L’«état d’esprit» PKP

Voilà donc le Parti québécois doté d’un nouveau chef. Reste à Pierre Karl Péladeau à se montrer à la hauteur des attentes des gens qui ont voté pour lui. Ce ne sera pas facile.

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La famille de PKP, au lancement de sa campagne à la direction du parti. Le couple se mariera cet été. – Photo : Joël Lemay/Agence QMI

Pendant la campagne, il suffisait d’interroger un militant pro-Péladeau pour sentir les espoirs démesurés que ce politicien hors norme suscite. Dans les régions, surtout, ces territoires malmenés par les coupes du gouvernement libéral et l’apparente indifférence du fédéral, les pékapistes veulent croire au sauveur. Celui qui construira le pays. En français. Pour les urbains, mais aussi les ruraux. Et qu’importe si, pour y croire, on doit faire des entorses aux diktats de la raison.

Appelons cela la Pékapérie (c’est plus joli que « Pékapie »). Disons que c’est un état d’esprit.

En Pékapérie, être riche et avoir réussi dans les affaires forge nécessairement un leader politique à succès. Tant pis si la raison laisse entendre que, en politique, il faut savoir faire des alliances et des compromis, rassembler des gens qui ne pensent pas comme vous, défendre des politiques qui vous irritent, mais que votre parti a adoptées.

Tout ça s’apprend, répliquent les pékapistes. Pierre Karl Péladeau est déterminé, discipliné et intelligent. Il apprendra.

Bien sûr. Reste qu’on aura beau donner au joueur de tennis Milos Raonic un bâton de hockey, il ne mènera pas le Canadien à la coupe Stanley. Aussi déterminé et intelligent soit-il. Le sport dans lequel il excelle est trop différent. Et que dire des risques qu’il y a à jouer au tennis les patins aux pieds !

Les êtres humains ont la fâcheuse habitude d’exhiber des attitudes forgées dans l’enfance et la jeunesse, qui ont fait d’eux ce qu’ils sont — et qui changent peu à l’âge adulte.

Pour vivre heureux en Pékapérie, il ne faut pas s’inquiéter des anecdotes qui laissent entrevoir un chef colérique et rancunier. Tous les hommes ambitieux le sont, affirme-t-on. Pour faire un pays, il faut être un carnassier. Et Julie sera là pour arrondir les angles.

Julie Snyder, la conjointe du chef, tient une grande place en Pékapérie. Vedette de la télévision, elle fait courir les foules et attirera des votes, croit-on. Et pourquoi le Parti québécois ne s’essaierait-il pas à la « pipolisation » du politique ? Sans oublier que le chef aux yeux bleus a aussi promis de rendre les Québécois plus riches.

Que le chef du PQ soit l’actionnaire principal du plus grand empire médiatique et culturel du Québec dérange peu en Péka­périe : les Québécois inquiets du conflit d’intérêts ne sont que des jaloux. Après tout, les fédéralistes ont déjà leurs journaux (La Presse, propriété des Desmarais, ou même, croient certains, L’actualité, propriété de Rogers). Pourquoi les souverainistes n’en posséderaient-ils pas ?

Il y a bien quelques partisans pour dire que PKP est un risque. Qu’il pourrait mener le PQ à sa perte en faisant fuir ses forces progressistes vers Québec solidaire. Que rien n’assure qu’il s’emparera des votes de la Coalition Avenir Québec. Mais l’attrait du superhéros est trop grand. Et tant pis si cette campagne, qui aurait dû permettre de faire le plein de nouveaux membres, laisse le PQ avec 70 000 membres, loin des 100 000 d’il y a 10 ans.

C’est normal, me direz-vous, que les habitants de la Pékapérie vivent dans un monde un brin irréel. Ils veulent changer l’ordre établi, sortir de la fédération canadienne, créer un nouveau pays.

