L’Halloween, je suis pas sûre

Monsieur le premier ministre, ça fait longtemps que vous n’avez pas « passé » l’Halloween dans une grande ville. Ça paraît. 

Photo : L'actualité

Sauf votre respect, monsieur le premier ministre, je pense que vous ne vous souvenez pas de comment se passe l’Halloween, ou du moins, que vous ne l’avez pas vécu récemment dans une grande ville.

François Legault a annoncé en conférence de presse que l’Halloween aura finalement lieu. Il l’a dit comme il nous a parlé de la fée des dents pendant la première vague. Plein de tendresse. Bon, bien sûr, on s’imagine que François Legault, quand il rêvait de devenir premier ministre, ne s’était peut-être pas imaginé devoir expliquer un jour les rudiments du passage de l’Halloween. J’imagine que ce n’est pas ça qu’il répétait devant son miroir en campagne électorale. Mais nous y voilà, paf, pandémie oblige : le chef d’État doit nous dire que le mieux, pour passer l’Halloween, c’est un gros bol avec de petits sachets pour que les enfants se servent sans trop toucher aux autres petits sacs…

Mais qu’est-ce qu’on vit ?

N’empêche que sa vision de l’Halloween, ou celle de son équipe, ne cadre pas du tout avec la mienne. Je suis mère de trois enfants d’âge primaire, et je ne vous cacherai pas qu’à ce stade-ci, je me considère comme mère professionnelle. Sans rougir, je pourrais vous dire que je suis ministre de la Famille. Reine du foyer, Darth Vader de mon ménage, je respire fort dans l’oreille de mes petits pour les réveiller le matin et j’organise moi-même des conférences de presse dans ma maison quand « Maman est écoeurée de ramasser vos chaussettes ! »

L’Halloween dans un quartier hyper-résidentiel, monsieur le premier ministre, ça ne se passe pas sans les amis, comme vous avez dit que ça devrait se faire cette année. Je ne sais pas si vous comprenez comment fonctionne une école de quartier, mais je n’ai qu’à sortir de chez moi pour croiser tous les amis de mes enfants. Je les élève presque, comme les voisins élèvent les miens. L’Halloween est faite d’innombrables tapons, beau temps, mauvais temps, et Dieu sait que c’est surtout mauvais temps (allô 2019 !). Nous nous retrouvons collés les uns aux autres dans des scènes qui feraient rougir l’heure de pointe de la ligne orange et même la communauté juive hassidique de Boisbriand. [NDLR : la police a dispersé un rassemblement en zone rouge le samedi 10 octobre.] Nous sommes ensardinés.

Ensardinés comment ? Ensardinés comme « une année une mère est montée sur un perron pour crier qu’elle avait perdu son petit lion de deux ans ». Ensardinés au point où les mères perdent leurs enfants.

Alors comment, dans ce contexte, dans les quartiers très résidentiels de Montréal ou des autres villes, là où nous avons fait tellement d’enfants que les écoles de quartier ne savent plus où les mettre, allons-nous pouvoir appliquer votre vision de l’Halloween de la banlieue ou de la campagne ? Je ne sais pas. Est-ce que, dans l’excitation du 31 octobre, sous une pleine lune, j’aurai ce qu’il faut pour expliquer à mes trois monstres comment respecter les consignes ? Je n’en ai pas l’impression. Est-ce parce que vous savez que le risque de contamination de cette tranche d’âge est faible dehors que vous l’autorisez ? Ou est-ce parce que le provincial vient de pelleter ça dans la cour du municipal ? Allez-vous laisser à madame Plante le soin de trouver les règles réelles pour Montréal ? Assistera-t-on à la scène du gentil papa qui veut et de la méchante maman qui doit dire non ?

Je n’en sais rien, mais, comme mère de famille, je suis bien contente que mes enfants puissent avoir un bout de ce qui est normal en 2020. Cela dit, sauf votre respect, l’Halloween que vous avez décrite en conférence de presse n’est malheureusement pas celle que je connais.

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L’Halloween, je suis pas sûre
Chère Léa, les normes sont édictées pour être suivies. On ne peut pas les enfreindre. Par contre, quand on n’est pas sure, mieux vaut les restreindre par soi-même et pour soi-même. Sans blâmer personne. Vous ne croyez pas?

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Madame arrêtez d’avoir peur pour vos enfants, laissez les vivre un peu. Il serait bon que vous preniez un moment pour lire et écouter autres chose que ce qui vient de Montreal ou des journalistes de RDI et surtout TVA. Ouvrez-vous au monde extérieur. Et réfléchissez un peu et posez de meilleures questions et plus pertinente. Comme sur la gestion du système de santé du Québec qui est dans le trouble depuis plus de 20 ans.

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Bonjour!
C’est certain que l´Holloween 2020 ne sera comme les Holloweens de votre passé mais 2020 n’est pas une année comme les autres!

Alors juste pour une année, voilà le temps de vous renouveler ,de réinventer,de personnaliser votre Halloween!
C’est certain que les enfants auront bien des idées malgré certaines restrictions imposées.
Il ne faut pas en faire tout un plat!
Faisons donc place autrement au plat de bonbons et autres gâteries!

Joyeuse Halloween!👻🎃👻

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La grande difficulté avec tout ça c’est qu’au Québec on a raison d’avoir perdu confiance dans les autorités car nous avons la situation la pire au pays et que les politiciens semblent prendre les décisions au lieu de la santé publique. Ailleurs, il est clair que ce sont des professionnels de la santé et des experts qui prennent les décisions ici, ça semble toujours être le Premier Ministre. En temps de pandémie, il me semble que les parents vont prendre de très grands risques en laissant les enfants passer l’halloween, un risque non seulement pour leurs enfants mais aussi pour eux mêmes car on sait que le virus est très résistant sur les objets. Moi, je ne prendrais pas de chances et si j’étais un expert en pandémie, je doute fort que je dirais à mes compatriotes de prendre ce risque.

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