Le cours du sexe chute…

En 2006, le prix d’une heure de sexe avec une prostituée se situait autour de 340 $US. Depuis, il n’a eu cesse de chuter…

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En 2006, le prix d’une heure de sexe avec une prostituée se situait autour de 340 $US. Depuis, il n’a eu cesse de chuter pour s’établir à 260 $US en 2014. C’est ce que révèle le magazine britannique The Economist, qui a analysé 190 000 profils de travailleuses du sexe sur Internet, et ce, à travers 12 pays et 84 villes.

FouineurPourquoi donc ce déclin ?

Comme tant d’autres, les prostituées ont été victimes de la crise économique de 2008. Dans des villes comme Cleveland, en Ohio, où le taux de chômage a culminé à 12,5 % en 2010, les prix ont dégringolé. Ce phénomène s’est répercuté jusqu’à Londres, qui a pourtant été relativement épargnée par la crise.

La migration est un autre élément de réponse. Dans la capitale du Royaume-Uni, le flux entrant continu de migrants plutôt pauvres a eu pour conséquence de faire baisser les prix. En Norvège, où l’égalitarisme avait poussé toutes les prostituées à demander un prix similaire, l’afflux de travailleuses du sexe étrangères a brisé l’équilibre.

Le nombre croissant de personnes qui vendent leurs services en ligne, où il est plus facile de rester anonyme, n’a pas non plus aidé. Mais, en réduisant le nombre d’intermédiaires, Internet a permis aux prostituées de garder une plus grande proportion de l’argent gagné. La courbe de leurs revenus n’a donc pas chuté aussi fortement que la baisse des prix le suggère.

« Des changements sociaux plus généraux peuvent avoir contribué à réduire la demande, a également noté The Economist. Les relations adultères et occasionnelles se trouvent plus facilement que par le passé. Le sexe avant le mariage est devenu plus acceptable et le divorce est plus simple, ce qui signifie que de moins en moins de célibataires et mariés frustrés se tournent vers les prostituées. »

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Pas particulièrement respectueux des femmes, votre billet, Monsieur Destouches. Vous parlez d’elles comme d’une denrée commerciale dont vous observez l’évolution du prix. Je me demande si vous auriez qualifié de la sorte la baisse de la valeur des esclaves Noir-e-s lors de la montée de l’abolitionnisme dans la société ségrégationniste nord-américaine d’il y a 150 ans.

Monsieur Dufresne, les femmes ont toujours vendu leurs corps au plus offrant. Le mariage en est la preuve. Plus une femme est belle, plis elle vaut cher aux yeux des hommes. Les femmes le savent. Il n’y a rien d’odieux à avouer que les femmes sont des denrées commerciales. Que croyez-vous ? Que les hommes n’en sont pas. Une jolie femme se détournera d’un homme pauvre. C’est la sélection naturelle. Un beau blond allemand choisira une jolie femme. Chaque torchon trouve sa guenille… C’est la dure réalité !

Intéressant, mais ce que dit l’Economist, surtout, c’est que comme cela est vrai pour toutes les autres industries de service, celle de la prostitution est en train de se transformer grâce aux technologies numériques. Alors que nos gouvernements s’évertuent à légiférer ce champ d’activités en visant alternativement le noir (la prostituée) et le blanc (le solliciteur), espérant les contraindre dans les rues de Montréal, Winnipeg ou Vancouver, 80% des prostituées (et des clients) se trouvent déjà ailleurs, dans des lieux privés, dans ces chambres où Pierre-Elliott Trudeau disait que nous n’avions rien à voir. Nos gouvernements, qu’il s’agisse de l’industrie du livre ou de la prostitution, sont en retard d’une génération!