Les défis du lait québécois

Le lait américain menace-t-il les fermes du Québec? Paie-t-on trop cher yogourts et fromages? Sait-on vraiment de quoi ils sont faits? État des lieux.

À Saint-Nicolas, Patrick Soucy bichonne ses vaches. Il vend aussi des embryons de bovins jusqu'en Corée et en Chine. Et il envisage de fabriquer beurre et crème d'ici cinq ans. Car «c'est la transformation qui paie», dit-il. (Photo: Louise Bilodeau)
À Saint-Nicolas, Patrick Soucy bichonne ses vaches. Il vend aussi des embryons de bovins jusqu’en Corée et en Chine. Et il envisage de fabriquer beurre et crème d’ici cinq ans. Car «c’est la transformation qui paie», dit-il. (Photo: Louise Bilodeau)

À l’épicerie, le lait ordinaire coûte aussi cher que le jus d’orange. Et deux fois plus cher que l’essence à la station-service. Pourtant, le Québec compte bien plus de vaches que d’orangers et de puits de pétrole, non? Les Québécois, qui consa­crent le sixième de leurs dépenses d’épicerie aux produits laitiers, se font-ils avoir?

C’est la faute de la gestion de l’offre si les consommateurs paient une beurrée pour leurs produits laitiers, dénoncent certains observateurs. Ce système, qui régit la production laitière au Canada depuis les années 1960, est un frein au développement à l’heure de la mondialisation, soutiennent-ils. Il empêcherait aussi bien des petits producteurs de se lancer dans l’aventure.

Pour d’autres, pas question de toucher aux quotas, qui détermi­nent quelles quantités de lait un fermier peut produire. Si les produits sont si chers à l’épicerie, ce n’est pas la faute des producteurs, mais de tous ceux qui s’enri­chissent sur leur dos, disent-ils.

Bref, le diable est aux vaches!

lait encadré

Du côté des producteurs, le bonheur n’est pas nécessairement dans le pré. Depuis 10 ans, 1 400 fermes laitières ont disparu du paysage québécois. Certes, partout dans le monde, la produc­tion tend à se concentrer dans un nombre moindre de fermes, mais avec plus d’animaux. Ce n’est pas le cas au Québec: les fermes y sont en moyenne parmi les plus petites de l’Amérique du Nord. Et la relève ne se bouscule pas au portillon. À preuve, le regroupement des Producteurs de lait du Québec, le syndicat qui représente les 5 900 fermes laitières de la province, n’a pas réussi en 2015 à pourvoir les 12 places de son pro­gramme d’aide financière au démarrage d’une nouvelle ferme!

Pour expliquer leurs déboires, des producteurs montrent du doigt les traités de libre-échange signés par le Canada — avec l’Union européenne, en 2014, puis le Partenariat transpacifique (PTP), en 2016 —, qui permettent l’importation de plus de produits laitiers de l’étranger. Ils dénon­cent aussi une faille dans les règles de commerce international, qui laisse entrer au Canada d’énormes quantités de lait américain sous la forme d’un nouveau produit, le lait diafiltré.

«Même si on reçoit un bon chèque pour notre production, il n’y a pas d’argent à faire avec le lait. C’est la transformation qui paie», dit Patrick Soucy, 47 ans, dont la ferme de Saint-Nicolas, près de Québec, compte 55 vaches Jersey. Lui-même envisage de fabriquer beurre, crème et crème glacée d’ici cinq ans et d’ouvrir ses installations à l’agrotourisme. En attendant, il tire le tiers de ses revenus de la vente d’embryons de bovins, aux qualités génétiques reconnues, jusqu’en Corée et en Inde.

Dans l’étable, ses petites vaches brunes sont couchées sur du sable, et ne sont pas attachées. Dès que l’une d’elles ressent le besoin de se faire traire, elle se dirige vers un couloir où elle patiente en mâchonnant du maïs pendant que le bras du robot se colle à ses pis. Sur l’écran de son ordinateur, Patrick Soucy suit la traite et intègre aussitôt les données à son logiciel de gestion.

lait diafiltré exergue

Ce père de quatre enfants a investi plus de 400 000 dollars dans ce robot de traite cette année. Au total, il s’est endetté de plus d’un million de dollars pour accéder à son rêve d’avoir sa propre ferme.

