Les barbares de salon

Lorsqu’on distribue au citoyen en colère sa petite dose quotidienne de haine de l’autre afin qu’il évite de se considérer comme le possible responsable de son malheur, on finit par créer des monstres.

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On se perd en conjectures, en hypothèses et en thèses de toutes sortes pour expliquer l’inexprimable horreur des dernières heures: une épouvantable tuerie, la violence d’un lâche. L’expression la plus intolérable de l’intolérance.

Instantanéité oblige, et sans doute en raison de la volonté de comprendre, on n’était pas encore sûr de l’identité du tueur ou de ses motivations que déjà toute la presse s’adonnait aux spéculations.

Assiste-t-on à la montée de l’extrême droite au Québec? Est-ce la faute de la radio d’opinion?

Je préfère me garder une petite gêne. Au moins, le temps d’en savoir plus avant de jeter la pierre à quiconque. Enfin, ça, c’est pour ce qui concerne les motivations de l’auteur de cette boucherie.

Parce que l’avènement du commentaire instantané et du partage d’opinions à chaud sur les réseaux sociaux permet d’exposer une chose avec certitude, et dès maintenant: il existe un climat social pourri, où s’épanouit la haine de l’autre.

Pire, cette détestation s’exprime désormais avec un sans-gêne qui confine à la pire des bêtises humaines: celle qui revendique fièrement sa connerie en la drapant vaillamment dans une liberté d’expression où toutes les opinions se valent.

Et ce genre de climat, où la bêtise devient acceptable, ne se fabrique pas seul. Il lui faut de l’aide. Un engrais. Le nôtre est manufacturé quotidiennement par une poignée d’opportunistes qui, s’ils disposent d’un minimum de conscience, commencent à mesurer les dégâts qu’ils provoquent.

Parce qu’on ne parle pas ici d’anecdotes, ou de pages Facebook consacrées à quelques groupes radicaux, mais bien d’un déversement de messages islamophobes, dénués de toute compassion.

À tel point que des médias, aux prises avec les trop nombreux racistes du cru, ont choisi de fermer leurs pages de commentaires plutôt que d’avoir à gérer les dizaines de nuances d’intolérance exprimées sous leurs reportages.

Qui sont ces opportunistes médiatiques qui excitent tant les cons?

Ils sont à la radio, souvent. Ils copient la recette des uns et des autres, et confectionnent leur variante d’une célébration de l’ignorance et des préjugés qui provoque une puissante adhésion des auditeurs.

Les cibles sont toujours les mêmes. Elles sont des symboles de changement, de différence. Elles menacent le confort du statu quo et des certitudes desquelles on se berce.

Écologistes. Politiciens de gauche. Artistes. Transgenres. Homosexuels. Immigrants, évidemment.

Et, flairant le bon coup de fric, plusieurs chroniqueurs de l’écrit se sont joints au mouvement. Ils publient dans des journaux populistes ou d’intellectuels. Ils enrobent leur xénophobie soft de réflexions empruntées aux consorts d’Alain Finkielkraut. Ou, pire encore, ils jouent à la frontière de la blague, du spectacle.

Comme l’écrivait Emily Nussbaum dans le New Yorker, c’est la nouvelle arme des artisans du prêt-à-penser, de l’amalgame et du raccourci intellectuel: dire que ce qu’on fait est un spectacle, que ce n’est «rien qu’une joke». Et plus encore: emprunter à l’humour ses méthodes, comme la dérision, la volonté de choquer ou le rejet de la bien-pensance. Au final, cela permet d’éviter l’affrontement. Et il n’y a plus aucun débat possible.

Allons, ne vous fâchez pas, c’était seulement une blague…

Évidemment, ces fabricants d’opinions à la chaîne rejettent toute responsabilité, en prétendant qu’il appartient à l’auditeur ou au lecteur de se faire sa propre idée.

Après tout, les médias établis mentent parfois au public, eux aussi… Il faut s’abreuver à plusieurs sources pour être mieux informé, plaident-ils…

Mais la différence, c’est que l’info qu’ils proposent n’est pas seulement incomplète, elle est malhonnête. C’est une drogue. C’est l’intox réconfort extrême. C’est une caresse maternelle qui vous rassure: vous avez toujours raison.

Et au final, quand on façonne pour son profit les demi-vérités, les débats vaseux, les attaques personnelles et les surnoms méprisants, et qu’on distribue au citoyen en colère sa petite dose quotidienne de haine de l’autre afin qu’il évite de se considérer comme le possible responsable de son malheur, on finit par créer des monstres.

Pas nécessairement de ceux qui prennent une arme et tirent sur les gens. Mais des petits monstres domestiques, l’équivalent d’enfants-rois, confits de certitudes et de mépris pour ce qu’ils ne connaissent ni ne comprennent. De purs produits de l’individualisme extrême, tournés vers eux-mêmes et les rêves que fécondent les pubs entre deux diatribes enragées.

Les profiteurs médiatiques et leurs employeurs ne sont peut-être pas responsables de tueries. Mais ils fabriquent le climat pourri qui permet à certains d’applaudir quand le sang coule. Et c’est dans ce contexte que la violence est banalisée, l’étranger déshumanisé, le débat entièrement évacué.

Grâce au fumier que répandent les stations de radio, les chroniqueurs et les politiciens (!) qui ont fait de la provocation leur fonds de commerce, nous assistons à la prolifération d’une espèce répugnante: les barbares de salon.

**

David Desjardins est chroniqueur et vice-président de l’agence de marketing de contenu La Flèche.

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62 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Merci, Vous exprimez très bien ma pensée .
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Nos jeunes n’écoutent pas la radio. Ne chercher pas des coupables autre que notre société actuelle . Nos jeunes ne font plus la différence entre le jeu et la réalité . Ils sont gàtés et impulsifs. Je suis vraiment peinée pour ce drame qui touche tant de personne.

