Magnotta : le seul verdict possible

«La maladie mentale n’excuse pas tout dans un procès criminel. À partir du moment où un accusé est en mesure de distinguer le bien du mal, il peut et il doit être reconnu coupable des crimes qui lui sont reprochés», dit le blogueur Brian Myles.

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Crédit : MHP/La Presse Canadienne

Le jury qui a prononcé cinq verdicts de culpabilité à l’encontre de Luka Rocco Magnotta a pris une décision raisonnée et longuement mûrie.

Après huit jours de délibérations, les huit femmes et quatre hommes du jury sont finalement parvenus à s’entendre.

Reconnu coupable du meurtre prémédité de Lin Jun (et de quatre autres accusations), le dépeceur de Côte-des-Neiges a été automatiquement condamné à la prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans. Il sera hors d’état de nuire au moins jusqu’à l’âge de 57 ans.

Magnotta a aussi reçu les peines maximales prévues au Code criminel pour les quatre accusations d’outrage à un cadavre, de production et de distribution de matériel obscène, d’utilisation de la poste pour envoyer du matériel obscène et de harcèlement criminel envers le premier ministre Stephen Harper et d’autres membres du Parlement.

Le public sera tenu dans l’ignorance concernant les délibérations du jury. Contrairement à leurs homologues américains, les jurés canadiens sont tenus par la loi de respecter la plus stricte confidentialité sur leurs échanges. Ont-ils frôlé l’impasse ?

Le délai de huit jours avant d’en arriver à un verdict n’est pas anormalement long pour un procès de cette importance. Ce silence radio du jury, séquestré depuis mardi, devenait exceptionnel au fur et à mesure qu’on se rapprochait de Noël. Aurait-on imaginé que le jury soupèse la responsabilité criminelle de Magnotta pendant que le reste du Québec déballait ses cadeaux ?

Il faut saluer le courage et la détermination de ces jurés, qui ont fait passer le droit de Magnotta à un procès juste et équitable avant leurs intérêts personnels. Au cours des 12 semaines, ils ont dû se farcir l’un des procès les plus abjects et répugnants de l’histoire judiciaire au Canada, et les images qu’ils ont vues — un Magnotta s’acharnant sur le cadavre de sa victime — resteront à jamais gravées dans leur mémoire.

Pour conclure ce procès difficile, ils étaient coupés du monde, incommunicado depuis huit jours. Ils ont des familles, des vies et des projets pour les Fêtes, comme vous et moi.

Personne ne pourra reprocher à ces jurés d’avoir pris les choses à la légère. Le système judiciaire canadien a une lourde dette envers eux.

Le juge Guy Cournoyer, émotif, a remercié à juste titre ces 12 citoyens pour ce travail «fondamental», qui consiste à «se retirer de la passion pour faire valoir les droits de l’accusé». Il ne pouvait si bien dire.

Luka Rocco Magnotta a admis, au début de son procès, qu’il avait tué, démembré et envoyé les parties du corps de Lin Jun aux quatre vents. Son avocat, Luc Leclair, le disait incapable de distinguer le bien du mal en raison d’une psychose induite par la schizophrénie, une maladie héréditaire dans sa famille.

La table était mise pour une répétition de l’affaire Guy Turcotte, le cardiologue qui a été trouvé non criminellement responsable de l’assassinat de ses deux enfants pour cause de trouble d’adaptation passager avec anxiété et humeur dépressive (il subira heureusement un nouveau procès).

Luka Rocco Magnotta a planifié son geste de longue date : quelque six mois avant le meurtre, en fait, selon la théorie de la poursuite. La préméditation était indiscutable.

En décembre 2011, Magnotta avait écrit à un journaliste du Sun, à Londres, pour lui révéler la production imminente d’une vidéo de meurtre en direct d’un être humain. Le souci maniaque avec lequel Magnotta a calqué le film Basic Instinct, pour commettre le meurtre de Lin Jun, témoignait aussi de sa préméditation.

Enfin, Magnotta était suffisamment orienté et organisé pour disposer du cadavre après son crime, puis s’envoler en Europe, où il se tenait régulièrement informé des nouvelles sur sa cavale. Il a fait preuve d’une conduite post-délictuelle coupable, comme on dit dans le jargon juridique.

