Foi et science: l’impossible alliance

C’est pour se donner une crédibilité nouvelle que la religion cherche tant à se rapprocher de la science, dit l’historien des sciences Yves Gingras. Mais le mariage est impossible, prévient-il.

Galilée affirmait que la Terre n'était pas le centre de l'Univers et qu'elle tournait autour du Soleil, et non l'inverse, ce qui lui a valu d'être condamné par l'Église. (Image: Deagostini/Getty Images)
Galilée affirmait que la Terre n’était pas le centre de l’Univers et qu’elle tournait autour du Soleil, et non l’inverse, ce qui lui a valu d’être condamné par l’Église. (Image: Deagostini/Getty Images)

Livres, colloques, revues spécialisées, fonds de recherche et bourses richement dotées : les appels au rapprochement entre science et religion sont devenus « une industrie », s’insurge l’historien des sciences Yves Gingras dans son dernier livre, L’impossible dialogue : Sciences et religions (Boréal et Presses universitaires de France).

Pourtant, montre-t-il dans cet ouvrage solidement documenté, les conflits entre science et religion sont « indéniables ». La condamnation de Galilée par l’Église, en 1633, en est l’exemple emblématique : avec d’autres savants, le physicien italien affirmait que la Terre n’est pas le centre du monde et que c’est elle qui tourne autour du Soleil, pas l’inverse. Mais cet exemple est loin d’être le seul. Et il n’y a pas que les catholiques pour remettre en cause, encore aujourd’hui, certaines explications scientifiques de la nature.

L’actualité a rencontré Yves Gingras à l’Université du Québec à Montréal, où il est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire et sociologie des sciences.


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L’Église a condamné Galilée, mais c’était il y a près de 400 ans. Et elle l’a réhabilité en 1992. Pourquoi continuez-vous à parler d’un « impossible dialogue » ?

Parce qu’un dialogue présuppose qu’on échange sur les mêmes phénomènes. Or, à l’époque de Galilée comme à la nôtre, la science et la religion ont deux objets d’étude complètement différents. La théologie, c’est l’étude rationnelle de Dieu, qui est surnaturel. La science, c’est l’étude rationnelle de la nature. Elle dit les faits, par exemple que l’homme est un descendant d’un autre mammi­fère. Si la religion reconnaît ces faits — que l’homme n’a pas été créé tel quel par Dieu —, elle passe d’une lecture littérale des livres à une lecture métaphorique. Mais il n’y a pas eu dialogue pour autant. Si la religion dit qu’on ne peut pas étudier la nature sans tenir compte de Dieu, il n’y a pas non plus de dialogue. Ce sont deux ordres de choses.

Une opinion répandue chez les historiens des sciences veut qu’on ait exagéré, même inventé, le conflit entre science et religion. Vous prétendez exactement le contraire…

Il existe un courant, essentiellement en milieu anglo-saxon, qui prône un discours, disons, œcuménique. Selon ces historiens, qui appartiennent souvent eux-mêmes à des groupes religieux, il faut cesser de dire qu’il y a opposition entre science et religion, et plutôt parler de dialogue, de conversation. Mais ils laissent de côté tout ce qui ne fait pas leur affaire. Par exemple, que l’Église a mis des livres scientifiques à l’Index pas seulement au temps de Galilée. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l’Index en avait contre l’astronomie. Aux XIXe et XXe, contre le matérialisme et l’évolutionnisme. Au Québec, dans les années 1910, le médecin Albert Laurendeau, qui défen­dait les idées de Darwin, a dû se plier à l’interdit de l’évêque de Joliette, Mgr Archambault, qui le menaçait d’excommunication. En 1950, Pie XII a dit ne pas interdire les discussions sur l’évo­lution mais, poursuivait-il, « à la condi­tion que tous soient prêts à se soumettre au jugement de l’Église ». Ce conflit est tellement présent, depuis 400 ans, que j’ai consacré un chapitre entier de mon livre à « la science censurée » par les institutions religieuses. Le rôle de l’historien, ce n’est pas de faire de la morale, c’est de rappeler des faits.