Détrompez-vous. Vous seriez surprise de voir la quantité de jeunes qui ont des collants « écoeuré de payer » sur leur voitures et les jeux vidéo agissent plus comme une catharsis qu’un incitatif à la violence

La Communauté musulmane de la ville de Québec est composée d’universitaires , nous avons perdu un chercheur de haut niveau , et des citoyens dévoués,une valeur ajoutée à l’édification d’un Québec fort et épanoui
Dommage pour tant de gâchis

Ce sont surtout des orphelins que cette haine a permis de créer .. Des jeunes qui grandiront avec une armetume dans leurs coeur … C’est pire encore que de perdre des gens dans le moment présent … Cette folie hypothèque pratiquement à coup sur l’avenir de la collectivité …

J’ai eu la même réflexion. Je me suis questionnée par rapport aux impacts que cettr haine sordide aura sur les jeunes. Espérant que le sang n’appelera pas le sang. Hélas!!!

Il est temps que les citoyens de Québec se lèvent et dénoncent fortement et fermement ceux qui sèment ce poison quotidiennement dans le cerveau de nos enfants. Et je ne parle pas seulement des radios … je lis à l’occasion des commentaires de professeurs de CEGEP qui sont l’aboutissement et le prolongement de ces radios.

Profitant du terrible malheur qui s’abat sur la communauté musulmane de Québec, le grand inquisiteur dénonce les hérétiques, les condamnent à l’excommunication et regrette le temps des bûchers.. lorsqu’il parle, c’est la parole de Dieu qui s’exprime. Conrad de Marbourg, sort de ce corps.

Merci beaucoup M. Favreault, j’ai été heureux quelques secondes à vous lire, je croyais périr moi aussi sous les flammes de ces « justiciers de l’après »…Il y a tellement de ces petites juges de paix à la gauche comme à la droite de l’échiquier, qui distribuent les anathèmes au moindre mouvement de dérapages… cela en devient inquiétant.

Un peu comme lors de la tuerie de la Polytechnique par un individu gravement malade, une certaine mouvance s’est mise à la culpabilisation de tout ce qui se rapprochait de la testostérone et de l’autre les demandes de pardon collectif, comme si les gestes d’un désespéré devaient induire une repentance pour couvrir une culpabilité collectivement marqué d’une totale responsabilité.

Avis aux culpabilisants, journaleux et autres, le grave événement qui s’est produit hier n’est pas le résultat d’une Société malade, raciste ou xénophobe, c’est avant tout le geste d’un être gravement atteint dans sa capacité d’être équilibré dans son environnement sociale. Lorsqu' »il y a trois meurtres de mafieux comme à Laval, les Lavallois ne sont pas plus des mésadaptés meurtrier que les Longuelois.

Donc, encore merci M. Favreau pour voir distance avec le mouvement d’inquisition.

Les discours de haine camouflés badigeonnés et lardés de fausse liberté d’expression doivent être condamnés sans hésitations. Ils doivent être montrés pour ce qu’ils sont : des discours qui prônent l’intolérance, le racisme, une idéologie déshumanisée. J’inclus ici les discours depuis trop longtemps tolérés des tribunes des fausses radios « d’opinions » : encourager la haine n’est pas une liberté de l’opinion. Je pense aussi à tous ces pseudos-chroniqueurs qui ont une tribune influente dans les journaux et qui crachent leur haine chaque jour et qui sont au final les idéologues de ces sinistres mentalités xénophobes et extrême-droitistes. Je pense aussi à tous ces commentateurs amateurs des bas de page et dont l’humanité est en débâcle et en perdition et qui se cachent derrière l’anonymat d’un pseudonyme pour cracher leur venin. Je pense à ce président honteux que se sont donnés les États-Unis qui légitimise ce type de discours.

On a vraiment un problème conscient ou non avec la haine. Et en aucun cas elle ne devrait pouvoir se targuer d’être liberté d’expression. Faut reconnaître la nature des choses. La liberté d’expression on la laissait se faire tabasser par les escouades antiémeutes, par exemple, au printemps 2012. Tandis que la haine en costume de clown a toujours droit de citer sur nos ondes et dans les colonnes de nos quotidiens. Et cette haine martelée continuellement, même en sourdine, même déguisée, produit des passages à l’acte comme ceux d’hier.

J’ai honte de Nous, de Nos silences et de ces gens qui font de la haine leur raison de vivre, leur gagne pain.
Si l’argent est une part du nerf de la guerre, si la démocratie est bien devenue celle du choix du consommateur, il faut exiger des entreprises qu’elle ne soutiennent plus à l’aide de leur publicités les médias qui soutiennent l’intolérance. Des radios-poubelles privés de leur revenu ne feront pas long-feu. Des journaux privés de publicité non plus. Il faut absolu refuser que ces discours hors de toute liberté d’expression, mais qui se cachent derrière celle-ci soient privé de l’espace public. Il ne faut plus les tolérer.
#intoléranceàl’intolérance

David, sans vouloir t’offenser, tu as une vision très élitiste du monde réel. Laisse-moi résumer ton article en quelques phrases: la population est un troupeau d’imbéciles guidé en aveugle par des médias non-scrupuleux qui alimentent la haine.
Beaucoup de présupposés là-dedans… Premier supposé c’est que la population en général est incapable de penser par elle-même. Pour le moins très élitiste comme vision. J’imagine, par extension, que si les médias étaient fournis de chroniqueurs sérieux et compétents comme toi le troupeau serait plus sage ou moins agité.
J’ai 59 ans et pour aussi loin que je me souvienne les médias ont toujours inclinés fortement vers la droite. La plupart des médias sont de propriété privée et sont naturellement comblés par leurs maîtres par des individus qui ne remettent jamais en question ni la propriété privée, ni le droit au profit, ni le droit de disposer d’autrui selon leurs intérêts. Conséquence: on engage des chroniqueurs qui gueulent contre les syndicats jour et nuit, bête noire de tout ‘propriétaire’ d’entreprises. Dans tous les médias on ne remet jamais la réalité politique et économique en question et continuellement le public est gavé de commentaires insipides sur les marchés boursier, le cour des actions de tel ou tel entreprises, de profits dont ni toi ni moi ne verront jamais la couleur, et ainsi de suite.
Je pourrais parler à l’infini du monde réel à en lasser quiconque lirait ce commentaire alors laisse-moi sauter à la conclusion. Le monde tel qu’il est est arrivé à son terme. Plus personne ne croit aux ‘démocraties’ libérales, à ces démocraties qui évitent avec soin les volontés populaires. Plus personne ne croit aux vertus du capitalisme sauf une poignée de profiteurs ou de bien-pensants qui ne savent à quelle cause se vouer. Ce monde est arrivé à son terme et s’il n’y a pas une ouverture profonde à gauche pour le remettre sur ses rails il ira à droite, profondément à droite. C’est aussi simple que cela.