À ses débuts, il y a huit ans, Patrick Soucy a bénéficié du programme d’aide financière des Producteurs de lait du Québec. Il a monté un solide plan d’affaires et a obtenu toutes les aides possibles et imaginables. Avant que le robot lui accorde un peu de répit, le fermier, aidé seulement par des étudiants de l’Université Laval qu’il prend en stage, devait être à l’œuvre de 4 h à 23 h chaque jour. «Je fais ce métier par passion, pas parce qu’il rapporte!» dit-il en souriant.

Au Québec, la production d’une vache sur cinq devient du lait de consommation, qui est simplement homogénéisé et pasteurisé. Le reste est transformé, principalement en fromage, crème, yogourt et beurre. Ce lait de transformation est acheté à 80 % par trois géants: la coopérative Agropur, l’entreprise privée québécoise Saputo et le géant italien Parmalat. Les petits producteurs de fromages fins, eux, comptent quasiment «pour du beurre»: ils utilisent seulement 0,5 % de ce lait de transformation.

Au Québec, la totalité de la production laitière est achetée par le regroupement des Producteurs de lait, qui paie les fermiers et revend ensuite le lait aux entreprises qui le commercialisent. Le prix payé aux fermiers est fixé une fois l’an par la Commission canadienne du lait, une société de la Couronne, à l’issue d’un savant calcul basé sur le coût de production moyen des fermes et la composition du lait.

Le prix affiché à l’épicerie, pour sa part, est fixé par l’État québécois en fonction du prix payé aux producteurs par la Commission… mais seulement pour les laits standards. En clair: Québec n’a pas d’autorité sur le prix que paie le consommateur pour les laits sans lactose, additionnés d’oméga-3, biologiques, de longue conservation… ou même pour ceux dont l’emballage a un bouchon en plastique! Les prix de ces articles sont libres, comme ceux de tous les autres produits laitiers.

lait encadré

Et tout comme le prix de l’essence à la pompe ne suit pas directement celui du baril de pétrole, le prix des produits laitiers ne reflète qu’en partie les coûts de production. «Ils dépen­dent surtout de ce que les consom­mateurs sont prêts à payer», explique Daniel-Mercier Gouin, professeur d’agroéconomie à l’Université Laval, à Québec.

Reste que les coûts de production du lait au Canada sont parmi les plus élevés au monde. En 2015, les fermiers canadiens ont reçu 71,50 $ pour chaque hectolitre de lait fourni par leurs vaches, contre 46 $ (canadiens) en moyenne pour les producteurs américains, a calculé Daniel-Mercier Gouin.

Alors qu’au Québec les fermes comptent en moyenne 61 vaches, en Californie et au Texas, certaines en comptent plus de 30 000. Ces producteurs font d’énormes économies d’échelle en équipement et main-d’œuvre, et produi­sent ainsi du lait à très bas coût. Les autorités américaines accor­dent en outre de généreuses subventions aux producteurs laitiers, en payant par exemple une partie du fourrage, dénonce Bruno Letendre, président des Producteurs de lait du Québec.

lait quotas exergue

En 2015, Les Producteurs de lait du Québec se sont opposés vigoureusement à la signature par le Canada du Partenariat trans­pacifique (PTP). Selon eux, ce traité de libre-échange entre 12 pays fragilise le système canadien de gestion de l’offre, qui limite actuellement les importations de la plupart des produits laitiers. Des centaines de fermes pourraient disparaître, disent les producteurs, qui ont déjà du mal à digérer l’accord de libre-échange signé il y a deux ans avec l’Europe. Si le Canada ratifie le PTP, ils perdront 10 % de leur marché en raison de ces deux accords.

Les producteurs craignent encore plus le lait diafiltré, un produit que les multinationales qui dominent le gros du marché de la transformation au Canada ont trouvé le moyen d’importer en toute légalité des États-Unis.

La diafiltration permet de préconcentrer le lait en protéines avant d’en faire du fromage, du yogourt ou de la crème glacée. Ce procédé permet aux fabricants de fromages et de yogourts de réaliser d’importantes économies, car il diminue la quantité de lait à transporter et le lait diafiltré est plus facile à utiliser que les isolats en poudre qu’il remplace.

