Le courrier du pot

Qu’on ne le veuille ou non, la consommation de cannabis a désormais des impacts sur chacun d’entre nous. Pour éclaircir la situation, L’actualité répond aux petites et grandes questions en lien avec la légalisation.

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Le prochain gouvernement fédéral pourrait-il «délégaliser» le cannabis ?

Oui, mais non. Imaginons qu’un nouveau parti prenne le pouvoir aux élections de 2019. En théorie, il lui suffirait d’adopter une loi criminalisant le cannabis pour mettre fin à ce que certains considèrent comme un bad trip. Mais que diraient les provinces, qui ont payé pour mettre en place un réseau de vente de pot ? Comment réagirait le secteur privé, qui a investi des centaines de millions dans cette industrie ? Quelle serait l’incidence sur les marchés boursiers, où le cannabis pèse plus de 35 milliards de dollars ? La légalisation a déjà provoqué de profonds changements de société. Pour un parti politique, faire marche arrière serait extrêmement risqué. Resserrer les règles entourant la production, la vente et la taxation de cette drogue serait toutefois envisageable.

THC, CBD, de kessé ?

Le tétrahydrocannabinol et le cannabidiol, mieux connus sous les sigles de THC et CBD, sont les deux principales molécules du cannabis qui affectent le cerveau. Leur concentration est indiquée sur tous les produits vendus par la Société québécoise du cannabis, un peu comme le pourcentage d’alcool sur une bouteille de vin. Ainsi, plus grande est la teneur en THC, plus grande sera la sensation d’être « gelé ». Le CBD, pour sa part, atténue les effets du THC, qu’il s’agisse de l’agréable euphorie… ou de l’indésirable paranoïa. Mais contrairement au taux d’alcool, les concentrations de THC et de CBD ne demeurent qu’un guide approximatif. Plusieurs autres molécules auraient également un effet sur les neurotransmetteurs. Un peu d’expérimentation sera donc nécessaire pour trouver le produit qui convient à chacun.

Suis-je susceptible de faire une psychose liée au cannabis ?

La psychose se caractérise notamment par des hallucinations, visuelles ou auditives, ainsi que par des idées paranoïaques, détachées de la réalité. Elle touche environ 3 % de la population et peut être déclenchée par le cannabis, indique la psychiatre Amal Abdel-Baki. Le risque est plus élevé pour les jeunes, car le cerveau ne termine son développement qu’autour de 25 ans. Mieux vaut donc repousser aussi longtemps que possible son premier joint. Les antécédents médicaux figurent aussi parmi les facteurs de prédisposition. Si vous ou un membre de votre famille avez déjà souffert de bipolarité, de schizophrénie ou d’autres troubles psychiatriques, mieux vaut laisser le cannabis aux autres.

Sachez que la paranoïa et même les hallucinations font partie des effets possibles du pot à court terme. « Si ces symptômes persistent le lendemain, ou s’ils se répètent à chaque consommation, il faut consulter, prévient Amal Abdel-Baki. Plus la psychose est diagnostiquée tôt, plus elle sera facile à traiter. » L’entourage des consommateurs de cannabis doit également être vigilant, car « les personnes atteintes perdent leur sens autocritique de la maladie ».

Vous avez une question sur le cannabis ou la légalisation ? Écrivez-nous à [email protected]

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D’un jour historique à l’autre, du Père au Fils: PET & POT.

Le 16 octobre 1970, nuit de proclamation de la Loi sur les mesures de guerre, aura été LE Jour Historique du Père, PET. Le ‘lendemain’, ce 17 octobre, est LE Jour Historique du Fils, ‘POT’.

16 octobre, grand Moment d’enfermement-Contrainte; 17 octobre, grand Moment d’affranchissement-libération? Deux générations.

Je voudrais juste vous faire remarquer une petite différence.

Lorsque la loi sur les mesures de guerre a été adoptée en ’70, presque tous les Québécois étaient d’accord avec le gouvernement de Trudeau père vu les circonstances (le FLQ avait ASSASSINÉ un de NOS ministres!!!); à contrario, je crois que la vaste majorité des Québécois aujourd’hui n’approuve pas la décision di fils concernant le cannabis, du moins, pour l’instant.

PET nous a emprisonné et empoisonné et Justin-pipeline nous intoxique .Quelle merveilleuse famille !

Non, désolé, François 1, c’est l’inverse : il n’y a pas eu proclamation de la loi sur les mesures de guerre parce qu’un ministre avait été assassiné; c’est suite à l’adoption de cette loi plutôt que le ministre a été assassiné – (‘accidentellement’, paraît-il — [il y avait hier soir à la Première chaîne — (incidemment ç’aurait été causé par une… chaîne l’«accident» ‘fâcheux’) —; il y a eu hier soir à Ici-Radio, donc, une émission d’une demi-heure consacrée à ce personnage tristement historique]). Qui plus est…
L’émission s’ensuivant immédiatement, à la même antenne, était dévolue au dernier entretien de Gérald Filion avec Bernard Landry. Au cours duquel celui-ci n’avait pas de mot(s) pour qualifier l’inqualifiable attitude et comportement de Trudeau en 1970 justement, lorsqu’il avait fait emprisonner ‘gratuitement’ — (comprendre indûment) — des Québécois par centaines; ainsi qu’eu égard à son rapatriement de la Constitution sans l’accord du Québec.

Jour historique entre deux autres…

Un 16 octobre avait eu lieu, donc, la célèbre proclamation des mesures de guerre. Hier, 17 octobre, a eu lieu cette inédite libéralisation à l’égard du cannabis, qu’on n’entrevoyait guère, à l’époque du «16 octobre» de naguère en tout cas. Puis, aujourd’hui, 18 octobre, assiste-t-on à la formation d’un tout nouveau gouvernement. Historique, luitou. Ça, pas de doute. Car différant éminemment de la multitude de gouvernements des précédentes décennies. Sera-ce pour le mieux? Ou pour pire? Ou encore pour… pareil? «On verra»!