Vous accusez David Desjardins de généraliser dans son texte (ce que vous appelez des « présupposés »), mais vous le faites tout autant dans votre conclusion avec vos « plus personne ne croit.. ».

En effet… c’est facile de croire que l’un donne dans la vertu et la pureté de pensée. La vérité réelle n’existe pas ou du moins, elle n’est pas à notre portée. On essaie de comprendre et on y met beaucoup d’intelligence, ce qui me remplit d’espoir ! Et on est polis en prime, quel changement ! J’admire tous ces commentateurs qui essaient de comprendre ENSEMBLE…

Je suis d’accord avec Michel F. Le monde tel que nous le connaissons arrive à la croisée des chemins.
Dans votre article la gauche semble exonérée de tout blâme alors que bien souvent elle sectarise, communautarise et en fait son pain et son beurre.
Pour compléter votre « analyse » sur la propagation de la haine de l’autre vous devriez également mentionner ces barbares de religions (peu importe laquelle) qui distillent la haine et appellent au meurtre de quiconque à un avis différent. Richard Bain exemple parfait de francophobe n’est que la pointe de l’iceberg de haine du ROC envers nous. Vous me direz que ce ne sont pas tous les Canadiens qui haissent le Québec et vous aurez raison. De même que ce ne sont pas tous les Québécois qui sont xénophobes ou racistes.
Les barbares n’ont qu’un seul camp, la folie destructrice.

Votre commentaire est éclairé et intéressant.
Pour ce qui est de votre prémisse, je ne croit pas que les gens sont incapable de penser par eux-même, mais ils ne faut pas minimiser l’effet de nos vendeurs de haine lorsqu’ils confortent et décomplexent des préjugés et des lieux communs toxique.
Et les musulmans ne sont pas la seule cible. L’article oublie les étudiants et les assistés sociaux, cibles faciles pour les radios poubelles.

Pour tout le reste, 100% d’accord. Les paradigmes de notre sociétés sont à changer pour notre survie et notre dignité à tous

Une chose m’a fait tiquer: « …et pour aussi loin que je me souvienne les médias ont toujours inclinés fortement vers la droite. » (sic)

J’ai beau chercher dans nos medias, je ne réussi à trouver que quelques chroniqueurs épars que l’on pourrait peut-être qualifier de droite modérée baignant dans une mer de gauchistes. Et c’est sans parler des partis politiques qui inclinent tous vers la gauche.

Je crois personnellement que l’évènement malheureux est l`oeuvre d’une personne très instable et devrait être qualifié de crime haineux et non de terrorisme.

Cher Francois,
Quand on se tient dans la marge à droite de la feuille (et tout près du bord) tout ce qui est écrit se trouve à notre gauche (mais à la droite de l’autre marge). Quand on est analphabete fonctionnel en plus, ça complique encore un peu plus la chose.

Les discours de haine camouflés badigeonnés et lardés de fausse liberté d’expression doivent être condamnés sans hésitations. Ils doivent être montrés pour ce qu’ils sont : des discours qui prônent l’intolérance, le racisme, une idéologie déshumanisée. J’inclus ici les discours depuis trop longtemps tolérés des tribunes des fausses radios « d’opinions » : encourager la haine n’est pas une liberté de l’opinion. Je pense aussi à tous ces pseudos-chroniqueurs qui ont une tribune influente dans les journaux et qui crachent leur haine chaque jour et qui sont au final les idéologues de ces sinistres mentalités xénophobes et extrême-droitistes. Je pense aussi à tous ces commentateurs amateurs des bas de page et dont l’humanité est en débâcle et en perdition et qui se cachent derrière l’anonymat d’un pseudonyme pour cracher leur venin. Je pense à ce président honteux que se sont donnés les États-Unis qui légitimise ce type de discours.

On a vraiment un problème conscient ou non avec la haine. Et en aucun cas elle ne devrait pouvoir se targuer d’être liberté d’expression. Faut reconnaître la nature des choses. La liberté d’expression on la laissait se faire tabasser par les escouades antiémeutes, par exemple, au printemps 2012. Tandis que la haine en costume de clown a toujours droit de citer sur nos ondes et dans les colonnes de nos quotidiens. Et cette haine martelée continuellement, même en sourdine, même déguisée, produit des passages à l’acte comme ceux d’hier.

J’ai honte de Nous, de Nos silences et de ces gens qui font de la haine leur raison de vivre, leur gagne pain.
Si l’argent est une part du nerf de la guerre, si la démocratie est bien devenue celle du choix du consommateur, il faut exiger des entreprises qu’elle ne soutiennent plus à l’aide de leur publicités les médias qui soutiennent l’intolérance. Des radios-poubelles privés de leur revenu ne feront pas long-feu. Des journaux privés de publicité non plus. Il faut absolu refuser que ces discours hors de toute liberté d’expression, mais qui se cachent derrière celle-ci soient privé de l’espace public. Il ne faut plus les tolérer.
#intoléranceàl’intolérance

Je crois monsieur Frédérick que le point de non retour de cette mentalité dépourvue de raisonnement fait partie du passé, en fait d’au moins 25 ans.

Il est malheureux de constater que les citoyens ne réagissent que lorsqu’il ne reste que le salage de la maison qui tient debout après un incendie.

