Libérer les données de la RAMQ? «Je n’ai aucun problème avec ça», dit le ministre Barrette

Le ministre de la Santé du Québec se dit ouvert à l’idée de rendre publiques les données de facturation des médecins.

Photo: Jacques Boissinot/La Presse Canadienne
Photo: Jacques Boissinot/La Presse Canadienne

Ce que facture votre médecin doit-il rester secret? C’était le titre d’un reportage publié dans L’actualité l’automne dernier, qui montrait à quel point le Québec traîne la patte, en Amérique du Nord, en matière de transparence.

Aux États-Unis, par exemple, les régimes publics de santé Medicare et Medicaid rendent désormais publiques des informations détaillées sur les actes et les sommes facturées à l’État par chacun des médecins du pays.

Pour la première fois, le ministre de la Santé du Québec s’est dit ouvert à emboîter le pas au voisin américain et à rendre publiques les données de facturation des médecins. «Je n’ai aucun problème avec ça», a dit Gaétan Barrette en entrevue à L’actualité, à condition que l’anonymat des patients reste protégé. C’est le cas aux États-Unis, de même qu’au Manitoba et en Colombie-Britannique, deux autres États qui divulguent des données sur la rémunération des médecins.


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L’automne dernier, la vérificatrice générale du Québec avait dénoncé, dans un rapport accablant, le manque de contrôle exercé par la Régie de l’assurance maladie dans la rémunération des médecins, à qui l’État versera cette année plus de sept milliards de dollars. «La RAMQ ne prend pas suffisamment en compte les risques d’erreur ou de fraude relatifs à la rémunération des médecins, alors que celle-ci représente 62 % de ses dépenses de programmes», écrivait la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc. Celle-ci s’étonnait du fait que certains médecins facturaient par exemple des actes pour 90 patients dans une seule journée, ou disaient suivre jusqu’à 4 000 patients par an, sans faire l’objet d’aucune vérification de la part de la RAMQ.

Ces révélations avaient fait grand bruit et forcé le gouvernement à agir. Une commission parlementaire étudie présentement le projet de loi 92, qui accorde plus de pouvoirs d’enquête à la RAMQ. «S’il y a des mailles dans le filet de la RAMQ, qu’elles soient colmatées», dit le ministre Barrette.

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« Manitoba et en Colombie-Britannique, deux autres États » … comment dire, des provinces plutot, non ?