Le psychiatre Gilles Chamberland a rendu le seul témoignage d’expert qui comptait lors du procès, en expliquant que Magnotta savait ce qu’il faisait. À son avis, il souffrait davantage de troubles de la personnalité que de schizophrénie au moment du meurtre, en mai 2012, et il n’était pas du tout en situation de perte de contact avec la réalité.

La maladie mentale n’excuse pas tout dans un procès criminel. À partir du moment où un accusé est en mesure de distinguer le bien du mal, il peut et il doit être reconnu coupable des crimes qui lui sont reprochés.

L’avocat de Magnotta, Luc Leclair, a fait des comparaisons malhabiles à l’issue du verdict, en donnant à l’affaire des proportions sociétales. «Si la maladie mentale n’est pas traitée, nous avons des résultats comme aujourd’hui», a-t-il claironné, exhortant le premier ministre, Stephen Harper, à investir dans la recherche sur les maladies mentales plutôt que dans la construction de prisons.

Me Leclair fait honte à tous les Canadiens qui souffrent de maladie mentale, en les réduisant à une classe de dépeceurs potentiels.

Luka Rocco Magnotta est un sadique qui aimait se mettre en scène et admirer sa perversité sur les réseaux sociaux. De par sa conduite, avant et après le meurtre de Lin Jun, il a clairement démontré qu’il était en possession de ses moyens.

Ce verdict est juste.

* * *

À propos de Brian Myles

Brian Myles est journaliste au quotidien Le Devoir, où il traite des affaires policières, municipales et judiciaires. Il est présentement affecté à la couverture de la commission Charbonneau. Blogueur à L’actualité depuis 2012, il est également chargé de cours à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). On peut le suivre sur Twitter : @brianmyles.

Les commentaires sont fermés.

Cela aurait dû ardu que d’être juré dans une affaire comme celle-là. Je dois dire que pendant toutes ces semaines en suivant les bulletins d’informations, j’ai souffert par procuration. Aucune affaire judiciaire dont j’ai entendu parler, ne m’a jamais autant mis « mal-à-l’aise », c’est un peu comme si ce crime abjecte était entré dans notre salon.

Je pense que les jurés ont choisi la voie de la sagesse et pris la bonne décision. L’accusé aura maintenant un quart de siècle pour méditer sur ses actes et sur le sens qu’il devra à l’avenir donner à sa vie. Quoiqu’il en soit, il pourra toujours être suivi par un psychiatre et comme le précisait aujourd’hui le docteur Gilles Chamberland, le choix de choisir la voie de la guérison dépend tout entièrement de lui-même.

Aujourd’hui ma compassion va vers le père de la victime encore tout étreint par l’émotion. Quelle terrible épreuve. Fort heureusement, il aura compris, je croix ; que la plus grande majorité des canadiens sont des personnes aimantes qui avec humanité apprécient leurs semblables, tout comme les chinois, comme il se doit.

Reste à savoir si maître Leclair décidera d’interjeter appel ou bien pas. — Dans certains cas, n’est-ce pas être responsable d’accepter le verdict et de tourner une bonne fois pour toute, la page sur les procédures ?

Je suis en accord avec vous, Monsieur Drouginsky. Il est cependant clair que les jurés doivent envisager tous les points de vue, connaissant plus de dérails de l’affaire que les gens du public. Ils ne doivent pas non plus se laisser prendre au jeu des éventuelles réactions du public à un verdict qui fausserait la réalité la plus objective possible. J’estime que les membres du jury ont pu analyser en détail les points de vue présentés, tant ceux de la défense que ceux de la poursuite. Il m’apparaît en même temps clair que de déclarer le coupable non criminellement responsable aurait suscité une colère immense dans la population… Le verdict rendu par les jurés est sûrement le plus objectif possible dans les circonstances. Ces gens doivent être félicités pour leur décision finale unanime. Espérons seulement que la cause n’ira pas en appel…

YESSSSSS.

