Les Français sont toujours au rendez-vous

Les droits de scolarité des étudiants français inscrits au baccalauréat ont triplé à la rentrée de cette année. Mais
étudier au Québec demeure une bonne affaire.

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Caroline Chiacchierini, étudiante à Polytechnique. (Photo : Mathieu Rivard pour L’actualité)

Le triplement des droits de scolarité pour les étudiants français n’y a rien changé : pas question pour Caroline Chiacchierini, 20 ans, de renoncer à ses études à Polytechnique Montréal. « Ça reste attrayant malgré la hausse, dit cette Nantaise d’origine, en première année de génie mécanique. Poly a meilleure réputation et plus de moyens que l’école que je fréquentais à Paris. » Et comme le coût de la vie est moins élevé à Montréal, son budget annuel sera à peine plus serré.

De nombreux étudiants français semblent avoir fait le même calcul. L’augmentation ayant été annoncée en mars, beaucoup avaient déjà entamé leurs démarches d’inscription et n’y ont pas renoncé. « C’est une année transitoire, met en garde Magali Bricaud, attachée de coopération scientifique et universitaire au Consulat général de France à Montréal. Nous ne verrons pas le véritable effet avant la rentrée 2016. »

En attendant, il y a des gagnants et des perdants. En septembre, HEC Montréal a enregistré une légère hausse des étudiants français, avec 251 nouveaux inscrits au 1er cycle — les Français représentent 80 % des étudiants internationaux de HEC. « Notre coût demeure raisonnable, comparativement à celui des grandes écoles françaises avec lesquelles nous sommes en concurrence », explique Gilbert Babin, directeur du programme de baccalauréat en administration des affaires. Les droits de scolarité dans les plus réputées des écoles de commerce françaises atteignent de 20 000 à 22 000 dollars par année.

Les Français sont également en croissance constante à McGill, où ils forment le deuxième contingent d’étudiants internationaux (1 500 au total) après les Américains (2 200). Et l’Université Laval n’observe aucun recul : 631 nouveaux inscrits au 1er cycle à la rentrée 2015, contre 625 en 2014. La mesure n’est pas anodine pour autant. « Les étudiants français voient moins d’avantages à venir au Québec qu’à aller ailleurs en Europe ou au Canada », observe Nicole Lacasse, vice-rectrice adjointe aux études et aux activités internationales.

Dans le réseau de l’Université du Québec (UQ), la baisse est en revanche très nette : le nombre de nouveaux étudiants français inscrits au 1er cycle a reculé de 14 %, passant de 843 à l’automne 2014 à 724 en 2015. « La hausse des droits de scolarité risque d’avoir davantage de conséquences à plus long terme, dit Sylvie Beauchamp, présidente de l’UQ, qui s’y est opposée. L’attrait pour les cycles supérieurs pourrait en souffrir, sans compter la perte potentielle de diplômés qui s’installent au Québec. »

 

Combien paient-ils?

En vertu d’un accord de réciprocité France-Québec datant de 1978, les étudiants de l’Hexagone payaient les mêmes droits de scolarité que les Québécois. Ils étaient 10 000 dans les universités québécoises en 2014, contre 1 000 Québécois en France. Selon la nouvelle entente, ils déboursent la même somme que les Canadiens non résidants du Québec (6 600 dollars contre 2 300), mais moins que les autres étudiants étrangers (de 15 000 à 35 000 dollars). La mesure ne touche pas les étudiants déjà inscrits ni ceux des 2e et 3e cycles.

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6 commentaires
Les commentaires sont fermés.

La question principale sur les frais de scolarité (en fait, le coût d’étudier comme le démontre cet article) concerne l’accessibilité pour toutes les classes de la société. Quelles sont les données là-dessus?

Les Français c’est normal qu’ils paient comme des étrangers. Ils le sont. Et puis quoi encore, on leur donne le beurre, l’argent du beurre et quoi, ils demandent en plus le sourire de la crémière? Ras-le-bol. J’aime bien les Français soit dit en passant, ils apportent beaucoup au Québec. Merci de me publier. Françoise.

Les droits de scolarité au Québec sont ridiculement bas et la catastrophe annoncée ne s’est absolument pas produite.

Ces mêmes droits devraient également être majorés de façon substantielle pour les Québécois car il y va de la qualité de notre enseignement universitaire, déjà que le recteur de l’UQUÀM a déclaré récemment qu’un diplôme de cette institution n’intéressait que…l’UQUÀM.

De plus, tout comme au Japon, les facultés « molles » devraient être abolies ou à tout le moins fortement contingentées. On a déjà suffisamment d’inutiles « lologues » au Québec pour couvrir le prochain siècle.

1,500 Français à McGill!!!!!!!

Les nouveaux paient 6,000$ mais le coût réel est de 15,000$
On subventionne donc 9000$ par nouveau étudiant et 13,000$ par ancien!
On parle d’une dizaine de millions de dollars juste pour permettre à des Français d’étudier en anglais dans une université au Québec
Pincez-moi quelqu’un

Entreprendre des études universitaires, cela coûte cher. Ce n’est pas en abaissant les frais de scolarité que l’on augmente le nombre d’aspirants, mais en leur proposant un cursus intéressant et en promettant des emplois rémunérateurs aux diplômés. Le gel des frais universitaires et la campagne de dénigrement des autorités universitaires au Québec (la marchandisation du savoir, le néolibéralisme, vieilles peurs des idéologues) a été une bêtise. Le printemps-érable a surtout démontré que le nivellement par le bas (baccalauréats bidons, pas de délais pour l’obtention des diplômes, pas de modulation des frais en fonction du coût des filières, pas de sélection à l’entrée, le chouchoutage des étudiants de première génération) entraînait la médiocrité, l’appauvrissement et la décote (voir le rang PISA de nos universités, même McGill en pâtit).

beaucoup de ces Français vont rester au Québec une fois leurs études terminées.
ils payeront leurs impôts ici, achèteront une voiture ici, achèteront une maison ici et n’enverront pas tout leur argent à l’étranger.
en plus ceux là parlent français

et cela n’aura couté à l’état québécois bien moins cher que de supporter un enfant québécois pendant toute son enfance ici. (primaire / secondaire / cégep / garderie / frais médicaux etc etc)

bref, ce sont de futurs travailleurs, diplômés, francophones, et qui sont attirés ici ! c’est le rêve de tout pays que d’attirer des jeunes diplômés ! c’est les meilleurs immigrants possibles pour leur apport au pays. Ce qui serait intelligent ce serait plutôt de baisser le prix pour qu’il en vienne plus !