L’école est finie

Quand monsieur le premier ministre répète en conférence de presse que « l’école n’est pas finie », j’espère qu’il comprend ce qu’il fait porter aux parents.

Photo : L'actualité

Ma mère connaît l’histoire de chacun de ses arbres. Non, attendez. Avant de vous parler des arbres de ma mère, je dois vous avouer que je suis en colère. La charge de travail que nous demande dorénavant l’école pour clore l’année scolaire me met en rogne.

Loin de moi l’idée de mettre le fardeau de la culpabilité sur les enseignants. J’ai trois enfants au primaire, ils vont dans une petite école publique que j’adore, et je vois la bonne volonté de leurs enseignantes et de la direction pour suivre les directives de la santé publique, respecter ce qu’exige le gouvernement, et pour soulager d’une quelconque manière les parents. Mais voyez-vous, les parents ne sont pas regroupés en syndicat. Nous sommes éparpillés, nous ne nous connaissons pas et nous avons des couches à changer, des repas à préparer, des petits à consoler, de la discipline à faire… Si vous voulez abuser de nous, nous serons très mal organisés pour nous défendre.

Vous nous prenez, après deux mois et demi éreintants, dans l’incertitude la plus totale, souvent vécue dans des espaces petits, en bordel, bruyants et dans lesquels, comble du comble, nous devons travailler (pour ceux qui n’auraient pas perdu leur emploi et ne vivraient pas, en plus, le stress du chômage).

Demander aux parents, monsieur le ministre de l’Éducation, de « passer en mode plein régime », selon vos mots, de redoubler d’efforts avant la fin de l’année pour faire en sorte que nos petits continuent à apprendre est au mieux irréaliste, au pire un ajout à la détresse ambiante.

Bien sûr, de mes communications avec les trois enseignantes de mes enfants, j’ai déduit que, même si certains travaux seront obligatoires (pour le plus grand), l’école s’attend à ce que les parents fassent ce qu’ils peuvent. Mais mettez-vous à notre place : aucun parent ne souhaite avoir l’impression qu’il sacrifie l’apprentissage de son enfant ! Pourtant, c’est ce que nous sacrifions pour sauver nos jobs. Nous ne sommes pas dupes et vous ne l’êtes pas non plus : les parents qui travaillent ne peuvent pas risquer de perdre en plus leurs revenus, c’est ce qui fait tenir le reste. Évidemment, nous devons donc souvent privilégier le temps que nous passons à travailler.

Les parents doivent s’exprimer et raconter la colère qui gronde. Vous avez changé la date de réouverture des écoles deux fois pour finalement l’annuler, et ce, sans même nous annoncer une quelconque forme de relève. Une suite. Une solution. Vous avez maintenant affaire à une horde de parents zombies, souvent dépassés par la situation, crevés, soumis à une pression rarement atteinte, et qui essaient tant bien que mal de sauver leurs petits et leur santé mentale. Dans ce contexte, vous comprendrez que le théorème de Pythagore et le plongeon du céleri dans de l’eau colorée (pour démontrer que les plantes boivent)… ça passe sous le radar.

Je comprends que l’école doive nous faire part du travail à faire. Je comprends que le gouvernement veuille assurer ses arrières avec un plan, montrer qu’il ne nous a pas abandonnés. Mais dans les faits, je reçois un horaire de réunions Zoom pour la maternelle, pour la 3e et la 5e année, les réunions tombent en même temps, j’ai trois matières par enfant à superviser, des travaux à leur faire rendre… Qui, pensez-vous, doit comprendre, organiser, imprimer et superviser tout ça ? Quand monsieur le premier ministre répète en conférence de presse que « l’école n’est pas finie », j’espère qu’il comprend ce qu’il fait porter aux parents.

J’ai bien vu, quand nos petits buvaient de l’eau contenant du plomb, que vous avez collé au mur un écriteau disant « Faire couler l’eau une minute avant de la boire ». Vous saviez sûrement que cette formule n’était pas réaliste. Qu’aucun enfant n’allait attendre une minute pour boire, quand certains ne savent parfois même pas compter jusqu’à 60. Mais qu’à cela ne tienne, l’écriteau était au mur, vous ne pouviez pas vous faire reprocher de ne rien faire.