Mauvaise nouvelle pour Ti-Guy Turcotte. Les jurés sont de mauvaise humeur:finis les sentences-bonbons

Ce n’est pas le même genre de crime. Turcotte n’a pas dépecé ses enfants… Je suis loin de l’excuser, mais il ne faut pas tout mélanger. Aujourd’hui en entendant le verdict de ce criminel abject, j’étais contente de ne plus en entendre parler, car, contrairement à bien du monde, je me suis efforcée de ne pas suivre ce procés pour ne pas m’empoisonner l’esprit et l’âme. Surtout que je savais que Magnotta était certainement content de tout le battage médiatique autour de sa personne. J’ai versé quelques larmes en voyant tous ces outils qu’il a utilisés pour profaner le corps de celui qu’il a assassiné. Faut vraiment être dérangé pour faire cela. Quelle douleur pour les parents de réaliser toutes ces tortures infligées à leur fils, Espérons qu’aucun cinéaste ne fera un film là dessus… et surtout que son avocat n’aille pas en appel. Nous vivons déjà dans un climat de morosité généralisé pour des tas d’autres choses…. j’espère qu’il va être accueilli «comme il se doit» par les autres détenus…..Heureux Noêl à tous… sans Magnotta! Vivement les bonnes nouvelles!

Un peu de classe s.v.p., nous ne sommes pas sur un site à potins ici. Les deux causes sont distinctes et ce n’est pas une question de mauvaise humeur des jurés (pendant 8 jours? Vous minimisez drôlement leur rôle…) si Magnotta a été déclaré coupable, mais basé sur des faits. On a encore assisté à une bataille d’experts où l’un dit blanc, l’autre noir, et là réside le problème. Il est certain qu’il faut être fou pour commettre des actes aussi horribles, mais à ce compte-là, il faudrait enfermer dans un institut psychiatrique tous les meurtriers, et non les emprisonner, car il faut être fêlé pour tuer un autre être humain à mon avis. Reste à déterminer pour un jury le degré de conscience lors des meurtres et ça ne doit pas être facile du tout. Chapeau à ces 12 membres qui ont fait la part des choses.

Ouin , mais Guy Turcotte est encore en liberté. C’est totalement injuste ! C’est deux poids , deux mesures !
Il a commis un crime atroce. Il a tué ses deux enfants à coup de couteaux et il est libre comme l’air.
Tout comme Magnotta, il sait reconnaître le bien du mal….encore plus probablement !

Magnotta et Turcotte ont tous les deux tué. L’horreur de leurs geste est égale.

La différence des jugements repose sur la statégie de la défense.
Ce ne serait pas tant la maladie mentale démontrée ou pas par des psychiatres
que la notion toute simple du « bien et du mal ».
L’accusé, au moment de commettre les gestes, faisait-il la différence entre le « bien et le mal ».

Turcotte a convaicu le jury qu’il ne faisait pas cette différence.
Magnotta ne s’est pas donné la peine d’en convaincre le jury.

Lisez Yves Boivert dans La Presse du 24 décembre.

Les jurés ont échappé Turcotte une première fois. Mais ils se sont rattrapés avec le juge Delisle, Bourque et Magnotta.
Turcotte est en liberté. C’est affreux. Mais lui aussi va finir en-dedans pour 25 ans. Minimum
En passant, Turcotte n’a pas seulement tué un être humain, comme Magnotta. Il en tué deux.
Deux meurtres parce qu’il n’acceptait pas d’être cocu!

Heureusement que je sais que vos conclusions sont passablement tordues et hors d’ordre, elles ne m’inquiètent pas trop.

Cependant je suis de plus en plus convaincu que monsieur et madame tout le monde ne devrait pas décider ainsi des droits de quiconque, en devant s’improviser à brûle pourpoint et sur le champ, des experts en droit, en santé y compris en santé mentale, et de quoi d’autres et pouvoir ainsi, à ce qu’on en croit, faussement, avec justesse et justice prendre des décisions aussi importantes.
Les félicitations et les témoignages de reconnaissances en seraient des condamnations et de haines si les membres du jury avaient conclu dans le genre du procès Turcotte. Pourtant, ils auraient été les mêmes personnes qui auraient fait les mêmes efforts.