Cet article manque de nuance et de profondeur et guidé par une certaine colère, …anyway…, les gens visuels comme moi n’écoutent pas beaucoup la radio ça les énerve, la chaîne télé RDI supposément plus sérieuse me décoit souvent, elle est tombée dans le piège du sentionnalisme elle aussi, il me reste le journal le devoir,….mais encore, ….je crois que finalement il faut faire appel à notre propre jugement, le gros bon sens quoi, sans trop avoir d’attente, ….dans une semaine ou 2, les gens vont avoir déjà passé à autre chose, et lors du prochain « crash » médiatique ça va redémarrer,…. la caravane passe les chiens jappent.

Bien d’accord avec vous M. Desjardins. Maintenant, comment contrer ces barbares qui profitent de la liberté d’expression?

Il est trop tôt pour faire de l’analyse. Vous cherchez des coupables alors qu’on ne connaît rien du tireur fou. Vous faites ce que vous reprochez.

Que ce soit un simple humain qui a cru trop longtemps qu’il avait raison (et on tend à cesser de se servir de son jugement quand on est convaincu que l’on « SAIT ») ou un commando armé et financé, ça mérite notre attention et une sérieuse introspection. Si c’est juste un pauvre malheureux au tempérament sanguinaire, on aura au moins manifesté haut et fort qu’on est CONTRE collectivement, peu importe le moyen, parce que ce sont des morts et des victimes. Alors on continue à discuter ensemble… ça me semble positif et grandissant pour tous.

Chacune et chacun qui énonce, celle et celui qui écoute et réagit, a sa propre responsabilité. On la prend cette responsabilité avec courage ou on se défile, ou pire on devient lâche, peu importe la façon. Il y a eu le FLQ, il y a eu Lortie à l’Assemblée nationale, il y a eu Lépine à Polytechinique et bien d’autres moins spectaculaires. Faisons en sorte qu’il y ait une façon d’exprimer son mal de vivre et de penser autrement qu’en tuant, ou en blessant, physiquement ou moralement. Avec courage. Il y a des québécois courageux dans beaucoup de domaines heureusement. Mettons les en avant pour nous inspirer de ce courage et de leurs talents.

Très bonne analyse et très pertinente.
Malheureusement le fait est que nous sommes devenus des moutons a force d’ingurgiter les nouvelles débitées par des pseudo-journalistes.
Nous nous sommes tous habitués a rendre l’autre responsable des malheurs qui nous frappent et qui sont le résultat direct de nos propres actes, de nos propres décisions etc…
C’est la faute au gouvernement, a la police , au parti politique, a la religion etc etc etc , mais jamais la notre.
Quelqu’un a dit que celui qui détient les outils de l’information détient le vrai pouvoir, d’abord la radio, puis la télévision, puis l’internet puis Dieu seul sait ce qui viendra après.
Nous constatons , malheureusement , que cela s’avère vrai.
Merci pour votre article qui me fait espérer qu’il reste encore des hommes qui raisonnent sainement.

Tout à fait en accord avec votre propos. La liberté d’expression est utilisée pour justifier toutes sortes de propos intolérants. Cette liberté vient avec une responsabilité de respecter et de ne pas causer de tort aux les autres. Sinon ce n’est plus une liberté, mais une dictature de l’intolérance.

Merci beaucoup. Je rejoins votre pensée, c’est éclairant et ça m’a fait du bien de lire cette chronique. Sinon, quelle tristesse, quelle honte, quelle horreur!
À la liste des des cibles de ces «opportunistes médiatiques» j’ajouterais: les menaçantes féministes.
Si on ne peut pas intervenir au niveau économique, est-ce qu’on ne pourrait pas réglementer, légiférer, encadrer, limiter par des lois, punir, stopper? Bon, la liberté d’expression, tout ça, je sais, c’est super complexe… Je suis découragée et très inquiète pour les temps qui viennent. Il faut agir! Mais comment?

Tellement juste votre propos M.Desjardins et percutant grâce à votre écriture hautement littéraire.

Votre article m’apparaît comme une lumière puissante dans l’atmosphère sombre qui tente d’envahir nos esprits et notre âme. Je vous félicite pour la justesse de votre propos et le choix des mots. Poursuivez cher monsieur, haut et fort!

Merci beaucoup, M. Desjardins. Moi qui me penche régulièrement sur ces problématiques, je trouve votre réflexion (encore une fois) très éclairante. Force est de constater que Michel F. a vraiment « compris de travers ». Un petit détail, amicalement: votre première phrase devrait s’écrire « on se perd en conjectures »; je crois que ça rendrait mieux votre pensée. Salutations,
R. Tessier

C’est très hypocrite de faire abstraction de la très vindicative gauche. La nouvelle gauche démarre les conflits au quart de tour et juge des gens sans éducation pour récolter l’approbation d’amis qui pensent exactement comme elle. Elle se complait dans une pensée unique en se pensant très alternative. C’est tout aussi néfaste. C’est comme ça que les gens qui cherchent de l’information se retrouvent dans des groupes douteux à lire des commentaires louches. C’est ce qui fait que la connaissance et l’art ont maintenant l’air réservés à une élite pédante. Arrêtez de vous penser supérieurs. Le ton moralisateur de la gauche québécoise est tout aussi responsable que celui des radios de droite.

Julie, vous soulevez une question qui mérite considération: certaines personnes ont l’impression que nos médias d’information, pourtant très divers, nous transmettent une pensée unique. Ceci peut les pousser vers des réseaux marginaux où l’on cultive les préjugés et on s’alimente aux théories du complot pour faire croire n’importe quoi: de 10 à 15% des gens seraient convaincus, par exemple, qu’Elvis est toujours vivant, que l’homme n’a jamais marché sur la Lune, que le 11 septembre était entièrement organisé par l’Administration américaine…
Bon, ceci dit, comment peut-on espérer dissiper cette ‘impression, peu justifiée au final, que notre information est toujours biaisée? D’aucuns appellent cela le relativisme. Comment en sortir pour échapper à la fuite vers l’irrationnel? C’est une question débattue depuis des années dans le monde religieux et ailleurs…
René T.