Dans la loi canadienne, le lait diafiltré est considéré comme un isolat de protéines comme un autre. Or, l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), en vigueur depuis 1994, interdit de restreindre les isolats de protéines en Amérique du Nord. Résultat, le lait diafiltré peut être importé des États-Unis sans aucune limite de quantité ni tarif douanier. «C’est une énorme brèche dans la gestion de l’offre, qu’il faut colmater rapidement», dit Bruno Letendre, président des Producteurs de lait du Québec.

Mais les transformateurs ne sont pas pressés, car le lait diafiltré leur permet d’augmenter leur marge de profit. Même la coopérative Agropur, dont les 3 500 membres sont des producteurs (canadiens et surtout québécois), achète du lait diafiltré aux États-Unis pour fabriquer ses produits transformés.

La concurrence internationale croissante n’explique pas à elle seule les difficultés de l’industrie. Dès 2008, la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois, présidée par le haut fonctionnaire Jean Pronovost, sonnait l’alarme et appelait à des réformes urgentes pour mieux protéger le secteur… contre lui-même! Elle s’inquiétait de plusieurs «facteurs internes» empêchant les entreprises de devenir pleinement concurrentielles et rentables. Depuis, rien n’a changé, ou presque.

Il est temps de faire aussi du ménage dans les multiples règles, qui compliquent le travail des fromagers artisanaux, croit Jean Morin, dont les fromages sont bardés de prix. (Photo: Charles Briand)
Il est temps de faire aussi du ménage dans les multiples règles, qui compliquent le travail des fromagers artisanaux, croit Jean Morin, dont les fromages sont bardés de prix. (Photo: Charles Briand)

Parmi les facteurs internes relevés par la Commission, la question des quotas de production trône au premier plan.

Ces droits de produire une certaine quantité de lait ont été attribués aux fermiers dans les années 1970, lorsque le Canada a décidé de planifier sa production pour qu’elle réponde à la demande. Gratuits au début, les quotas ont pris de la valeur au fil des ans, quand leurs titulaires ont commencé à organiser des encans pour les revendre et ainsi permet­tre à d’autres fermiers d’entrer dans le marché ou de grossir.

En 2010, la Fédération des producteurs de lait est intervenue pour freiner l’envolée des prix. La somme maximale exigible pour un quota autorisant à produire un kilo de matière grasse de lait par jour (en gros, la production d’une vache) a été fixée à 25 000 dollars et n’a pas bougé depuis. Mais un fermier doit posséder au moins 10 quotas pour avoir le droit de vendre du lait. Soit un quart de million de dollars à débourser… avant même d’avoir acheté une seule vache! Faut-il s’étonner que très peu de fermiers se lancent dans la production laitière sans avoir hérité des fameux quotas de leurs parents?

«D’un système plutôt socialiste, la gestion de l’offre est devenue ultracapitaliste avec les quotas payants», dénonce Jean Morin, propriétaire de la Fromagerie du Presbytère, à Sainte-Élizabeth-de-Warwick, dont la famille produit du lait depuis quatre générations. Plusieurs de ses voisins ont préféré passer à la caisse et vendre leurs quotas pour prendre une retraite méritée. «Comment voulez-vous que le nombre de fermes augmente alors que le système profite à ceux qui le quittent?» demande le fromager.

Comme une centaine d’autres producteurs laitiers, Jean Morin s’est affilié à l’Union paysanne, qui milite contre la «cartellisation» de l’industrie laitière. «Nous proposons un système de gestion de l’offre 2.0, qui prévoit de baisser la valeur des quotas et de plafonner la quantité que chaque agriculteur pourrait posséder, et de retirer l’agriculture des accords de libre-échange», précise Benoit Girouard, président de l’Union paysanne.

