Le port du masque obligatoire ?

Oui, répondent une majorité de Canadiens. Pourtant, eux-mêmes ne sont pas si nombreux à en porter. Aux États-Unis, c’est le contraire !

Crédit : L'actualité

Même s’il y a d’abord eu quelques tergiversations sur le sujet, les autorités de la santé publique suggèrent maintenant fortement aux Québécois de porter le couvre-visage dans les lieux publics afin de diminuer les risques de propagation du virus. Le masque servant d’abord à protéger son entourage et non soi-même, les citoyens sont-ils prêts à faire preuve d’une sorte d’altruisme au prix d’un certain inconfort ?

Le plus récent sondage hebdomadaire de Léger pour le compte de l’Association des études canadiennes a exploré la question des masques plus tôt cette semaine auprès d’un échantillon de 1 510 Canadiens et 1 005 Américains.

Alors que 50 % des Québécois, et 45 % des Canadiens, affirment enfiler leur couvre-visage dans les lieux publics, un plus grand pourcentage encore d’Américains, soit 78 %, disent le porter. Ces chiffres peuvent sembler étonnants pour certains, mais ils nous indiquent une fois de plus que ce que nous observons dans les médias sociaux — tous ces Américains qui s’opposent avec vigueur au port du masque dans de nombreuses vidéos devenues virales — ne représente qu’une minorité bien vocale. N’en déplaise au président Trump, qui s’est moqué de son adversaire Joe Biden qui en portait un lors d’une cérémonie pour le Memorial Day, une majorité d’Américains sont en faveur du port du masque dans les lieux publics.

Les Canadiens, eux, sont divisés. C’est au Québec et en Ontario (51 %) que le masque est le plus porté, alors que dans les Prairies et en Alberta, seulement 32 % des répondants disent l’avoir adopté.
C’est principalement à l’épicerie (41 %) et à la pharmacie (37 %) que les Canadiens le portent plus volontiers.
On peut s’étonner que seulement 10 % des répondants affirment adopter le masque dans les transports publics (bus, métro, tramway, etc.). La page web de la STM indique pourtant que son usage est fortement recommandé, alors qu’il peut être « difficile de garder une distance physique de deux mètres entre vous et les autres ». D’ailleurs, depuis le début de la semaine, des masques sont distribués par la STM dans certaines stations de métro.

Si la propagation du virus devait reprendre de la vigueur au cours des prochains mois, les gouvernements pourraient rendre le port du masque en public obligatoire. Une majorité de Canadiens (51 %) serait en faveur d’une telle mesure. Cette proportion grimpe à 59 % au Québec et à 57 % en Ontario. Chez nos voisins du Sud, deux tiers des répondants (65 %) sont aussi en faveur d’une telle mesure, alors que 27 % s’y opposent.
Il est intéressant de constater que la proportion de Canadiens qui se dit en faveur du masque obligatoire est plus élevée que celle qui affirme déjà porter le masque en public — autrement dit : « Je ne porte pas le masque, mais je vais le faire si c’est obligatoire. » Nous observons la tendance inverse aux États-Unis : 65 % sont en faveur du port du masque obligatoire, mais 78 % le portent déjà : « Je porte le masque, mais je ne veux pas que ça soit obligatoire… »

Les directives de Santé publique Canada concernant le port du masque sont disponibles sur cette page.

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Je suis contre le port du masque obligatoire parce que je n’arrive pas à respirer convenablement et que, au bout d’un quart d’heure, je suis littéralement en manque d’oxygène (J’ai essayé et il m’a fallu une heure pour récupérer). Il ne s’agit pas d’un simple inconfort. De plus faire tenir un masque ou une visière avec un appareil auditif et des lunettes, rien ne tient en place, ni avec l’un ni avec l’autre. Ce qui est vital pour moi, c’est de ne pas manquer d’oxygène. Mais je me lave les mains et je reste loin des autres autant que possible(et je ne parlerai pas des dommages psychologique de cette façon de faire).

