Le leadership est-il sexiste ?

Le leadership au féminin est souvent considéré comme celui de la collaboration, de la compassion, de l’écoute et de la bienveillance. Mais fait-on fausse route en attribuant un genre au leadership ?

Photo : nd3000 / Getty Images

Les pays dirigés par des femmes ont généralement mieux réussi à contrôler la pandémie que ceux dirigés par des hommes, révèle une étude récente portant sur la performance de 194 pays en ce qui concerne leur lutte contre la COVID-19. Dans bon nombre de ces pays dirigés par des femmes, l’élection de celles-ci à titre de première dirigeante est le reflet d’une société où la contribution des deux sexes s’exprime dans plusieurs lieux de pouvoir et d’influence.

Cette mixité conduit à une confrontation constructive des visions et ouvre la voie à la mise en œuvre de solutions plus riches et complètes que si elles émanaient d’un groupe homogène.

Les environnements paritaires conduisent à la prise de décisions plus saines, solides et consensuelles. Dans ces milieux, on observe que le leadership fondé sur le commandement et le contrôle — propre au siècle dernier et caractérisé par l’homogénéité du pouvoir masculin — se complète par l’ajout d’autres qualités, comme l’empathie, la compassion, la communication et la collaboration, qui témoignent de l’émergence de nouveaux leaders féminins.

Or le leadership a été défini historiquement en fonction des stéréotypes qui caractérisent les hommes exerçant le pouvoir : rationalité, pragmatisme, hiérarchie et orientation vers des résultats à court terme. Une telle définition permet d’expliquer pourquoi la légitimité du pouvoir est davantage associée à l’homme, comme le révèle l’indice du leadership de Reykjavik, présenté pour la première fois en 2018.

Cet indice a pour objectif de mesurer la perception que l’on a des femmes au pouvoir, au sein de 11 pays, incluant l’ensemble des pays du G7. Il évalue la légitimité perçue des modèles de leadership masculin et féminin au sein de différentes fonctions de pouvoir dans nos sociétés. Selon cet indice, il existe malheureusement encore de fortes disparités quant à la manière dont sont perçus les hommes et les femmes en ce qui a trait à leurs aptitudes à exercer des postes de pouvoir.

Soulignons que le Canada et la France se révèlent être les deux pays affichant le moins de préjugés relativement au leadership féminin. Cette définition du leadership, c’est-à-dire qui s’appuie notamment sur des qualités d’empathie et de compassion peut également expliquer pourquoi, selon une enquête réalisée par le HuffPost, les hommes américains sont généralement peu favorables au leadership politique féminin puisque la société américaine valorise davantage les qualités dites « masculines ».

Le mythe des deux leaderships

La question pertinente est la suivante : le leadership serait-il sexiste ? Nous définissions le leadership au féminin comme celui de la collaboration, de la compassion, de l’écoute et de la bienveillance, alors que le leadership au masculin est davantage lié à l’exercice d’un pouvoir traditionnel de gestion, de supervision et de contrôle. Mais fait-on fausse route en attribuant ainsi un genre au leadership ? N’y aurait-il pas au fond qu’un seul leadership, composé à la fois de qualités dites féminines et de qualités dites masculines ? Un leadership fait autant de collaboration que d’affirmation de soi, de compassion que d’autodétermination ?

Une recherche de Steven H. Appelbaum, Vanessa D’Antico et Christina Daoussis, intitulée Women as Leaders : The More Things Change, the More It’s the Same Thing montre que les femmes et les hommes au pouvoir restent catégorisés en fonction de leur rôle sexuel. Les femmes ont des comportements communautaires et les hommes, des comportements dits d’autodétermination ou individualistes. Selon cette étude :

Le style de leadership attribué aux hommes (ou agentic leadership style) est considéré comme normal et acceptable, mais lorsque les femmes cherchent à se l’approprier, en affichant des caractéristiques telles que l’affirmation de soi, la ténacité et la compétitivité, elles ne correspondent plus à la définition stéréotypée qui leur a été dévolue. Ces femmes sont étiquetées comme différentes en raison de l’incongruité de leur rôle social et considérées comme déviantes, car « agissant différemment ». De plus, elles en souffrent souvent dans leur cheminement de carrière.

Selon nous, il est plus que temps de revoir la définition du leadership pour la rendre plus multidimensionnelle, en faisant référence à l’ensemble des qualités qu’il doit comprendre et qui s’exprime différemment selon les défis des organisations.

Force est de constater que nous n’avons pas encore suffisamment un vaste échantillon d’expressions du leadership au féminin qui permettrait de positionner le leadership dans un nouveau contexte de parité.

Prenons l’exemple du monde des affaires canadien. Les difficultés rencontrées par les femmes en raison des biais, des stéréotypes, de la conciliation travail-famille, des absences dues à la maternité et des politiques d’entreprise mal adaptées aux particularités de la condition féminine font en sorte que peu de femmes atteignent les plus hauts échelons de nos organisations. Seulement 4 % des postes de président et de chef de la direction sont occupés par des femmes et aucune n’occupe cette fonction parmi les entreprises du TSX 60.

Les défis que pose le XXIe siècle — changements climatiques, santé, environnement, épuisement des ressources planétaires, vieillissement de la population, développement des talents, iniquités sociales, télétravail, nouvelles technologies — exigent un nouveau style de leadership. Nous devons préconiser un modèle où l’intelligence et les talents respectifs de tous et de toutes seront utilisés dans la recherche de solutions à ces défis multidimensionnels qui existent déjà et qui se complexifieront vraisemblablement dans le futur.

La version originale de cet article a été publiée sur La Conversation.

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Arrêtez de colporter des fakes news.

Tout le monde et sa grand-mère a cité la fameuse étude sur « les femmes meilleures que les hommes pour combattre la COVID », mais cette étude relève de la fausse nouvelle.

Déjà, côté causalité/corrélation, on peut repasser. De plus, les conclusions sont beaucoup trop fortes pour une étude très limitée, sans oublier qu’elle a été publiée avant la « 2e vague ».

Aussi, les données ont été triées par « paires » judicieusement choisies pour faire bien paraître les femmes. On aurait pu choisir des paires différentes pour « prouver » que le leadership des femmes est inférieur inférieur à celui des hommes pour gérer la COVID. Imaginez la crise!

https://www.wired.com/story/what-the-data-really-says-about-women-leaders-and-the-pandemic/
http://empathygap.uk/?p=3449

Mais bon, on sait bien, les données tendancieuses c’est rarement un problème quand elles disent ce qu’on veut entendre.

T’es un pas fin pantoute pantoute toé le Carl Côté. Jamais au grand jamais il y a de triage de « données » pour « faire dire » ce que l’on veut… et qui fait « notre affaire ». Ici, au Québec, nous avons l’exemple patent que cela ne se fait jamais, au grand jamais… Les blablas du très grand bonimenteur Arruda est en exemple vivant…

Avec leurs qualités qu’on donne au leadership féminin, comment pourrait-on qualifier les discours de Trudeau et de Joe Biden? Ont-ils une forme de leadership féminin?
Je pense qu’il y a trop de stéréotypes et de généralisations dans cet article.

Mais je vais ajouter une remarque qui pourrait être qualifiée aussi de stéréotype (j’espère une preuve en ce sens). S’il y a moins de femmes dans les postes de direction, c’est souvent parce qu’elles ne veulent pas travailler autant d’heures par semaine que ceux qui progressent dans ces entreprises. Et ce n’est pas dû seulement à la conciliation travail/famille… mais à des intérêts différents.