 

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Des fermes, Sylvain Boyer, 46 ans, en fréquente depuis son enfance. Ce conseiller technique aux producteurs, qui a longtemps travaillé à la Coopérative fédérée avant de se joindre au Centre d’insémination artificielle du Québec, croit que le système actuel maintient en vie des fermes laitières inefficaces, alors que d’autres sont à la fine pointe. Le sujet est tabou dans l’industrie, où on préfère ne pas parler de ceux que Sylvain Boyer surnomme «les gardeux de vaches». «Certains fermiers ne s’occupent pas bien de leurs animaux ou se sont endettés dans de l’équipement agricole inutile, et leurs exploitations ne sont absolument pas rentables», raconte-t-il. Or, pendant que ces producteurs aux pratiques d’un autre âge vivotent grâce à leurs quotas, bien des jeunes motivés et formés aux meilleures pratiques doivent renoncer à leur rêve!

«Dans une économie mondialisée, on ne peut plus se contenter d’entretenir des fermes peu compétitives, surtout avec comme voisins les États-Unis, une superpuissance laitière», croit Sylvain Charlebois, professeur d’économie agroalimentaire à l’Université de Guelph, en Ontario. Puis­que l’Europe a aboli ses quotas laitiers, en mars 2015, le Canada est donc le dernier pays à maintenir cette pratique, ce qui l’isole sur la scène internationale.

Selon l’économiste, il est temps que les politiciens passent outre le puissant lobby des Producteurs de lait pour enclencher de vraies réformes et abolir la gestion de l’offre. Les fermes les moins productives, qui poussent le secteur laitier vers l’arrière, devraient disparaître. À la place, de grandes fermes pourraient produire à bas coût pour satisfaire les gros transformateurs et concurrencer le lait étranger.

La gestion de l’offre limite aussi la croissance au Canada de l’industrie de la transformation du lait, car les quantités dis­ponibles de matière première sont limitées. Si les transformateurs veulent croître, ils doivent s’installer à l’extérieur du pays. Même Saputo et Agropur, deux fleurons québécois, font de plus en plus d’affaires hors du Canada. Pour la création d’emplois, on repassera.

«Les faibles marges des transformateurs freinent aussi leur capacité d’innover. Le Canada produit peu d’ingrédients à haute valeur ajoutée, comparativement aux États-Unis ou à l’Australie», regrette Michel Britten, chercheur spécialiste des ingrédients laitiers au ministère de l’Agriculture du Canada.

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Selon l’économiste Sylvain Charlebois, une industrie laitière à grande échelle n’empêcherait pas de plus petites fermes, comme celle de Patrick Soucy, de créer de la richesse dans les régions, avec des produits laitiers de qualité et diversifiés. Bien des jeunes pourraient se lancer dans la pro­duc­tion s’il n’y avait pas la barrière prohibitive de l’achat de quotas.

Comme la plupart des producteurs, Jean Morin, de la Fromagerie du Presbytère, tient encore à la gestion de l’offre, car elle protège l’agriculture canadienne de la concurrence internationale. Mais il aimerait que les quotas ne soient plus payants, jugeant le système actuel «ridicule». S’il n’avait pas hérité de la ferme familiale avec son frère, jamais il ne se serait lancé en affaires! Son entreprise est aujourd’hui un petit bijou qui exporte ses fromages bardés de prix jusqu’à New York. Mais 40 % de sa production est vendue localement.

Le village de 400 habitants en a été transformé. Après avoir racheté le presbytère, en 2005, le fromager vient d’installer une cave d’affinage dans l’église, où un robot retourne les meules de Louis D’or pendant que de rares fidèles continuent d’assister à la messe hebdomadaire juste au-dessus. Les vendredis d’été donnent lieu à une attraction très courue: quand Jean Morin fabrique le fromage en grains que lui ont réclamé ses concitoyens et ouvre son terrain aux piqueniques, la population de Sainte-Élizabeth-de-Warwick est parfois multipliée par 10! Le boulanger et les autres artisans locaux sont aux anges.

Tant qu’à se pencher sur les produits laitiers, les autorités devraient aussi faire du ménage dans les multiples règles qui com­pliquent le travail des fromagers artisanaux, croit Jean Morin. «Sur 12 personnes qui travaillent à la Fromagerie du Presbytère, 2 se consacrent à temps plein à la paperasserie administrative», explique le fromager.

Ainsi, Jean Morin a dû négocier pendant des mois pour avoir le droit d’utiliser une cuve de cuivre pour brasser son lait caillé, même si le Canada importe des tonnes de fromages européens produits de la même manière! Tout ce fatras réglementaire n’aide pas à se lancer ou à innover.

