Le prix des devoirs

Kumon, 2a maths… les sociétés privées d’aide aux devoirs se multiplient. Mais ce n’est pas gratuit.

Kumon, 2a maths... les sociétés privées d'aide aux devoirs se multiplient. mais
photo : Istock

Audrey Leduc, neuf ans, est une petite fille modèle. En 4e année à l’école privée The Study, à Westmount, elle fait chaque jour une heure et demie de devoirs. Aussi inscrite en mathématiques au centre d’apprentissage personnalisé d’origine japonaise Kumon, à Brossard, elle ajoute à sa routine 10 minutes d’exercices quotidiens de maths – fins de semaine et vacances incluses. Elle a le temps de jouer dehors, mais ne regarde jamais la télé en semaine! « Venir ici, j’adore ça! dit Audrey. J’apprends des choses qu’on n’a pas encore vues en classe et je suis en avance sur les autres à l’école. »

La popularité des centres d’accompagnement pédagogique est en croissance au Québec. À preuve, l’expansion du centre Kumon. Mais aussi de la société française 2A Maths.

Créée au Japon, en 1958, Kumon est l’une des plus importantes chaînes de jukus – ces « écoles supplémentaires » fréquentées après la classe par des millions de jeunes Japonais. La méthode d’apprentissage est fondée sur des exercices répétitifs, adaptés au niveau de chaque enfant. Étape par étape, il accumule des points et peut gagner des certificats et des cadeaux.

Kumon compte 3,5 millions d’adeptes dans le monde, du préscolaire (dès 14 mois!) à l’université. Au Canada, il y en a 37 000, dont 2 000 au Québec – une hausse de 183% depuis 1997. Avec 325 élèves, la franchise de Brossard est la plus importante des 16 québécoises (toutes dans la région montréalaise).

La société française 2A Maths, de son côté, a adapté son matériel pédagogique au système scolaire québécois. L’entreprise, qui offre en outre un soutien en physique et en chimie, s’adresse d’abord aux élèves du secondaire, mais aussi aux cégépiens. Créée il y a 15 ans, elle compte près de 50 agences franchisées en France et aux Antilles, et en a ouvert trois au Québec (Brossard, Outremont et centre-ville de Montréal). Elle prévoit en ouvrir une quinzaine d’autres d’ici deux ans à Montréal et dans les environs ainsi qu’à Québec.

« La demande est de plus en plus importante », dit Sandrine Acelor, directrice de 2A Maths pour le Canada. Après un test d’évaluation gratuit, on offre un encadrement personnalisé une ou deux fois par semaine (deux heures par séance) pendant trois mois ou une année scolaire, ou un rattrapage étalé sur plusieurs jours durant les vacances d’été. Pour un tarif horaire variant entre 22,80$ et 25,80$, suivant le forfait.

Audrey et sa soeur Clara, elles, viennent un soir par semaine travailler au centre Kumon, logé dans un local d’un centre commercial du boulevard Taschereau, sur la Rive-Sud. Les surveillants passent de table en table, donnent quelques explications, mais surtout amènent la trentaine d’enfants présents ce jour-là à trouver les réponses par eux-mêmes. Le reste de la semaine, Audrey et Clara (qui, elle, a huit ans), font leurs « devoirs Kumon » à la maison. « C’est un entraînement comme pour un marathon, dit leur mère, Roxane Vachon, 32 ans, femme au foyer de l’Île-des-Soeurs. Ça leur donne une grande confiance en leurs possibilités. »

Responsable du centre de Brossard, ouvert en 1990, Lise Couture reconnaît que ses élèves ne sont pas tous heureux de s’y enfermer le soir. « Certains viennent à 18 h 30, après l’école ou même la garderie, et n’ont pas encore soupé, dit-elle. Quant aux ados, ils sont pour la plupart poussés par leurs parents. » Comme Daniel Beauchamp, 16 ans, inscrit ici depuis la 2e année du primaire. « J’aime sortir avec mes amis, et les exercices Kumon, c’est beaucoup d’ouvrage, dit-il. Mais je sais que c’est grâce à ça que j’ai de bons résultats en maths. »

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