Les limites des bons sentiments

« Seize mois et 27 000 entrées irrégulières plus tard, il devient de plus en plus apparent que notre premier ministre a une fois de plus péché par excès d’optimisme dans sa gouverne de l’État. »

Charles Grandmont
Photo : Daphné Caron

«À ceux qui fuient la persécution, la terreur et la guerre, sachez que le Canada vous accueillera indépendamment de votre foi. La diversité fait notre force. #BienvenueAuCanada.»

S’il y a un tweet de Justin Trudeau qui risque de passer à l’histoire, c’est bien celui-là, lancé par un beau samedi après-midi de janvier 2017. Reste à espérer que ce sera pour les bonnes raisons.

À l’époque, Donald Trump mettait à exécution sa promesse de durcir les politiques américaines d’immigration et d’accueil des réfugiés. Justin Trudeau, encore coiffé de son aura de « leader le plus cool du monde libre », en profitait pour réaffirmer haut et fort que le Canada était une terre d’accueil.

Quel succès ! Son tweet a fait le tour du monde. Cet appel destiné à l’origine aux réfugiés a aussi été entendu par tous les migrants en quête d’une vie meilleure. Des dizaines et bientôt des centaines de demandeurs d’asile n’ont pas tardé à affluer au bout du chemin Roxham, en Montérégie. Justin Trudeau s’est voulu rassurant : le Canada dispose des ressources nécessaires pour accueillir de façon sécuritaire ces nouveaux arrivants et évaluer rapidement la validité de chaque demande.

Seize mois et 27 000 entrées irrégulières plus tard, il devient de plus en plus apparent que notre premier ministre a une fois de plus péché par excès d’optimisme dans sa gouverne de l’État.

Il aura fallu que le gouvernement du Québec menace publiquement de limiter les places d’hébergement offertes aux migrants pour qu’Ottawa accepte de donner un coup de pouce à ses services sociaux. Le fédéral a aussi réduit les délais pour l’attribution d’un permis de travail, maintenant délivré en trois semaines.

Cependant, un énorme chantier attend toujours un plan crédible : celui du traitement des demandes d’asile, complètement enrayé. L’enjeu est de taille, car il en va de la confiance des Canadiens envers le caractère juste et équitable des politiques d’immigration du pays.

La Commission de l’immigration et du statut de réfugié n’arrive à statuer que sur environ 2 000 demandes par mois, alors qu’il s’en ajoute 4 000 nouvelles mensuellement. Résultat : la montagne de dossiers en attente s’élève actuellement à près de 50 000, et ne cesse de grossir. Cela fait pourtant près d’un an que l’organisme sonne l’alarme et réclame plus de ressources. Ottawa a annoncé récemment l’ajout de 74 millions de dollars pour accélérer le traitement des cas, mais le mal est fait.

Fin février, la Commission a annoncé qu’elle ne cherchait même plus à respecter son obligation légale de faire un premier tri parmi les demandes dans un délai de deux mois. Le temps d’attente officiel pour atteindre cette première étape frise maintenant les deux ans, et il va continuer de s’allonger dans un avenir prévisible. Au final, un demandeur d’asile pourrait devoir patienter sept ou huit ans avant que l’on statue sur son sort, le temps que l’ensemble du processus soit bouclé.

Si la décision ultime est négative, comme dans environ la moitié des cas, ce verdict à retardement ne fera qu’accroître les dilemmes humanitaires. Sommes-nous prêts à voir se multiplier les appels à l’aide de familles intégrées avec succès, forcées de plier bagage même si leurs enfants, nés au pays, sont citoyens canadiens ?

L’engorgement du système de traitement des demandes n’a aussi rien pour rassurer la part non négligeable de Canadiens qui croient que le pays n’a pas la capacité d’accueillir autant de réfugiés et d’immigrants que le souhaite Justin Trudeau. La meilleure façon de les convaincre du contraire, ce n’est pas de leur prêcher la morale, comme notre premier ministre est parfois tenté de le faire. C’est d’améliorer l’efficacité et l’équité de nos politiques d’accueil.