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Les seuls gagnants de ce système archaïque sont les banques (qui prêtent pour financer les quoras) et ceux qui ont eu leurs quotas au début pour pas cher. Tous les autres, incluant les consommateurs sont perdants.

De toute façon le carcan de la gestion de l’offre est intouchable, malgré toute son absurdité aucun politicien n’osera s’y attaquer. C’est pathétique, mais commun, regarder le Taxi…

C’est pathétique pour un banlieusard qui ne connaît rien à la production laitière.

Ce pays est bourré de lois absurdes qui profitent à certains groupes.et qui défavorisent la classe moyenne, c’est-à-dire celle qui paie des montagnes d’ impôts et de taxes!

Il me semble que les accords de libre-échange avec l’Europe et variante PTP ne sont pas en vigueur.

Je pense qu’il ne s’agit pas de seulement énumérer ce qui cloche dans l’industrie et d’appliquer les recettes « miracles » telles quelles qui nous apportera la félicité. Si on procède de la sorte, on aura le moins meilleur des mondes : grosses concentration de la production dans moins d’unités et pas plus d’opportunités pour réaliser les rêves de ces jeunes. Par conséquent, cela va prendre un certain temps avant que soit découvert un système adéquat permettant de conserver (ou à tout le moins de réaménager) le modèle de plusieurs petites unités de production tout en le préservant de la concurrence externe des multinationales établissant pavillon à dessein dans le pays partenaire de l’un ou l’autre des traités de libre-échange. (À tout lecteur : ‘scusez la longue phrase). D’ici là, on peut sans doute appliquer certaines propositions de solution de Monsieur Morin, bénéfique aux jeunes ayant des rêves… sachant qu’elles impliquent un contrôle non-marché sur cette commodité particulière que sont les quotas.

L’Union économique européenne a réussis à faire comprendre à ses pays membres que s’unir était la meilleure façon de parvenir à des normes unique et de bien meilleurs prix que de continuer à travailler chacun dans son coin.

Au Québec, les deux dernières générations ne pensaient qu’à eux seul, mon camion, mon tracteur, mon papier pour torcher mon c.. au lieu de se mettre ensemble et partager les frais des équipements dont les prix sont hors de tout sens commun. Ce pétage de bretelles a fait dispararaître beaucoup de fermes depuis 1980, le plus grand nombre sous forme de faillites.

L’esprit communautaire est au centre des préoccupations des européens qui pratique ce mode communale depuis des centaines d’années mais en amérique du nord c’est le « regardez mon pick-up de 85,000$ que je remplace aux deux ans pis rgârde mon nouveau tracteur, c’est le plus gros du compté » qui a été longtemps au centre des préoccupations des fermiers.

Monsieur Soucy est très intelligent puisqu’il s’est prévalu d’équipement qui augmente sa production et en diminue les frais de façon permanente tel que les Albertains le font depuis des générations car ces équipement ne sont rien de nouveau, ils ont été mis sur le marché vers la fin des années 90.

Votre article est sans aucun doute le plus complet qui ait été publié sur ces questions laitières dans les colonnes de L’actualité. Vous montrez bien les diverses facettes de cette question. Laquelle n’apporte pas nécessairement une réponse standardisée.

La production du lait n’est pas seulement une industrie, c’est en même temps un artisanat et un art. Comme il peut en être de toutes sortes de produits.

Selon moi — bien que je n’aie pas la prétention d’avoir une réponse toute faite à cette question -, il y a plusieurs corrélations à établir entre : la production, la transformation et la distribution. Pour le consommateur, ce sont ces trois paramètres (avec le transport en plus) qui influent sur le prix qu’il devra payer en toute fin.

Pour les acheteurs, il est important qu’ils soient bien informés, sachent exactement ce qu’ils achètent. Il y a tout pareillement un facteur qui est et reste toujours à considérer : le pouvoir d’achat. Ce n’est pas parce que tel ou tel produit laitier va baisser, qu’il se vendra plus de produits laitiers, si globalement la facture d’épicerie a tendance à augmenter plus vite que l’inflation, quand beaucoup de personnes voient leurs revenus croitre moins vite que l’ensemble des dépenses de bases auxquelles doivent faire face bien des familles et des foyers.