Il n’y a malheureusement rien de nouveau dans ce qui se passe aujourd’hui et si on regarde l’Histoire, on s’en rend compte très rapidement. Les moyens de communication ont changé mais le fond est le même et on peut se référer au plus récent exemple de pogroms de masse chez l’Allemagne nazie qui a mené au massacre de millions d’individus – on a utilisé une propagande insidieuse qui a trompé bien des gens. L’islamophobie n’est pas récente, elle remonte presque jusqu’à Mahomet! Les croisades ont exacerbé ce sentiment. Puis il y a eu l’antisémitisme qui remonte au Moyen-Âge, sinon avant, alors qu’on accusait les Juifs d’avoir tué le Christ.

Pour les politiciens, c’est une aubaine car ils peuvent rallier bien des gens par leurs politiques d’exclusion et de xénophobie car l’ignorance est souvent dominante pour toutes sortes de raisons. On attise le sentiment d’exclusion en se drapant de la sécurité des gens sachant fort bien qu’il y a une frange de la société qui est aveugle et prête aux plus grands extrêmes pour se « débarrasser » de l’autre, pour éliminer le soit-disant « danger », espérant devenir un héros. Les politiciens ont ouvert une boîte de pandore quand ils ont suggéré dans le cadre de campagnes électorales ou encore pour se faire élire, qu’il fallait se méfier de l’autre et de ses vêtements. Qui sème le vent récolte la tempête…

Avant de parler d’islamophobie et de croisade, Pierre, il faudrait peut-être parler de comment l’islam s’est répandu. Il faudrait parler des nombreuses conquêtes arabes au 7e siècle et du régime de terreur imposé à une multitude de peuples aux croyances diverses. Il faudrait discuter du besoin de maintenir ces peuples sous le joug de l’occupant, sous une culture unique, d’où la création de l’islam même quelques décennies après ces conquêtes. Il faudrait aussi parler du traitement qu’ont reçu ceux qui refusaient de se convertir et des différentes classes sociales que l’islam crée. De comment, dans les meilleurs cas, juifs et chrétiens arrivaient en 2e et étaient assujettis à la taxe, sans aucun droit de créer d’églises, ni de réparer celles qui tombaient en ruine, ni le droit de solliciter de nouveaux membres, et devaient, comme les noirs américains, changer de trottoir pour laisser place aux musulmans qui venaient en sens inverse. Quant aux autres n’en parlons pas: bons pour la boucherie (et encore la politique de l’EI en passant).

N’en déplaise aux musulmans l’islam est une doctrine crée dans un contexte de conquête, de guerre, et qui en garde profondément l’esprit dans ses textes sacrés. Qu’on ne me prenne pas sur parole en disant cela: j’invite quiconque s’intéresse à la question des religions de lire et découvrir par eux-mêmes de ce dont il s’agit. Je ne dis pas, non plus, que d’autres religions seraient meilleures. Elles sont simplement différentes et reflètent le contexte et les raisons pour lesquelles chacune ont été crées. Toutes reposent en dernière analyse sur le besoin de contrôler une population par une élite, elle-même à l’origine de ces mythes. Rien d’autres. Absolument mais absolument rien d’autres.

Certains pourraient trouver des vertus dans le christianisme et il y vrai que dans son ADN le christianisme est pacifique et tolérant, contrairement au judaïsme et à l’islam (l’islam hérite presque entièrement son ADN du judaïsme et de pratiques païennes dans le monde arabe, donc pas de miracles de ce côté). Le christianisme lui, pure création du monde romain, vise au départ à neutraliser le judaïsme 1.0 et le remplacer par le judaïsme 2.0: donner aux juifs un messie plus digeste que celui que ceux-ci attendaient. N’oublions pas qu’il y a eu 3 révoltes massives des juifs au 1er et 2e siècle, menaçant fortement l’empire romain. À la 3e révolte ceux-ci avaient pris le contrôle de l’Egypte, le panier de blé de Rome… Il fallait que Rome crée une doctrine qui soit pacifique, montre les romains sous leur meilleurs jours et neutralise l’esprit de révolte juif (près de 10% de la population romaine selon certains historiens).

(Pour ceux que ça intéresse j’invite à lire ‘La guerre des juifs’ de Flavius Josèphe, historien du 1er siècle.)

Il faut naturellement faire preuve de tolérance à l’égard d’autrui, même lorsqu’ils se nourrissent de superstitions archaïques et dépassées depuis longtemps. Faut-il faire preuve de tolérance à l’égard de doctrines? Bien sûr que non. Si quelque chose est stupide il faut lutter contre, point à la ligne. Les doctrines stupides sont à l’origine des pratiques stupides. Suffit de penser à ces jeunes filles que l’on mutilent au nom de la tradition et du besoin du mâle de garder son cheptel tranquille. Si nous luttons contre les doctrines stupides nous lutterons par le fait même contre les pratiques stupides qui découlent directement de ces doctrines.

Bravo pour votre billet. Vous exprimez parfaitement ma pensée. Trop de trolls pourrissent les forums sociaux en vomissant leur haine de manière anonyme. Il ne doit donc pas se surprendre de voir des événements tels que la tuerie à la mosquée de Québec. Triste temps de noirceur.

Bowling for Columbine! Nous avons trouvé nos coupables! La radio! Il y a 20 ans, quelqu’un d’autres nous aurait dit que c’est la faute du heavy metal! Avançons en arrière!

Cher monsieur Desjardins.
Je trouve votre chronique tout à fait pertinente et j’y adhère sans réserve… mais avec un bémol toutefois. Je sais qu’il est de bon ton de dénigrer M. Alain Finkielkraut dans le milieu intellectuel bien-pensant. Et je reconnais que cet intellectuel français a des côtés agaçants, certaines marottes un peu « vieille France » qui peuvent être irritantes. Mais il n’en pose pas moins des questions qui, à mon avis, demeurent pertinentes, pour ne pas dire dérangeantes, et que bien des gens préfèrent ne pas entendre faute de pouvoir y trouver de réponses. En l’associant aussi légèrement aux xénophobes et aux populistes les plus retors, je crains que vous ne tombiez vous-même dans le travers du prêt-à-penser, de l’amalgame et du raccourci intellectuel que vous dénoncez fort à propos. Comme quoi personne n’est à l’abri de la facilité…

» De purs produits de l’individualisme extrême, tournés vers eux-mêmes [… ] » Terriblement juste et triste! Je tire ce triste constat quotidiennement.Beaucoup trop de gens ne savent plus faire preuve d’empathie et d’ouverture.
Cet envahissement sur les réseaux sociaux des » barbares de salon » dont le nombre ne cesse de croître me fait froid dans le dos. Et tout cela sous le couvert de la liberté d’expression… lamentable! Nous vivons dans une époque résolument bien sombre.