En plus, il faudrait prendre en compte les différentes catégories de condamnés et agir en conséquence. Cela implique qu’un individu comme Magnota ne devrait jamais être incarcéré dans une prison, mais dans un hôpital approprié et recevoir des soins en conséquences.
Des recherches sur le cerveau, les neuronnes et l’ADN pour ne nommer que celles-là, démontrent de plus en plus les conséquences sur les comportements humains de composantes manquantes ou atrophiés, endommagées. J’espère que si ses résultats ne sont pas encore utilisés c’est qu’ils ne sont pas encore suffisamment validés et reconnus.
On peut cependant prévoir que dans un avenir assez proche, qu’on en tiendra compte.
Pourrions-nous nous y préparer, pas pour libérer automatiquement un accusé qui serait ainsi acquitté du pire, mais pour pouvoir changer des lois et nos façons de faire dans le but à la fois d’aider l’individu tout en le gardant entre les murs d’institutions qui ne seraient pas des prisons tels que nous les connaissons présentement, mais en s’assurant véritablement tout de même de la protection de la population.
Aussi monsieur Turcotte qui a toujours toutes les connaissances qu’il avait avant de commettre ses crimes, pourrait peut-être à la suite d’une prochaine condamnation, toujours certainement continuer de contribuer à la société, sous bonne surveillance et pratiquer la médecine…pour compenser un tant soit peu le coût de ses actes. Ses conséquences, elles, étant irrémédiables.
Tout les détenus ou presque devrait continuer à accomplir un travail selon ses capacités.
En 2015, tout le système carcérale ne devrait plus être au même niveau passif, revanchard et que punitif du siècle dernier.
Les peines plus sévères n’aident pas à prévenir les crimes, c’est prouvé au sud de nos frontières.
Un criminel d’habitude, un membre de gagne organisée, un tueur occasionnel ou passionnel, un criminel à cravate, un jeune et quoi d’autres ne devraient pas partager les mêmes murs!
Tellement de gens attendent avec impatience la prochaine tablette ou le prochain téléphone intelligent, mais peu prennent le temps de réfléchir sur ce qui véritablement pourrait mettre la société à niveau de ce qu’elle devrait-être en conséquence de toutes les avancées.
Tout blanc ou tout noir devrait-être pour les Magnotta et ores ignorants de ce monde…du siècle dernier. À ce qu’il semble c’est plutôt toujours le lot de la majorité!

Ce qui me dérange dans une cause comme celle-là, c’est qu’on demande à des jurés de décider de la santé mentale de l’accusé, alors qu’ils ne sont pas médecins, encore moins psychiatres et qu’ils doivent fonder leur jugement sur le témoignage d’experts qui inévitablement se contredisent sur l’état de santé mentale du prévenu.

Dans ces conditions, il faudrait repenser le procès avec jury avec une autre solution, soit possiblement un procès devant juge seul.

me semble quil navait meme pas besoin dun proces qui a couté beaucoup dargent yetait coupable point a la ligne cest notre systeme de justice qui est malade

Content que votre justice n’est pas appliquée à votre manière.
Et qui déciderait donc qui est coupable et qu’il ne mérite pas de procès, et tout ça, sans procès?
Simple, simpliste, simplet ?

Tout comme les théories en psychologie cognitive dont le fondement est le lien direct entre les événements survenus durant l’enfance d’une personne et les répercussions sur ses actes pour le reste de sa vie adulte ont largement servi les criminels qui les invoquaient comme étant un facteur atténuant en pleurant abondamment sur leurs sorts (lors de leur expertise psychiatrique) durant les années 80.

Mais cette entourloupette fonctionne de moins en moins si les faits et circonstances invoqués ne peuvent sont corroborés par des preuves tangibles. Mais il y en a encore beaucoup d’avocats qui s’en servent abondamment car c’est payant de déposer, requêtes après requêtes que tout bons citoyens qui n’ont rien à se reprocher continue à en payer la facture par la suite.

Puisque les psychologues et psychiatres sont pris pour des valises, hormis une certaine minorité qui viendra plaider ses propres théories élastiques à caractère subjectif pour venir appuyer la partie qui le paie, nous croisons souvent deux soit disant “professionnels” de la même profession qui comme par hasard ont chacun des visions diamétralement opposées.

Les avocats surnomme cela, le jeu de la justice, pour ma part je dénote qu’il s’agit plutôt de jouer avec la justice. Mais tant et aussi longtemps que le coeur d’un système judiciaire carburera à l’argent, nous demeurerons loin de la présumé “recherche de la vérité” telle que clairement dévolue comme étant le principal devoir et responsabilité de tout juriste dans le cadre de ses fonctions.

Magnotta et Turcotte pour moi,deux malade mental non récupérable,la prison à vie est le meilleur endroit,ils serons des super boucher à la cuisine de la prison.

Malade mental = prison?
Pourquoi pas la décapitation?
Il ne resterait plus qu’à en faire autant au malades chroniques?
Quelle économie!
Malade implique qu’il souffre d’une maladie.
Une maladie doit-être soignée.
Soignée chez le médecin ou à l’hôpital.
Dans certains cas, les malades doivent rester à l’hôpital longtemps sans pouvoir sortir pour protéger la société. Pas dans des prisons!

