Les Québécois passent à table

69% des Québécois qui ont délaissé le bœuf l’ont fait pour améliorer leur santé, démontre un sondage CROP-L’actualité. Voici l’ensemble des résultats.

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Au cours des 10 dernières années, votre consommation de bœuf…

69% des Québécois qui ont délaissé le bœuf l’ont fait pour améliorer leur santé,
Photo : iStock

69% des Québécois qui ont délaissé le bœuf l’ont fait pour améliorer leur santé, démontre un sondage CROP-L’actualité. Voici l’ensemble des résultats.

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Au cours des 10 dernières années, votre consommation de bœuf…

a augmenté  6 %
a diminué     36 %
est demeurée la même      57 %
je ne sais pas           2 %

 

Hommes

Femmes

A augmenté

7 %

5 %

A diminué

31 %

40 %

Est demeurée la même

61 %

53 %

 

 

18-34 ans

35-54 ans

55 ans et +

A augmenté

11 %

6 %

1 %

A diminué

16 %

37 %

50 %

Est demeurée la même

71 %

56 %

46 %

 

Pour quelle raison principale votre consommation de bœuf a-t-elle diminué ?

Pour améliorer ma santé   69 %
En raison du coût élevé    11 %
Pour diminuer mon empreinte environnementale     8 %
Afin de varier mon alimentation / de goûter à d’autres viandes       4 %
J’aime moins le goût          4 %
Pour limiter la souffrance animale         3 %
Autres            1 %

 

18-34 ans

35-54 ans

55 ans et +

Pour améliorer ma santé

52 %

60 %

80 %

Pour diminuer mon empreinte environnementale

20 %

10 %

3 %

En raison de son coût élevé

11 %

9 %

12 %

Pour limiter la souffrance animale

7 %

4 %

1 %

Afin de varier mon alimentation

2 %

9 %

1 %

 

Vous arrive-t-il d’acheter de la viande biologique ?

Non    77 %
Oui, régulièrement  3 %
Oui, à l’occasion     20 %

 

Région de Mtl

Région de Québec

Reste du Québec

Non

80 %

77 %

73 %

Oui, régulièrement ou à l’occasion

20 %

23 %

27 %

 

 

– de 40 M$

40 – 60 M$

60 – 80 M$

80 – 100 M$

100 M$ et +

Non

80 %

75 %

77 %

66 %

69 %

Oui, régulièrement ou à l’occasion

20 %

25 %

23 %

34 %

31 %

 

Source : Sondage CROP-L’actualité mené par l’intermédiaire d’un panel Web auprès de 1 000 adultes québécois du 19 au 22 janvier 2012.

Des experts commentent les résultats >>

Commentaires d’experts

À notre époque où les gens sont angoissés par leur santé, le bœuf a de moins en moins la cote. «Les campagnes de santé publique visant à diminuer les apports en gras animal dans l’alimentation ont vraiment joué en sa défaveur», commente l’analyste Renée Dubé, associée du bureau d’experts-conseils Zins Beauchesne. Pas moins de 80% des 55 ans et plus affirment que c’est pour cette raison qu’ils boudent la viande rouge.

Pour une petite frange des consommateurs (8%), c’est plutôt le souci de diminuer leur empreinte environnementale qui a motivé ce choix. La production de viande bovine engendre en effet des gaz à effet de serre et exige beaucoup de ressources, notamment du grain et de l’eau puisqu’il faut nourrir ces animaux d’élevage. « Pour l’instant, ce sont seulement les mordus qui s’en inquiètent. Mais face à une problématique importante comme celle des changements climatiques, leurs comportements pourraient peu à peu être adoptés par d’autres segments de la population. C’est ce qui s’est passé avec le recyclage», soutient Renée Dubé.

Cette spécialiste des tendances agroalimentaires affirme que la viande bovine a été victime d’un autre phénomène. «Une plus grande diversité de produits s’offre au consommateur, dit-elle. Des coupes de poulet variées, rapides et faciles à cuisiner, sont aujourd’hui disponibles dans les grandes surfaces. Les comptoirs de poissonnerie offrent des dizaines d’espèces, alors qu’auparavant, les choix se limitaient à de l’aiglefin surgelé et aux bâtonnets de poissons High Liner !»

Les habitudes alimentaires changent, mais peu de gens se soucient du sort réservé aux bêtes. Pour l’heure, seulement 3% des personnes sondées affirment avoir réduit leur consommation de viande pour limiter la souffrance animale. « Dans notre tradition philosophique humaniste, l’être humain est au centre de tout et les animaux sont à son service», commente Élise Desaulniers, auteure du livre Je mange avec ma tête – Les conséquences de nos choix alimentaires. «Le statut moral des animaux est pourtant une question très présente dans la culture anglo-saxonne», poursuit l’auteure et conférencière, elle-même devenue végétalienne pour des raisons d’éthique.

Malgré les préoccupations grandissantes des consommateurs à l’égard de leur santé et de l’environnement, à peine 3% des gens affirment acheter de la viande biologique régulièrement. Cela n’étonne pas du tout Daniel-Mercier Gouin, professeur d’agroéconomie à l’Université Laval. « La majorité des consommateurs continuent à acheter des produits de masse, même ceux sensibilisés à ces questions. Le samedi, vous achetez peut-être des produits de créneau au marché public. Mais sur semaine, vous allez probablement au supermarché ; les chances que vos achats soient des produits de créneau sont alors beaucoup plus faibles.»

Les éleveurs de bovins qui optent pour une production de niche comme le Bœuf Vitalité ou le Bœuf Gaspésie – des bovins nourris de pâturage et élevés sans hormone ni antibiotique – ne font tout de même pas fausse route. «Une petite proportion des gens est prête à payer plus cher pour ce genre de produits et il y a encore de la place sur le marché pour ce genre de production», conclut Daniel-Mercier Gouin.

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