Le yo-yo

Depuis le début de la pandémie, les décisions du premier ministre et de ses acolytes sont parfois dures à suivre. Pourtant, quelque chose ne change pas, et c’est nous, les gens à qui il s’adresse. 

Photo : L'actualité

J’ai du mal à comprendre. Pensez-vous que ce sont des gens différents qui habitent au Québec chaque fois que vous faites une annonce ? J’écoute la radio depuis à peu près le début de la pandémie. À part peut-être pendant deux mois où j’étais trop occupée à faire des attaques de panique. Mais sinon, j’écoute beaucoup ce qui se dit, je lis les journaux, je passe ma vie sur Twitter, bref, le discours quotidien, le dialogue social qui se déploie sur plusieurs sujets et module au fil du temps m’intéresse.

C’est pourquoi je suis fidèle aux conférences de presse de monsieur Legault comme je le suis aux matchs des Canadiens et l’étais aux épisodes de Passe-Partout. Mais j’avoue que notre trio santé est parfois dur à suivre. Personnellement, je ne voudrais pas en faire partie. Si j’avais passé ma carrière à avoir l’ambition de finir première ministre, j’aurais l’impression d’avoir mal pigé mes cartes avec un premier mandat marqué par une pandémie qui arrive tous les 100 ans. (Je salue aussi au passage la mairesse de ma belle ville.)

Je serais affreusement tannée de compter les morts, je serais affreusement tannée de voir des pans de la société s’écrouler, je serais joyeusement écœurée de devoir piloter mon bateau dans la tempête. MAIS. Pas le choix. Pas le choix, comme nous tous. Ce qui me sidère, c’est qu’à ce stade-ci, et peut-être que je me trompe, monsieur Legault ne nous voie pas venir plus que ça. Allô ? On n’a pas changé. C’est encore nous, comme au début. J’écoute les tribunes téléphoniques à la radio et le discours reste pratiquement le même à chaque annonce. La proportion de gens pour ou contre, la proportion de gens qui voudraient des mesures ultradraconiennes « pour qu’on en finisse », la proportion de gens qui disent « moi, je respecte les mesures, mais les autres, non, et on paye pour ces gens-là », ceux qui disent que le gouvernement n’a pas à nous imposer des règles, ceux qui pensent qu’on capote pour rien… Ceux qui disent « oui, mais moi… ».

Ils sont tous là. Depuis le début. Ça ne change pas. Alors comment se fait-il que vous ayez desserré la vis dès que ça s’est mis à aller un peu mieux en sachant qu’exactement les mêmes Québécois allaient se trouver une excuse pour justifier leurs écarts ? C’est de la politique ? Vous vouliez leur donner une carotte en attendant le prochain bâton ? C’était sûr qu’on ne serait pas épargnés par une troisième vague, on n’a pas été épargnés une seule fois depuis le début. On a les mêmes virus et les mêmes comportements que partout ailleurs. La seule chose qui semble fonctionner, ce sont les règles strictes (mais pas draconiennes) et précises, et — c’est bien dommage — les contraventions. Le punitif. Il y a un bout de la population qui ne peut et ne veut tout simplement pas suivre.

À ce stade-ci, on devrait savoir ça par cœur. Une société avance malheureusement au rythme de ceux qui la retardent.

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François Legault fait surtout de la politique avec cette pandémie et ça lui réussit. Pourquoi alors agirait-il différemment?

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Je ne crois pas que Legault fasse de la politique avec la pandémie. Il n’avait pas et n’a pas besoin de ça pour être aimé de son peuple. Enlevez toutes les décisions abracadabrantes qu’il a pu faire depuis le début, et sa réélection est quand même presqu’assurée malgré tout ça. Personne, même les grandes gueules de l’opposition, ne voudrait être à sa place maintenant, car personne, absolument personne, n’est ¨devin¨ dans cette pandémie, même les plus grands infectiologues et spécialiste épidémiques.
Cette pandémie aura arrêté bien des avancements du programme de Legault, et c’est bien dommage.
La seule chose que je déplore dans tout ça, c’est que les gueulards anti-masque et complotistes du contrôle mondial de chacun de nous qui ont attrapé la Covid 19 et qui reviennent sur leurs croyances, ne seront même pas crus par leurs semblables et, de ce fait, seront même bannis du groupe car convertis par leur propre expérience à la réalité des faits… il y a ¨pandémie¨.

J’apprécie votre discours … il me rejoint … Mais oublions la politique … Je ne voudrais pas prendre leur place. Eux aussi n’ont pas changé. Dans les premières semaines de la pandémie, l’un de nos ex-premiers ministres déclaraient qu’il fallait préparer l’après… le pendant ne semblait pas l’intéresser. Et pourtant, il était lié à l’hécatombe par ses décisions antérieures… La valse sans temps à laquelle nous sommes tenus d’assister est un compromis entre le choix de la santé et celui de l’économie. Certains secteurs en paient le prix chèrement. À titre d’exemples, la santé mentale et tous les secteurs de l’économie tels les arts, la restauration… D’autres fleurissent, en se réappropriant parfois ce que l’on a laissé tomber dans la mondialisation. Hélas! la valse n’est pas terminée… Tannés qu’elle nous étourdisse, nous oublions que Covid-19 et ses amis les variants sont toujours présents, qu’il n’existe pas de médicaments, que les vaccins heureusement feront bientôt la différence. Nous oublierons très rapidement et nous repartirons nos vies avec des résolutions qui fondront comme neige au soleil. Souhaitons seulement qu’il nous en restera quelque chose. Quant à l’appareil gouvernemental, il aura démontré qu’il est lourd à bouger. Ce n’est pas d’une cure dont il a besoin mais d’une réorganisation. Enfin, j’avoue qu’entendre les journalistes répéter à la journée, les uns après les autres que « tout le monde est tanné » ne fait que nourrir l’état d’insatisfaction de tout le monde. C’est un fait mais enfoncer le clou n’ajoute rien à l’espoir de se sortir vivant de cette pandémie. Merci de nous permettre de voir autre chose.