«On peut avoir des croyances religieuses personnelles et, par ailleurs, faire de la vraie science. Il faut distinguer l'individu croyant de l'institution scientifique», dit Yves Gingras. (Photo: Émilie Tournevache/UQAM)
«On peut avoir des croyances religieuses personnelles et, par ailleurs, faire de la vraie science. Il faut distinguer l’individu croyant de l’institution scientifique», dit Yves Gingras. (Photo: Émilie Tournevache/UQAM)

Au fil des siècles, Dieu est passé « du centre à la périphérie des sciences ». Vous dites même qu’il y a eu « divorce ». Le mot n’est-il pas trop fort ?

Il est exact. Ceux qui veulent faire un remariage tentent un coup de force. La science est ce qu’elle est parce qu’elle est devenue autonome. Après avoir bloqué l’astronomie, la théologie a essayé de bloquer la géologie, quand Charles Lyell a dit, au début du XIXe siècle, que la Terre avait plusieurs millions d’années, et non pas 6 000 ans.

Ce divorce, c’est d’avec toutes les religions ?

La science moderne est née au XVIIe siècle dans le monde chrétien. Il est normal que ce soit là que le conflit se soit déclaré et développé. Mais à partir des années 1980, avec la remontée des fondamentalismes, on voit la même chose dans la religion juive, dans l’islam et chez les évangélistes chrétiens. Dans les religions monothéistes fondées sur un livre, Bible, Coran ou Torah, il est toujours possible d’en faire une lecture littérale, ce que font, dans les trois cas, des minorités fondamentalistes parfois très actives.

La remise en question de la science ne se fait plus par l’Inquisition, mais par des groupes de pression. Aux États-Unis, les créationnistes s’oppo­sent depuis un siècle à l’enseignement de l’évolution dans les écoles. Je cite une prof de physique en pays musulman qui se faisait dire encore récemment par des étudiants que la vitesse de la lumière est infinie parce que c’est écrit dans le Coran, alors que cette vitesse est une constante et qu’elle est de 300 000 km par seconde, pas plus.

Comment expliquer la montée de cet « œcuménisme », de ces tentatives de rapprochement ?

D’abord, par la volonté de l’Église catholique et de Jean-Paul II, élu pape en 1978. Dès l’année suivante, il affirme qu’on croyait que le catholicisme est opposé à la science, mais qu’il n’en est rien. Selon lui, il faut régler le cas de Galilée pour rétablir un véritable esprit de dialogue. Il relance donc le procès de Galilée et le réhabilitera en 1992, pour le 350e anniversaire de son décès.

Un autre élément d’explication est la fondation John Templeton, créée en 1987 par le milliardaire américain du même nom. La lubie de ce fondamentaliste chrétien, c’est que la science doit être au service de la spiritualité. Il a donc donné des millions à ceux qui disent qu’il peut y avoir dialogue, notamment en finançant la publication de plusieurs livres sur le sujet. Il a aussi fondé un prix doté d’une bourse supérieure à celle du prix Nobel [environ 1,5 million de dollars américains, contre moins de 1 million pour le Nobel 2015]. Mais quand on lit les textes de la fondation, on voit bien que c’est un dialogue de sourds. Le journaliste scientifique John Horgan est allé observer les réunions de la fondation et n’y a vu aucun dialogue. Les scientifiques présents lui ont dit vouloir être polis avec les gens qui les avaient invités. Qu’ils n’allaient donc pas leur dire, par exemple, qu’il n’y a aucun rapport entre la cosmologie et la création de l’Univers par Dieu. La fondation Templeton dit distribuer 60 millions de dollars par an. Si la foi déplace les montagnes, l’argent le fait encore plus facilement.

Pourquoi la religion cherche-t-elle tant à se rapprocher de la science ?

