Les grèves dont personne ne parle

Le gouvernement est fier d’avoir maintenu les écoles ouvertes, alors s’il vous plaît, occupez-vous des grèves, monsieur Legault.

Photo : L'actualité

J’ai eu un petit pincement au cœur pendant la conférence de presse sur le déconfinement quand le premier ministre s’est félicité d’avoir maintenu les écoles ouvertes pendant l’année. Le lendemain, mes enfants allaient devoir rester à la maison parce que le centre de services scolaire avait décidé de fermer toutes les écoles pendant le piquetage du personnel de soutien scolaire.

Le personnel de quoi ? De soutien scolaire. Tous ces gens qui travaillent dans l’ombre, qui ont aidé les petits, souvent à distance cette année, qui ont des jobs que l’on reconnaît moins que celle des profs parce qu’on pense généralement, à tort, que l’école, c’est les profs. La chaîne est évidemment bien plus longue que ça, et pour que l’école roule, il existe beaucoup de maillons moins visibles. Et là, ils tentent de devenir plus visibles. Ils veulent qu’on les voie et qu’on les entende.

Je suis désespérée. Désespérée qu’on en soit là. Que l’école publique soit encore un bateau qui avance coûte que coûte, mais que l’on tient aussi grossièrement pour acquis. Comme si on le laissait voguer en se disant que tout va se régler tout seul. On fait des conférences de presse avec le ministre de l’Éducation pour parler de vaccination dans les écoles, c’est bien, eurêka, mais la réalité, c’est que des milliers de parents n’ont pas le cœur à la fête lorsqu’ils doivent composer avec leur horaire de travail et l’école à la maison pour des jeunes qui sont déjà en retard dans plusieurs matières à la suite de deux années scolaires chamboulées par la pandémie. D’autres grèves sont annoncées et nous ne pouvons pas faire grand-chose, nous ne pouvons pas dire grand-chose non plus, car bien sûr que la grande majorité des parents appuient l’école et comprennent qu’il est urgent d’améliorer les conditions de travail de ceux qui la font rouler. Mais en même temps, nous nous retrouvons aujourd’hui les mains liées, la tête pleine d’une charge supplémentaire dans un quotidien déjà tellement fragilisé.

J’ignore qui a suggéré cette grève à ce moment-ci de l’année, je sais bien qu’une grève sert justement à déranger, ce n’est pas un apéro au Ritz, mais j’ai l’impression qu’en la proposant maintenant, après tant de misère, on vous a conseillé de tirer sur vos alliés. Opposer les parents à l’école est la dernière chose que l’on doive faire. Si cette stratégie avait pour but de faire pression sur le gouvernement, je ne vois pas trop comment ça pourrait fonctionner. C’est surtout sur les familles et les enfants que ça met une pression. Et si l’objectif était de nous rallier à la cause, alors que nous avons les petits dans les jambes, des horaires de travail, de l’école à faire à la maison, je ne vois pas trop où nous trouverons l’énergie pour comprendre et améliorer une situation qui n’est pas de notre ressort. Au final, j’ai le sentiment que c’est encore le gouvernement qui gagne dans cette histoire. Pendant que l’école souffre, les parents veulent être solidaires, mais ils en ont plein les bras, et les petits ratent les classes.

Donc, monsieur Legault, faites quelque chose, l’école souffre tellement qu’elle ferme. Et je pensais que votre fierté, c’était de la voir ouverte.

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Léa Stréliski écrit ceci : « je ne vois pas trop où nous trouverons l’énergie pour comprendre et améliorer une situation qui n’est pas de notre ressort »

J’ai un peu de mal à comprendre, si l’école publique n’est pas du ressort des parents, de qui l’école publique est-elle du ressort ? Est-ce de la seule volonté du gouvernement ? Et depuis quand en démocratie tout dépend du Prince ? Car exhorter le Premier ministre Legault à faire « quelque chose », consiste tout simplement à mettre entre les mains d’un PM un pouvoir qu’il ne détient pas.

Si ceux qui exercent le pouvoir ne sont pas à la hauteur, il y a urgence de les révoquer par tous les moyens. Incluant la grève.

Déjà que monsieur Legault en mène plutôt large comme premier ministre puisqu’il est populaire. Il faudrait s’accrocher à sa seule lumière (divine et Principale) pour faire avancer le schmilblick.