Si vous pensez que les courriels des enseignants et les exercices que je dois imposer à mes enfants dans un contexte aussi difficile vous dédouaneront de quoi que ce soit, je dis honte à vous. Je vais faire ce que je peux, mais l’école est terminée. Je ne porterai pas votre échec.

P.-S. – Je parlerai des arbres de ma mère une autre fois.

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Vous avez entièrement raison. Mais n’oubliez pas qu’avec un gouvernement de la CAQ, c’est toujours plus et mieux….

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Monsieur Drouginsky, malgré le respect que j’ai envers vous pour vos opinions bien documentées et réfléchies habituelles, je vois bien mal, ici, votre jugement sarcastique envers le parti majoritairement élu au pouvoir. Je vous sais ¨libéral¨ de façon presque génétique, mais cela ne démontre en rien l’incapacité de bien agir du gouvernement actuel alors que l’ex gouvernement n’a pas démontré le plus grand des dévouements envers son propre peuple, raison pour laquelle il a été expulsé du pouvoir de façon, on ne peut plus, très claire.
Respectueusement…

@ Monsieur C. d’Anjou,

— Vous écrivez ceci : « Je vous sais ¨libéral¨ de façon presque génétique, » [Sic]

Techniquement, je n’ai pas à me justifier, mais je vais le faire. Vous êtes le seul internaute qui se permette de me rabrouer sur ce ton.

Comment sauriez-vous tout cela ? — Est-ce que je vous ai fait des confidences ? — Qu’est-ce que la « presque génétique » selon vous scientifiquement ? Il n’existe pas à ma connaissance de corrélation entre la politique et la génétique. Dans le meilleur des cas, on appartient à une « famille politique » mais j’ai remarqué qu’il n’est pas rare au Québec qu’on en change souvent au gré des opportunités.

Que je sache, ma liberté d’opinions politiques ne m’ont jamais rapporté une cent, jusqu’à présent. Si j’avais voulu m’engager auprès d’un parti politique, je serais actuellement député et peut-être ministre.

J’étais sympathique aux idées de la CAQ qui après tout se voulait une coalition « arc-en-ciel » du temps que vous étiez vous-même « souverainiste ». Je n’ai effectivement aucune fibre nationaliste, je n’ai donc pas pris ce virage. C’est mon droit. Je souscris depuis toujours aux principes humanistes de l’Internationale socialiste. C’est encore mon droit ! Je suis de la même race que Bernie Sanders.

J’aimerais vous faire remarquer que le slogan suivant lequel un gouvernement de la CAQ ferait plus et mieux, je ne l’ai inventé. Ce sont les publicitaires qui travaillaient avec la CAQ qui l’ont concocté. J’ai le droit d’en faire l’emploi qui me plait. Et si la CAQ n’est pas d’accord avec cet emploi. Ce parti peut me poursuivre pour diffamation et m’envoyer en prison. J’assume mes propos.

Pour votre gouverne, j’ai voté aux dernières élections provinciales pour le « Parti Québécois ». Je suis de celles et ceux qui ont donné un gouvernement (minoritaire) à Pauline Marois et j’estime que son propre parti — qui aurait pu lui donner la direction en d’autres moments –, a fait montre de « machisme » plus souvent qu’autrement.

Vous voyez, contrairement à certains, je vis sereinement.

Vos propos démontrent essentiellement votre mauvaise foi et vos préjugés. En ce qui me concerne je n’ai plus à avoir de respect pour les gens qui me mentent aussi impunément.

Et oui ! J’ai toujours eu en bonne estime le docteur Couillard et autant que je sache, c’est toujours mon droit !

Au plaisir.