Pour se donner une crédibilité nouvelle. Aujour­d’hui, la science occupe une place prédomi­nante dans l’espace public, son image est forte. Dire que foi et science ne s’opposent pas, c’est inférer qu’il est rationnel de croire en Dieu, ce qui n’est pas défendable du point de vue de la logique. Le mot clé, c’est concordisme : cette approche veut démontrer que les textes sacrés concordent avec les connaissances scientifiques. Pour les concordistes musulmans, toute la science moderne est déjà dans le Coran. Pour le pape Pie XII, le big bang concordait avec la façon dont la Bible décrit la création du monde dans un fiat lux, que la lumière soit.

Comme si la religion voulait profiter de l’aura de la science ?

C’est ce que fait la fondation Templeton, entre autres avec son fameux prix. Le philosophe de McGill Charles Taylor [celui de la commission Bouchard-Taylor], expert en philosophie politique mais pas vraiment en histoire des sciences, a reçu le prix Templeton en 2007. Il a alors déclaré que le divorce de la science et de la religion avait causé du tort aux deux — sans toutefois donner un seul exemple du tort causé à la science, tout simplement parce qu’il n’y en a pas. Mais la fondation a utilisé la crédibilité de Charles Taylor pour donner du poids à son concordisme. Chose curieuse, dès 1926, le frère Marie-Victorin avait écrit précisément le contraire : « À toutes les époques, les tentations concordistes ont nui à la religion aussi bien qu’à la science elle-même. »

Vous êtes un admirateur de cette grande figure de la science que fut Marie-Victorin. Or, il était… un frère des Écoles chrétiennes. N’est-il pas la preuve que science et religion ne s’opposent pas ?

Non, il est plutôt la preuve qu’on peut avoir des croyances religieuses personnelles et, par ailleurs, faire de la vraie science. Je le cite dès la première page de mon livre : « Il faut laisser la science et la religion s’en aller par des chemins parallèles vers leurs buts propres », sans chercher à tout prix « l’harmonie » entre les découvertes scientifiques et les croyances religieuses. En fait, c’est de la confusion intellectuelle que de mêler les deux. Il faut distinguer l’individu croyant de l’institution scientifique. On peut être croyant et ne jamais invoquer Dieu dans une explication scientifique.

Contre la montée du religieux et de l’irrationnel, vous faites « le pari de la raison »…

Thomas Huxley, surnommé « le bouledogue de Darwin » parce qu’il a défendu vigoureusement ses idées après son décès, a inventé le mot « agnostique » au milieu du XIXe siècle. L’agnostique ne peut se prononcer ni sur l’existence ni sur l’inexistence de Dieu. La science n’est pas athée ou déiste, elle est agnostique. Elle est le fruit de la raison. Quand on voit, dans certaines communautés fondamentalistes américaines qui refusent les vaccins, des taux de mortalité infantile supérieurs à ceux de certains pays pauvres, on doit faire prévaloir la raison et la science. Bien sûr que celle-ci peut être critiquée, pour la bombe atomique ou pour la pollution. Mais ce n’est pas moins de science qui réglera les problèmes sociaux, économiques et environnementaux. C’est plus de science, plus de raison.

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12 commentaires
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Au debut tout ceci a ete cree par des hommes et les verites ne sont pas toujours bonne a dire,mais pour les religions si on regarde tout ca de pres avec une recherche assez aprofondie on se rend compte que tout sort de la bouche d,un humain,maintenant est-ce que c,est une pure verite,j,ai de tres gros doutes ,le judaisme est la methode de depart de toutes ces croyances,le catholicisme,l,islamisme etc…on ete cree par des hommes,(prophetes) verite ou mensonges seul eux le savent,pour mon compte mes recherches m,ont demonter que ce son des imposture-mensonges et la plupart de l,humanite a mordu et cru dans ces balivernes,fantasmes de pseudo-prophetes en une recherche de pouvoir sur ces semblables quelle belle supercherie des Dieux cree de toutes pieces par des hommes……..

La question posée par cette interview reste encore de savoir si un dialogue est possible, probable ou encore souhaitable entre ce qui relèverait du domaine de la science et de celui de la religion. Si une sorte de « nouvelle alliance » pourrait en résulter. Cette question en fin de compte, est-elle si fondamentale que cela ? Ou si chaque chose peut poursuivre tranquillement son petit bonhomme de chemin pour ici paraphraser le frère Marie-Victorin auquel se réfère Yves Gingras ?

