1 000 diplômés. À 47 ans, le colonel Frédéric Mondelet Gaudet sort de sa retraite et accepte d’être rétrogradé au rang de lieutenant-colonel pour diriger le 22e Bataillon canadien-français. Il installe ses troupes au manège militaire du 65e Régiment — aujourd’hui les Fusiliers Mont-Royal —, sur l’avenue des Pins, à Montréal. L’endroit étant trop petit, les entraînements se font dans les parcs de la ville !

En novembre 1914, les 1 000 hommes prennent le chemin de Saint-Jean-sur-Richelieu, où un petit camp abrite une unité de cavalerie. L’endroit est toutefois mal adapté aux manœu­vres en groupe. En mars 1915, nouveau déménagement : le 22e se voit offrir de grands espaces à Amherst, petit village de la Nouvelle-Écosse, province d’où les navires s’élancent vers l’Europe en guerre.

Les archives du Royal 22e Régiment (R22eR), dans le creux de la Citadelle de Québec, renferment des lettres témoignant de la volonté des francophones de partout au pays, qui sont alors à l’œuvre dans des unités anglophones, d’y être mutés. Dans une missive datée du 26 février 1915, le soldat Joseph H. Paquin, basé en Alberta, écrit au major Olivar Asselin : « Le 51e Bataillon d’Edmonton passera par Mont­réal dans une couple de semaines. Dans ce bataillon, il y a environ 50 Canadiens français, tous désireux de rejoindre un bataillon des nôtres. Mais le Lt-Col. Harwood (né dans Lotbinière, bilingue, médecin) étant canadien-français lui-même, a toujours refusé notre transfert. Nous vous serons reconnaissants si vous pouviez nous échanger pour des Anglais à notre passage dans l’est. Tous sont de très bons hommes, la plupart ayant voyagé beaucoup. Rien ne les effraie. Il y en a quelques-uns qui sont des “durs à cuire”, mais avec les nôtres, je crois qu’ils seraient meilleurs. »

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Créé en 1914, le 22e Bataillon canadien-français s’entraînera en Nouvelle-Écosse…
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… avant d’être déployé en Europe, en 1915.

Les anglophones s’y intéressent également au fil des années, de sorte que le R22eR en a toujours reçu dans ses rangs. Ils viennent pour la réputation, mais doi­vent rapidement appren­dre le français. « Les anglos qui acceptent d’y servir doi­vent s’accrocher ! » affirme Serge Bernier, qui a lui-même été dans les Forces canadiennes pendant 25 ans, mais jamais au sein du R22eR.

Les frictions sont toutefois peu nombreuses, affirme le major Jean-François Lacombe. Membre du R22eR depuis 36 ans, il dirige actuellement le Musée Royal 22e Régiment, qui vient de faire peau neuve dans la Citadelle de Québec. « Les anglophones se rendent compte qu’on appartient à la même armée, qu’on en est fier, mais qu’on fait les choses diffé­remment, explique-t-il. Par exemple, la relation entre les soldats et les officiers est plus souple ici. On a une approche plus sympathique. »

Les « Van Doos », comme les appellent les militaires anglophones incapables de bien prononcer le chiffre « 22 », récoltent leurs premiers faits d’armes lors de la bataille de Courcelette, en France, le 15 septembre 1916. Avec l’aide de l’artillerie, les soldats parviennent à prendre le petit village en moins d’une heure, alors que les autres brigades canadiennes avaient échoué. Ils doivent toutefois repousser 13 contre-attaques allemandes pendant les deux jours suivants, subissant au passage 300 pertes humaines. Le commandant, Thomas-Louis Tremblay, écrit dans son journal de guerre que ses hommes se sont battus « en lion », mais que les décès sont nombreux. « Nous nous consolons en pensant que ces sacrifices ne sont pas faits en vain, que notre nationalité en bénéficiera un jour. »

Les témoignages recueillis montrent que les soldats du 22e Bataillon adhèrent à l’idée qu’ils se battent aussi pour l’honneur de « la race canadienne-française », comme ils l’écrivent à l’époque. « C’est très puissant chez eux. Ils ont l’impression de porter la nation canadienne-française sur leurs épaules », explique l’historien Serge Bernier.