Reste que les électeurs à convaincre vivent, eux, dans le pays réel. Pierre Karl Péladeau va devoir ouvrir des autoroutes vers eux et établir un plan d’action auquel ses coéquipiers pourront contribuer. La politique est un sport d’équipe, pas une randonnée cycliste en solitaire où l’on repousse ses limites. La partie est loin d’être gagnée.

* * *

Pour reprendre le pouvoir, le PQ a besoin d’élargir sa base au-delà des 28 % d’électeurs souverainistes inconditionnels. Il doit séduire des électeurs non convaincus pour redevenir une force.

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En bref, je dirais qu’il faudrait en quelques sortes pouvoir conclure que le monde, comme celui qui existait encore dans notre enfance ou du temps de nos parents. Que ce monde est innexorablement en train de se « krisser son camp » pour céder la place à un nouveau monde : celui du populisme téléjournaleux et de la téléréalité. L’humain, c’est bien connu, est essentiellement fait pour se donner en spectacle.

Le Québec de demain, c’est une téléréalité permanente et généralisée dans et pour tous les foyers. Lorsque qui franchement objectivement inconditionnellement subliminalement mieux que Pierre-Karl Péladeau et Julie Snyder pour nous y conduire et nous y amener en un rien de temps ?

Yes, in PKP and Julie we trust ! We are all welcome in PKPérie now ! (French translation perhaps, may be available upon request) 🙂

« Yes, in PKP and Julie we trust ! We are all welcome in PKPérie now ! (French translation perhaps, may be available upon request) 🙂 »

En Français s’il vous plait – Pierre Karl Péladeau

C’est la première fois que je perçois Carole Beaulieu en mission politique de dénigrement. Pourquoi beaucoup de péquistes et de Québécois en générale ne considéreraient-ils pas PKP comme le leader averti en matière économique et de gestion? Il nous a démontré dans son discours de chefferie du parti qu’il savait pourquoi il désirait l’indépendance du Québec et pourquoi les Québécois devraient le souhaiter également.
Aucun pseudo analyste n’a pu démontrer qu’il avait tort. Les opposants se sont plutôt rabattus sur des considérations personnelles ou des allégations de comportement caractériel ou, pis encore, sur des moqueries dévalorisantes.
Les Québécois ne sont pas tous des imbéciles, beaucoup sont capables de comprendre les motivations sous-jacentes des propos de ces prétendus analystes prétendument impartiaux.
J’espère que les médias comprendront que le public les délaisse pour s’informer entre eux. Ils se sentent davantage en confiance dans les médias sociaux.

Voici ci-dessous un début de réponse à vos questions sur les « connaissances » de PKP en économie:

http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/alain-dubuc/201505/22/01-4871821-un-pro-de-leconomie-.php

Extrait:

« Voici comment commençait sa question : « Merci, M. le Président. Le Québec est un pays riche, il se classe 17e parmi les pays les plus riches au monde, il devance même la Suède et l’Allemagne. »

Ces chiffres sont étonnants. Dans le classement de tous les pays, le Québec serait plutôt au 27e rang des plus riches du monde. Si on restreint la comparaison aux seuls pays membres de l’OCDE, il serait plutôt au 19e rang, selon les données colligées par l’Institut de la statistique du Québec. Mais comment a-t-il pu classer le Québec devant l’Allemagne et la Suède ? En interprétant mal des données incomplètes de Pierre Fortin qui n’avaient pas fait l’objet de mise à jour.

Au-delà de la question du rang, cette façon de présenter les chiffres est jovialiste, car elle masque le fait que le Québec est en queue de peloton et ne devance, dans le monde industrialisé, que la Nouvelle-Zélande, l’Italie, l’Espagne et le Portugal. Le nouveau chef de l’opposition envoie en outre un message assez peu cohérent. Pourquoi s’alarmer de la performance économique du Québec si elle est meilleure que celle de l’Allemagne ou de la Suède ? »

Fin de l’extrait.

Etc…etc…et autres inepties du même genre.

Même avec une question écrite à l’avance et probablement discutée et analysée par tout un panel péquiste, histoire de limiter ses gaffes, il trouve le moyen de commettre une multitude d’erreurs et de dire quantité de faussetés.