Il est d’usage lorsqu’on veut démontrer l’impossible conciliation de la science et de la religion qu’on fasse mention de Galilée. Si ce n’est que les bases de la théorie soutenue par Galilée ont été échafaudées cent ans plus tôt par Nicolas Copernic (Mikołaj Kopernik) dont les travaux avaient reçu la bénédiction du pape Paul III. Cette théorie héliocentrique ayant été également confirmée à la même époque par Johannes Kepler.

Galilée va peut-être un peu plus loin que ses prédécesseurs en ne plaçant pas le Soleil au centre de l’Univers, toutes choses étant relatives, mais ce n’est pas ce « détail spatial » qui lui vaudra sa condamnation.

Alors faut-il voir dans la condamnation par l’église de Galilée une condamnation pour sa science ou une condamnation politique ? Parce qu’il était natif de Toscane (Pise) non loin de la turbulente République de Florence — qu’il rejoignit à l’époque du lancement de sa théorie pour y compléter ses observations -, laquelle fut souvent en conflit ouvert (et parfois sanglant) contre la papauté. On connait aussi les déboires et les tribulations de deux florentins célèbres : Dante et Machiavel pour leurs positions. Lorsque de très nombreux conflits ont marqué l’Italie jusqu’à son unification par Garibaldi.

De plus Galilée était le protégé de Christine de Lorraine, démontrant la perte d’influence politique de l’église catholique romaine dans cette région. Le cas de Galilée est plus indissociable de la situation politique qui a prévalu en Italie pendant des siècles que de la science proprement dite. Une réalité, tout comme une sorte de dualité qui aura marqué profondément l’esprit de la Renaissance.

Les thèses scientifiques de Galilée étant d’ailleurs couramment admises après la mort de Paul V. — Ce qui vaut à Galilée d’être condamné une seconde fois par l’église en 1633, c’est sa tentative de vouloir établir une sorte de dialogue entre le système ptolémaïque adopté par l’église orthodoxe et le système copernicien.

C’est ce dialogue « improbable » qui est considéré comme une hérésie. Ce qui en soit n’est pas faux d’un point de vue même scientifique. On peut conjecturer qu’il s’agissait ici, plutôt d’une querelle au sein même de l’église catholique romaine qui opposait traditionnellement aux jésuites — plus ouverts aux progrès sociaux et scientifiques – le reste de la Curie romaine. Il n’y a donc pas rejet au chapitre théologique du bienfondé des recherches scientifiques entreprises par Galilée. C’est plutôt un aléa de plus quant à la prééminence du pouvoir dans le monde chrétien, ce que René Descartes assimile à une « cabale ».

Ce genre de querelles et autres conflits d’intérêts jalonnent pratiquement toute l’histoire de la chrétienté sur toutes sortes de sujets.

Depuis presque la nuit des temps… pratiquement, tous systèmes confondus, le Soleil et Dieu n’ont toujours fait qu’un de de toutes les façons. Toutes les évolutions ou ce que nous considérons comme telles, résultent intrinsèquement d’une combinatoire de révolutions. La seule alternance du jour et de la nuit, des saisons et j’en passe, façonnent toute notre de vie.

Qui peut et quelle forme de science pourrait dire avec certitude que le Soleil n’existe pas ou qu’il ne brille pas ou que les corps célestes ne nous influencent pas ? Ce qui nous conduit tous invariablement dans une autre direction : la lumière ; qui cette fois-ci relève d’une dimension métaphysique puisque pour pouvoir se déplacer en même temps qu’elle, faudrait-il pouvoir devenir une forme qui permette d’accéder à un véhicule qui permette ce genre de déplacements. Et si tel véhicule existait, je doute fort qu’il soit seulement l’invention de l’humain.

Une religion indique un chemin vers Dieu, la science (tente d’) explique(r) comment sont constitués les objets qui nous entourent. Même pour ce qui est dans notre entourage immédiat, la science n’explique pas le monde dans toute sa complexité et si certains croient ce moment proche cette croyance n’est elle même en rien scientifique.Etre réellement scientifique suppose de garder à l’esprit que ce que l’on a découvert jusqu’à ce jour possède 2 propriétés indissociables :
– Ce sont les seuls éléments qui ont été validés par une démarche rationnelle.
– Une remise en cause par un élément nouveau peut toujours arriver.
Sans une prise en compte de ces 2 faits, la démarche ne serait être scientifique.Or rejoindre Dieu est supposé certain pour le croyant.
Cependant, il faut bien noter que prouver l’existence de Dieu au travers d’une expérience scientifique avec les critères d’aujourd’hui est inutile et vain, il est tout à fait possible d’être un excellent scientifique et d’être croyant à la fois car être un scientifique ne définit pas totalement un individu.
D’ailleurs par le passé, chercher Dieu a quelques fois mené à découvrir notre monde.
Enfin, ne pas oublier que l’Eglise Catholique propose un chemin vers Dieu et qui dit chemin implique un balisage. Si ce balisage se fait barrière, ce qu’il s’est passé au cours des siecles passés, c’est la censure….mais aujourd’hui il serait bon de se rappeler que si l’on détruit la barrière parce ce qu’elle nous contraint, si on perd le chemin on n’arrive plus nulle part, d’ou l’intérêt de conserver un balisage non contraignant.
La science peut nous permettre de mieux baliser le chemin justement ou à l’opposer de le perdre.

Pourquoi vous en tenir au christianisme? Vous devriez aussi considérer les religions modernes qui remplissent nos médias et nos vies. J’en nomme trois, entre autres: l’écologisme, le féminisme et l’égalitarisme. Comme toutes les religions, ces mouvements avec leurs institutions ont leurs dogmes, leur révélation, leurs prophètes, leurs missionnaires et leurs prosélytes. Comme les religions, ils essaient de donner à leurs arguments une scientificité qui les rende plus « sérieux » aux yeux de la masse des gens, s’assurant ainsi que les contradicteurs sérieux et crédibles ne soient pas entendus.

Et pourquoi ne nommer que ces trois là spécifiquement? Et plusieurs aspects de ces dogmes, comme vous dites, sont bien appuyé par des faits. Vous faites dans le religieux?

Pour être religieux faut d’abord avoir la foi. Mais qu’est-ce que la foi??
Exemple: Si le pape affirme que le fin du monde arrivera à 15 h un jeudi de mai, avoir la foi c’est d’y croire.
Si j’ajoute que seul le pape peut arrêter le processus de cette fin du monde en autant qu’on lui envoi une paye complète de votre salaire, un bon croyant le ferait.
Alors vivre la foi. ça nourrir les parasites de ce monde.

Dans un monde particulièrement statique, la religion expliquait l’univers et l’homme n’avait pas à se poser de questions s’il adhérait à telle religion. Les empires duraient souvent plus de mille ans alors que depuis l’ère scientifique l’humanité est en pleine ébullition et en développement. Par exemple une personne née en l’an mille n’aurait aucun problème à comprendre le monde si elle revenait 500 ans plus tard, en 1500 alors qu’une personne née en 1500 ne reconnaîtrait plus le monde si elle revenait en 2000.

La religion est incompatible avec la science car la religion connaît la vérité infuse et ne questionne pas ses dogmes alors que la science reconnaît qu’elle ne sait rien et cherche toujours à aller plus loin. Par ailleurs la science dépend beaucoup des pouvoirs politiques et financiers car la recherche est très dispendieuse et les chercheurs doivent obtenir les ressources pour la mener à terme. Si les autorités politiques ou les mécènes ont un parti pris religieux, il est probable que la science va écoper et que la recherche dans certains domaines ne pourra se faire.

Un autre livre intéressant sur le sujet: « Sapiens – Une brève histoire de l’humanité » de Yuval Noah Harari.

Il est réconfortant de voir que quelque fois des voix s’élèvent pour rappeler quelques vérités. Les scientifiques, certainement trop absorbés par leurs recherches, ne sortent pas assez souvent dans les médias, ni ne parlent assez fort pour que leurs messages soient entendus et compris. Effectivement il ne peut y avoir ni alliance, ni discours entre la foi et la Science.
Il ne peut pas y avoir recouvrement des magistères (position développée par Stephen Jay Gould sous l’acronyme anglais NOMA – Non-Overlapping Magisteria). Il ne peut donc y avoir même un léger chevauchement alors que certains tentent indéfiniment une façon de relier la cosmologie moderne et une interprétation religieuse de l’Univers. Il est inutile de rechercher une quelconque explication globale qui permettrait de rendre compatible les deux discours.
C’est lorsque la séparation entre les croyances religieuses et la recherche de la connaissance, lorsque « l’ancienne alliance a été rompue », comme le disait Jacques Monod, que la Science a pris son essor. La Science est née d’une émancipation par rapport aux textes « sacrés ». La Science relève d’une méthode et non pas de croyances ancestrales. L’être humain doit donc composer avec les données que la Science met sur la table, avec une Science avérée et établie qui lui permet de conceptualiser cet Univers qui lui apparait si étrange mais qui ne lui fait plus tout à fait peur.
On dit que toute croyance naît le jour où le premier charlatan habile rencontre le premier ignorant. Il exploite la crédulité de ce dernier pour s’imposer et assurer son pouvoir.
Ainsi est née, entre autres, – hors les religions -, l’astrologie qui est fondée sur une multitude de croyances et de superstitions et qui ne perdure que grâce à l’innocence de ceux qui la subissent. Si j’en parle ici, c’est que l’astronomie (qui est une Science) est souvent invoquée par ces charlatans pour soutenir leur point de vue.
Hélas, toutes ces croyances participent, par leur démarche irrationnelle, à l’inculture scientifique du public. C’est le béotisme que Renan décrivait comme « le bas niveau intellectuel dû au manque d’esprit critique ». D’ailleurs en 1890 paraît son livre l’Avenir de la science, où il affirme la déchéance du surnaturel, la primauté du savant et proclame la Science religion de l’avenir (dans le sens religare).
L’alternative est donc : croire sans rien comprendre, ou chercher à comprendre et ne plus croire! Soit le choix entre le règne de l’obscurantisme ou le règne de la recherche, de la Science et de la connaissance.
Il faut donc que les scientifiques se prononcent et s’expriment sur ces croyances car ils disposent des « grilles d’analyse » leur permettant de conclure que celles-ci sont de fausses sciences et que leurs prédictions sont erronées et infondées.
Toutefois le créationnisme, qui attribue à une quelconque entité la naissance du monde et de l’homme mais qui voit la Science faire reculer, petit à petit, les limites de son domaine, a développé une nouvelle théorie déviante, plus subtile. Elle nous vient des États-Unis.
C’est « l’Intelligent Design » ou « dessein intelligent » et cette théorie tente de nous présenter ses arguments de manière plus scientifique. C’est l’hypothèse selon laquelle certaines observations de l’Univers et du monde du vivant sont mieux expliquées par une cause intelligente que par des processus non dirigés tels que la sélection naturelle.
Mais alors que le modèle scientifique de l’évolution est corroboré par des faits observables et reproductibles, comme les mécanismes des mutations ou de la sélection naturelle entre autres, l’hypothèse du « dessein intelligent » ne repose que sur des éléments qui ne peuvent être ni reproduits ni observés, et celle-ci ne répond donc pas au principe de réfutabilité de Karl Popper qui dit qu’une théorie ne peut être qualifiée de scientifique que si elle permet des prédictions pouvant être invalidées par l’expérimentation.
En introduisant une explication externe, le « dessein intelligent » ne respecte pas non plus un autre principe scientifique, celui du « rasoir d’Ockham », qui peut se formuler ainsi : « les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité. » ou selon une formulation plus moderne « les hypothèses suffisantes les plus simples sont les plus vraisemblables ». Ainsi cette théorie crée une entité accessoire pour expliquer un phénomène sans que cela apporte de lumière supplémentaire.
Cette hypothèse du «dessein intelligent» ne fait d’ailleurs pas l’unanimité dans les milieux religieux, certains considérant que la démarche scientifique n’est pas censée être mise sur le même plan que le dogme, et certains dogmatiques, inversement, considèrent qu’une « vérité révélée! » ne requiert pas de preuves d’ordre scientifique. Enfin et surtout, la démarche adoptée par les tenants du « dessein intelligent » s’oppose à la démarche scientifique en ce qu’ils ne tentent pas de démontrer que leurs arguments sont valables mais demandent à leurs détracteurs de prouver qu’ils ne le sont pas.

