Des Algonquins mi-élèves, mi-entrepreneurs

Alors que son taux de diplomation était quasi nul il y a sept ans, l’école secondaire Amik-Wiche a presque enrayé le décrochage scolaire. Clé du succès ? La création d’une microentreprise.

Éric Cloutier (en bleu de travail) et ses élèves de l'atelier de mécanique Ridge Papatie, Johnny Moushoom-Wawati et Judy Nattaway. (Photo : Paul Brindamour pour L'actualité)
Éric Cloutier (en bleu de travail) et ses élèves de l’atelier de mécanique Ridge Papatie, Johnny Moushoom-Wawati et Judy Nattaway. (Photo : Paul Brindamour pour L’actualité)

Punaisées aux murs de la cafétéria, les photos des diplômés en entrepreneuriat de l’école secondaire Amik-Wiche stimulent l’ardeur de la centaine d’élèves qui fréquentent l’établissement, situé dans la réserve algonquine de Lac-Simon, à une trentaine de kilomètres de Val-d’Or. Loin des clichés figés avec toge et mortier, elles montrent des jeunes tout sourire sur une plage de la Jamaïque, au pied de la tour Eiffel ou sur un bateau lors d’une croisière en Europe.

La cafétéria est à la fois le hall d’honneur et le centre nerveux de l’école. Mi-élèves et mi-entrepreneurs, les jeunes du cours secondaire normal et ceux de la formation préparatoire au travail en adaptation scolaire la transforment à temps partiel en petite PME. Dans le cadre de deux programmes d’entrepreneuriat — « Les trois lois de la réussite », pour les jeunes de 5e secondaire, et « Les ateliers PCR » (Persévérance + Compétence = Réussite), pour ceux de la formation préparatoire au travail —, ils utilisent les compétences acquises dans leurs cours pour offrir aux quelque 1 500 habitants de Lac-Simon des services de traiteur, de menuiserie et de mécanique. Les revenus permettent aux diplômés de faire un voyage à l’étranger au terme de leurs études, dans la mesure où ils auront respecté des critères stricts d’assiduité, de réussite scolaire et de participation aux activités de financement.

L’aventure a commencé en 2006 par une modeste cantine proposant des collations. Celle-ci s’est vite transformée en service de traiteur capable d’approvisionner des organismes de Lac-Simon, dont le conseil de bande. « Les entreprises de la région aimeraient nous encourager aussi, dit l’enseignant en entrepreneuriat Patrick Binette, l’un des instigateurs des programmes. Mais on doit refuser, on manque de temps ! » Les élèves consacrent de 10 à 15 heures par semaine au roulement de la microentreprise, avant, pendant ou après les heures de classe, et même la fin de semaine à l’occasion.

L’offre s’est ensuite élargie à des services de menuiserie (meubles, cadres, articles de pêche) et de mécanique (réparations, vidanges d’huile, pose de pneus). Tant et si bien que cette microentreprise scolaire a rapporté la coquette somme de 22 000 dollars au cours de la dernière année scolaire ! Les membres de la communauté bénéficient quant à eux d’excellents tarifs : par exemple, une vidange d’huile leur coûtera la modique somme de 20 dollars.

La recette fonctionne au-delà des espérances. À la fin de la dernière année scolaire, près de 80 % des élèves de 5e ont réussi les examens officiels du ministère de l’Éducation du Québec et obtenu leur diplôme. Dire qu’en 2008 aucun n’y était parvenu ! « On n’a pas réinventé la roue, on a simplement mis en place un système de récompenses qui donne envie de venir à l’école et d’avoir de bons résultats », explique Patrick Binette. Le programme a même incité d’anciens décrocheurs à revenir à l’école, souligne le directeur de l’établissement, Dave Lefebvre.

Les programmes d’entrepreneuriat suscitent parfois des vocations. La passion pour la menuiserie en gagne certains. Pour d’autres, ce sera la mécanique ou la cuisine. « On a maintenant des élèves capables de se projeter dans l’avenir, dit Aline Beaulne, superviseure de stages. Et leur fierté rejaillit sur la communauté. » Un des élèves, particulièrement doué pour la popote, étudie en cuisine à La Sarre. « C’est le Ricardo des Algonquins ! »

Dans les maisons, désormais, le poulet au brocoli remplace souvent la pizza et les hotdogs. « Au début, on retrouvait les légumes à la poubelle ! raconte en riant l’enseignante Teresa Pomerleau. Ni les élèves ni les clients du service de traiteur n’avaient l’habitude d’en manger. Mais notre but est aussi d’inculquer de saines habitudes alimentaires aux jeunes, car ils reproduisent ensuite les recettes à la maison. » L’été dernier, à l’initiative de la nutritionniste Karen Morency, un jardin communautaire planté de légumes et de fines herbes a même été aménagé près de l’école.

Enseignants et directeur souhaitent maintenant que ce modèle alliant réussite scolaire et développement communautaire fasse des petits dans d’autres milieux autochtones. D’ici là, « Les trois lois de la réussite » et « Les ateliers PCR » collectionnent les reconnaissances à l’échelle régionale et nationale : la Fondation de l’entrepreneurship, le Réseau des carrefours jeunesse-emploi et la Banque de développement du Canada, notamment, leur ont décerné des prix. Le tiroir du bureau de Patrick Binette déborde d’ailleurs de trophées et plaquettes, qu’il a l’intention d’exposer sous peu dans un présentoir qu’on installera à la cafétéria. Et il sait déjà où il sera fabriqué…

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8 commentaires
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Très bel article,tout et chacun peut réussir si on lui donne la chance qu’il se sent accepté .

Merci à l’Actualité ,ce sera peut-être le coup d’envoi pour le rayonnement de leurs petites P M E .dans notre beau coin de pays.