Et il vous impressionne??? Prend pas grand chose…

Et pour finir: « En politique, les gens ont la mémoire courte. Nous avons eu un sommet économique après la crise, en 2010, à Lévis, présidé par le premier ministre Jean Charest. À la table où se réunissaient leaders syndicaux, représentants du monde des affaires, recteurs et dirigeants d’organismes sociaux, il y avait un grand absent : Pierre Karl Péladeau.

Non seulement était-il absent, mais c’est le matin de ce sommet qu’il avait choisi pour publier sa fameuse lettre ouverte dénonçant le trop grand pouvoir des syndicats. Cette sortie inélégante ressemblait étrangement à une tentative de saboter cette rencontre qui reposait sur les consensus plutôt que sur l’affrontement. Elle était assez virulente pour que l’on puisse douter de sa conversion aux vertus des rencontres socio-économiques et de la sincérité de sa main tendue. »

Monsieur, comme plusieurs économistes d’extrême droite vous leurrer les gens en utilisant la statistique du PIB en soi plutôt que le PIB par habitant. J’accepte vos excuses!

Quelle arrogance complaisante teintée de partisannerie cher Pierre, si vous me permettez.

En 2008, le PIB du Québec s’élève à 248,4 milliards USD à parité de pouvoir d’achat (PPA), soit 19,0 % du PIB canadien. Bien que 94e dans le monde au chapitre de la population pour la même année, le Québec occupe ainsi le 44e rang pour ce qui est de la taille de son économie, derrière la Norvège (40e), l’Autriche (34e), la Grèce (31e), la Suède (30e) et la Belgique (27e), mais devant le Portugal (45e), le Danemark (51e), l’Irlande (53e), la Finlande (55e) et la Nouvelle-Zélande (60e).
Le produit intérieur brut par habitant du Québec atteint, en 2008, 32 051 USD PPA, derrière la France, le Japon et Bahreïn, mais devant l’Espagne, l’Italie et la Grèce. Le Québec occupe ainsi la 27e position en 2008. En tenant compte de l’ensemble du commerce extérieur de biens et de services, y compris le commerce interprovincial du Québec qui vaut 39,6 % des exportations vers toutes les destinations en 2008, les exportations du Québec s’établissent à 51,8 % de son PIB. (Wikipédia)

Le revenu disponible des ménages englobe tous les revenus perçus par les ménages, y compris les transferts provenant des gouvernements, comme l’aide sociale, dont on soustrait les impôts et les cotisations versés aux gouvernements. C’est le revenu dont les ménages disposent pour consommer ou pour épargner, l’argent qui est vraiment dans leurs poches. Il décrit mieux leur situation financière que le produit intérieur brut (PIB) par habitant, une mesure globale dont plusieurs éléments reflètent davantage la prospérité d’une économie que celle de ses citoyens. (La Presse)

Le Québec se situe au 27e rang mondial quant au produit intérieur brut (PIB) par habitant, selon un classement de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) publié le 21 mai 2015. (Argent.Canoe)

D’où vient l’erreur formulée par PKP sur la richesse du Québec?
En soirée, Fortin a fourni des chiffres révisés. Les Québécois arrivent 22es au palmarès, moins riches que les Allemands et les Suédois. Les bas prix au Québec pour l’énergie et les services sociaux procurent un avantage de 8 à 9% pour le Québec. Néanmoins, l’avance de l’Allemagne sur le Québec est de 4% et celle de la Suède, de 5%.
http://plus.lapresse.ca/screens/839f3472-aa39-40e6-b777-7bf28aae791f%7CnPoF9XXcG-RP.html

Qu’on les prenne dans un sens ou dans un autre, les chiffres contredisent les affirmations du chef de l’opposition. Pour une première intervention à l’AN, chapeau!

Oups… désolée pour l’erreur de date.
« Le Québec se situe au 27e rang mondial quant au produit intérieur brut (PIB) par habitant, selon un classement de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) publié le 21 mai 2015. »
Il s’agit de 2014 et non 2015.

