Les vertus de la répétition à l’école primaire

«Selon les chercheurs, c’est le nombre de tests qui compte, pas le temps d’étude. Les enfants ne sont pas notés, “pas question de les classer”.»

Photo: Compassionate Eye Foundation/Robert Daly/OJO Images
Photo: Compassionate Eye Foundation/Robert Daly/OJO Images

Fouineur

Le système éducatif scandinave fait figure de modèle dans le monde (quoique…). La Finlande attire même ce qu’on appelle des «pèlerins de l’éducation». Qu’à cela ne tienne, le phénomène pédagogique du moment vient plutôt d’un coin reculé des Vosges, en France, et il pourrait bientôt débarquer au Canada.

L’«école des savoirs essentiels», grâce à la répétition des notions, fait déjà des miracles auprès de plus de 4 000 élèves des écoles primaires, et de plus en plus d’adeptes chez les enseignants. Alix Renauld et Michel Burlett, deux pionniers, ont confié au Monde voir désormais des «élèves qui réussissent à tous les coups».

À l’origine de cette démarche innovante créée en 2011 se trouve une conseillère pédagogique, Pascale Pocard, qui, soucieuse de comprendre comment fonctionne le cerveau des enfants, a nourri sa réflexion par la lecture d’ouvrages de pédagogues, de psychiatres et de neuroscientifiques.

Il en a résulté une méthode rigoureuse, qui établit des procédés pour mieux apprendre et propose des repères structurés pour mieux enseigner. La recette miracle s’articule autour de quatre principes:

  • Rassurer l’élève pour le rendre disponible à l’apprentissage;
  • En adéquation avec les recherches scientifiques et pédagogiques, respecter le fonctionnement du cerveau de l’élève quand il apprend;
  • Faire acquérir à l’élève les savoirs de base et les consolider avant d’acquérir des savoirs plus complexes;
  • Faire acquérir à l’élève des procédures de travail lui facilitant la compréhension et lui permettant d’être autonome dans ses apprentissages.

Pour bien exploiter la capacité d’attention du cerveau des jeunes élèves, les séances sont limitées à 20 minutes par matière. «Au bout de 20 minutes, on s’assure que tout a été compris par les enfants. L’enseignant vérifie sans cesse que tout est compris pour ne laisser personne en cours de route», a raconté Pascale Pocard à L’Est Républicain.

Et ce n’est pas la seule liberté que l’«école des savoirs essentiels» – qui suit toutefois les programmes du ministère – a prise avec l’apprentissage traditionnel, comme le souligne le portrait du Monde qui est consacré à Pascale Pocard.

«Elle conseille de n’enseigner qu’une notion à la fois, de souligner son utilité et de réinterroger la classe au moins trois fois en deux jours. Car, selon les chercheurs, c’est le nombre de tests qui compte, pas le temps d’étude. Les enfants ne sont pas notés, “pas question de les classer”.»

Cette méthode a d’autant plus le vent en poupe qu’elle s’inscrit dans l’air du temps dans l’Hexagone. Au cœur de la refonte des programmes et de la «refondation de l’école», initiée par la ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem, se trouve la «pédagogie de l’entraînement quotidien et de la répétition».

De fait, les nouveaux programmes de l’école élémentaire font la part belle aux exercices répétés, qui visent également à renforcer la maîtrise de la langue de Molière: en plus des 10 heures hebdomadaires dévolues à l’apprentissage du français, 10 heures supplémentaires sont désormais consacrées à des activités quotidiennes d’oral, de lecture et d’écriture prenant appui sur l’ensemble des champs disciplinaires.

«La maîtrise de la langue, condition de la réussite scolaire et de l’insertion sociale, doit mobiliser toutes les matières. […] Car, oui, la pratique répétée de la lecture et de l’écriture, la discipline exigée par des dictées quotidiennes sont indispensables, comme dorénavant le travail sur le langage oral, essentiel pour la compréhension de la lecture et la capacité à présenter de façon claire et ordonnée une pensée», a affirmé la ministre française.

Les commentaires sont fermés.

Pas encore une autre réforme de notre système d’éducation pleaeaeaese.

On a vu les ravages qu’a causé la réforme Marois au Québec.

Avis aux fonfons du Ministère de lÉducation du Québec: Touchez pu à rien!

Laissez aux parents le soin de parfaire l’éducation de LEURS enfants. Il y a des écoles privées pour ça!

Excellent article. Ce qui est interessant ici, c’est que la démarche est orientée vers les résultats et fait la mesure systématique et continuelle de la compréhension par les élèves. Cette méthode, comme toute autre qui est proposée, doit être testée sur le terrain.

