Le retour des conquérants

En se repliant sur leur territoire, dans les années 1960, les Québécois se sont privés d’une force de frappe pour faire fleurir le français un peu partout en Amérique. Et s’ils repartaient jardiner sur leur continent ?

On verra souvent cet été s’amarrer dans le port de Québec des navires venus d’Acadie ou des canots franco-ontariens ayant descendu le fleuve. Des artistes franco-américains viendront même de Manchester (New Hampshire) pour donner un concert dans la Vieille Capitale le 4 juillet, histoire de rappeler qu’elle est non seulement la capitale du Québec, mais aussi, et surtout, celle de l’Amérique française. Et que le français n’est pas rayé de la carte, au contraire.

Car pour ces minorités francophones dispersées que le premier ministre René Lévesque qualifiait de « dead ducks »(personnes foutues, condamnées), l’assimilation annoncée n’a pas eu lieu. Au Canada — sans compter le Québec —, le nombre de francophones est passé d’environ 800 000 à la fin des années 1960 à presque un million. Ils ont leurs écoles (plus de 650), leurs collèges et universités (21), leurs radios communautaires (21), leurs quotidiens (2) et leurs hebdos (30), ainsi que des lois leur garantissant des services en français. Et les accords de coopération avec le Québec se multiplient.

À tel point que le gouvernement du Québec étrenne pour eux une politique renforcée, qui ne vise plus seulement à soutenir leurs actions. La Politique du Québec pour une francophonie canadienne, déposée en 2006, claironne en effet que le Québec est de retour dans la francophonie canadienne, après quatre décennies pendant lesquelles les Québécois, individuellement et par leurs associations, ont boudé les francophones du Rest of Canada. Elle vise à faire en sorte que le Québec joue à plein son rôle de vaisseau amiral de l’Amérique française — un rôle sur mesure et pourtant longtemps négligé.

« Si on veut assurer le rayonnement de notre langue, si on veut qu’elle s’épanouisse, on ne peut pas limiter notre action au seul territoire du Québec », dit Benoît Pelletier, ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes dans le gouvernement Charest. « Le français est une langue universelle, pas la langue d’un territoire. On se prive d’une force de frappe si on n’aide pas à la faire fleurir partout », ajoute-t-il.

Le ministre Pelletier — et avant lui le premier ministre du Québec Lucien Bouchard — a compris qu’une coopération accrue avec les communautés francophones ne profite pas seulement aux Franco-Ontariens, Acadiens et autres Fransaskois, mais peut également servir le Québec en matière de santé, d’immigration, de distribution de la culture, voire d’affaires. Car la francophonie d’Amérique ne rime plus avec tourtières, ceintures fléchées et « sets carrés », mais avec Internet, CPE, cliniques et collèges techniques.

« On peut fournir notre part, nous ne sommes pas des assistés de la francophonie canadienne », dit Hubert Gauthier, PDG de la Société Santé en français, organisme sans but lucratif d’Ottawa financé par le fédéral et les provinces. La Société est derrière la création de 17 réseaux régionaux, qui offrent des services de santé en français hors Québec. Le ministère de la Santé du Québec lui a prêté deux cadres, qui ont contribué à appliquer les connaissances québécoises aux autres provinces.

Parce que le nombre de francophones ne justifiait pas la construction d’hôpitaux à 100 % francophones, on a mis sur pied 10 cliniques de santé communautaire, des « super-cliniques publiques » offrant des soins de première ligne, avec médecins, infirmières, physiothérapeutes, ergothérapeutes, etc. « Ce modèle pourrait inspirer plus d’un fonctionnaire à Québec, où l’on cherche des solutions aux listes d’attente et au manque de services dans les régions. Une partie de la solution se trouve peut-être dans les provinces voisines, et en français ! » dit Hubert Gauthier, un grand sexagénaire franco-manitobain qui a dirigé la Régie régionale de la santé de la Montérégie de 1987 à 1995.

Claudette Pitre-Robin, directrice du Regroupement des centres de la petite enfance de la Montérégie, se dit nationaliste, mais elle croit que « la francophonie canadienne, ce n’est pas juste pour les fédéralistes. J’y vois un enjeu crucial pour le Québec. » Cette blonde hyperactive et visionnaire a découvert la francophonie canadienne en 2004, lorsque la Commission nationale des parents francophones a sollicité son aide pour la création de CPE d’inspiration québécoise — il y en a aujourd’hui 20 et une trentaine sont en gestation dans différentes provinces.

S’ils s’inspirent du concept québécois, ces CPE offrent un éventail plus large de services : programmes de francisation, d’alphabétisation, de santé communautaire (au Manitoba, une infirmière francophone visite les enfants tous les mois). On offre également de l’aide aux parents à la recherche de services juridiques en français. Bref, le CPE devient un guichet unique.

