Le Québec courtise la « racaille » de Sarkozy

Les banlieues défavorisées de Paris, un gisement de talents ? Dix-huit universités du Québec y ont mené pour la première fois en février une opération séduction, afin d’attirer chez elles des étudiants issus de ces territoires déshérités.

Le tiers des moins de 20 ans vivent dans la pauvreté dans le département de Seine-Saint-Denis, au nord de Paris. Les études sont une chance d’y échapper. Paris 8 et Paris 13, les universités locales, y croient, mais « le potentiel qu’elles abritent est rarement reconnu par les universités étrangères, qui préfèrent visiter les établissements plus prestigieux » de la capitale française, explique la journaliste Catherine Rollot, du quotidien Le Monde.

Une large banderole « Étudier au Québec », déployée dans ces deux universités le 10 février, a brisé cet isolement le temps d’une journée. Un kiosque était dressé et des responsables du recrutement ont multiplié les contacts pour vanter le cadre universitaire québécois. Près de 600 étudiants ont participé aux rencontres organisées, et 8 300 dépliants ont été distribués par la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), à l’origine de cette initiative. En 2008, 6 873 étudiants français étaient inscrits dans les universités québécoises. La CREPUQ veut hausser ce total de 10 %.