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9 commentaires
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Enfin le fédéral se sont réveillé (un an plus tard) Permis de travail après 3 semaines. Avant les immigré avait pas le choix d’être sur le B.S pour 1 ans en attende d’un permis de travail

Dire que nous avons du attendre 1 an avant de venir nous installer au Canada. Enquête de sécurité, visite médicale, être francophone et un certain montant en en banque J’ai pensé Le Canada est vraiment un pays sécuritaire qui se préoccupe des demandes d’immigration et nous laisse réfléchir si nous avons fait le bon choix de quitter notre pays d’origine.
Les gagnants de cette immigration massive de pauvres désœuvrés va profiter aux grandes manufactures du Canada une belle main d’œuvre a bon marche favorisé par leur ignorance de la langue et de nos lois.
Avez vous lu dans le devoir l article mémorable de Me Guillaume Cliche-Rivard Vice président du AQAADI. Et en quoi l arrivé massive de Nigérian va arrêter la mutilation génitale féminine. Est ce qu’à la frontière le douanier va demander. Bonjour puisque 40 % de vos femmes sont excisées pensez vous pratiquer ici, juste pour savoir, c’est que c’est pas vraiment dans les mœurs ici mais bref si Mr Trudeau Justin vous dit de venir indépendamment de votre foi on verra ca plus tard. Bienvenue au Canada. Nous mais franchement Mr Cliche-Ricard a part vous faire un bon salaire sur le malheur des autres que vous avez énuméré dans votre article, mais vous avez oublié le Yémen, les albinos en afrique Subsaharienne qui sont tués , le nettoyage ethnique au Soudan, 500 000 tués au Rwanda au printemps 1994 pensez vous que de déraciner un nombre considérable de personnes en peu de temps va faciliter leur intégration et bien non cela va favoriser le communautarisme donc la loi du silence donc des excisions. Les pays occidentaux dit laïques ont permis un épanouissement de leur population. Donc imaginer la répercussion de ce mot FOI qui a traversé l’esprit de notre Premier Ministre. Oui c’est terrible de voir les enfants et des innocents décimés par leur propre concitoyen qui seront eux aussi ces criminels à rentrer par le chemin Roxham. Leur croyance extrême les tue aujourd hui et les tuera ou mutilera encore demain.

Mercredi, j’écoutais l’honorable Louise Arbour au TJ, laquelle voit dans ces phénomènes migratoires une opportunité que ne devrait pas manquer le Canada. Je me suis demandé (malgré le respect) tout en l’écoutant, si elle aurait tenu pareil discours du temps où elle siégeait à la Cour suprême du Canada.

Il est assez probable qu’elle a l’oreille de notre Premier ministre.

Reste que ce qui est remis en question, c’est notre système migratoire. Cela n’affecte pas seulement les demandeurs d’asiles. Cela affecte aussi les immigrants réguliers qui doivent se soumettre à des procédures assez longues et lourdes, onéreuses quelquefois pour pouvoir obtenir une résidence en bonne et due forme au Canada.

Ici nous sommes plutôt dans le concept du « premier arrivé, premier servi…. »

Cela produit en quelques sortes plusieurs classes d’émigrants. Chacune des classes doit se battre pour assurer sa propre survie. Lorsque le Canada n’est pas capable de garantir une vie décente à chacun et chacune de ses concitoyens.

C’est une source de stress, d’embarras, d’anxiété, d’insécurité et de frustration pour tout le monde. C’est un constat d’échec qui attend la plupart des immigrants de toutes conditions et non : les conditions qui permettent de parfaire une bonne intégration.

Nous vivons dans un espace où sur le papier, on aime beaucoup les « classes moyennes », lesquelles pourraient avec l’endettement, connaître plus tôt que nous ne l’imaginions : leur extinction. Nous nous acheminons tranquillement mais sûrement vers une croissance quasi-exponentielle de toutes formes de prolétarisations, ce que facilite cette forme d’immigration « par la porte en arrière » que privilégie l’administration actuellement en charge.