Claudette Pitre-Robin y voit une idée intéressante pour le Québec : en devenant lui aussi une sorte de guichet, le CPE québécois simplifierait la tâche aux parents peu scolarisés ou maîtrisant mal le français, particulièrement dans les quartiers défavorisés ou à forte immigration. Elle a aussi vu un potentiel stratégique. Selon elle, les critiques des éléments plus conservateurs de la société canadienne pourraient finir par miner la politique familiale du Québec, qualifiée d’avant-gardiste. « La meilleure façon de protéger notre politique est que d’autres l’adoptent », dit-elle.

Après les fêtes du 400e, on continuera d’entendre des accents acadiens, franco-ontariens et franco-manitobains sur la Grande Allée. Des touristes, mais aussi des délégations d’associations francophones ou de ministères, venues voir quel parti elles peuvent tirer de l’activisme renouvelé à Québec.

En 2007, le Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes, le ministère de Benoît Pelletier, a distribué cinq millions de dollars (trois fois plus qu’en 2001) à quelque 200 projets, de la fête de la Saint-Jean-Baptiste de Kapuskasing au colloque atlantique en petite enfance de l’Île-du-Prince-Édouard. L’une des initiatives les plus porteuses sera certainement le soutien offert par le gouvernement du Québec au Comité organisateur des Jeux olympiques de Vancouver, afin d’offrir des services en français. À la Chambre de commerce de Québec — ville qui avait soumis sa candidature pour la présentation de ces mêmes jeux —, on a été fort surpris de voir débarquer le président du Comité organisateur, venu expliquer aux entrepreneurs de Québec comment tirer profit des J.O. Preuve que le soutien de Québec pour y imposer le français — à eux seuls, les 165 000 francophones de Colombie-Britannique ne faisaient pas le poids — est profitable aux deux parties.

Ce n’est pas un hasard si l’aéroport de Québec reçoit trois vols quotidiens en provenance d’Ottawa : les dossiers communs se multiplient entre les deux capitales. C’est que Québec est devenu depuis 2003 un partenaire actif de la Conférence ministérielle sur la francophonie canadienne, qui réunit deux fois par an ministres et sous-ministres venus de partout au Canada pour discuter des moyens de renforcer cette francophonie. Le Québec, qui s’est longtemps borné au rôle d’observateur bougon, multiplie depuis les accords de coopération avec les provinces et territoires. L’un des plus étoffés, avec l’Ontario, comprend des volets comme l’échange d’information sur les politiques culturelles, l’accueil et l’intégration des immigrants en milieu francophone, et l’adaptation du programme québécois de la petite enfance.

« Les autres provinces ne voient pas notre action comme une ingérence. Nous mettons en place une concertation interprovinciale sur ce qu’il faut faire. Parce que nous sommes présents et actifs, nous suscitons l’adhésion », explique Benoît Pelletier.

Le cœur de l’affaire ? La jurisprudence montre que les tribunaux reconnaissent depuis 20 ans que, en dépit de la politique du bilinguisme du gouvernement canadien — qui veut que les minorités jouissent d’un traitement égal —, l’anglais est « plus égal » que le français. Par conséquent, les minorités francophones ont besoin d’être davantage soutenues que la minorité anglophone du Québec. Et les autres provinces acceptent davantage qu’avant cette asymétrie, sans lier le sort de leurs francophones à ceux des anglophones du Québec.

Quand un francophone du Canada pense à Québec, il imagine la magnifique vue sur le fleuve, puis il songe à l’imprenable citadelle refermée sur elle-même. Car les relations ont longtemps été acrimonieuses entre Québécois et « dead ducks ». À Moncton, Sudbury ou Saint-Boniface, on entend couramment des commentaires sur les maudits Québécois, arrogants, dominateurs et ignorants de la réalité canadienne-française ou acadienne. Et dans l’esprit de nombre de Québécois, francophonie canadienne rime avec « assimilation linguistique », « mort culturelle » ou « vendus au fédéralisme de Trudeau ».

Le schisme remonte à 1967, année des États généraux du Canada français, organisés par la Fédération des Sociétés Saint-Jean-Baptiste du Québec, à laquelle étaient associées bon nombre d’associations francophones. Cela se voulait un grand sommet d’orientation politique du Canada français — il y avait eu quelques sommets de ce genre auparavant. Jusqu’alors, tous les Canadiens français, y compris ceux du Québec, entretenaient l’idée d’une identité unique. Le fleurdelisé, emblème du Canada français, flottait sur les écoles du Manitoba, les caisses pop de l’Ontario et les édifices des compagnies d’assurances de Nouvelle-Angleterre. Mais en 1967, en pleine Révolution tranquille, les délégués, en majorité québécois, choisissent le divorce : les Québécois décideront de leur avenir entre eux, et tant pis pour les autres. Au passage, ils récupèrent la musique, la cuisine, la littérature canadiennes-françaises, qui deviendront québécoises en quelques années. Comme le fleurdelisé. Du coup, les francophones d’Amérique sont privés de leur voix la plus puissante.