Comme il n’est pas approprié selon moi de ne regarder que de l’islamophobie. J’aime mieux substituer ce terme par celui plus générique d’intolérance qui est également employé ici par David Desjardins. — Pourquoi ? Parce que les islamophobes sont notamment tout aussi antisémites en général, ils n’aiment pas les juifs. Il n’est pas rare qu’ils n’aiment pas les noirs non plus. Ni les pédés….

— Bref, ils n’aiment que ceux qui sont exactement aussi « beaux » comme eux !

L’intolérance quelle que soit la forme qu’elle prend est premièrement narcissique. Elle part du principe que « je » suis beau, que nul n’est aussi beau que moi et que rien ne doit venir perturber et mettre en relativité cette pure beauté que la mienne. Toute forme perturbatrice (l’arabe du coin par exemple) doit être refoulée et si nécessaire éliminée.

Cette forme plutôt égocentrique prend racine dans l’enfance. Avant d’être confronté à l’expérience du monde. Au chaud est au froid, etc…. Il se trouve qu’on est d’abord « le monde » dans son unicité. Ce qui provoque de la douleur, c’est cette perte de l’unicité. Cette effroyable séparation avec le « Un », nous confronte elle-même à devoir envisager notre propre perte.

Comment expliquer la raison de la naissance, de la vie, puis cette expérience du trépas qui nous est imposée ? Sur mille morts, combien de morts sont purement naturelles ?

Il n’y a pas de monopole de l’intolérance. Des chrétiens le sont, des juifs le sont, des musulmans intolérants il y’en a…. Des athées intolérants ? Ma foi ! Des bouddhistes intolérants ? Des adorateurs de l’oignon intolérants ? Mettez-en ! Des hommes intolérants, des femmes intolérantes ? Des asiatiques intolérants ? Des américains du Nord, du Centre et du Sud intolérants ? Des africains intolérants et même des gens qui se croient tolérants et qui de temps à autres sur divers sujets peuvent s’avérer être de parfaits monstres de l’intolérance.

La question est bel et bien de savoir jusqu’où cette intolérance peut-elle aller et à partir de quand il n’y a guère d’autre choix que de la réprimer. Quels sont les risques de l’intolérance lorsqu’elle est regroupée et/ou organisée et armée ?

Est-il suffisant de pointer l’un ou l’autre des responsables de cette vague ? L’humoriste, le blagueur ou le blogueur, les radio-poubelles ou les télévisions généralistes.

— Peut-être, il faudrait-il mener plus loin la réflexion : Qu’est que la beauté ?

En quoi l’apprentissage de la beauté est-il susceptible de transcender toutes formes de clivages quels qu’ils soient ? Ne devrions-nous pas essayer de comprendre pourquoi l’essence même de la beauté est surhumaine ? Que notre relation avec elle ressemble le plus souvent à toutes formes de mimétisme et d’imitation.

Que la découverte de la beauté et notre capacité de transformer tout ce qui est laid en beau, que cela est encore le meilleur remède aux phobies de toutes sortes. Que le monde n’est pas seulement le résultat d’un big bang originel et du chaos.

Ce qui encore nous façonne, ce sont des modèles. La question ultime est la suivante : Peut-on simultanément changer les modèles sans engendrer en même temps toutes formes de souffrances et des dommages collatéraux » ?

Vous avez raison!… je toucherai un point soulevé par un Imam: l’instruction, la connaissance de l’autre…
Nos institutions forment des techniciens, des savants, des professionnels, mais forment-elles des « hommes » j’entends des personnes professionnelles en humanité, des personnes qui savent comment penser, comment construire une phrase, un raisonnement juste, comment vivre le respect mutuel: toute personne a droit au respect. La liberté d’expression doit être assumée par des personnes formées, des humains qui savent donner ce qu’ils attendent pour eux-mêmes

@ David Desjardins ! Je pense que vous compliquez les choses inutilement et vous vous cherchez une réponse dans le désert!!! L ‘acte terroriste de dimanche soir n’ est ni plus ni moins que l’ oeuvre d’ un fou , malade qui s’ est radicalisé sur internet comme la plupart de ces fous sans aucun jugement et qui souffre intérieurement ! Ça été la même chose pour le tireur fou de la polytechnique, celui du parlement, celui de l’ université Concordia,, le fou de St-Jean Richelieu , le tireur du parlement d’ Ottawa ect…. À qui la faute ? Pourquoi nous les Québecois ; il faut trouver ABSOLUMENT un responsable ???? Le responsable M. Desjardins est connu maintenant et c’ est Alexandre Bissonnette . Alors cessez de chercher des coupables et de faire des amalgames ! Vous faites parti du groupes des Juneau Katsuya etcie qui emploient des propos haineux envers n’ importe qui sans preuves et qui multiplie le doute sans réfléchir !!

Bravo M. Desjardins. Vous dites ici exactement tout ce qui déraille chez ces chantres de la pseudo « libarté » d’expression derrière laquelle il cachent leurs lâches manipulations. Des agitateurs qui se remplissent les poches au surplus. Dégoûtant et répugnant.

Contre les syndicats
Je lisais plus haut que certains membres de la droite critiquaient les syndicats entre autre. J’ajouterais qu’on a oublié les impôts. Pour certains on dirait que les impôts sont des monstres qu’il faudrait faire disparaître. Au diable la progressivité des impôts et vive la régressivité des taxes et des tarifs.

Cet article est odieux.

Non ce n’est pas vrai, vous n’utiliserez pas ce geste horrible perpétré par un individu solitaire de toute évidence déséquilibré pour faire taire ceux dont vous n’aimez pas le style ou les opinions.