Qui sait vraiment ce qui se passe dans la tête des gens malades? Comment un médecin psychiatre peut-il savoir? On invoque la «folie»? Soit. Mais la peine devrait être la même, dans un endroit autre. Un hôpital.

Comment un être humain peut-il commettre de tels gestes sans être atteint de troubles mentaux quelconques?

Même chose quand on tue ses enfants. C’est inpensable. À moins d’être malade encore une fois. La passion qu’a occasionné la cause du cardiologue est l’effet combiné de deux choses. Il est médecin, et il est un «il». Les passions sont moins fortes lorsqu’une femme commet de tels gestes.

Si l’égalité des sexes est toujours un problème dans notre société, les femmes n’ont toujours pas accès aux mêmes postes que les hommes, il en est de même pour l’homme dans d’autres sphères. Telle la criminalité.

À mon avis, le jury s’est substitué aux psychologues pour éviter que Magnotta se retrouve en liberté après un ou deux ans de thérapie. Par définition, un aliéné mental est incapable de distinguer le bien du mal, n’en déplaise aux milliers de psys amateurs incapables de s’isoler de leurs émotions pour penser lucidement.

Certes, l’accusé savait très bien que ses actes incarnaient le mal aux yeux de la société, mais ça n’avait aucune importance pour lui. Seul comptait « son bien », sa satisfaction. C’est là le cœur même de son aliénation: substituer son bien ou son mal à ceux reconnus par la loi et la société.

Le jury était devant l’alternative suivante: déclarer l’accusé non responsable et laisser les psys s’en occuper, ou bien le déclarer coupable pour s’assurer que la société n’aurait rien à craindre de sa part pour 25 ans. J’espère que c’est dans cet esprit que les jurés ont pris leur décision. Je ne vois pas là un courage digne d’éloges exagérés, mais bien un acte de lucidité, qualité qui manque à trop de citoyens dits responsables.

Il me semble également que la sentence devrait obliger les psychologues à revoir leurs méthodes. Les comparaisons sont boiteuses, mais parfois cela aide à comprendre. On ne laisse pas un fauve en liberté dans la ville: on le met en cage, par mesure de sécurité. De même, on ne laisse pas en liberté un fou dangereux: on le maintient en institution. Et surtout, sans haine, sans esprit de vengeance.

Vous parlez d’un fauve. Un fauve ne ferait pas quelque chose d’aussi abject. C’est clairement l’acte d’un psycopathe et être psycopathe n’est pas considéré comme de la maladie mentale. La société doit se protéger de ces gens là !

Je trouve votre condamnation de Me Leclerc au sujet de la maladie mentale un peu déplacée. C’est absolument vrai que les maladies mentales ne sont pas prises au sérieux et que la plupart de ceux qui en souffrent sont dans la rue alors que certains posent un risque plus ou moins sérieux pour la société. J’ai vu tellement de jeunes souffrant du syndrome d’alcool foetal commettre des crimes mineurs simplement pour attirer l’attention sur eux ou tout simplement pour avoir une place où dormir au chaud et avoir 3 repas par jour. On dirait que les systèmes de santé ne savent pas quoi faire avec ces gens. On laisse aussi en circulation des individus qui souffrent de problèmes très graves et qui peuvent constituer un danger pour la société mais on ne peut les garder en institution – j’ai eu connaissance d’un de ces malades qui avait tué sa soeur alors qu’il était laissé à lui-même dans une petite ville des Laurentides.

Le système pénal lui non plus ne sait pas quoi faire avec ces individus et il est évident pour moi qu’un meurtrier doit être écarté de la société et traité et qu’on ne peut les remettre dans la circulation sur la foi de quelques médecins. Par contre, il y a plusieurs condamnés qui purgent leurs peines dans nos prisons alors qu’ils sont malades mais encore là, souvent on ne sait pas quoi faire avec eux et on oublie un peu trop facilement qu’éventuellement ils vont être libérés et retournés dans la société, laissés à eux mêmes et posant toujours un risque de récidive. Ce n’est certainement pas la Commission des libérations conditionnelles qui va nous protéger avec ses nominations politiques et ses pratiques anachroniques.

C’est donc toute la question du traitement des troubles mentaux qu’on doit résoudre mais en attendant, il me semble évident que les jurés dans cette affaire ont appliqué la loi et se sont assurés que ce fou furieux serait mis à l’écart de la société assez longtemps pour que l’âge fasse son oeuvre et que la société en soit protégée.

