Le soccer dans le coeur

Elle est maintenant responsable de la formation des arbitres féminins de la FIFA, à Zurich.


 

Sonia Denoncourt était aux premières loges de la Coupe du monde de foot en Allemagne, l’été dernier. Ce n’est pas qu’elle fasse partie du jet-set, loin de là. Depuis un an, la Sherbrookoise de 42 ans est responsable de la formation des arbitres féminins de la Fédération internationale de football association (FIFA), à Zurich. Et la seule Canadienne à occuper de si hautes fonctions dans cette organisation, qui chapeaute les fédérations de foot de 207 pays.

Au cours de sa carrière, cette brune petite mais costaude a arbitré plus d’une centaine de matchs masculins et féminins internationaux. Elle compte à son actif trois Coupes du monde et deux olympiades. « Pendant 10 ans, j’ai été la seule femme à arbitrer des matchs de soccer masculins au Québec », dit-elle, encore étonnée de tout le chemin parcouru dans cet univers fortement imprégné de machisme. « Je pense qu’au Québec et au Canada on favorise davantage qu’ailleurs l’égalité entre les hommes et les femmes. Ça m’a sûrement aidée à ouvrir des portes. »

Les hommes ont d’ailleurs fini par comprendre de quelle étoffe était faite cette Québécoise rompue à tous les sports, qui ne boit pas, est végétarienne et suit le programme d’entraînement des arbitres… masculins! Mille fois huée et insultée, tant par les joueurs que par les spectateurs, elle n’a jamais bronché. Pas même en 1997, lorsqu’elle est devenue la première femme à arbitrer un match entre deux équipes masculines professionnelles au Brésil. « Le match le plus difficile de ma vie. » Étrangement, c’est pourtant à Montréal qu’elle a essuyé le plus terrible affront: un ballon dans le ventre lancé par un joueur de l’Impact de Montréal qui était mécontent. « Je lui ai donné un carton rouge et je l’ai suspendu pour un match », raconte-t-elle stoïquement.

Tout le parcours de Sonia Denoncourt donne à penser qu’elle était destinée à travailler au sein de la FIFA, « la plus prestigieuse organisation sportive internationale », selon elle. Elle découvre le ballon rond à l’âge de 9 ans. À 14 ans, non contente de jouer au foot, elle est aussi entraîneuse et arbitre! Son engouement ne se dément pas au fil du temps. Étudiante en éducation physique, elle se démarque pendant trois ans comme demi-centre au sein du Vert et Or, l’équipe de l’Université de Sherbrooke.

Elle a 23 ans quand la Fédération québécoise de soccer la remarque et l’intègre à son équipe d’arbitres. Si elle renonce alors pour toujours à pousser le ballon rond, elle ne cessera cependant pas de marquer des points dans sa nouvelle carrière. Première femme à arbitrer des matchs professionnels masculins au Canada en 1991, elle est l’une des trois premières arbitres agréées par la FIFA, en 1994. L’Association canadienne de soccer lui confie en 2001 la direction du Programme de développement des arbitres. Et elle se joint à la FIFA en décembre 2005. « C’est vraiment un honneur pour moi d’avoir obtenu ce poste, dit-elle, enthousiaste. Je ne vois pas ce qui pourrait m’arriver de mieux au cours des prochaines années! »

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie