Libérez les pharmaciens

Ils peuvent donner une bouffée d’air au système de santé !

Photo : Pierre Maning
Photo : Pierre Maning

Imaginez pouvoir renouveler à la pharmacie votre ordonnance de médicament contre l’hypertension sans avoir à consulter un médecin – et sans devoir attendre pendant des heures dans une clinique sans rendez-vous ! C’est désormais possible en Alberta.

Et pourquoi pas au Québec ? demande Diane Lamarre, la nouvelle présidente de l’Ordre des pharmaciens du Québec. « Les pharmaciens travaillent en première ligne. Ils pourraient contribuer davantage encore à la réduction de l’engorgement dans les urgences. »

Depuis 2007, l’Alberta leur permet de renouveler et de modifier des ordonnances, de prescrire certains médicaments et de vacciner des patients. Le Nouveau-Brunswick, pour sa part, leur a accordé en 2008 le droit de renouveler et d’adapter des ordonnances. La Colombie-Britannique a fait de même cette année. Et avec la menace de la grippe A (H1N1), elle souhaite maintenant que ses pharmaciens puissent donner des vaccins.

« Le Québec prend du retard », dit Diane Lamarre, 54 ans, également présidente de Pharmaciens sans frontières – Canada et professeure agrégée de clinique à l’Université de Montréal. Il faisait pourtant figure de pionnier lors de l’entrée en vigueur de la loi 90, il y a six ans. Depuis, les pharmaciens peuvent prescrire la « pilule du lendemain », un contraceptif d’urgence. Ils peuvent aussi amorcer une médication (par exemple, le timbre antitabagique) ou modifier un traitement. Mais ils doivent d’abord obtenir l’autorisation d’un médecin, qui leur délègue ce pouvoir. Trop peu de médecins acceptent de le faire, selon Diane Lamarre.

La présidente de l’Ordre comprend les réticences des médecins, mais croit qu’il faut donner davantage d’autonomie aux pharmaciens. Ceux-ci peuvent participer à la prise en charge des malades chroniques qui souffrent, par exemple, d’hypertension ou de diabète. « Ils peuvent jouer un rôle important. »