Le grand écart des valeurs

Faites ce que je dis, mais pas toujours ce que je fais ! Ça pourrait être le credo des Québécois quand vient le temps de parler des valeurs à transmettre à leurs enfants. Les surprises d’un grand sondage CROP-L’actualité


 

Eva, originaire de la Colombie, avait déjà un fils quand elle a rencontré Jean-Marc, un « pure laine ». Puis, ils ont eu deux enfants. Avec grand-maman, qui vivait sous leur toit, ils formaient déjà une belle tribu. Mais ils avaient encore de l’amour à revendre, alors ils ont accueilli une fillette de la DPJ.

« Dans un monde où tout est matériel, la famille est la plus grande richesse », dit Jean-Marc Lemay, 53 ans, propriétaire d’un élevage de bisons à Disraeli, dans la région de Chaudière-Appalaches. « Quand on court après l’argent et qu’on n’a plus de temps pour les siens, on est finalement bien pauvre. » Même conviction chez son épouse. « La famille, c’est notre priorité. L’estime de soi, le respect des autres, le partage, tout le reste en découle », dit Eva Lopez, 45 ans, directrice de l’organisme Intégration communautaire des immigrants à Thetford Mines.

Recomposée, multigénérationnelle et biculturelle : les Lemay-Lopez incarnent une nouvelle définition de la famille québécoise. Fondée non plus sur le sacrifice et l’obligation, mais sur le bonheur d’être ensemble.

Durant la dernière année, le débat sur les accommodements raisonnables a révélé une certaine peur de voir disparaître les « valeurs québécoises ». En février 2007, en annonçant la création de la commission Bouchard-Taylor, le premier ministre Jean Charest a rappelé que l’égalité des sexes, la primauté du français et la séparation de l’Église et de l’État comptaient parmi les « valeurs fondamentales » des Québécois. Est-ce bien celles que ces derniers privilégient ?

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