Je n’étais pas devant mon ordi hier, donc, me revoici aujourd’hui. Mon utilisation du mot ¨génétique¨ est peut-être inapproprié, j’aurais pu dire ¨ Je vous sais ¨libéral¨ de façon presque logique (ou autre mot semblable)¨. À lire quelqu’un, on finit par se faire une idée approximative de ce qu’il est. Je suis indépendantiste et séparatiste, vous en avez sans doute fait cette conclusion, et je ne m’en offusque pas; moi aussi j’assume.
Mais je vous suis mal sur certains terrains, et je vous cite ¨ Je n’ai effectivement aucune fibre nationaliste, je n’ai donc pas pris ce virage¨ et vous dites avoir voté PQ (madame Marois) aux élections précédentes ? C’est effectivement votre droit le plus fondamental, mais je ne comprends pas quand même.
Vous vous dites également de la même race que Bernie Sanders; celui-ci est de religion juive, et vous aussi… Que je sache, une religion n’est pas une race; je pourrais très bien être juif moi aussi en me convertissant à cette religion. Mais là n’est pas le débat, je me tiens le plus loin possible de tout ce qui touche à la religion, étant athée.
Je reprends votre phrase qui a tout déclenché : ¨ Mais n’oubliez pas qu’avec un gouvernement de la CAQ, c’est toujours plus et mieux….¨ sic. Connaissant votre style d’écriture, c’est ce ton sarcastique qui m’a fait tilter, car pour moi, ce gouvernement a fait plus en un an pour les québécois que tous les gouvernements libéraux depuis plus de vingt ans, et cela inclut l’ex 1er ministre Couillard (que je voyais pourtant d’un bon œil avant qu’il soit élu) mais pour qui je n’ai absolument plus aucune espèce d’affinité ni de respect. Et ça, c’est mon droit à moi aussi.
Moi aussi j’avais voté Marois, et aux dernières élections, j’ai voté CAQ avec un certain espoir de ¨mieux¨, et je ne suis pas déçu jusqu’à date. Par contre, je reste foncièrement indépendantiste nationaliste.
Et pour conclure, moi aussi je vis sereinement et je ne vois pas où je vous ai menti !

@ Monsieur C. d’Anjou,

Bernie Sanders se présente comme socialiste ou si vous préférez un social-démocrate. À ma connaissance, la sociale démocratie n’existe pas au Québec et depuis aussi longtemps que je vis dans cette province ce sont des conservateurs qui dirigent la province sauf à mon arrivée quand c’était encore Robert Bourasssa. Depuis, les conservateurs ont pris position dans tous les partis et la CAQ n’y déroge pas.

Ainsi depuis presque 30 ans, cette province expérimente des politiques conservatrices qui tôt ou tard nous feront frapper un mur. La période de Duplessis était aussi celle d’un conservatisme corrompu transcendé par la bénédiction du clergé.

Comme j’ai étudié l’histoire du Québec, je trouve que l’époque de la Révolution tranquille était plutôt prometteuse. Il y avait une belle unité qui permettait d’entrevoir le meilleur. C’est à cette époque notamment que le gouvernement avait mis l’emphase sur l’éducation. Mais depuis, nous avons fait du sur-place et j’estime que ce que fait le ministère de l’éducation actuellement en cette période de pandémie est insuffisant. De ce que je sais, l’Ontario fait mieux.

Alors oui ! J’ai le droit d’être sarcastique si cela me fait plaisir, car contrairement à vos affirmations, je ne vois pas qu’en moins de deux ans on ait tellement fait plus et mieux. Mais je ne demande qu’à voir (comme Saint-Thomas).

Pour ce qui est de l’indépendance, on va se le dire. L’indépendance où que ce soit sur la planète, c’est un processus révolutionnaire. Si on veut l’indépendance, il faut être prêt à se mouiller et prêt s’il le faut à mourir pour la cause. Jusqu’à présent les indépendantistes du Québec semblent apprécier plus leur cinéma maison et le confort que l’on peut tirer du confinement ou de l’après confinement que la lutte politique sur tous les fronts.

Alors, vendez votre salade à qui vous voudrez, mais pas à moi. Et continuez de vivre dans vos mensonges tant qu’il vous plaira.

Je n’aurais pu dire mieux! Avec 4 enfants dont 3 d’âge scolaire et nous deux les parents travaillant de la maison à temps plein depuis le début, je me sens plus qu’incompétente dans ces deux sphères de la vie en ce moment. Comme être 100% au travail et en même temps 100% parents avec un chapeau de d’enseignant ? Nous sommes épuisés!

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je suis completement d ‘accord avec votre article. c ‘ est le ou les parents qui portent la responsabilité d’ organiser et superviser les travaux de nos enfants, de les motiver, les occuper, cela en plus de notre travail et autres tâches. je pense qu il y a eu peu de reconnaissance de cette réalité. si on compare avec le privé, les profs semblent beaucoup plus présents en donnant la classe eux-même sur zoom qotidiennement, en organisant la matière que tous doivent suivre, en remettant des travaux qu’ ils corrigent et faisant le suivi des élèves. je me serais attendue à cela, surtout pour le dernier mois justement. les profs et équipe école du public sont payés donc pourquoi ne s investissent ils pas 7 hr/ jr , comme tous les parents qui travaillent encore?