Même chose pour moi. Je suis surpris. Il me semble que nous étions habitués à plus de nuance, plus de rigueur de la part de Madame Beaulieu.

« Les opposants se sont plutôt rabattus sur des considérations personnelles ou des allégations de comportement caractériel ou, pis encore, sur des moqueries dévalorisantes. »

La même chose pourrait être dit des opposant de Philippe Couillard de François Legault ou d’Amir Kadhir.

Cette journaliste régurgite sur Pierre Karl Péladeau. Quelle grotesquerie ! Du sophisme et de la démagogie du début à la fin. Dommage que l’Actualité sombre dans le snobisme à la sauve-qui-peut. Vipère !

Le « cheuf » a été trouvé ! Après Bourassa, Duplessis, voilà celui qui assurera la préservation du patrimoine catho-identitaire. Enfin, nous serons à l’abri des tumultes du monde. Bien au chaud. Comme de vieux citrons confits.

« Dans les régions, surtout, ces territoires malmenés par les coupes du gouvernement libéral et l’apparente indifférence du fédéral, les pékapistes veulent croire au sauveur. Celui qui construira le pays. En français. »

Tant mieux s’il fait une percée importante en région. Là où les gens sont si peu sensibilisés au fait que Montréal est en perte de vitesse en ce qui concerne l’usage du français. Le pays du Québec se veut primordial à la survie de notre langue. Il faut absolument que les régions se mobilisent grandement pour le « oui ». Ce sont les régions qui vont nous sauver si jamais nous sommes sauvés un jour !!! Ça prend un appui massif à la cause souverainiste de la part des régions.

Il y a un proverbe asiatique qui dit qu’il vaut mieux voyager le cœur plein d’espoir que d’arriver à destination.

Je ne sais pas si PKP nous amènera à bon port sain et sauf, mais une chose est sûre il suscite de l’enthousiasme et de l’espoir chez certains. Et ça, ça ne s’était pas vu depuis longtemps. Il est très agréable de voir un regain de vie envers la souveraineté. De voir que quelqu’un va en parler de manière à rendre celle-ci plus attrayante. Les Libéraux auront beau démoniser celle-ci, il y aura un interlocuteur en face qui ne sera pas gêner de répliquer qu’ils ont tort. Depuis près de 20 ans que les chefs du PQ n’en parlent que sur le bout des lèvres et qu’ils remettent le référendum aux calendes grecques. Il est désormais de bon ton d’en parler, de l’expliquer et de faire comprendre au monde entier (surtout aux Québécois frileux) que cette idée est une très bonne idée et qu’il serait nettement préférable qu’on emprunte cette route. Après 4 années de misère libérale, j’ai peine à croire que nous ne serons pas tentés collectivement par un vent d’espoir.

Quand t’ arrives a destination , c’ est la réalité! C’ est pourquoi vous les indépendentistes vous préférez voyager plein d’ espoir! Ne vous inquiètez pas vous n’ arriverez jamais a destination!

D’ accord avec vous Mme Beaulieu, les premiers qui devront être conquis par PKP seront les membres eux-même et pas si nombreux! Le volte face spectaculaire de ce magnat de l’ industrie médiatique vers la gauche traditionnelle péquiste et les syndicats me laisse perplexe et sans appétit!

C’ est bien beau les discours sur la protection du modèle québecois, mais la majorité des électeurs n’ achèteront pas cette option sans poser des questions et avoir des réponses précises! Après tout on ne délaisse pas un pays sans avoir des garanties que nous ne seront pas plus pauvres qu’ avant! Tant qu’ a changer 4 trente sous pour 1 piastre vaut mieux le statu quo!
Même si les indépendantistes sont convaincus qu’ ils seront plus riches en cessant d’ envoyer 49 milliards a Ottawa ( quel raisonnement simpliste!) ils sont loin d’ un bilan positif et PKP le sait très bien car il est supposé savoir compter LUI!