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En septembre 1916, le 22e Bataillon canadien-français accomplit son premier exploit, à Courcelette, en France. Les soldats repousseront 13 contre-attaques allemandes en deux jours, essuyant 300 pertes humaines.

Au sein de la machine militaire, qui reste encore aujour­d’hui fortement anglophone, le 22e Régiment — qui obtiendra le titre de « royal » en 1921 de la main du roi George V — devient le fer de lance du français dans l’armée. Il permet aux soldats de faire carrière dans leur langue et aux officiers francophones de monter en grade plus rapidement (même si on exige qu’ils soient bilingues). De grands généraux, comme Georges Vanier, qui deviendra gouverneur général en 1959, en sont issus.

De retour au pays après la Première Guerre mondiale, leur réputation cimentée par les batailles de Courcelette, de la crête de Vimy et de Passchendaele racontées dans les journaux du Québec, les soldats du 22e Bataillon mettent en prati­que leur nouvelle devise, Je me souviens, gravée sur leur écus­son en forme de castor. Ils hono­rent les disparus avec des médailles et se battent sur le front politique pour conserver leur unité francophone dans le réaménagement de l’armée d’après-guerre.

C’est à ce moment que naît l’autre devise, officieuse celle-là, qu’on entend encore aujourd’hui parmi les vétérans : « 22 un jour, 22 toujours ». « Les 22 se sont toujours protégés les uns les autres au sein de l’armée, dit Serge Bernier. Ils poussent pour que leur gang obtienne des promotions. Ça donne des maux de tête aux gérants de carrière à Ottawa ! »

Après 1919, les écoles québécoises enseignent les exploits du Bataillon aux élèves, explique Michel Litalien. « Malgré la guerre, qui a laissé de mauvais souvenirs à bien des Canadiens français, notamment en raison de la conscription, les gens sont fiers du 22. En 1933, les cigarettes Buckingham utiliseront même des images de soldats au combat pour vendre leurs produits, ce qui montre que leur réputation est assez bonne », dit-il.

Le R22eR perd de son attrait avec la montée graduelle du nationalisme québécois, qui remplace le nationalisme canadien-français. Puis vient la crise d’Octobre 1970, avec des soldats dans les rues de Montréal, ce qui choque la population. « Il y a une relation amour-haine avec l’armée en général. Mais le 22 reste le plus connu des régiments et sa cote d’amour s’en tire bien », estime Serge Bernier.

Les militaires qui ne sont pas membres du R22eR entretiennent la même relation ambiguë avec le régiment francophone, selon Michel Litalien. Certains admirent la réputation de guerriers des « Van Doos », leur fierté à vouloir défendre leur langue et leur culture au sein d’une institution anglo-saxonne. D’autres détestent leur esprit rebelle dans une machine militaire à la recherche de l’efficacité, leur petit côté prétentieux qui pointe parfois au travers de la fierté. « Le 22 est connu partout au pays, et même ailleurs dans le monde. On l’aime ou on le déteste, mais il ne laisse personne indifférent ! »

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En 1921, le roi George V accorde le titre de «royal» au 22e Régiment. C’est Winston Churchill, secrétaire des colonies à Londres, qui en informe le gouverneur général du Canada dans une lettre.

 

Le Musée Royal 22e Régiment fait peau neuve

Depuis le 29 mai, les touristes qui se rendront à la Citadelle de Québec pourront visiter le nouveau Musée Royal 22e Régiment, remis à neuf pour souligner les 100 ans d’existence du bataillon. Cette initiative de 4,1 millions de dollars a permis de refaire la casemate Est — 870 m2 —, qui servait de dortoir depuis la construction, en 1820, et d’y installer le Musée.

Les 130 000 visiteurs annuels pourront s’amuser avec des bornes interactives, visiter une nouvelle exposition permanente et fréquenter les salles rafraîchies des expositions temporaires. « On peut dire qu’on a un musée du XXIe siècle », explique le major Jean-François Lacombe, qui le dirige.

Pour accompagner la réouverture du Musée, un programme éducatif a été créé. Il permet aux professeurs d’y emmener les élèves du primaire et du secondaire afin de leur expliquer ce qu’était la vie à la Citadelle de Québec à l’époque, puis de plonger dans l’histoire du Royal 22e Régiment lors de la Grande Guerre et de la Deuxième Guerre mondiale.

Une collecte de fonds est en cours afin de réaliser, dans les prochaines années, la deuxième phase de la rénovation du Musée, pour un coût de six millions de dollars. « On veut revaloriser l’exposition dans l’ancienne poudrière française et la prison militaire », dit le major Lacombe.

Écrits de guerre

Replonger dans le quotidien des soldats québécois durant la Première Guerre mondiale, c’est ce que permettent les journaux personnels et les lettres des soldats à leurs familles, rassemblés par l’historien Michel Litalien. On y découvre de jeunes hommes fiers de s’enrôler rapidement, mais qui devront affronter des horreurs sans nom.

Les Canadiens français qui ont combattu lors de la Première Guerre mondiale ont laissé beaucoup moins de traces écrites que leurs homologues anglophones. « Certains ont prétendu que les francophones, plus illettrés, n’étaient pas en mesure d’écrire. C’est faux. Les raisons sont ailleurs », affirme Michel Litalien, historien militaire qui a produit le livre Écrire sa guerre : Témoignages de soldats canadiens-français (1914-1919), publié aux éditions Athéna.

En réalité, bien des soldats ne savaient pas comment décrire l’horreur des combats et ne souhaitaient pas inquiéter leur famille. Certains, en raison de la censure militaire qui sévissait, ne se sont pas donné la peine d’écrire. D’autres ont pris la plume, mais leurs proches n’ont pas conservé les lettres, ce qui a effacé des témoignages de premier plan. « À l’époque, ce n’était pas vu comme important », dit Michel Litalien.

N’empêche, à force de chercher, l’historien a réussi à réunir suffisamment de textes écrits par des soldats francophones de la Première Guerre — journaux de guerre, lettres à leur famille ou à leur épouse — pour jeter un éclairage sur ce qu’ils vivaient, tant au moment de leur enrôlement que de leur déploiement sur les champs de bataille.

 

 

Au front

L’ATTENTE EN ANGLETERRE, AVANT LE DÉPLOIEMENT AU FRONT

« La bataillon est consigné au camp. Personne ne peut sortir. Quelques-uns des soldats ont pris trop de bière anglaise ou de liqueur forte. Ils ont fait du trouble à Folkestone avec les soldats anglais. Comme punition, il faudra s’amuser entre nous. »

– Honoré-Édouard Légaré, 22e Bataillon canadien-français, 4 juin 1915, Folkestone

Carnet

AU COEUR DE LA TEMPÊTE

« Je ne sais si jamais on pourra faire l’historique de tous les hauts faits individuels. Combien resteront ignorés, combien de morts sans histoire ! Peut-on songer sans frémir à cette atroce guerre, sans des bombardements que l’imagination des romanciers n’avait pu concevoir, pas plus que les avaient prévu les théoriciens de la guerre moderne ? Qui aurait pu croire que les nerfs et les cœurs résisteraient à pareilles épreuves ? »

– George-Ulric Francœur, 22e Bataillon canadien-français, 31 janvier 1916

Entre cousins

ENTRE COUSINS

« L’hiver achève bien pâle et bien réduit comparé aux nôtres. Une fois il est tombé six pouces de neige. Les Français en étaient aux abois. Ils n’avaient jamais vu de telles avalanches. Leur ébahissement nous a bien amusés. Nous ne pouvons assez dire l’empressement et l’hospitalité des Français à notre égard. Il est vrai qu’ils n’ont jamais vu de Canadiens-français avant maintenant. Nous sommes pour eux des animaux rares. J’aime beaucoup les paysans français : c’est un délicieux mélange de bonhomie, de finesse et de candeur. Ils n’en reviennent pas que nous parlions français, qu’ils nous comprennent et que nous les comprenions. »

– Jean Brillant, 22e Bataillon canadien-français, 1er avril 1917

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UN RAID VENU DU CIEL

« Hier soir, j’ai vu une chose que je ne verrai peut-être jamais. Il y a eu un raid de zeppelins sur Douvres. Nous étions à faire des manœuvres de nuit. Nous avons vu un des zeppelins et nous pouvions distinguer parfaitement les bombes sur les nombreux camps de la région. Si tu avais vu ça. On pouvait suivre les projectiles qui faisaient explosion comme des fusées sans toutefois atteindre le zeppelin. Des aéroplanes ont été lancées à sa poursuite mais il a réussi à s’échapper. Les journaux en ont parlé mais avec discrétion car on ne veut pas effrayer la population d’ici. On craint toujours que les allemands s’emparent de Calais, qui se trouve vis-à-vis Douvres et Folkestone. Tu vois qu’on est encore assez en danger. Toutes les précautions sont prises. Nos fenêtres sont bouchées hermétiquement le soir et on autorise aucune lumière. »