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J’aimerais en premier lieu vous faire remarquer que cette pandémie n’est pas l’unique depuis la grippe Espagnol de 1918 il y en a au moins eu 2 autres d’importances, l’une en 1957 la grippe asiatique et celle de 1968 la grippe de Hon Kong qui on fait plus de 2,5 millions de morts pour la première et entre 1 à 4 millions de mort pour la deuxième quoi à durée de 1968 à 1970. Et ceci sans compter les épidémies qui ont failli se changer en pandémie d’envergure comme celle par très éloignée du h1n1 en 2009. Si l’on actualisait les chiffres de la pandémie de 1968 en fonction de l’augmentation de la population mondiale actuelle nous nous aurions probablement près de 10milions de morts sur les bras. Évidement M. Legault s’est trouvé avec un problème d’envergure à gérer en mars 2020 comme à peut près tous les politiciens occidentaux, mais comme je l’ai dit plus haut il n’était pas le premier et ne certainement pas le dernier à faire face à ce genre de situation. Les politiciens des précédentes pandémies n’en ont pratiquement pas parlé et pour cause, ils avaient d’autre chats à fouetter dans la croissance exponentielle qui s’amorçait et dans un monde où l’ordre mondial était bien établie. Actuellement ceci n’est plus le cas et même si les protocoles d’interventions et de préventions face à d’éventuelles pandémies ont été élaborés depuis maintenant plus de 20 ans aucun n’a été appliqué en début de cette crise Pourquoi??? Ceci est vrais pour à peu près tous les pays occidentaux qui en plus de ne pas avoir appliqué ces mesures de préventions alors qu’il fallait le faire en début de crise se refusent d’utiliser les thérapies médicales qui aurait pu et pourrait encore sauver de nombreuses vie, aller savoir pourquoi! Je pense que nous assistons maintenant à ce que j’appelle une implosion systémique dans laquelle les enjeux socio-économique sont poussé à leur extrême dans une logique systémique implacable et dans laquelle personne ne sortira gagnant et qui mettra en péril l’avenir même de l’humanité, considérant qu’en plus de tout les effets collatéraux qu’aurons les mesures adopté pour soi-disant juguler la pandémie, on occulte totalement les enjeux environnementaux qui ont déjà sonnée l’alarme depuis bien longtemps.

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En fait les pandémies connue remontent aux IVe et Ve siècle dans l’empire romain qui en a subi plusieurs et qui se propagaient grâce aux grandes voies romaines. Il y a eu les grandes pestes du Moyen Âge et les autres que vous nommez. Donc, l’humain a beaucoup d’expérience avec les pandémies depuis près de deux millénaires. D’ailleurs comme vous le soulignez, les gouvernements avaient un rapport depuis 2006, si ma mémoire est bonne, disant qu’une pandémie nous pendait au bout du nez et on recommandait une série de mesures préventives à prendre et, comme vous l’écrivez, les gouvernements ont fait la sourde oreille causant les morts que nous avons connu en début de pandéme il y a un an.

La question qui tue c’est de savoir pourquoi les politiciens, y compris le PM Legault et la CAQ ont dormi au gaz et ont ignoré les rapports des scientifiques. La réponse est simple, ça n’entrait pas dans leurs budgets et ils ne voulaient pas dépenser en prenant une chance que cela n’arrive qu’à un autre gouvernement. Pourquoi? Parce que les électeurs votent pour les partis qui promettent de réduire les taxes et les impôts, sans se préoccuper que les baisses de taxes se font nécessairement en réduisant les services et notre système de santé de brousse en est un excellent exemple.

Donc, si tellement de monde pardonnent à Legault et la CAQ c’est qu’ils ont voté pour eux, pour une gestion de type entreprises et non pas pour un gouvernement qui se préoccupe de la santé des gens et qui a de l’empathie. Legault et ses « beancounters » de la bureaucratie sont préoccupés par l’économie, les emplois, l’argent et les budgets, point final. Un bon gouvernement aurait confié la gestion de la pandémie à la santé publique et aux experts comme Madame Liu, pas aux politiciens qui ne pensent qu’à leur réélection.

Vous avez tout à fait raison. Mais à leur défense, les gouvernements de tous les pays fonctionnent en mode réaction devant ce virus et ses variants. Et tous sont fortement critiqués, souvent à raison, par des réglementations trop souvent incohérentes. Mais on ne peut diviser les régions en sous-sous régions. Loin d’être parfait et beaucoup de mécontents dont moi-même. Mais qui ferait mieux devant un phénomène aussi impossible à gérer adéquatement ?

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« Une société avance malheureusement au rythme de ceux qui la retardent. » — Léa Stréliski

Belle conclusion qui rejoint en tous points le champ de mes propres réflexions. Mieux vaut prendre tout cela avec un grain de sel. Tant qu’on a la santé, tout va ! Comme disaient les anciens. Keep it safe!

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