Les 50 ans qui ont tout changé

Les faux pas du pape Benoît XVI depuis quelques mois ont eu au moins un effet positif : des catholiques prennent la parole pour exprimer leur conception de l’Église et déplorer la dérive autoritaire qui l’éloigne de l’esprit de collégialité de Vatican II. Ce concile a été un tournant majeur dans la vie de l’Église. En voici le contexte historique, en quelques images.


 

L’Église catholique des années 1950 vit encore des heures triomphales, en particulier au Québec. Le pape Pie XII est admiré de tous, le clergé compte de nombreux membres et l’Église est présente partout. Elle rassemble d’immenses foules dans des processions et des lieux de pèlerinage. Ici, une grande procession au sanctuaire du Cap-de-la-Madeleine, en 1951.

Photo : BANQ / Jos. Morin. Office provincial de publicité. Cap-de-la-Madeleine / Paul Girard – Août 1951

Le pape Pie XII sur la sedia gestatoria, la chaise à porteurs, sur la place Saint-Pierre de Rome, en 1955. Après le règne long et autoritaire de ce pape (1939-1958), marqué entre autres par la réduction au silence de nombreux théologiens contestataires, le gouvernement, la doctrine et la liturgie de l’Église catholique ont besoin d’une sérieuse mise à jour. Depuis 400 ans, l’Église vit sous le régime et l’inspiration du concile de Trente (1542-1563).

Photo : KPA / KPA-ZUMA / KEYSTONE Press

Élu le 28 octobre 1958 pour succéder à Pie XII, Jean XXIII, alors âgé de 76 ans, est vu comme un « pape de transition », tant le règne de son prédécesseur a fortement marqué l’Église. À la surprise de tous, le 25 janvier 1959, il annonce la tenue d’un concile général à Rome. Il le place sous le signe de l’aggiornamento (mise à jour), ce qui exprime une volonté de changement et d’ouverture au monde moderne.

Photo : KPA/KPA-ZUMA/KEYSTONE Press

Le concile Vatican II s’ouvre le 11 octobre 1962 devant 2 365 évêques, originaires de 79 pays. La curie romaine, plutôt méfiante envers cette assemblée, a déjà préparé le programme et les grandes thèses de ce concile. L’assemblée des évêques rejette cette « préparation » et affirme son autonomie sur le déroulement et les discussions du concile. Cette « révolte », approuvée par Jean XXIII, permettra aux évêques de réaliser l’aggiornamento souhaité par celui-ci.

Photo : collection privée

Mgr Paul-Émile Charbonneau, évêque de Hull (ici en compagnie du père Jacques Gervais, à Rome), et le cardinal Paul-Émile Léger font partie des 98 évêques canadiens qui participent au concile. Mgr Charbonneau a publié en 2008 une brochure sur l’importance de Vatican II dans l’histoire de l’Église. Le cardinal Léger a été considéré comme l’un des leaders réformistes du concile.

Photos : collection privée

Le pape Paul VI succède à Jean XXIII le 21 juin 1963. On le voit ici en présence du président John F. Kennedy, le 2 juillet de la même année. Il mène à terme les travaux du concile, dont la clôture a lieu le 8 décembre 1965. Parmi les principales réformes adoptées par les évêques, retenons : la reconnaissance du principe de la liberté de religion, la collégialité dans le gouvernement de l’Église, l’ouverture œcuménique et la modernisation de la liturgie.

Photo : PC / AP

Deux symboles des mouvements traditionalistes et réformateurs au sein de l’Église catholique : Mgr Marcel Lefebvre (à gauche) et le théologien Hans Küng. Les réformes du concile Vatican II ont créé de sérieux remous au sein de l’Église. Rassemblés autour de Mgr Lefebvre, les plus traditionalistes ont refusé les principales innovations du concile. À l’opposé, Hans Küng, théologien d’origine suisse et ancien collègue de Joseph Ratzinger (Benoît XVI), estime que la mise à l’écart des conclusions du concile menace l’Église d’un retour au Moyen Âge.

Photos : PC / AP et  Novalis

Malgré son immense popularité auprès des foules, le pape Jean-Paul II (1978-2005) est aujourd’hui considéré comme un dirigeant autoritaire et conservateur par tous ceux qui tiennent à une direction collégiale au sein de l’Église. Sur cette photo qui date du 30 novembre 2004, il bénit Marcial Maciel Degollado, fondateur mexicain de la Légion du Christ. Accusé de pédophilie, ce prêtre a dû, en 2006, à la demande du Vatican, se retirer de toute vie publique et de tout ministère.

Photo : PC / AP / Plinio Lperi

Le 28 février 1982, Joseph Ratzinger, le futur Benoît XVI, fait ses salutations aux fidèles de l’archidiocèse de Munich, à la veille de son départ pour Rome. Il a été nommé par Jean-Paul II préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, une instance de l’Église qui succède au Saint-Office et à la Congrégation de l’Inquisition. Sa tâche sera de préserver l’orthodoxie de la doctrine catholique. Il sera élu pape le 19 avril 2005.

Photo : PC / AP

Curé de la paroisse Saint-Étienne, dans le quartier montréalais de Rosemont-La Petite-Patrie, Claude Lefebvre fait partie des catholiques qui estiment que l’idéal de collégialité formulé par le concile Vatican II a été battu en brèche par Jean-Paul II et son successeur, Benoît XVI. Déplorant l’excès de centralisation et d’autorité romaines, il entend demeurer fidèle à une Église définie comme « peuple de Dieu ».

Photo : Roch Côté

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