Bravo pour ces Algonquins pour leur diplôme Ils ont pu aller en Jamaïque, en France etc.
car les autochtones ne paient rien, ils empoches pendant que nos étudiants et leurs parents triment dur car eux ont des taxes a payer et le salaire qu’ils gagnent de peine et misère ils paient de l’impôt, pendant qu’eux se la coule douce Quand les autochtones seront sur la même égalité que nous les descendants français qui avons bâtis se pays, ce n’est surement pas eux qui a bâti ce pays, d’ailleurs trouvez-moi en un qui na pas de sang français? je m’arêtes la car mes 82 ans sans avoir pu avoir l’instruction qu’ils ont eu……

Auriez-vous l’audace de faire paraitre ce communiqué, communiqué que j’ai imprimé au cas ou! et que je ferai paraitre ailleurs

Mon Dieu que ça fait du bien

tu es tres mal informé, ou peut-etre mal éduqué, ce que tu dis etre des non-payeur de taxe, il se trouve qui tu es dans leur territoire, menacer d’extinction par ton sois disons fondateur de beau pays, nous nous sommes battu pour en sortir de la misere injustement imposer, et cher albert je suis un anishnabe, je suis diplomé, j’ai trimé dur pour y arriver, d’ailleur selon de bonne source, tes églises sont en vente partout dans le pays, par votre faute uniquement, faute de vouloir de l’argent, vous etes incapable de faire vivre votre culture, la notre a survicue a 400 ans de préjuger, pourrais-tu en dire autant, pourrais-tu faire vivre ton peuple autant, ne la ramene pas avec tes fait irrationel, plusieurs loi a fait de nous des prisonniers politique, bois ta petite biere pis reste chez vous a chialer comme un bon vieux quebecois chialeux qui nie vivre dans une terre deja habité.

Qui est tu toi (je ne te porte pas respect puisque te a l’audace de me tutoyer) tu manque cruellement de savoir vivre tu dis que ta trimé dur pour y arriver chanceux toi qui n’a pas en plus d’étudier gagner ta vie
vous vivez a nos frais Le TERRITOIRE que toi et moi habitons les ANGLAIS nous ont par leur guerre enlever nos droits a toi et a moi
La terre que mon père a cultivé pour nourrir toi les tiens et les miens
et mon père a du sacrifier notre instruction par manque de mains pour cultiver ses légumes oui je n’ai pas d’instruction je suis allé que 6 ans à l’école mais contrairement a toi je sais vivre J’ai 82 ans j’ai travaillé fort pour gagner ma vie et la tienne par les taxes et les impôts Nous vois-tu rien n’est gratuits Tant qu’aux églises si ils sont vendus vois-tu ce n’est pour avoir de l’argent, mais plutôt parce que NOS GENS sont équerré
de tant travailler et de devoir donner tant d’argent aux gouvernements
pour faire vivre ta communauté et les autres, je crois que tu vois pas plus loin que le bout de ton nez Oui nous, nous nous sommes battus contre
les anglais qui ont tué beaucoup des nôtres nous ont enlevé nos terres que de massacres, lit seulement l’histoire de la paroisse St-Eustache qui
n,ES PAS LA MIENNE Et pour la bière je n’en boit pas Puis apprend
a écrire toi le savant J’attend t’on commentaire

leur ecole est sous financee, ils doivent etre creatifs ! vivent dans des conditions souvent trop difficiles… je vous invites à aller passer quelques journées parmi nous, les Algonquins, peut etre que vos jugements gratuits pourront disparaitre un peu….

Bonjour Albert,

J’habite dans cette communauté et laissez moi vous parler des sois disant bâtisseurs dont vous parlez…

Sachez que ces hommes ont quasiment éradiqués notre peuple à coup de guerre bactériologique (vous savez, ces couvertures gracieusement offertes alors qu’elles avaient servies à soigner des gens ayant la peste sur le vieux continent). Ou encore il y a quelques décennies, ils enlevaient les enfants afin de les priver de leur mode de vie… Combinés, cela représente encore aujourd’hui le plus grand génocide connu de l’homme. Nous avons vécu des milliers d’années en symbiose avec notre environnement alors que vos sois disant bâtisseurs rapatriaient toutes les ressources trouvées en Europe (encore aujourd’hui votre bon gouvernement donne littéralement nos ressources à qui veut les avoir)…

En ne nous donnant pas accès aux mêmes outils que vous (nous n’avions même pas accès à l’argent, nous avions des mandat de nourriture et de logement au lieu de l’argent… Comment développer quoi que ce soit sans argent) Également, je suis moi aussi un entrepreneur qui a réussi tant dans ma communauté qu’à l’extérieur (où je paye des impôts comme tout le monde). Pas que nous ne sommes pas des éléments productifs de la société. Nous n’en avons seulement pas l’occasion… Aucune banque conventionelle ne prête à un autochtone, nous avons donc dû mettre en place nos propres moyens de financement (voir socca).

Soyez donc un peu mieux informé avant de faire de tels commentaires

a Stéphane
je ne sais pas de quel peuple vous parlez mais ce n’est pas de mon peuple car mes ancêtres ne vous ont pas donné des couvertures ils avaient si peut de chose et pour les couvertures de la peste car il n’y avait pas de peste ici, par contre les espagnols ont pour de l’or du pays, si mes souvenirs sont exact c’est l’Amérique du sud que vous nommez vous dites de mieux me renseigner vous une grave erreur c’est vous qui
devez se renseigner et que de fautes Je ne sais pas de quel pays vous venez car tout ce que vous dites est faut Que parler de ces batteurs de femmes de vos ivrogneries etc, ect.

il faut de bons profs, une ecole mobilisee et une communauté qui appui ses jeunes… Bravo et de nombreux boyages à venir !