Là je ne peux pas vous suivre. Argumenter avec des références du début du 20e Siècle ne peut être valide après que 2 dictatures parmi les plus immondes (le nazisme et le communisme euro-asiatique) ne se soient appuyés sur une vision -certes faussée- des découvertes scientifiques et de la rationalité en commettant les pires attrocités. Il est cependant exact qu’un scientifique s’il invoque Dieu dans une théorie scientifique sort actuellement de son domaine car si Dieu appartient à l’inconnu;il est probable que ce n’est pas demain que nous arriverons à prouver scientifiquement la présence de Dieu dans l’Univers même s’il devait y être présent.Le scientifique explore tous les domaines inconnus pour découvrir comment est fait notre environnement mais tenter d’examiner l’étendue du domaine de recherche devrait nous inciter à rester modeste vis à vis de ce qui reste potentiellement à découvrir. Il suffit de comparer le savoir du début du XXe siècle avec le notre pour se rendre compte du chemin parcouru. Donc, invoquer Dieu dans une hypothèse scientifique fait sortir cette hypothèse du domaine scientifique mais l’en exclure totalement positionne l’auteur de cette posture dans une situation de fermeture peu propice à la découverte scientifique.

Dans le dernier siècle la science a fait des avancées spectaculaires. Dans ses rangs se trouvait des scientifiques athées, agnostiques et croyants. Pour ne rien entraver à cette belle progression il faut garder un esprit ouvert et admettre que la science ne peut tout expliquer. Louis Pasteur a dit: » Un peu de science éloigne de Dieu, mais beaucoup y ramène ». Ainsi le scientifique croyant qu’il y a une Intelligence derrière l’univers ne fera jamais obstacle à une démarche rationnelle et éprouvée,mais devant l’émerveillement de ses découvertes il dira … »Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. Tes oeuvres sont admirables. Psaume 139:14

J’AURAIS AIME QUE L’AUTEUR DE SE DOCUMENTAIRE NOUS PARLE DE SCIENTIFIQUES CROYANT AU LIEU DE CHERCHER LA DIVISION APPARENTE.DES SCIENTIFIQUE COMME EINSTEIN ,NEWTON ,PASCAL ET BIEN D’AUTRE ON SU CONCILIER LEUR FOI ET LA SCIENCE . MAIS AUJOURD’HUI LA SACRO SCIENCE FAIT LA MEME CHOSE QUE L’EGLISE A UNE CERTAINE EPOQUE `…HORS DE MES IDEES POINT DE SALUT.. CURIEUSEMENT DE GRAND MATHETICIEN ON DIT QUE L’UNIVERS ETAIT TELLEMENT PARFAITES QU’ILS ETAIT PRESQUE IMPOSSIBLE DE CROIRE QU’IL N’Y EST PAS UN ETRE SUPERIEUR DERRIERE TOUT CA .. ET C’EST SUREMENT BPOUR CETTE RAISON QUE PLUSIEURS SCIENTIFIQUE ONT SU CONCILIER LA SCIENCE ET LA FOI….CUX QUI S’Y OPPOSE C’EST SOUVENT PARCE QUE LEUR CONSCIENCE EST REMIT EN CAUSE DE FACON TRES PERSONNEL.

Les oeuvres du physicien et théologien américain Ian G. Barbour (1923-2013), entre eux « Religion and Science: Historical and Contemporary Issues », traitent des relations entre la science et la religion et aident beaucoup à comprendre leur interactions.