Les 5 chantiers de la ministre

Pour cerner les enjeux de l’enseignement supérieur, la ministre Hélène David sillonne le Québec afin de rencontrer étudiants, profs, directeurs d’établissement et représentants syndicaux de tous les cégeps et universités. Voici les mots-clés de sa rentrée.

La ministre responsable de l’Enseignement supérieur, Hélène David. (Photo: Mathieu Rivard pour L’actualité)
La ministre responsable de l’Enseignement supérieur, Hélène David. (Photo: Mathieu Rivard pour L’actualité)

 

LAT15_UNIVERSITES_MINISTREDAVID_accessibilite«Il y a plusieurs façons d’encourager l’accessibilité aux études postsecondaires. Le Québec le fait depuis longtemps grâce à des droits de scolarité parmi les moins élevés au pays et une aide financière généreuse, comparativement à celle qu’accordent d’autres provinces. Cette aide a été augmentée après le sommet de 2013 et elle a été indexée de 6 % cette année, pour un total de 42 millions de dollars. L’accessibilité des autochtones aux études postsecondaires est une autre priorité. Même chose pour les étudiants qui ont des besoins particuliers: leur nombre a explosé parce que les diagnostics sont meilleurs et qu’on les accompagne mieux. La performance, ce ne sont pas seulement les grands classements universitaires: c’est d’abord que chacun puisse se rendre plus loin qu’il ne l’aurait pensé voilà 20 ou 30 ans.»

LAT15_UNIVERSITES_MINISTREDAVID_regions«Plus je vais dans les régions, plus je constate que les emplois sont là; les entreprises sont même en pénurie de personnel et attendent avec impatience les diplômés. La présence des cégeps et des universités est donc cruciale pour les régions, et nous devons y attirer plus d’étudiants et les retenir. Le gouvernement vient d’allouer 1,5 million de dollars pour la mobilité interrégionale entre cégeps, afin d’encourager les étudiants des grandes villes à fréquenter les établissements plus vulnérables au déclin démographique.

«On ne peut pas proposer dans tous les établissements un choix de programmes aussi étendu que dans un grand cégep urbain. Les centres d’études collégiales, situés dans de plus petites régions sous la direction d’un cégep central, permettent aux jeunes de s’inscrire dans des programmes porteurs tout en restant dans leur coin de pays. Il en existe une douzaine, et j’ai annoncé, en juin, un agrément permanent à Mont-Tremblant pour le cégep de Saint-Jérôme. Le Ministère étudie aussi la possibilité pour le cégep de Rivière-du-Loup d’ouvrir un centre d’études collégiales à Témiscouata.

«J’ai été la première à demander quelle était la pertinence des campus de l’Université de Sherbrooke à Longueuil ou de l’Université du Québec à Rimouski à Lévis… Eh bien, l’UQAR serait fermée s’il n’y avait pas eu Lévis! Les établissements-­satellites n’ont nui à aucun cégep ou université, car le taux de passage du secondaire au cégep a augmenté, il y a plus d’étudiants internationaux, de nouveaux arrivants…»


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LAT15_UNIVERSITES_MINISTREDAVID_promotion«Pour accueillir et retenir plus d’étudiants dans les régions, il faut faire la promotion des établissements qui s’y trouvent. L’Institut maritime du Québec, par exemple, pourrait accepter 150 étudiants de plus. D’ailleurs, le directeur d’un cégep me faisait remarquer que certains programmes ont des noms rebutants! Je pense à la “maintenance industrielle”: à 17 ans, qui a le goût de s’y inscrire? On a l’impression qu’on y forme des concierges! Des responsables m’ont confié avoir triplé les inscriptions en proposant des programmes sous d’autres noms. Nous devons aussi séduire plus d’étudiants internationaux et, pour cela, il faut mettre l’accent sur les cours de francisation. J’ai vu des Chinois de l’Université de Montréal qui voulaient apprendre le français, mais qui devaient payer 3 000 dollars pour suivre un cours de trois crédits!»

LAT15_UNIVERSITES_MINISTREDAVID_gouvernance«Je souhaite la création de nouvelles instances: un conseil des collèges et un des universités. Ces organismes indépendants réuniront étudiants, enseignants, autres professionnels et simples citoyens, qui se pencheront sur divers enjeux, comme la formation continue, les établissements-­satellites, la qualité des programmes courts. Nous avons aussi besoin d’une commission mixte — cégeps et universités — de l’enseignement supérieur qui veillera à la fluidité des parcours de formation. Depuis 30 ans, les passerelles DEC-bac ont été mises en place, mais on peut aussi réfléchir au passage du secondaire aux collèges et aux universités. Il faut faciliter l’accès à des programmes courts répondant à des besoins pointus du marché du travail. Enfin, qu’on se rassure, je n’ai l’intention ni de supprimer l’épreuve uniforme de français ni de sacrifier la formation générale des DEC techniques!»


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LAT15_UNIVERSITES_MINISTREDAVID_reinvestissement«Je me fais un devoir de répéter au premier ministre que le réinvestissement en éducation comprend les collèges et les universités. L’avenir du Québec passe beaucoup par eux et leurs besoins sont évidents. On a annoncé un budget annuel de 155 millions de dollars sur trois ans, et les réseaux en sont très contents. Mon mot d’ordre: soyons le plus flexible possible. L’UQAR, par exemple, n’a pas les mêmes urgences ou priorités qu’une université urbaine.»

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« Nous devons aussi séduire plus d’étudiants internationaux et, pour cela, il faut mettre l’accent sur les cours de francisation. »
Je suis anglophone de l’Ontario et j’achève un baccalauréat à l’Université du Québec en Outaouais. Pour moi, un des grands attraits de l’UQO est son atmosphère francophone – une université au Québec est un milieu sans paire pour se perfectionner en français… on y baigne dans la culture francophone et l’apprentissage du français se poursuit en dehors de la classe…