Je ne suis pas sûr que nous puissions conserver indéfiniment ce modèle laxiste, qui pourrait porter irrévocablement atteinte aux vertus sur lesquelles sont fondées les principes et les guides qui naturellement plaisent aux États de droit.

Il est plus que temps que les médias se réveille. Si on avait écrit un article comme celui-la l’an dernier tout de suite on aurait été juger de raciste ou d’intolérant sur la place publique. On ne peut en vouloir au migrants de vouloir amélioré leur sorts… mais a l’incompétence de nos « leaders » politiques de tout les niveaux .

Bonjour

Pendant que nous avons une sainte peur de l’immigration, au Québec, l’Ontario fait le plein de ces bons futur travailleurs. Ils ont le choix et sélectionne la qualité.
Ces nouveaux arrivant commencent à la base et vont gravir les échelons….ce qui est très motivant et dynamisant.
Pendant ce temps, au Québec, nous levons le nez sur cette ressource qui nous manque dans plusieurs secteur d’activité.

Encore une fois regardons le bateau passer sans bouger.

Belle ressource… Des travailleurs qu’on paie au salaire minimum pour des travaux physiquement exigeants que le québécois moyen ne veut pas faire à ce prix.
Et tout cela pour enrichir davantage l’employeur. Profitons-en de cette ressource!

Et lors de la prochaine récession, ce sera ces immigrants sous-payés qui garderont leur emploi, et le québécois moyen de 40-50 ans, trop payé par rapport à l’immigrant nouvellement arrivé, sera mis à pied.

Il faudrait venir voir aussi ce qui se passe en Ontario avant d’affirmer que la province fait le plein de « futurs bons travailleurs ».
Toronto regorge de livreurs de pizza ou de vendeurs dans les dépanneurs et postes à essence bardés de diplômes. Ne parlons pas des chauffeurs de taxi.
Le problème est que ces immigrants n’oseront pas dire publiquement qu’ils sont exploités.
Alors dire que l’Ontario ramasse les « futurs bons travailleurs » c’est un peu comme croire au Père Noël. L’Ontario fait tout simplement le plein de « cheap labour ». Il faut arrêter de croire que les immigrants qui arrivent actuellement en Ontario ont tous des jobs bien payés et qui vont leur permettre de s’élever dans l’échelle sociale.

Le nombre de morts selon le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies établit le nombre à près de 810,000 inventoriés auxquels s’ajoutent un nombre considérable de citoyens qui demeurent encore aujourd’hui disparu.

Ils peuvent s’être réfugiés dans les pays limitrophes mais l’Ouganda est le contraire d’une terre d’asile, les camps permanents au nord du Kenya n’en compte aucun, le Burundi était lui aussi en guerre perpétuelle et deux président furent assassinés durant mon séjour de 1994 à 1996 à Nairobi et Goma pour le compte de l’UNHCR.

La loi sur l’immigration est vieillotte seulement après 17 ans de sa première refonte en 2001, et ce, malgré un grand nombre d’amendements apportés depuis 10 ans mais aussi son nombre de décrets.

Le gouvernement du Canada travaille depuis l’arrivée de monsieur Trudeau à une refonte en profondeur de cette Loi ainsi que règlements s’y afférant et y inclure les nombreux décrets.

La réalité des 10 dernières années a rapidement évoluées et la refonte d’un telle loi est fort complexe, elle doit tenir compte des enjeux des politiques mondiales sur la question ainsi que des aspirations et besoins de notre pays.

La xénophobie envers tout ce qui n’est pas québecois n’est pas d’hier et s’est intensifiée depuis 20 ans chez les 40 ans et plus. Nous en avons vécu toute l’ampleur lors des consultations publiques rogatoires durant la Commission Bouchard-Taylor.

Heureusement que les plus jeunes vivent parmis des migrants en fréquentant les même écoles ce qui leur permet d’avoir un regard totalement différent que celles de leurs parents et grands parents.

Malgré cette hargne qu’ils subissent c’est lorsqu’ils parviennent à l’adolescence qu’ils font mieux la part des choses.