L’école de la fierté

Située à Montréal-Nord, l’école Henri-Bourassa fait des pieds et des mains pour contrer le décrochage. Et ça marche!

Quand l’équipe de football de 5 e secondaire de l’école Henri-Bourassa en affrontait une autre, il y a sept ans, les gradins étaient vides. « Les gars gagnaient un championnat et il n’y avait personne pour fêter ça », raconte Manon St-Maurice, professeure d’histoire. La direction avait interdit aux élèves d’assister aux parties afin d’éviter les bousculades et les bagarres, comme il s’en était parfois produites dans les années précédentes.

Aujourd’hui, Jean-François Bouchard, directeur depuis un an, dit recevoir des compliments sur le comportement des élèves quand les équipes de l’école jouent ailleurs. « À l’époque où j’étais adjoint à la direction, mon patron, Emilio Panetta, et moi avions décidé qu’on ne pouvait pas continuer d’exclure les jeunes comme ça, dit-il. Alors, pendant des mois, les professeurs ont parlé en classe des comportements adéquats à adopter pour soutenir nos équipes, par exemple applaudir et encourager nos joueurs, sans insulter ni menacer leurs adversaires. Au fond, on a rétabli le dialogue avec les élèves et on a changé l’image qu’ils se faisaient d’eux-mêmes et de leur école. »

Henri-Bourassa, située dans l’est du quartier défavorisé de Montréal-Nord, accueille une jeunesse bigarrée : Noirs, Latinos, Québécois de souche. Des fenêtres d’une classe du deuxième, on aperçoit le parc où le jeune Fredy Villanueva a été tué récemment par un policier.

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