Tous les témoignages recueillis pour ce reportage le confirment : quand les Québécois donnent des coups de gueule, les choses bougent. Ainsi, les trois associations provinciales de municipalités francophones de l’Ontario, du Manitoba et du Nouveau-Brunswick « complotent » — le mot est de Lise Ouellette, directrice générale de l’association néo-brunswickoise ! — depuis peu avec l’Union des municipalités du Québec pour rendre bilingue la Fédération canadienne des municipalités. « C’est parce qu’on travaille avec le Québec et que le Québec travaille avec nous que nous pouvons forcer la main de cet organisme très anglophone, qui n’est pas soumis à la loi sur les langues officielles », dit Lise Ouellette. L’enjeu du bilinguisme au Canada est de faire en sorte que le gouvernement fédéral applique à la lettre sa propre politique et que les organismes privés fédérateurs y adhèrent aussi, librement.

Le maître mot dans les coulisses du « bunker » de Québec n’est plus le « Canada français » — cette idée est morte depuis 40 ans —, mais la « francophonie canadienne ». « Chaque communauté francophone a son identité propre, explique Benoît Pelletier, ce qui n’interdit nullement la défense et la promotion d’intérêts communs, autour de la langue et de la culture. » Même logique, au fond, que pour la francophonie internationale.

Les personnes interviewées pour le présent article sont toutes emballées par les possibilités qu’ouvre cette nouvelle ère de coopération. Le gouvernement québécois n’a pas été aussi bien perçu hors Québec depuis deux générations. Les Québécois eux-mêmes, cependant, s’en tirent avec la mention « peut faire mieux ».

S’il veut devenir la locomotive de la francophonie canadienne, le Québec devra d’abord susciter l’adhésion des siens à la cause. « Je ne crois pas que les Québécois soient indifférents, mais il y a beaucoup d’ignorance. Nos difficultés avec les Québécois sont les mêmes que celles qu’éprouvent les régions avec Montréal », dit le Néo-Écossais Gérald C. Boudreau, président de l’Association canadienne d’éducation de langue française, qui anime des stages, des congrès, des séminaires de formation, etc. Ce professeur à la retraite de l’Université Sainte-Anne, en Nouvelle-Écosse, rêve de voir la Société Radio-Canada penser vraiment comme un réseau pancanadien. « La couverture internationale du Téléjournal est déterminée en fonction du lien avec le Québec. On ne citera jamais un spécialiste acadien sur une question qui touche tout le monde. Et on va parler de l’Afghanistan si un soldat québécois tombe, mais pas s’il est acadien — surtout pas au national. »

En attendant, les organismes du Canada élaborent différentes stratégies pour frapper l’imaginaire des Québécois. Marc Haentjens, directeur général du Regroupement des éditeurs canadiens-français — ils sont une quinzaine —, fait des pieds et des mains pour se tailler une place en librairie, mais la presse québécoise est sourde. « Alors nous axons nos efforts sur les salons, les activités littéraires et les festivals, où cela marche beaucoup mieux. »

Depuis quatre ans, la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada organise une tournée des régions pour sensibiliser les associations québécoises à l’existence de leurs sœurs francophones des autres provinces. « Pour nous, il est vital de rebâtir ces liens associatifs et individuels avec les Québécois, pour nous mettre à l’abri des aléas de la politique québécoise et canadienne », dit Lise Routhier-Boudreau, présidente de la Fédération.

Les rapports ont été souvent difficiles au moment des référendums sur la souveraineté du Québec. Certains organismes ont surfé sur la tempête. « Notre organisation se veut apolitique », dit Gérald C. Boudreau à propos de l’Association canadienne d’éducation de langue française. « Du moment qu’un enjeu devenait un peu politique, nous créions une commission autonome pour s’en occuper. » C’est ainsi que sont nées la Commission nationale des parents francophones et la Commission nationale des conseillers scolaires francophones.

Avant de diriger la Société Santé en français, Hubert Gauthier fut sous-ministre adjoint au ministère de la Santé du Québec, puis PDG de l’Hôpital Saint-Boniface, à Winnipeg. Il connaît bien la réalité de la francophonie dans toutes les provinces, mais il a toujours refusé de verser dans les condamnations stéréotypées du genre « Québécois ennemis du Canada » contre « vendus au fédéralisme de Trudeau ». « Au contraire, il faut trouver le moyen de partager nos richesses, quel que soit le destin du Québec. Il est vital pour nous, et pour le Québec, que nous entretenions des liens forts, peu importe ce que les Québécois décideront pour leur avenir. À la limite, ça n’a pas de rapport. »

Ce n’est qu’avec le temps que l’on verra si le Québec et les Québécois feront montre de la vertu cardinale dans toute coopération fructueuse : la constance. « Québec est le phare de l’Amérique française, oui, mais la lumière est loin pour le ti-cul du bayou Lafourche », dit le chanteur Zachary Richard, qui admet devoir sa carrière à l’ancienne coopération Québec-Louisiane, très négligée depuis 15 ans.