Quand ce sont des groupes religieux qui sont attaqués, on parle de terrorisme. Quand c’est Mme Marois, ou les jeunes femmes de la polytechnique, on parle d’un déséquilibré. Quand ce sont des cliniques d’avortement aux États-Unis, on évite de parler d’actes terroristes, alors que ce sont des extrémistes religieux chrétiens qui agissent. Par contre, quand des policiers tuent des noirs, on parle de racisme, mais seulement de vengeance, et non de racisme, quand des noirs tuent des policiers… Des discours différents pour vendre son idéologie.

Alexandre Bissonnette aurait pu agir contre n’importe quel autre groupe. S’il avait été anti-PQ, et que Marois avait été élue aujourd’hui, il aurait peut-être pris la place de Richard Bain. Il aurait pu être Lortie à l’Assemblée nationale ou Lépine à la polytechnique. S’il avait été plus sociable, peut-être aurait-il joint une organisation criminelle. Dans les années 60-70, il aurait pu être du FLQ, un groupe terroriste québécois, affilié à la religion indépendantiste. La différence entre religion et idéologie criminelle n’est souvent que sémantique… En science des religions, on ne voit pas vraiment de différence entre les deux.

Quant à la xénophobie, il faudrait que les gens se réveillent: elle fait partie de l’humain, de notre psychologie profonde. Ce qui suit est un résumé d’un modèle développé par le primatologue Frans de Waal, dans son livre Primates et philosophes. Pour chaque individu, ce qui est le plus important, en ordre décroissant, c’est 1) son propre bien-être (égocentrisme), 2) celui de sa famille proche ou de son groupe social. 3) sa communauté culturelle ou cultuelle (religieuse) 4) son groupe élargi (pays ou province), 5) l’ensemble de l’humanité, 6) les humains et les animaux et 7) la planète, avec son écologie, sa faune et sa flore. Plusieurs humains ne dépassent pas l’égocentrisme. Dans la population en général, je maintiendrais que les gens vont aux niveaux 2 à 4. En temps de paix et d’abondance, on a davantage d’idéalistes qui peuvent aller jusqu’au niveau 7 pour par exemple, faire la promotion des droits des animaux. Les animaux sociaux vont jusqu’au niveau 2.

En temps de guerre ou de famine, l’importance des niveaux 3-7 diminue énormément. La xénophobie monte en flèche. C’est un mécanisme adaptatif qui permet la survie de l’individu et de son groupe proche, aux dépens des autres. Nous sommes ce que nous sommes parce que nous avons éliminé nos compétiteurs, nos adversaires, qu’ils soient autochtones, tribaux ou animaux.

Finalement, il faut aussi comprendre la psychologie humaine. L’empathie est liée au développement du lobe frontal, et cette empathie se développe tard chez l’humain (et plus tard chez l’homme que chez la femme). Les criminels sont souvent dans le début de la vingtaine, et les adolescents sont souvent imperméables à toute tentative de leur faire comprendre ce qu’est l’empathie.

En conclusion, je ne dis pas qu’il n’y a rien à faire, mais seulement qu’étant donné notre biologie et notre psychologie il y aura toujours de la violence chez l’espèce humaine, parce que cette violence est ce qui nous a propulsés en haut de l’échelle biologique. Alors, croire qu’on peut éliminer toute cette violence, c’est une idéologie et un rêve inatteignable. De la science-fiction, de l’idéalisme. Même si c’est souhaitable dans une société, il y a une limite à ce qu’on peut faire pour aller à l’encontre des milliards d’années d’évolution qui ont fait de notre espèce le prédateur ultime sur Terre (au moment présent). Et c’est sans oublier que notre pensée et régie par des neurotransmetteurs dans notre cerveau, et qu’un léger déséquilibre de ces neurotransmetteurs, ou une lésion cervicale, peut nous transformer en zombie ou en criminel endurci.

Estimons-nous extrêmement chanceux qu’il n’y ait pas plus de violence que cela en Amérique du Nord. On peut continuer de la combattre, mais cessons ces pseudo-analyses rationalisantes qui ne parlent que de xénophobie religieuse et qui jettent le tort sur toute une société.

MB, biochimiste

Qu’on ne prenne pas mon commentaire comme une acceptation du terrible geste posé par ce jeune homme. Mon opinion est que toute cette violence ne vient pas de la radio dite « poubelle », des réseaux sociaux ou autre, mais bien de ce qui se passent réellement dans le monde. Depuis des années, des pays qui ont toujours vécu dans la paix et l’acceptation de toutes races immigrantes, se font attaqués gratuitement par des groupes terroristes et soyons francs, ces groupes sont pratiquement tous de religion islamique. Loin de moi l’idée de mettre tous ces gens « dans le même panier »…comme toutes les autres communautés, y en a des bons et des méchants. Ma question est la suivante: Faut-il s’étonner autant qu’un jour, malheureusement comme il vient d’arriver chez-nous au Québec, que quelqu’un soit rendu à bout par toutes ces attaques gratuites, ces innocents tués à coup de milliers à ce jour au nom de l’Islam, les oblige à regarder la souffrance éprouvée par tant de mères, de pères, d’enfants, d’amis qui eux aussi étaient innocents, tout comme les leurs qui n’ont pas demandés à être la cible de cette folie raciste et religieuse? Ce n’était qu’une question de temps avant qu’un dérangé se décide à répliquer et malheureusement, ce ne sera sûrement pas le dernier. Il y a déjà longtemps qu’une guerre sainte a été annoncée, elle est arrivée, mais n’oublions pas que pour faire une guerre, ça prend deux ennemis qui frappent et nous les innocents de cette guerre, toutes races confondues, nous ne sommes là que pour recevoir les coups de tous ces déchaînés nourris par leur propre religion et le racisme. C’est pas la radio, les réseaux sociaux, les journalistes qui causent tout ça, ce sont des gens….des gens à qui le cerveau a été effacé par les leurs propres. Tout le monde veut son quinze minutes de gloire aussi épouvantable soit-il.