Au niveau mondial, nous assistons à une surproduction de lait…. Cela signifie que la demande n’est pas au rendez-vous. Alors la question est de savoir pourquoi cette demande n’est pas là. Si les coûts de production baissent simultanément, cela signifie que la demande comme telle du produit n’est pas directement liée au prix.

Ou bien c’est le prix de vente du produit mis en vente qui ne reflète pas le coût de production réel du produit fini. Comment savoir ?

Relativement à la gestion de l’offre. Le Canada est un des rares pays dans le monde qui n’ait pas abandonné ce genre de gestions. Cet abandon de la gestion de l’offre fait-il des heureux partout ailleurs ? Sans entrer dans le détail, la réponse rapide est : malheureusement non ! — Il n’y pas de lien de cause à effet entre la libéralisation de l’offre et les gains obtenus en termes de productivité.

Quant aux divers traités de libre-échange, incluant ceux qui sont actuellement en gestation, ils n’apportent aucune réponse concrète quant à l’écoulement assuré des surplus de production.

Les producteurs de la Suisse notamment, réclament un prix équitable pour chaque paysan. La raison ? — Le prix bas du lait au niveau mondial en raison de la surproduction et… simultanément, la baisse de la demande. Étonnant cette baisse ! Compte-tenu de la croissance de la population. Certains vous diront que c’est parce que les vieux consomment moins de lait. — Bin voyons don’ !

Il convient de noter que l’offre et la demande augmentent au niveau du lait biologique un peu partout. Il semblerait que pour le lait, comme de multiples produits alimentaires. Les gens attachent à prix égal ou à prix raisonnable, une importance croissante à ce qui s’appelle : le bien manger.

Bien vivre, bien manger, mener une vie saine et heureuse, réduire ses frais en santé. Peut-être que ce sont des choses comme ça qu’il faudrait considérer pour enfin cesser de demander au producteurs de lait d’en faire toujours un peu plus pour en bout de course en gagner toujours moins !

» En 2015, les fermiers canadiens ont reçu 71,50 $ pour chaque millier de litres de lait fourni par leurs vaches ». FAUX, c’est pour un hectolitre de lait (1 hectolitre de lait, c’est 100 litres, pas un millier!

On ne parle pas de « 10 quotas pour démarrer », mais d’un quota de 10 kg de matière grasse par jour, le quota est émis, transigé, en kg de matière grasse par jour.

Il est question que le lait est transformé par 3 principaux groupes, alors que dans une image il est question de 1 grand transformateur laitier au Québec. Tout pour mêler le lecteur!

Les contraintes climatiques du Québec sont les mêmes pour une grosse ferme ou une petite ferme, pour cette raison, entre autres, les coûts de production ne pourront jamais ressembler à ceux des voisins américains.

Si le quota est une barrière à l’entrées dans la production laitière, que penses des coûts que doivent affronter d’autres entrepreneurs pour se lancer dans une production quelconque, non agricole: machineries, bâtisse… Tout n’est pas numérique dans ce bas monde!

une ex-productrice de lait

Le Québec, encore une fois, se gratte l’occiput pour élaborer des mesures défensives. Si l’on avait ouvert le marché il y a dix ans, même de manière progressive, les producteurs de lait auraient pris des mesures pour faire face à l’avenir, que ce soit par des économies d’échelle, de l’innovation, des techniques de mise en marché, de la diversification. Une concurrence plus vive aurait poussé plus tôt les producteurs et les distributeurs à s’adapter aux nouvelles réalités. Le Québec se retrouve aujourd’hui « dernier des Mohicans », et incapable de rattraper le temps perdu.
Voilà ce qui arrive quand on pratique le corporatisme à outrance.