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Pour en avoir discuté avec plusieurs personnes, je constate effectivement qu’au public ça semble très variable. Pour ma part, je donne tous mes cours en ligne (d’ailleurs j’écris ces lignes entre 2 périodes virtuelles!) et à date j’ai très peu d’absents (je touche du bois), mais j’ai eu vent qu’il y a des endroits où on ne peut en dire autant. Dommage, car ça laisse de l’incertitude, donc des frustrations (légitimes) pour plusieurs, y compris ceux qui font tout leur possible pour essayer de rétablir un semblant de normalité et qui voient que certains de leurs collègues continuent à se la couler douce.

Mme Bibor…
les profs travaillent 7h par jour…comme vous. Je ne m’embarquerai pas dans la discussion de toutes les heures (plus que 7h par jour) que je passe à replanifier mes cours afin qu’ils soient adapté au contexte de la plateforme TEAMS ou les intervenant qui vont jusqu’à cogner aux portes d’élèves de qui ont à pas de nouvelles depuis le 13 mars ou tout l’extra que les TES font pour consoler les parents car les bureaux de psy sont fermés…
Dites-vous que nous aussi avons des enfants avec des profs et que nous devons aussi leurs enseigner et faire toutes les choses dans la maison. La vraie solution aurait été de soi tirer un trait sur l’année scolaire POUR TOUS (incluant privé et public) ou de réouvrir les écoles en alternant les jours de scolarisation.

Que certain enseignants tire leur épingle du jeux mieux que d’autres est simplement une preuve de l’inégalité entre nos institutions. Si je dois prendre 4 semaines pour organiser et distribuer des portables aux élèves du publique car il en ont pas ou qu’il y en a plus de disponible en informatique est tout une embûche à passer avant même de penser à enseigner aux jeunes.
Certains sont en détresse et certains vivent des grandes difficultés d’apprentissages…il faut voir plus large que « moi je travaille et c’est les profs qui devraient animer une vidéo-conférence 7h par jour pour pas qu’on aille à le faire». Il y aura toujours de profs qui en font moins et d’autre plaus (comme dans votre milieu). En ce moment, on fait tout ce qu’on peut sur internet et HORS internet. C’est la première fois pour nous aussi!

Mme Bibor,
C’est ce que l’on fait et plus croyez-moi! C’est à grande vitesse de tenter de tout faire ça en plus de motiver et encourager son propre ado. d’en faire autant!

Merci pour cet article. Étant enseignante moi-même, je vis la même chose à la maison et je partage intégralement ce que vous ressentez et vivez. Préparer/corriger des plans de cours et devoirs d’école pour mes propres éléves et faire l’école pour mes enfants/ado en plus de tout ce qui doit être fait quotidiennement à la maison est tout simplement foudroyant. 3 semaines pour faire réussir un jeune en difficulté qui nécessite habituellement l’aide de tous les enseignants, TES, orthopdagogues, etc. possible…Ben voyon donc!? La réalité est qu’une grande partie des jeunes ont des difficultés d’apprentissage à différents niveaux et les parents ne sont pas équipés pour gérer tout ça.

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Sur l’article: l’école n’est pas fini.

J’ai ressenti un malaise en lisant cet article. Personne ne possède le manuel Virus 101, pas plus vous que le gouvernement. Nous sommes tous en ajustement. La boussole est déréglée. Ventilez votre colère en accusant le gouvernement est inutile. Vous travaillez, c’est votre priorité, d’accord. Pas le temps d’accompagner les enfants pour l’école, d’accord. Le choix est clair. Personne ne vous jugera. Ne jugez pas le gouvernement.

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Bien Sur Qu’on jugera le gouvernement.
L’autorité vient toujours accompagnée de responsabilité…

Quand le gouvernement fait un bon coup, on le mentionne mais pour ce coup ci, ils ont échappé le ballon. Il faut oser le dire, l’aveuglement partisan n’est pas une option. D’autres provinces du Canada ont eu un message et une stratégie plus cohérente, pourquoi ne pas se coller sur ce qui se fait le mieux?

