Les cossins

Marie Kondo et Pierre-Yves McSween sont de bonnes armes anticossin, mais la réalité, c’est que malgré toutes les bonnes volontés du monde, Léa Stréliski échoue.

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Noël approche. La saison des cossins. Des cossins, j’en ai, vous en avez. Ils traînent, ils s’accumulent et on s’apprête pendant les Fêtes à m’en livrer une pelletée. Une pelletée taille pelle mécanique.

Un jour, j’étais dans la chambre de ma fille de 5 ans, découragée, envahie par le non-contrôle de la situation quant à tout ce qui traînait. J’ai beau ramasser, trier, jeter, recycler, composter, on dirait que je perds toujours la bataille. La quantité de choses qui entrent dans la maison est juste supérieure à ma capacité de gestion. Je n’ai juste pas le temps ni l’espace mental pour gérer ce que quatre autres personnes génèrent comme stock (j’inclus mon époux là-dedans parce que j’ai aussi envie d’organiser ses affaires). Alors découragée, je lance à ma fille : « Mais ta chambre est toujours en désordre ! Il y a des affaires partout, j’en peux plus de toutes ces choses ! »

Et elle, du haut de ses 5 ans, à travers ses larmes, exaspérée, elle me rétorque : « Mais c’est toi qui as acheté tout ça ! »

Et paf. Dans ta face, la mère. Alors, j’éclate de rire. D’abord à cause de sa répartie et puis parce qu’il y a toujours quelque chose d’un peu drôle à voir quelqu’un de moins d’un mètre se fâcher. C’est l’effet Donald Duck.

Sur le coup, je voulais répondre : « Heu… techniquement, ce sont tes grands-parents qui ont acheté tout ça. » Mais je n’allais pas chipoter, le fait est qu’elle n’était effectivement pas l’entière responsable du désordre.

Bien sûr, j’ai le livre de Marie Kondo. Oui, bien sûr, je suis tombée à Noël dernier, en pleine saison du cossin, sur cette gourou de l’anticossin sur Netflix, celle qui ferait rougir d’envie Pierre-Yves McSween et son « En as-tu vraiment besoin ? » Ces deux-là sont de bonnes armes anticossin, mais la réalité, c’est que malgré toutes les bonnes volontés du monde, j’échoue. Et dompter le cossin dans notre vie prend une discipline et un système que j’améliore avec le temps, mais à ce stade-ci, je précise que j’écris ce texte alors que trop de linge jonche mon plancher.

Sommes-nous condamnés à vivre dans les cossins ? La question est planétaire. Marie K. semble penser que non. Mais pourquoi alors est-ce que je perds tout le temps ? Marie, les tiroirs ne servent pas à corder le linge en angles droits de manière obsessive, ils servent à être rapidement bourrés de trucs qu’on cache quand la visite s’en vient et on veut faire semblant que oui, oui, on applique tes principes.

Je roule des yeux. Bien sûr que je veux me libérer de tout ce stock, bien sûr que j’ai parfois l’impression que le continent de plastique vogue au milieu de mon salon, mais mes trois enfants génèrent un nombre de papiers, de mitaines, de restant de lunchs, de livres de bibliothèques, de jouets de McDonald et de restants de sacs à surprises d’anniversaires contre lequel je n’arrive tout simplement pas à gagner. Je continue de penser que ce dont on a réellement besoin, monsieur le premier ministre, c’est d’une Mary Poppins par famille. C’est cette Mary-là que je veux. Pas l’autre.

Mais en attendant, oui, je vais finir le livre de Marie Kondo et continuer d’entretenir le fantasme de jeter toute ma maison aux poubelles. Je sens que je vais rater, mais Joyeux Noël.

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Je recommande plutôt les livres de Dominique Loreau. Commencez par les plus anciens. C’est la version adulte, très zen et terre-à-terre de la quasi hystérique Kondo.

Loreau et son art de la simplicité, du beau, du compact, des listes (!) ne nous apprend rien de tellement neuf, mais j’aime sa vision à la fois philosophique et terriblement pratique qu’on peut adapter à notre propre vie.

Puis ils sont disponibles en format électronique. Un cossin de moins. 😉

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