L’inspiration en la matière devrait être le gouvernement français, champion de la diplomatie culturelle. C’est que les Français font du rayonnement une affaire d’honneur et de gros sous. « Pourquoi le Québec ne célèbre-t-il pas les 40 ans des cégeps en ouvrant 40 cégeps hors Québec ? » demande Olivier Boasson, attaché culturel de l’ambassade de France à Ottawa. La suggestion fait sourire, mais les Français ne font pas autrement avec leurs collèges et lycées — une dizaine au Canada, plus de 500 dans le monde.

Olivier Boasson dirige une équipe de 25 personnes dont le travail est de disséminer la culture francophone (pas seulement française) et la science française. La France affecte plus de personnel à cette tâche au Canada que ne le fait Québec dans l’ensemble de ses bureaux canadiens — concierges y compris ! Aux États-Unis, l’écart est encore plus grand. La France fournit aussi le personnel cadre des Alliances françaises (10 au Canada) et embauche tous les employés de la douzaine de lycées et collèges français. Pour sa part, le Québec a fermé son bureau de Lafayette en 1992, puis ses bureaux d’Atlanta et de Boston en 1996 (pour rouvrir ces deux derniers en 2000). La France, elle, maintient son consulat de La Nouvelle-Orléans (comme celui de Moncton) en grande partie pour la puissance du symbole et l’action culturelle qu’on y trouve.

S’il y a un rôle taillé sur mesure pour le Québec, c’est bien celui de promouvoir sa culture — et l’excellence culturelle — dans les autres provinces canadiennes et les États américains. En fait, la porte est grande ouverte, le champ complètement libre… et Québec y va au compte-gouttes ! Non qu’il manque d’argent. Si les budgets du Commerce extérieur, des Affaires étrangères et des Affaires intergouvernementales canadiennes sont anémiques, c’est en bonne partie parce qu’il y aurait bien des gens pour s’indigner qu’on y investisse alors qu’on ferme des écoles. Alors que personne ne se demande si on ne ferme pas des écoles justement parce qu’on n’investit pas assez dans la diplomatie culturelle…

En matière de diplomatie culturelle, la décision de Québec qui indigne le plus, de Halifax à Nanaimo, c’est celle concernant les droits de scolarité. En vertu des accords France-Québec, un étudiant français qui fréquente une université québécoise paie les mêmes droits (environ 1 668 dollars) qu’un étudiant québécois. Les autres francophones du Canada, eux, paient trois fois plus. « Elle est pourtant là, la solution au problème de recrutement des universités québécoises ! » dit le professeur Marcel Martel, de l’Université York (Toronto), grand historien de la période du Canada français. « Ils sont des milliers de Canadiens français et d’Acadiens qui viendraient étudier au Québec ! » Sans compter les 300 000 élèves canadiens-anglais qui ont fait leur secondaire en classe d’immersion française…

Désormais, il n’existe plus une francophonie canadienne ou américaine, mais trois (voir la carte). Dans de nombreuses provinces — et le portrait est le même aux États-Unis —, le nombre d’anglophones qui maîtrisent très bien le français est parfois supérieur au nombre de francophones de vieille souche. « Au Canada, 1,3 million de francophones ont l’anglais pour langue maternelle », dit Serge Quinty, directeur des communications pour la Fédération des communautés francophones et acadienne, lui-même marié à une de ces francophones nouveau genre.

Il faudra un certain temps pour qu’à Québec on saisisse bien la portée de cette transformation, ses conséquences et son potentiel. D’autant que voici qu’émerge une troisième sorte de francophones : les immigrants venant de pays francophones — comme le président de la Société franco-manitobaine, Ibrahima Diallo, un vétérinaire sénégalais, professeur au Collège universitaire de Saint-Boniface. La Société franco-manitobaine est très en avance sur les autres communautés francophones du Canada — et aussi sur bien des régions du Québec — pour ce qui est de l’accueil des immigrants. On s’y est doté d’une structure dès 2001 et on est en mesure de recevoir jusqu’à 50 immigrants par mois. « Nous vivons les mêmes affaires que les Québécois et des angoisses similaires, mais parfois à des échelles différentes, dit Daniel Boucher, directeur général de la Société franco-manitobaine. C’est ça, la réalité de la francophonie canadienne. »

Jean-Benoît Nadeau vient de publier La grande aventure de la langue française, aux Éditions Québec Amérique.

 

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