Le procès Khadr en 8 points

Après huit longues années d’attente dans sa cellule de Guantánamo, le Canadien Omar Khadr, 23 ans, subira son procès peu après l’audience préliminaire du 9 août.

Le procès Khadr en 8 points
Photo : Janet Hamlin/PC

Arrêté à 15 ans, il est accusé d’avoir causé la mort d’un soldat américain en Afghanistan. Le tribunal militaire auquel il fera face a déjà condamné quatre « combattants ennemis », dont l’un attend toujours sa sentence. À ce jour, un seul procès s’est soldé par une peine d’emprisonnement à vie, à purger à Guantánamo pour l’instant.

1. Omar Khadr est né en 1986 à Toronto. Son père, Ahmed Said Khadr, a déménagé avec sa famille au Pakistan et en Afghanistan pour servir Ben Laden, un ami.

2. En juillet 2002, Omar Khadr est blessé et capturé par l’armée américaine en Afghanistan. Il sera accusé d’avoir lancé une grenade qui a tué un soldat.

3. Khadr est le plus jeune détenu à Guantánamo. Il est aussi le seul citoyen d’un pays occidental à s’y trouver encore, les autres ayant été rapatriés par leurs gouvernements.

4. L’Unicef et l’ONU soutiennent que Khadr doit être traité comme un enfant soldat, rappelant que des conventions internationales accordent une protection spéciale aux enfants impliqués dans des conflits armés.

5. Le Canada a refusé de demander le rapatriement de Khadr, malgré le fait que la Cour suprême ait conclu en janvier que les droits de celui-ci ont été violés et bien que la Cour fédérale ait demandé en juillet que le Canada fasse quelque chose pour que cesse cette violation.

6. Devant le tribunal militaire créé spécialement dans le cadre de la guerre au terrorisme, les accusés ont moins de droits que lors d’un procès criminel (par exemple, ils peuvent se voir refuser l’accès à une par­tie de la preuve recueil­lie contre eux).

7. Le juge, un colonel américain, choisira un jury d’officiers supérieurs de l’armée.

8. On ignore quelle peine sera demandée par la poursuite. Le 12 juillet, Omar Khadr a annoncé au juge qu’il refusera de participer à son procès, pour boycotter un système « injuste ». « J’aurai une condamnation à perpétuité de toute façon », a-t-il expliqué. Le procès aura lieu même si l’accusé ne présente pas de défense.