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@ Therese Duvieusart,

Les études faites sur le port du masque tendraient à démontrer l’inverse, à savoir que le port du masque produirait l’hyperventilation et non la sous ventilation comme vous l’alléguez. En sorte que les symptômes que vous décrivez, cette impression de manquer d’air serait plutôt due au fait que vous faites entrer plus d’oxygènes dans votre cerveau.

Cette sensation naturelle de fatigue que vous éprouvez viendrait plutôt du fait que vous n’êtes pas habituée à cet apport. Il faut savoir que les cellules du cerveau consomment beaucoup d’oxygène. Selon les spécialistes, l’inconfort que vous éprouvez est tout-à-fait normal et d’usage, les gens s’habituent au port du masque après quelques jours. Vous avez toutefois raison de rester prudente.

Une technique consiste à inspirer lentement et à expirer tout aussi lentement. Peu à peu, vous allez trouver votre rythme.

Un autre élément qui plaide en faveur du port du masque, vient du fait que selon les études les plus récentes sur le SARS-CoV-2, ce sont les cellules présentes dans les cavités nasales qui seraient un des principaux vecteurs de la transmission et de l’incubation du virus qui après quelques jours peut contaminer le reste de l’appareil respiratoire.

En portant un masque dans les endroits publics, vous protégez les autres et vous vous protégez contre la Covid-19. Le moindre petit éternuement peut être lourd de conséquences. En sorte que les avantages du masque devraient l’emporter sur les inconvénients.

Pour qu’une habitude se répande, il faut en parler souvent et expliquer pourquoi on le fait. Or il y aura toujours plein de gens qui ne comprendront jamais ça. Donc il faut cesser de parler de choix quand il s’agit d’urgence sanitaire et imposer le masque dans les transports en commun et certains commerces comme les épiceries, pharmacies, restaurants, etc.

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L’obligation de toute chose ne garantit jamais d’un respect selon les normes des instructions. C’est pourquoi nous sommes plus avisés de nous en remettre au sens de la responsabilité des populations (tout un chacun) qu’à toutes formes particulières de contraintes qui ne servent qu’à générer plus d’incompréhension, de suspicion, de frustration, de mécontentement.

À tout le moins cela est mon opinion. Il ne faut jamais sous-estimer l’intelligence des gens.

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En tout respect, cher monsieur le journaliste, vous tournez les coins pas mal rond lorsque vous écrivez (j’ai mis en lettres majuscules les extraits de votre texte que je trouve discutables) : « Il est intéressant de constater que la proportion de Canadiens qui se dit en faveur du masque obligatoire est plus élevée que celle qui affirme déjà porter le masque en public — autrement dit : « Je ne porte pas le masque, MAIS JE VAIS LE FAIRE SI C’EST OBLIGATOIRE. » Nous observons la tendance inverse aux États-Unis : 65 % sont en faveur du port du masque obligatoire, mais 78 % le portent déjà : « JE PORTE LE MASQUE MAIS JE NE VEUX PAS QUE ÇA SOIT OBLIGATOIRE… » »
Se dire «POUR» l’imposition d’une règle, c’est plus qu’accepter de se conformer au règlement, comme vous le laissez entendre dans le cas du Québec. Si 59% se disent POUR le port obligatoire, c’est purement et simplement que 59% souhaite que les autorités l’imposent… La question n’était pas «allez-vous vous conformer aux règlements» mais plutôt «devrait-on rendre le port du masque obligatoire?». Grosse différence…

Dans le cas des États-Unis, même si 78% disent déjà le porter, 65% sont POUR son obligation. Je vois donc mal comment vous arrivez à prêter le raisonnement suivant aux répondants: «Je porte le masque, mais je ne veux pas que ça soit obligatoire… ». Au contraire ! La donnée factuelle est qu’un bonne majorité d’Américains (65%) veut rendre son port obligatoire… La conclusion correcte que vous auriez dû en tirer était plutôt : «Oui, je porte le masque de moi-même, mais je souhaite quand même qu’on le rende obligatoire.» (Sous-entendu : «et ce, afin que TOUS le portent»)…

Certains journalistes, en cherchant la formule «chic choc» pour «résumer» des résultats de sondages finissent par fausser ou infléchir lesdits résultats. Dommage.

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