Ça résume ma pensée de mère et d’enseignante… qui présentement travaille plus pour ses élèves que pour ses enfants. Parce que faire des visioconférences à longueur de journée avec ses élèves, se faire dire par la suite que les parents voudraient qu’on en fasse encore plus, pis pendant les visios, voir son enfant de 8 ans se faire ses pâtes tout seul, essayer de lui expliquer en catimini un problème de maths pendant que ses élèves posent aussi leurs questions, enchaîner les visios avec les directrices, les collègues, répondre aux courriels, oublier de manger, perdre ses enfants qui sont partis dehors avant d’avoir fini leurs pages de français… Moi, sérieux, je sais plus comment faire.

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Tout à fait cela! Passer la journée à l’écran, tenter de répondre à toutes ces demandes, corriger,planifier, réunions, formations, lectures de documents de 128 pages du gouvernement, appels, rencontres départemental…la liste ne finit plus…déjà qu’en temps normal nous n’arrivions pas!

Tellement vrai et touchant ce texte ! Bravo à tous ces parents que nos politiciens charrient. Faites l’école à vos enfants, soyez disponibles pour les séances Zoom lorsque votre enfant ne peut pas les gérer tout seul, continuez à travailler à temps plein en télétravail et surtout restés confinés donc sans d’amis à qui vous confier… Est-ce qu’on peut créer un syndicat des parents outrés et tannés ? Le SPOT !

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Je suis d’accord avec vous. En plus c’est la guerre pendant une bonne trentaine de minutes chaque jour avec mon fils de 9 ans 3e année qui ne veut pas faire ses leçons. Et la grande du sec 3 qui vit les hauts les bas d’une ado de 15 ans. C’est vraiment difficile. Dans un environnement restreint en espace on tente de rester zen.

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« Je vais faire ce que je peux »
Vous allez le faire et nous allons le faire comme prof! En espérant que le ministre reconnaisse un peu la tâche énorme et irréaliste qu’il vous demande, qu’il nous demande!
Courage & solidarité!

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Nous vivons la situation inverse ici et je ne crois pas que ce soit une chance. Depuis le 13 mars c’est silence radio de la titulaire. La direction de l’école vient tout juste (après plusieurs messages qui sont restés sans réponse) de nous dire qu’elle n’avait appris que la semaine dernière que la prof ne suivait pas ses élèves… On devrait avoir des nouvelles bientôt dit-elle. Mais il faut comprendre, il y a beaucoup à faire, la technologie c’est compliqué, etc. etc. On est dans le néant depuis le début, et ça continue. Le suivi pédagogique est disons…un peu faible

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Même chose ici! La prof fait à peine de suivi. Elle envoie le document du ministère et quelques petits exercices à faire en début de semaine, c’est tout. Elle a appelé ma fille une seule fois depuis le 13 mars. Elle demande d’écrire des lettres, ce qu’on fait et elle n’a même pas répondu. Je sais qu’elle n’est pas très techno, alors ça n’aide pas. Elle réussi tout de même à enregistrer des petits vidéos sur YouTube. Clairement, il y a une inégalité partout. Je ne comprends pas pourquoi ça n’a pas été planifié depuis le début de cette crise? Pourquoi les autres provinces semblent bien organisée et nous zéro? C’est bien beau Télé-Quebec, mais clairement c’est pas ciblé par groupe d’année scolaire alors ça vaut pas grand chose. En tout cas, l’enseignante de ma fille m’a dit que les profs devront s’ajuster énormément en septembre pcq il y aura de grosses inégalités entre les enfants.

Je pensais être là seule à être dépassée par les travaux…Je suis mère monoparentale (comme beaucoup de parents!) et avec les deux rencontres quotidiennes aux mêmes heures (une chance que l’on a deux ordinateurs) et la supervision des travaux de mes enfants, je n’arrive plus à travailler! Alors quand on dit que les profs travaille 7 heures par jour avec une classe de 25 élèves, je leur donne tout mon respect. Mais moi qui va effectuer mon travail!! Au moins, il ne reste qu’un mois avant la fin de l’année scolaire. Courage à tous😁