Donc le Canada est le seul pays au monde avec un système de quotas qui est archaique et empêche les producteurs de compétitionner avec le marché mondial ! Alors qu’ attendons nous pour modifier ce système et laisser nos jeunes producteurs ambitieux se développer !!
Mais non au Québec comme au Canada ( le plus meilleur pays au monde ) on persiste à nous vendre encore l’ idée que nos petites fermes sont les meilleures, qu’ ils cajolent leur vaches, qu’ il faut acheté local car ça maintient des emplois locaux ! De la foutaise toutes ces niaiseries; ce sont les consommateurs au bout de la ligne qui paient 2 fois plus cher leur lait et que la qualité n’ est pas supérieure ! Les fermiers ( gardeux de vaches ) devraient cesser leur opérations car le statu quo n’ est pas la solution dans un monde en plein changement !

La vraie question est que voulons nous comme agriculture ? Voulons nous une campagne prospère et habitée ou des usines à lait et un désert régional? Voulons nous du lait et des fromages qui ont du goût de la personnalité ou du gras et des produits orangés sans saveur particulière ?ce qui fait la réputation et le bon goût du beurre francais c’est le lait (en particulier le beurre breton). La même chose pour le lait et les fromages suisses. Les vaches mangent de l’herbe dans les champs avec des fleurs .Une vache a 4 estomacs pour ruminer …

Actuellement certaines pizzas fabriquées pour être vendues en supermarchés(en boîte de carton) ici et en Europe sont frabiquées avec du gras , pas du fromage ,du gras uniquement. Et ce sont des marques connues.Il y a eu des reportages sérieux avec des scientifiques comme enquêteurs qui l’ont prouvé suite aux analyses du contenu… Rien à voir avec la vraie mozzarella ou le vrai cheddar. …

C’est étrange que lorsqu’il s’agit d’un nouveau jeu électronique ou d’une nouvelle version d’un ordinateur ou d’une tablette (même si le temps gagné est minime) le prix n’est jamais trop élevé .Les gens font la queue durant des heures pour une nouvelle version beau temps mauvais temps mais pour une nourriture saine et

pour maintenir nos campagnes vivantes là c’est toujours trop cher…

On veut manger bio et local mais c’est toujours trop cher….

Il n’y a pas de solution miracle .Mais une chose est certaine notre santé et notre qualité de vie dépend beaucoup de ce que nous mangeons.Alors pour moi une agriculture saine et à taille humaine me semble essentielle ..Maintenant avant de jeter le bébé avec l’eau du bain ,on pourrait réfléchir ,écouter les jeunes et faire preuve d’imagination Les sirènes commerciales veulent notre bien ou plutôt nos biens .De tout temps ce furent les différents intervenants du marché (distributeurs,transformateurs etc)qui se sont enrichis aux dépens des producteurs (pêche agriculture,artisanat,etc),Nous sommes à un tournant nous devons réfléchir au monde dans lequel nous voulons vivre et l’agriculture fait partie de cette réflexion.

C’est à n’y rien comprendre.J’aimerais bien voir les partisans du toujours moins cher aller passer un mois sur une ferme et y travailler…

Quelle ironie ! Voilà cet économiste, tel Elvis Gratton (think big), qui ne voit le salut de la production laitière que dans « de grandes fermes [qui] pourraient produire à bas coût pour satisfaire les gros transformateurs et concurrencer le lait étranger » et du même souffle, tel Schumacher (Small is beautiful), louange les « petites fermes, comme celle de Patrick Soucy, [qui serait en mesure] de créer de la richesse dans les régions, avec des produits laitiers de qualité et diversifiés. »

Les gens ne sont nullement prêt à payer les prix faramineux des fromages, ils n’ont aucune alternative que de se plier aux prix exigés. Peut-on m’expliquer pourquoi un fromage provenant d’Europe est au même prix que ceux du Québec. Le fromage est une denré qui traverse l’Atlantique en avion et donc aux taux de transport les plus élevés.

Le mot « terroir » est appliqué par les vendeux de « fromages » pour nous ramener à l’époque des ceintures fléchés et du « rigodon ». Non mais, ça va faire le terroir. C’est comme les produits kasher, nous aurons bientôt du papier de toilette du « terroir ». Une façon pour se faire voler. Si les fabriquants demandaient des prix à la hauteur de leurs dépenses, ils conserveraient leurs clients et c’est exactement pour cette raison qu’ils ne veulent pas entendre parler des produits provenant de l’Europe.

Il semble que le « terroir » est sur le point de prendre le « fond de la boîte à bois ».