Le cégep, c’est l’aventure!

Étudier à Gaspé, Baie-Comeau ou Val-d’Or quand on vit à Québec ou à Montréal, pourquoi pas? Le nouveau programme de mobilité interrégionale encourage les cégépiens à découvrir d’autres coins du Québec.

Aurélie Rivard a quitté le cégep du Vieux-Montréal pour poursuivre son DEC en sciences de la nature à Gaspé, en pleine nature! (Photo: Jacques Gratton pour L’actualité)
Aurélie Rivard a quitté le cégep du Vieux-Montréal pour poursuivre son DEC en sciences de la nature à Gaspé, en pleine nature! (Photo: Jacques Gratton pour L’actualité)

Retourner au cégep du Vieux-Montréal? Pas question! Depuis qu’elle a goûté à celui de la Gaspésie et des Îles, Aurélie Rivard, 19 ans, n’en démord pas. Venue pour un échange à l’hiver 2015, assorti d’une bourse couvrant logement et activités d’intégration durant une session, elle a décidé de terminer son DEC en sciences de la nature sur place. «L’ambiance est familiale et tout est accessible: le plein air, les profs, l’école…» Fini les 90 minutes de transport en commun depuis le domicile de ses parents, sur la Rive-Sud, près de Montréal, faute de pouvoir se payer un logement en ville. À Gaspé, Aurélie vit dans la résidence du campus. «Je gagne du temps pour mes études et je peux faire du canyonisme, de la voile, du vélo…»

Pari réussi pour le cégep de la Gaspésie et des Îles. En butte à une baisse de l’effectif liée au déclin démographique, il remue ciel et terre depuis 2010 pour séduire les étudiants des grands centres. Outre les échanges d’une session avec six cégeps (Vanier, Dawson, John Abbott, Vieux-Montréal, Maisonneuve et Édouard-Montpetit), il offre des bourses à ceux qui suivent un DEC complet. Avec succès: sur ses 1 064 étudiants en 2015-2016, 231 venaient d’ailleurs dans la province.


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Le cégep de la Gaspésie et des Îles n’est pas le seul à avoir besoin de sang neuf.

Selon le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES), le réseau collégial public perdra quelque 26 000 étudiants d’ici 2020 (– 16,1 %) et les cégeps de régions éloignées seront les plus touchés (jusqu’à – 30 %). Si une croissance est prévue de 2020 à 2027, celle-ci profitera surtout aux cégeps urbains.

C’est pour renverser la vapeur que Québec vient de lancer un «programme de mobilité étudiante interrégionale», doté de 1,5 million de dollars sur cinq ans. Dix-sept cégeps et deux collèges privés y participeront, du Bas-Saint-Laurent au Saguenay–Lac-Saint-Jean en passant par l’Abitibi-Témiscamingue et la Côte-Nord.

Réclamé par la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), qui a réalisé une grande tournée des cégeps touchés par le déclin, ce programme arrive à point nommé. «Même s’il ne réglera pas à lui seul le déficit démographique, il va nous permettre d’améliorer notre offre et donc d’attirer plus de jeunes», dit Yves Galipeau, DG du cégep de la Gaspésie et des Îles, qui récupérera 110 000 dollars annuellement durant cinq ans. «Leur intérêt est là, mais l’aspect financier est souvent un frein.» (Depuis 2015, l’établissement a dû suspendre son programme de bourses, en raison de la dissolution des Conférences régionales des élus [CRE] — qui les finançaient en partie — et des compressions budgétaires.)

Autre obstacle: la reconnaissance des unités de valeur entre cégeps. «C’est l’une des grandes difficultés que nous avons constatées, dit Rose Crevier-Dagenais, présidente de la FECQ. Depuis la décentralisation du réseau collégial, en 1993, le calendrier et le contenu des cours ne sont pas forcément les mêmes partout et l’arrimage ne va pas de soi.» Pour l’instant, les échanges sont limités aux programmes préuniversitaires. Pour les programmes techniques, un examen minutieux des différents cours sera nécessaire afin d’éviter aux étudiants de perdre une session.

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