«…..Car, oui, la pratique répétée de la lecture et de l’écriture, la discipline exigée par des dictées quotidiennes sont indispensables, comme dorénavant le travail sur le langage oral, essentiel pour la compréhension de la lecture et la capacité à présenter de façon claire et ordonnée une pensée»,

Mais c’est exactement comme cela que j’ai appris le Français au primaire et au secondaire, à coups d’apprentissage des règles, de dictées, d’exercices, d’analyse de textes, de compositions, de lecture et de la pratique du discours. Cela fait que le petit cahier d’exercices, le seul que, par hasard ou miracle, j’ai conservé dans mes papiers, renferme des dictées de ma sixième année du primaire que trop de diplômés de CEGEP, voire d’université, ne pourraient écrire sans faute. Et le résultat serait probablement pire encore si je mettais à contribution les textes des dictées proposées dans les fascicules mensuels «L’Enseignement primaire» qui étaient les seuls outils dont disposaient nos «maîtresses d’école« pour préparer leurs cours.

À trop vouloir donner dans le «ludique», à refuser d’évaluer, de comparer, on a fini par laisser aller l’essentiel parce que cela n’était pas «facile». Dans toutes ces tentatives de corriger ce qui n’allait pas, des pédagogues fous ont massacré ce qui allait bien. Il y a une expression pour décrire ce genre d’opération. Cela ne s’appelle-t-il pas «Jeter le bébé avec l’eau du bain»?

Et en lisant ce texte ce matin, je me serais cru dans une sorte de remake de «Retour vers le futur» mais à l’envers.

On risque de retourner aux bonnes veilles méthodes du début du XXe siècle; lire, écrire et compter mentalement, en insistant sur la répétition. On aura toutefois laissé tomber la calligraphie, rendue caduque avec l’apparition du clavier QWERTY. Cela donne de bons travailleurs, capables de lire des données, d’additionner et de soustraire la monnaie à la caisse, ou de tirer sur la bonne manette. De bons exécutants de tâches primaires, donc, de l’âge de la machine à vapeur. Mais des emplois de cette sorte, il n’y en a plus. Les tâches routinières sont maintenant confiées à des ordinateurs.
Par contre, force est de constater que la maîtrise de la langue est essentielle. Mais cela requiert plus que de la répétition (rote learning), cela requiert énormément de lecture, des analyses de textes, des exercices de composition, des dissertations et des discussions sur des sujets complexes. Les élèves n’ont pas le temps de faire tout cela durant les heures d’école, ils devront donc faire des exercices à la maison et lire, lire et encore, lire. Mais là, les parents seront les premiers à s’y opposer. « On ne peut pas faire cela à nos enfants, il leur faut du temps en famille et un peu de distractions (entendez jouer sur le petit écran) ! »
Il n’est pas venu à l’esprit de nos pédagogues en goguette que le monde avait changé, avec le numérique, la robotisation, le travail d’équipe, l’adaptation fréquente à des tâches nouvelles, la maîtrise d’autres langues que la sienne.

Wow… je vois beaucoup de gens qui sont des experts en pédagogie dans les commentaires….
NOT.

Vous voulez savoir c’est quoi qui a gâché la réforme?
Entre autre, c’est la contradiction solide entre la nécessité pédagogique d’avoir une grande variété d’activités et de s’adapter aux différences de tous les enfants vs la volonté du ministère (les vrais coupables) de garder des quotas et des évaluations uniformes.

«,,,je vois beaucoup de gens qui sont des experts en pédagogie dans les commentaires…»

«Beaucoup»? Vrai que quand il est question d’éducation, quatre commentaires c’est beaucoup. Un article portant sur les chances du CH de se rendre à «la Coupe» et qui ne générerait que quatre commentaires, ça serait gênant mais ici, il ne s’agit, après tout, que d’éducation alors quatre, c’est bien. Mais avec vous, on est rendus à cinq. Encore cinq de plus, et on s’approcherait d’un record. Mais je rêve, là. 🙂 🙂

Mon commentaire était bien entendu sarcastique, mais le problème, c’est que dès qu’il est question d’éducation, c’est toujours la même rengaine qui ressort: « C’était ben mieux avant » « La réforme a tout gâché »
Les gens ne font qu’entendre ces phrases à tout bout de champ et les répéter sans même y réfléchir.
Heck, le monde comprennent même pas que la réforme en fait, elle n’A PAS été appliquée!

Les gens ne pourraient même pas dire que l’approche mentionnée dans le texte ici est tirée notamment du courant pédagogique du cognitivisme, et réitèrent leurs vieilleries behavioristes! Et ça c’est triste!