Le suicide : un phénomène pas si urbain

Des chercheurs ont découvert que le taux de suicide augmente plus lentement que la croissance de la population d’une ville. 

Photo © Ed Yourdon / CC BY-SA 2.0
Photo © Ed Yourdon / CC BY-SA 2.0

On serait porté à croire que lorsque la population d’une ville double, tout phénomène qui s’y rapporte double aussi. Or, cela ne se vérifie pas quand il est question de décès, selon une étude menée par l’Université fédérale du Ceará au Brésil et le City College of New York et citée par The Atlantic Cities.

Les chercheurs ont analysé l’évolution des accidents de la route, des homicides et des suicides survenus dans toutes les villes brésiliennes entre 1992 et 2009, ainsi que les suicides dans l’ensemble des comtés américains entre 2003 et 2007.

Verdict : quand la population d’une ville brésilienne double, sans surprise, les accidents de voitures se multiplient par deux. Mais le taux d’homicide, lui, s’accentue de 135%, soit plus du double.

Cependant, le taux de suicide a augmenté plus lentement que la croissance de la population ― hausse de 78%. La même tendance a été observée aux États-Unis.

En d’autres mots, lorsqu’une ville gagne en population, les décès par meurtres deviennent plus fréquents, au contraire des suicides.

Source : ArXiv
Source : ArXiv

Comment expliquer de tels résultats ? Selon les auteurs de l’étude, commettre un meurtre ou mettre fin à ses jours relèvent de «choix individuels» et «pourraient avoir de fortes corrélations avec l’organisation sociale et les interactions» dans une ville.

Or, comme le souligne The Atlantic Cities, «des métropoles comme New York peuvent faire sentir les gens complètement seuls malgré le fait qu’ils soient entourés de millions de personnes».

Les chercheurs maintiennent néanmoins qu’un «grand potentiel de contacts sociaux et d’interactions agit comme un antidote» au suicide. D’autres scientifiques démontrent d’ailleurs que l’isolation sociale peut doubler les chances de mourir prématurément.

Si aucune étude semblable à celle du Brésil et des États-Unis n’a été réalisée au Québec, l’Institut national de santé publique de la province a tout de même comparé les taux de suicides par région. Résultat : Montréal et la Montérégie  ― les territoires les plus populeux de la province  ― affichent les plus bas taux de mortalité par suicide, avec Laval.

Source : Institut national de santé publique
Source : Institut national de santé publique

En contrepartie, Montréal arrive bon dernier du Palmarès 2013 des villes les plus heureuses du Québec, qui mesure l’Indice de bonheur (IRB). Rimouski termine pour une deuxième année en tête de liste.
Source : Indicedebonheur.com

Source : Indicedebonheur.com

 

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie