Le caviar des jours

Le mois d’août, avec son calme, ses récoltes et ses vacances, est un miracle. Surtout pour nous. Surtout cette année.

Photo : L'actualité

Aaaah, le mois d’août. Quelqu’un sait pourquoi il y a d’autres mois dans l’année ? Le mois d’août et le mois de mai sont mes mois préférés. Le mois de mai pour ses promesses et le mois d’août pour ses récoltes. Le mois d’août semble être le caramel de l’année. Celui que l’on veut savourer. Faire fondre doucement sous la langue. Faire durer. Tout y est beau. Plus calme. Les jardins sont gorgés de leur puissance, tout est ferme, pulpeux. Le mois d’août est ce que l’on récolte à force de patience. Il est l’espoir que l’on attend en février quand tout dort. Le mois d’août est un miracle. Surtout pour nous. Surtout cette année.

J’étais en vacances dans le bois, dans un chalet rustique d’une réserve faunique de la SEPAQ où l’on va chaque année. En famille. D’abord, on faisait du camping, puis on s’est payé le surclassement cabane de pêche. Lire : un chalet en bois rond pas d’électricité, pas d’eau, pas de toilette. Mais un toit. Au cas où il pleuve. Et des lits, pour nos (presque) vieux dos.

Les petits adorent ça. Si vous avez des enfants, vous savez que l’état sauvage leur va à ravir, parce que, ben, ce sont des sauvages. Ce qui fonctionne plus ou moins bien dans un appartement en ville, c’est l’équivalent d’avoir un gros chien. Mais quand tu lâches les chiens dans la nature, au début ils se mettent en rond au coin du feu par réflexe et éventuellement ils se souviennent : « Ah oui, c’est vrai, je suis un animal ! » Ça marche pareil avec les enfants. Y’a des grenouilles, y’a des escargots, y’a des mulots, y’a la forêt, y’a des cascades, il faut explorer tout ça. Il faut passer d’une idée à l’autre, il faut être créatif et suivre le fil de son imaginaire !

Les enfants sont parfaits en nature. Aussi parce qu’on ne leur demande jamais de prendre un bain. Être sale et faire du bruit est un talent qu’ils maîtrisent parfaitement, le bois leur va à ravir.

Et bien sûr, il y a le lac. Le grand, grand, grand lac. Le grand, grand lac sauvage. Le grand lac majestueux. Je sais que vous les voyez aussi nos lacs, ils sont tous sur nos fils Instagram. Nos lacs sont vraiment une richesse, de par leur nombre bien sûr, mais pour ce qu’ils sont. Ces flaques de calme. Je les aime trop. J’en ferais presque des dieux. Je les regarde la nuit. Le calme d’un lac la nuit avec la lune qui se lève et éclaire doucement un quai de fortune. J’ai du mal à trouver mieux. Tous mes efforts de l’année semblent converger jusque-là. Cette cerise semble être celle que j’attends chaque année. Pour croquer dedans et jouir de son jus.

J’aime les lacs d’un amour fou, surtout ceux du mois d’août, qui nous rappellent qu’il vaut la peine de vivre.

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Le caviar des jours
Je me permets de vous signaler une faute.
Vous écrivez : « de part leur nombre »
Alors qu’il faudrait écrire : « de par leur nombre »
Merci quand même pour l’article talentueux et amant de la nature…

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Merci pour ce beau texte, je m’y suis vue dans la forêt. Les enfants et la nature c’est tellement ça la vie.

Bonne journée xx

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Je l’ai déjà dit, une Vigneault en devenir, une Pèlerin bien enracinée. Votre lac vous fait les mêmes effets que moi Ma Belle rivière Montmorency. Loin d’être calme et romantique au clair de lune, elle recèle par contre une vivacité, une énergie qui revigore l’âme, l’esprit et le corps; ce corps déjà vieux qui semble rajeunir quand il s’y baigne dans ses eaux fraîches et limpides. Votre texte me rend poète aussi, mais bien moins que vous.
Merci pour ce beau texte.

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