Les dessous de l’affaire Guy Turcotte

Isabelle Gaston veut faire changer le système qui a libéré Guy Turcotte, le tueur de ses deux enfants. Notre enquête révèle des failles dans la machine judiciaire. Et propose des réformes.

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Photo : Marie-Reine Mattera

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MISE À JOUR: Dans L’affaire Turcotte : les dessous de la saga judiciaire de la décennie, la journaliste Catherine Dubé raconte plus de trois années d’enquête sur la plus retentissante affaire judiciaire de la décennie : celle des procès de Guy Turcotte, cet ex-cardiologue québécois qui a tué ses deux enfants en 2009. Cet ouvrage nous amène dans les coulisses d’une saga judiciaire qui a enflammé l’opinion publique, ébranlé la justice et mené à l’adoption d’une nouvelle loi. Par son accès privilégié à la mère des enfants, Isabelle Gaston, à des dizaines d’entrevues avec des juristes et des psychiatres et à sa connaissance de chacune des étapes judiciaires, l’auteure reconstitue le casse-tête d’un drame qui hantera longtemps notre mémoire collective. En vente en kiosque ou par commande postale et dans les magasins numériques Archambault, Apple, Leslibraires.ca et Kobo.

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Comment Guy Turcotte, l’homme qui a tué en 2009 ses deux jeunes enfants de trois et cinq ans, peut-il être libre aujourd’hui, quatre ans à peine après les avoir poignardés à mort ?

Peu de questions ont envahi l’espace public et privé autant que celle-là depuis les derniers mois. L’incompréhension du public est totale. Ou presque.

Toutes les tentatives d’explication des autorités médicales ou judiciaires se heurtent à un rejet viscéral. Les « c’est comme ça que ça fonctionne », répétés ad nauseam par les autorités, ne font que nourrir l’incompréhension envers ce verdict de « non-responsabilité criminelle » obtenu par l’ex-cardiologue Guy Turcotte en juillet 2011.

Pour sortir de ce cul-de-sac d’incompréhension, L’actualité a dépêché Catherine Dubé.

Notre journaliste a mené sa propre enquête. Elle a recueilli des aveux troublants de la part de médecins et de juges. Elle a interrogé des avocats. Elle a exhumé des rapports des oubliettes. Elle a passé des heures en tête-à-tête avec des psychiatres, pour comprendre la nature de leur travail. Le document qu’elle nous présente aujourd’hui offre à la société québécoise plusieurs pistes de solution pour éviter de revivre une autre « affaire Turcotte ». Des expériences menées en Angleterre, en Australie et ici même au Québec peuvent alimenter notre réflexion.

Au cœur de cette enquête, Catherine Dubé a évidemment suivi Isabelle Gaston, la mère d’Anne-Sophie et d’Olivier, une femme en croisade qui s’inquiète du rôle joué par les témoins experts, dont la partialité pourrait vicier le processus judiciaire.

Pendant des semaines, notre journaliste a suivi des pistes fournies par Isabelle Gaston. Elles ont passé des dizaines d’heures à comparer le fruit de leurs recherches. Au fil du temps, un lien de confiance s’est tissé. L’urgentologue a accepté de recevoir Catherine Dubé chez elle, lui a donné accès non seulement à son indignation et à sa souffrance de mère en deuil, mais aussi à des documents confidentiels.

Pour bien comprendre les enjeux de cette bataille juridique, procurez-vous le livrel de Catherine Dubé, Les dessous de l’affaire Turcotte, à lactualite.com/boutique.

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4 commentaires
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Journalisme??? d’ENQUÊTE

Laissez à Radio-canada et à TVA le journalisme d’enquête.
Ces gens qui se substituent aux policiers,aux psychiâtres,aux médecins,aux avocats,aux jurys et même aux juges.
Leurs idées unidirectionnelles n’ont qu’un but : la répression à la mode de la droite d’aujourd’hui. C’est à la justice de jouer son rôle sociétal face aux dits EXPERTS.
Le professionalisme de chaque spécialité est aussi une affaire de droit.

Un peuple tout entier ne saurait avoir totalement tort sur une question de justice, puisque les divers intervenants sociaux, les juges, les avocats, les médecins et la très grande majorité de la population réalise que l’on a erré dans ce procès Turcotte. La justice est l’appareil que se donne une démocratie afin de réguler les actes de tous ses membres. Et ici, manifestement, la démocratie aura été bafouée.

