Les dynamiques familiales

Avant d’être parent, on pense que nos petits vont prendre que les bouts de nous qu’on aime. Lol.

Photo : L'actualité

Je marque une pause par rapport à la maudite pandémie pour revenir sur autre chose : les dynamiques familiales. Vous avez ça chez vous ? Des triangles ? Des duos, des jeux de dialogues qui s’installent automatiquement entre les membres de votre famille ? C’est pas facile de changer les mots de ces pièces de théâtre que l’on se joue malgré nous. Ma voisine, que j’aime beaucoup, me racontait sur le trottoir devant mon perron que chez elle quand elle était ado, chaque repas familial était l’occasion d’une engueulade entre elle et son père. Pendant que sa sœur et sa mère étaient quelque peu prises en otage par ces discussions animées.

« Ma mère avait même un jour “pitché” une brosse qui avait tout fait revoler. Elle en parle encore aujourd’hui. »

Des dizaines d’années plus tard, la mémoire de ces dynamiques familiales est encore là. Même si, quand on est chanceux, on a réussi à grandir, à en rire et à passer outre. Mais les sillons sont bien là. Les sillons de nos personnalités qui, ajoutées à celles des autres, créent une certaine réaction. Les chiens ne font pas des chats et, généralement, nos enfants nous ressemblent. Je me souviens qu’avant qu’elle ait des enfants, alors que moi j’en avais déjà quelques-uns, ma meilleure amie s’émerveillait à l’idée d’en faire. « T’imagines, un jour, on aura un mini “nous” qui nous ressemblera. » Oui, t’as l’air de trouver que c’est une bonne nouvelle.

Je la niaisais bien sûr, mais on est mignon avant d’être parent, on pense que nos petits vont ne prendre que les bouts de nous qu’on aime. LOL. Ils prendront aussi tout le reste, hein. La mauvaise humeur de papa et le caractère entêté de maman. Notre intensité, notre timidité maladive ou notre tête de cochon… Tout sera là. Pire, ils auront les bouts de toi avec lesquels tu composes mal. Ceux desquels tu ne sais pas quoi faire et même tout le reste qui est dans ton inconscient. Des jeux de miroir s’installeront. Tu reconnaîtras ton amoureux et tous les bouts qui te tapent sur les nerfs…

Un père se chicanera avec son fils en ne voyant pas qu’il est l’exemple exact de ce qu’il lui reproche. Bref, ce que j’essaie de vous dire, c’est que j’ai passé un week-end difficile. Je rigole, mais en ces temps de semi-confinement où des familles parfois se déchirent, je pense que c’est important de prendre un peu de recul quand on a deux minutes et de « googler » comment élever ses enfants.

C’est ça qui est le plus difficile. Je me souviens qu’en début de pandémie on disait que le gouvernement bâtissait l’avion pendant qu’il était en vol. J’ai du mal à trouver une meilleure analogie pour décrire la parentalité. Oui, bien sûr, on feuillette des livres sur le sujet, on demande l’avis des experts (lire les deux grand-mères). Il n’en reste pas moins que ton enfant, t’apprends à l’élever pendant qu’il est déjà devant toi.

Et le pire, c’est qu’il parle. Au début, non, mais rapidement, oui. Je me souviens que je lisais Calvin et Hobbes quand j’étais petite, cette bande dessinée des années 1980-1990 qui paraissait dans le journal et en librairie sous forme d’albums. Calvin, six ans, blond, haut comme trois pommes, venait de temps à autre avec un graphique dans les mains informer son père de la cote de popularité de ce dernier dans la maison ces temps-ci. Son bulletin de papa. À l’époque, lisant ça enfant, voire ado, je peux pas dire que je comprenais bien. J’avais tendance à m’identifier à Calvin. Je peux vous dire que, 25 ans plus tard, c’est aux parents que je m’identifie. Faudra que je relise cette BD pour voir que je ne suis pas le seul « mauvais parent » dans les parages.

Dans le gouvernement que je copréside, au mieux, on est en zone verte. Les cinq, on rigole, on s’unit dans nos différences, dans notre ambiance, dans notre amour. Le nid familial est tissé d’une sorte d’harmonie où chacun y va de son passe-temps. On est en boule sur le canapé, on lit, on regarde une émission, on s’aime. Au pire, on est en zone rouge, et alors, les fameuses dynamiques familiales sont à l’œuvre. Membre 1 est agacé par membre 2, ce qui crée chez membre 3 une réaction que veut corriger membre 4, ce qui pousse membre 5 à s’isoler… On refait la même pièce de théâtre épuisante.

Au moins, il me reste Google. Alexa, élève mes enfants.

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Bonjour!
Vous m’avez fait sourire… je vous suggère les bandes dessinées « zits » , elles m’ont permis de garder mon équilibre pendant l’adolescence de mes enfants!
Bonne fin de journée!
Martine Jacques

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Les dynamiques familiales
Bonjour!
J’aime toujours autant vos textes. Toutefois, celui-ci comporte deux fautes que je me permets de vous signaler. Parce qu’en fin de compte, les textes « éduquent » aussi la population. Dans leur contenu et aussi dans leur contenant. Alors les voici :

(…) » la mémoire de ces dynamiques familiales sont encore là. » Il faudrait plutôt écrire : (…) L la mémoire de ces dynamiques familiales EST encore là. » Le sujet du verbe étant « la mémoire » et non les « dynamiques familiales.

(…) » ton enfant t’apprends à l’élever »… Il faudrait écrire : (…) « ton enfant t’APPREND à l’élever »… Le sujet étant « enfant » (3e personne du singulier) et non « t’ (deuxième personne du singulier).

Voilà! Bonne journée à vous!

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En fait, pour la “deuxième faute” elle voulait dire «ton enfant, tu apprends à l’élever.»
(Contraction)

Pour ma part, je trouve ça assez intense de relever chaque erreur. Devenez professeur de français si vous ne l’êtes pas déjà.