On a cependant un système de justice qui coûte très cher. Garder un criminel en prison pour 25 ans coutera autour de $2.5 millions. Le procès lui-même a dû coûter aussi extrêmement cher.

Tout ça, c’est de l’argent qui aurait pu être utile ailleurs, dans des soins de santé par exemple. Faudra un jour se poser la question: quelle est la valeur monétaire d’une vie humaine? On se pose déjà cette question concernant les soins de santé, lorsqu’on doit avoir trois personnes employées à temps plein pour en faire vivre une autre malade.

Une société ne peut pas se développer indéfiniment en payant aussi cher pour ses criminels et ses malades. Le ratio entre les payeurs de taxes et les gens malades ne doit pas dépasser notre capacité de payer. Notre développement, basé sur un système pyramidal, où il y a beaucoup plus de jeunes et de travailleurs que de personnes âgées et de malades, ne peut pas continuer de la même façon avec moins de deux enfants par famille.

Devrait-on réinstituer la peine de mort? Peut-être! Mais je pense que le travail forcé pour les gens en prison, de façon à leur faire payer (au moins en partie) ce que ça coûte de les garder en-dedans, serait une option intéressante. Pour certains, il pourrait aussi y avoir de l’enseignement, en plus du travail, ce qui leur procurerait une formation pour le retour au travail dans la société.

J’opterais pour des travaux répétitifs, du genre travail de production qu’on n’a pas développé ici au Canada: industrie du textile, confection de chaussures, etc. Il faut surtout éviter les secteurs ou il y a une certaine expertise au Canada pour ne pas faire baisser les prix indument. L’artisanat en est un exemple: on ne veut pas affamer nos artisans en développant l’artisanat dans les prisons.

Pour ceux qui pourraient purger leur peine dans la société, on pourrait donner une formation rapide qui pourrait leur permettre de travailler dans les hôpitaux: conciergerie, infirmerie (pour ceux qui veulent vraiment se réadapter et qui pourraient aider pour les soins de base), administration (?). Ça pourrait peut-être contribuer à diminuer un peu les coûts du système de santé. Mais je rêve peut-être en couleur…

Quoi qu’il en soit, le travail forcé en prison aurait un effet dissuasif supplémentaire. Présentement, nos prisonniers sont mieux traités que bien des personnes âgées et des malades dans les hôpitaux et les institutions psychiatriques.

« À partir du moment où un accusé est en mesure de distinguer le bien du mal, il peut et il doit être reconnu coupable des crimes qui lui sont reprochés» Brian Myles

Je suis perplexe.

Nonobstant le procès Magnotta, que pensez-vous, par exemple, des effets indésirables des antidépresseurs sur certaines personnes? Leur cerveau est squatté par les anti-dépresseurs et ils n’ont plus le contrôle de leurs paroles et de leurs gestes. Ils agissent en automates même s’ils savent que ce qu’ils font est mal. Petite recherche sur Google peut-être ? Voir: Famille massacrée : la piste de l’antidépresseur. Voir: Antidépresseurs, effets secondaires : le meurtre. Voir: massacre dans les écoles aux USA et antidépresseurs.

Pour le docteur Turcotte, il n’y avait aussi qu’un verdict de possible mais c’est l’autre verdict qui a prévalu.

qui etes-vous mr Gilles Bousquet pour dire que les jurés qui eux ont assistés pendant plusieurs jours à tout les indices qui ont conduit MR. Guy Turcotte a agir de la sorte et, se n’était pas parce qu’ il était cocu LUI, voir plutôt MME sa conduite était-elle sans reproche? Enfin moi je fait confiance aux jurés qui ont entendus toute les preuves et qui après ont jugé qu’il avait perdu le tete suite à certain EVENEMENT, Si madame n’avait pas tant monté la population afin que personne la JUGE, pensez-vous que les gens qui ne savait RIEN auraient agis de la sorte, certainement pas C’est dommage un si bon médecins n’a plus aucune vie il a tout perdu LUI mais pas ELLE qui continue ………

J’ai une grande admiration pour le jury et ceux qui nous éclairent judicieusement alors que cette cause morbide nous répugne. Que ce pauvre Magnotta prenne tout le temps dont il dispose pour voir clair dans sa vie et prendre conscience du sens de la responsabilité qui nous incombe dans une société civilisé.

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