Si les « radios poubelles » de Québec étaient en grande partie responsables de l’attentat pour avoir diffusé leurs messages de haine et de xénophobie, on peut se demander comment il se fait qu’il n’y ait eu qu’un seul attentat vu que ces mêmes radios doivent bien avoir plusieurs dizaines de milliers d’auditeurs.

Je crois personnellement que ce crime a été perpétré par une personne à l’esprit fragile et n’a rien d’un attentat terroriste; d’ailleurs, il semblerait qu’aucune accusation de terrorisme ne sera lancée contre l’auteur.

Il s’agit d’un crime haineux contre une couche de notre société, tout comme celui de la Polytechnique et autres horreurs.

Bien dit! Voir mon texte plus haut. Par contre je me questionne sur le fameux régistre des armes à feu ! On ne peux empêcher un fou de se procurer des armes de façon tout à fait légal et ensuite lorsque les fils se touchent s’ en servir ! Donc avis au gouvernement , avant de dépenser des millions pour un registre caduque que personne au Canada ne veut; pourquoi ne pas l’ investir dans la santé mentale ?

Le fumeux registre des armes à feu est une « patente à gosse » très…très dispendieuse pour les contribuables qui ne sert strictement à rien si ce n’est de s’acheter une bonne conscience collective et de satisfaire une gogoche en mal d’interventions étatiques.

Son inutilité a été prouvée à d’innombrables reprises (voire le registre fédéral de triste mémoire…) mais au Québec, on carbure à l’émotion spontanée et non à la rigueur. Comme d’habitude.

Il faut replacer l’article de M. Desjardins dans son contexte et dans un contexte plus large sur la liberté d’expression et le positionnement des médias traditionnels face à la démocratisation de la parole par l’arrivée de l’internet.

David Desjardins est, selon sa propre expression, chroniqueur et v.-p. à l’agence de marketing La Flèche, agence dont le mandat est de créer et diffuser des « contenus médias dans le but d’acquérir ou de fidéliser des clients », de créer « un lien de confiance avec le public grâce à la crédibilité que la clientèle ou l’auditoire accorde aux contenus éditoriaux ». A chacun d’en méditer le sens…

Le débat auquel on a assisté aux USA avec l’élection de Trump et celui qui commence à faire jour ici porte sur une chose bien simple: devrions-nous censurer l’internet? Jusqu’à l’avènement de l’internet il n’y avait qu’une seule voix qui se faisait entendre; la voix du maître. La télévision, la radio, les journaux, les magazines en tout genre, étaient tous au service d’un seul dieu… le commerce. On va chercher une certaine clientèle que l’on distrait et amuse pour la fidéliser, de l’autre côté on cogne aux portes des commerçants pour leur vendre cette clientèle. Venez annoncer chez nous, venez voir comme on a une belle clientèle, telle tranche d’âge, tels revenus, près à acheter vos trucs. Suffit ensuite de garder cette clientèle joyeuse, de leur promettre le bonheur en devenant consommateurs, et l’union est parfaite.

Avec l’internet la parole devient populaire. Tous peuvent s’exprimer, tous peuvent créer un site, un blog, commenter tel ou tel article, écrire sur Facebook ou Twitter, créer des émissions sur YouTube qui seront vus par des milliers si ce n’est des millions, sans censure, à peu de frais, quelquefois même gratuitement. Et les gens se tournent vers ces médias… Et pourquoi se tournent-ils vers ces médias? Parce que jamais les médias traditionnels n’ont reflétés les intérêts de la population, des travailleurs, ni de leurs idées ou opinions, uniquement de ceux qui avaient quelques jouets à vendre et besoin d’une population amusée et joyeuse pour consommer joyeusement. Quant aux contenus éditoriaux la teneur n’est pas difficile à saisir: journalistes et chroniqueurs, universitaires bien payés qui n’habitent pas les quartiers populaires et qui, pour être prix au ‘sérieux’ par leurs pairs, prenaient une approche très conservatrice et conformiste à l’égard du pouvoir et de leurs maîtres. Il ne faut pas mordre la main qui nous nourrie après tout.

Mais voilà qu’avec l’internet tout est chamboulé. A chaque jour qui passe chaque chaîne de télé, chaque journal, chaque revue, chaque chaîne de radio perd de la clientèle, beaucoup de clientèle. Si seulement on pouvait faire taire ces voix peut-être que le troupeau abasourdi reviendrait cogner aux portes des médias traditionnels et pourrions-nous retrouver ce mariage heureux entre le consommateur et le produit consommé. Alors depuis déjà un moment des voix s’élèvent contre la médiocrité de ces voix populaires, sur le besoin de les faire taire, et celui d’éventuellement créer des législations qui redonneraient parole aux médias traditionnels et qu’à eux. C’est dans ce contexte qu’il faut voir ces attaques contre les ‘discours haineux’ et le besoin de… censure.

La liberté d’expression n’a jamais été une force au Canada, contrairement à nos voisins du sud. Ici il existe déjà des réglementations pour faire taire les voix, poursuivre les autres pour ‘diffamation’, empêcher les discours non-approuvés comme vérité par l’état (ex. contre ceux qui remettraient en question l’holocauste). Pareil pour l’Europe. Il n’y a que 2 attitudes possibles à l’égard de la liberté d’expression: on est pour ou on est contre. On ne peut pas être pour quand ça nous conviens et être contre lorsque ça ne nous conviens pas. Il faut choisir. Où on peut dire ce qui nous plait, où c’est l’état qui choisis ce qui sort de notre bouche. Aussi simple que cela. Il faut choisir.

Certains craignent que si tout peut être dit des stupidités en sortiront et les stupidités finiront par régner sur le monde. Les stupidités existeront toujours mais la grande majorité des gens sont raisonnables. Bien sûr, comme dirait la chanson, ils sont émotifs, et c’est pour cette raison que le marketing existe, mais ils sont aussi raisonnables, quand ils ne se sentent pas menacés. Et si vous craignez que ‘les autres’ soient affectés par les stupidités demandez-vous quels sont les stupidités dont vous-mêmes avez été victimes. S’il n’y a que ‘des autres’ dont vous avez peur et bien n’ayez pas peur car ils sont pareils à vous. Ni meilleur, ni pire.