Bonjour,

J’ai lu très attentivement votre imposant reportage. Au départ, j’avais en tête de vérifier si certaines pistes, que je crois encore valides, avaient été envisagées par Mme Gaston dans sa recherche. Pour ensuite faire part de mes observations comme je le fais dans la présente.

J’ai vécu une situation difficile au travail il y a quelques années. Cependant, c’était beaucoup moins grave que le drame de Mme Gaston. J’ai fait de nombreuses recherches et lectures et consulté psychologues, avocats et travailleuses sociales. Ça m’a permis de constater que je vivais une situation de harcèlement. Cette situation m’a amené à faire de la recherche (non scientifique) au sujet du harcèlement et des troubles de la personnalité narcissique (TPN). Tout comme Mme Gaston j’ai lu des milliers de pages de documentation. J’ai probablement lu et étudié là-dessus autant sinon plus que pour faire mon baccalauréat en administration à l’université.

A mon avis, une partie de ma recherche concerne le cas présent. Comme je l’ai déjà mentionné le point de départ de ma recherche était le harcèlement. Cela m’a mené aux troubles de la personnalité narcissique. J’ai pu rapidement me rendre compte que ce problème est à la fois compliqué de part ses degrés et ses conséquences, que par la méconnaissance des experts.

Lorsque nous avons en face de nous une personne qui a ce type de trouble, nous ne comprenons pas ce qui nous arrive mais, à la longue, on se sent avec cette personne comme un «OBJET jetable après usage».

Si ce n’est pas déjà fait, je suggère au moins de consulter ces trois documents pour bien comprendre le «phénomène» :
Livre «Le harcèlement moral» de Marie-France Hirigoyen
Livre «Les manipulateurs sont parmi nous» d’Isabelle Nazare-Aga
Film : «I, Psychopath» de Ian Walker (http://www.magicreal.com.au/filmandtv.php?film=4)

Dans le film de Ian Walker, un expert explique le comportement du psychopathe envers sa victime en le comparant avec un chat qui joue avec sa proie avant de la tuer. Le chat est tout simplement programmé ainsi, la proie a peur, elle sait qu’elle va mourir mais le chat n’en a pas conscience. Ça rejoint un peu mon expression : «on se sent avec l’agresseur comme un objet jetable après usage».

Heureusement, ils ne représentent qu’une infime partie de la population (peut-être entre 1% et 5%) car leurs ravages sont considérables. Très peu, je l’espère, sont des tueurs en série mais ils peuvent faire de nombreuses victimes (harcèlement, manipulation, etc.).

Je suis arrivé à une façon, peut-être un peu trop simpliste vous direz, pour conclure qu’une personne est psychopathe dans le cas qui nous préoccupe.

À des amis, pères de famille, je soumets cette mise en situation : «Imagine que tu tuerais tes enfants, mais sans t’en rendre compte sur le moment, que ferais-tu lorsque tu reprendrais conscience?» Voici le genre de réponses obtenues :
«Je me crisserais une balle dans la tête.»
«Je ne voudrais plus vivre.»
«Je dirais sans détour que je n’ai plus le droit de vivre, faites de moi ce que vous voulez.»
etc.
AUCUN ne chercherait à se justifier et/ou se défendre.

À mon avis, c’est simple, seul un psychopathe peut chercher à se justifier et/ou se défendre d’avoir commis un tel acte. Donc, juste le fait qu’il se défende en cour est, a mon avis, suffisant pour prouver qu’il est un psychopathe.

Enfin, il ne faut pas oublier, qu’un individu avec TPN, pervers narcissique ou psychopathe peut très bien mentir, jouer la comédie, manipuler et ainsi déjouer tout le monde y compris thérapeutes, conjoints, experts et la justice.

Bien que les pistes de solutions exposées dans votre article couvre une partie de mes préoccupations, les points suivant demeurent :
1. Comme ce type de trouble est méconnu de la plupart des experts (y compris certains psychologues et plusieurs psychiatres), comment pourrait être composé un «collectif d’experts» ?
2. De plus, il faudrait que des points de repère soient établis et acceptés de tous pour poser un diagnostic sur l’individu faisant face à la justice.
3. Sachant que les chances de réhabilitation sont minces, qu’il n’y a pas de traitement connu, et qu’un individu peut plaider qu’il a un problème de santé, comment décider du sort de ces personnes sur le plan juridique? (emprisonnement, liberté conditionnelle, ?!?!??)

En terminant, je souhaite de tout cœur mes sympathies à MmeGaston. Elle est effectivement une victime encore vivante de son ex-conjoint.