Nous savons qu’au Québec nombre d’emplois ne sont pas valorisés : dans les hôpitaux, les CHSLD, les CPE, les garderies privées, il en va de même de nombreux emplois en éducation.

Pour autant que je sache, l’abolition des Commissions scolaires devait avoir pour avantage de transférer les ressources là où il y a le plus besoin, ce qui signifie dans les écoles. Il semblerait que jusqu’à nouvel ordre ce transfert de ressources n’ait toujours pas eu lieu. Faut-il s’en étonner ?

Les professeurs, encore tous les personnels qui servent à faire fonctionner ces établissements offrent de bonnes idées pour améliorer le service public. Comment se fait-il qu’ils ne soient ni entendus, ni écoutés ?

Si ce n’est pas aux parents d’imposer leurs droits, qui devrait le faire ? Se peut-il qu’au fond les parents d’élèves soient divisés, fragmentés, voire concurrents lorsque nous savons depuis Machiavel que la meilleure façon de régner est encore de diviser ?

Diviser pour mieux régner, c’est tout ce que fait Legault avec reconnaissons-le un très beau succès. Longue vie au Prince ! À défaut d’un Monarque, c’est toujours un peu plus et bien mieux que rien.

je ne vois pas trop où nous trouverons l’énergie pour comprendre et améliorer une situation qui n’est pas de notre ressort »

Et bien c’ est du ressort de tout le monde justement. Les parents ont toujours mille demandes dans les écoles parce qu’ils veulent plus pour leur enfant. Prof ou service de garde. Et je suis d’ accord: ce gouvernement se fou littéralement de tout et laisse bien filtrer ce qu’il veut dans ses conférences de presse. Il y a vraiment des gens qui pensaient que l’ abolition des commissions scolaires changerait quelque chose? Ha,ha,ha. On le savait depuis le début. Oui on a des idées pour améliorer ce qui se passe dans les écoles. Mais tout le monde s’ en fou! On ne compte pas lorsque l’on se trouve en bas de la chaîne alimentaire. Et j’ aime particulièrement votre dernière phrase qui résume votre réponse.C’ est parfait!

@ isabelle saucier,

Merci pour vos commentaires. Vous avez compris le sens de mes propos. Votre texte illustre bien la situation que vivent bien des parents et encore des enfants.

Vous écrivez « Au final, j’ai le sentiment que c’est encore le gouvernement qui gagne dans cette histoire. » Vous avez raison. Quand il y a des grèves dans le secteur public, le gouvernement gagne car les employés en grève ne sont pas payés et cette épargne que fait le gouvernement se retrouve dans le fonds consolidé et permet de réduire un déficit ou améliorer un surplus. Sur le plan de l’image, c’est très fort et les gouvernements ne se privent pas de s’en vanter, même si à court terme les citoyens subissent les impacts de la grève, ils ont très souvent la mémoire courte.

En quoi une grève de 24 heures est-elle si différente de la fermeture des écoles en raison de quelques flocons de neige (j’exagère à peine) ou des nombreuses journées pédagogiques ? En vous lisant, on devine facilement que vous considérez, comme beaucoup de parents et du présent gouvernement caquiste, que les écoles sont des garderies pour vous permettre à vous et aux autres parents de se libérer et de se livrer à des activités la plupart du temps économique.

C’est tellement vrai. Et c’est la réalité. Les parents ont tellement peu de reconnaissance à l’égard des Services de garde. Ils oublient que c’est grâce à ces gens de coeur qu’ils peuvent mener un train de vie tel que le leur.

Les parents ont le pouvoir! Car chacun d’entre nous a le pouvoir, pensons à l’effet 🦋 papillon. Si tout les parents écrive au direction d’école et mettent leur député en copie en disant : les conditions de travail des employés doivent être améliorées, afin de sauver les services publics et éviter la grève. ✊
Aussi a sa question : « J’ignore qui a suggéré cette grève à ce moment-ci de l’année…? » La réalité est que la grève aurait pu être fait avant, les employés/membres ont été patients, mais le premier ministre fait une conférence de presse et paie des publicités avec nos impôts pour dire qu’il n’a pas d’argent 😡😡 selon moi cela est comme se faire cracher au visage. Les membres/employés sont tanner de se faire rire en pleine face avec leur impôt.🤔