Le Québec selon les Y

Réinventer la société québécoise à l’image de la génération Y ? Tout un contrat !

Photo : Olivier Hanigan
Photo : Olivier Hanigan

Le jour, Stéphanie Raymond-Bougie est avocate d’affaires au sein du grand cabinet Heenan Blaikie, à Montréal. Le soir et la fin de semaine, elle tente de réinventer la société québécoise (rien de moins!) en participant au groupe de réflexion Génération d’idées, qu’elle a cofondé avec deux jeunes avocats il y a un an.

Cette jeune maman de 31 ans, actuellement en congé de maternité, rêve d’un projet de société à l’image de sa génération, les Y. Et pour le réaliser, elle a lancé, avec Paul St-Pierre Plamondon et Mélanie Joly, une publication trimestrielle (Génération d’idées), un blogue et un site Internet (generationdidees.ca). Les jeunes âgés de 25 à 35 ans peuvent y exprimer leurs opinions et débattre des grands enjeux québécois.

« Nous voulons faire entendre la voix de la relève et faire connaître ses priorités, dit Stéphanie Raymond-Bougie. Dans les médias, les préoccupations des baby-boomers demeurent à l’avant-scène. »

Une cinquantaine de jeunes ont déjà pris la plume pour proposer, dans le magazine ou le site Internet, des solutions pour relancer le Québec. Utilisation du médicament générique, augmentation des tarifs d’électricité (pour réduire la surconsommation d’énergie et payer la dette), éducation sexuelle (pour diminuer le nombre d’avortements), introduction du péage sur les routes, droit à l’euthanasie… Leurs idées viennent de la gauche comme de la droite – le groupe de réflexion se dit apolitique et indépendant.

Génération d’idées organisera un sommet en mai 2010. Stéphanie Raymond-Bougie compte bien y défendre sa cause : l’intégration des immigrants de deuxième et troisième génération. « Ces gens sont nés au Québec, y ont fait leurs études et n’ont pas plus d’emploi que leurs parents ! » dénonce cette ancienne présidente de la Jeune Chambre de commerce haïtienne. Le Québec de demain se bâtira avec ses enfants d’immigrants…

Les plus populaires