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Suite à la lecture des commentaires, je voudrais souligner que la prof de mon fils a été trés impliquée depuis le début. Nous avons été très chanceux et je lui en suis grandement reconnaissante. Le fait que l’école à la maison a été présenté comme « facultative » depuis le début a probablement été une erreur, remettant ainsi la responsabilité au parent la mise en place des propositions du professeur. Je me rends compte en lisant les témoignages que beaucoup de temps peut être passé à préparer du matériel pour l’ ecole à la maison en plus du suivi avec les parents et certains élèves, peut-être des réunions avec leur équipe école. Du travail dans l’ombre qui mériterait d’être reconnu. Les enseignants et personnel scolaire auraient dû être ajoutés à la liste des travailleurs essentiels, avec la possibilité d’envoyer leurs enfants en service de garde d’urgence. Cela aurait envoyé un message plus clair que l’ éducation est une priorité (et non facultatif) tout comme la santé physique. S’inspirer du modèle Ontarien ou de nos écoles privées auraient pû aider en effet.

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Avez-vous seulement pensé aux parents qui sont AUSSI enseignants, avec AUSSI trois enfants à la maison, avec les leçons et rencontres à gérer pour leurs propres enfants, et l’immense pression faite par les directions d’école pour que ces enseignants fournissent ces fameuses leçons, appels et courriels dont vous parlez???Et cette pression est secondaire à la pression d’un ministre déconnecté de la réalité, même si un jour il fut enseignant???
Peut-être manquera-t-il des enseignants à la probable rentrée scolaire de septembre…. et ce ministre mettra encore la faute sur les enseignants, qui ne sont pas aussi performants que lui…
Oui, l’école devrait être finie dans la région du grand Montréal.

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Je suis tout à fait d’accord avec votre texte. Je suis infirmière et je travaille à temps plein. Quand j’arrive chez moi pour le 2e chiffre, je suis crevée et je n’ai plus beaucoup de patience pour la trousse d’apprentissage que mon fils de 7ans trouve plate et bébé. Je dois dire que je suis d’accord avec lui. Les professeurs de mon plus vieux étaient prêtes à offrir du support dès le début, mais la direction leur à clairement fait comprendre qu’elles n’avaient pas le droit. Ce que je trouve aberrant. Bravo et merci d’avoir dit tout haute, ce que tous les parents pensent tout bas.

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Je suis directrice au primaire, je viens de lire cet article et je comprends très bien le ressenti de cette journaliste qui écrit au nom des parents. Vous n’imaginez pas la double tâche que cet exercice demandé aux parents peut également nous demander. Nous avons la gestion d’une école physique en plus d’une école virtuelle ,sans pour autant avoir les compétences et les effectifs pour y parvenir adéquatement. Nous avons le syndrome de l’imposteur qui nous suit au jour le jour et nous devons le chasser et apprendre à nous adapter selon les consignes de notre ministres qui changent sans crier gare à vous , nous changeons le cap! Je dis donc aux parents, que je suis en plus d’une directrice, une maman et une femme qui comprend ce qu’ils vivent. Merci pour ce texte !

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Discours de bon gros bourgeois, genre il faut travailler pour ses enfants oulala ça pique.
Nan mais ils y en a ils vivent sur une autre planète..
Je pense il ya bcp bcp bcp de gens avec un problème un peu plus important que ceux de madame qui doit faire l’école à la maison..

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..chacun à sa réalité Certains ont perdu leurs emplois, certains en ont 2, certains font du bénévolat, etc. Il ne faut pas jugés. L’article parle d’un de ces points de vus et celà est similaire à beaucoup d’entre nous. Je ne crois pas que les parents «bourgeois» se plaingnent pour rien. Ils constatent simplement la lourdeure de tout ce qui se passe et qu’ils doivent poursuivre du mieux qu’ils peuvent. De partager cette détresse entre nous aide à passer au travers.
J’ignore votre situation et j’espère qu’elle soit la mieux pour vous, mais de grâce, ne pas commenter celle des autres comme si «ils avaient le ventre plein»

C’est tellement réconfortant qu’une femme qui vie exactement ce que je vie le mette en mots et surtout le cri à la terre entière. Même si ça ne change rien à notre situation ou à la frustration, ça fait du bien que quelqu’une aie la voix assez forte pour se faire entendre. MERCI!!!!

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Madame la Marquise attend beaucoup de son gouvernement et peu d’elle-même. Elle ne mentionne jamais la crise, mais ne pense qu’à son petit monde qui semble se réduire à quelques quartiers de Montréal. Un petit séjour en Afrique ou peut-être juste en dehors du Plateau la ferait peut-être mûrir un peu. Je lui souhaite pour ses enfants.

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