– Henri Chassé, 22e Bataillon canadien-français, 10 août 1915, East Sandling

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ATTAQUE CHIMIQUE

« Ce matin vers 5 heures, nous sommes dérangés dans notre sommeil par une violente canonade à Ypres et au nord de cette ville ; nous ordonnons un “stand to” et vers 6h30, nous avons notre première expérience du gaz, de légères vapeurs venant d’Ypres nous font pleurer les yeux , et l’odeur est âpre ; nous apprenons dans l’Après-midi que les Boches n’ont pas réussi dans leur attaque qui s’est faite sur un front d’environ 3 000 verges ; dans notre secteur toute la journée l’artillerie a été plus active ; ce soir le canon gronde plus que d’habitude du côté d’Ypres. J’ai visité tout mon monde aujourd’hui, et tous se portent bien et n’ont pas peur. »

– Thomas-Louis Tremblay, 22e Bataillon canadien-français, 19 décembre 1915

L’ESPRIT DE SACRIFICE

« Bien chère petite sœur, quelques moments pour causer avec toi. Quel plaisir pour moi de répondre à tes si jolies et longues lettres parlant si bien. Je vois ton cœur, chère sœur. Je suis fier d’avoir de si bons parents de si bon cœur. Si jamais je retourne, comme je vais y retourner, j’aurai bien soin de vous autre. C’est ce que je demande à Dieu tous les jours, de pouvoir vous revoir et vous aider encore, ce qui m’empêche pas de faire mon devoir au front et il ne faut avoir peur que du bon Dieu. Ici, on a peur de rien à part lui… »

– Joseph Keable, 22e Bataillon canadien-français, 22 septembre 1917, France

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J’ai joint ce Régiment à cause de son histoire et je ne le regretterai jamais. À ceux qui ont perdu leur vie, durant TOUTES les guerres et les conflits, incluant le tout dernier, l’Afghanistan, je vous lève mon chapeau, vous remercie au nom de tous les Canadiens et je vous dit » Je me Souviens ».

J’ ai eu le privilège de faire parti de ce régiment avec le 1er bataillon et l’ honneur d’ être un des commandants de la garde en rouge à la Citadelle de Québec. Aujourd’ hui, à 78 ans, je considère mon passage avec eux comme un des plus beaux moments de ma vie. J’ ai jamais retrouvé un tel esprit d’ equipe depuis. Il faut vivre avec ce régiment pour comprendre sa réputation de par le monde. Je me souviendrai toujours.

J’ai joint le 22 pour etre un 22!!! Simplement…une famille, meme si ca fait un boute que l’ont s’ai pas vue…ont est encore dans la meme famille… 22 un jour- 22 pour toujours!
Je Me Souviens

J’ai eu l’honneur de servir avec le 2ème Bataillon à la Citadelle de Québec et le 1er Bataillon du R22eR en Europe, comme adjoint-médical. C’est une famille formidable dans laquelle je me suis toujours senti accepté et respecté, même si je n’étais pas fantassin. Je n’ai ni le courage ni la force de ceux que je considère comme les meilleurs soldats des Forces canadiennes mais avoir eu la chance de servir à vos côtés fût pour moi une aventure et une expérience que le temps ne pourra jamais effacer. Merci et surtout, bon centième anniversaire au Royal 22ème Régiment, l’élite et la fierté des Forces Armées Canadiennes, Je me Souviens!

Serge Charland, Gatineau

Le R22R a 100 ans cette année. Oui, c’est une unité d’élite et tous ceux qui en furent membres le savent très bien. Il ne faut pas oublier les membres de ce régiment lors de la première guerre, ces hommes ont vraiment connus l’enfer et ceux qui en sont revenus, la plupart sont restés dans l’ombre et n’en parlèrent pas même à leurs familles. Devoir de mémoire pour les 22 de Plessisville tels qu’Arthur Pellerin, Joseph T. Lapointe. Un jour, nous reconnaîtrons peut-être votre contribution à ce régiment !

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