Maîtres de notre destin ?

Entendre Philippe Couillard dire aux Québécois qu’ils ne peuvent choisir un modèle de diversité qui les distingue de leurs voisins sans en payer le prix économique, « parce qu’ils fonctionnent dans un contexte nord-américain », a dû glacer le sang d’une partie des troupes libérales et fouetter celui des caquistes !

Le tragique incendie de L'Isle-Verte rappelle cruellement aux Québécois que la population vieillit. Et qu'assurer sa sécurité aura un prix. Choix déchirants en vue pour le prochain budget du gouvernement (Photo © Ryan Remiorz / PC)
Le tragique incendie de L’Isle-Verte rappelle cruellement aux Québécois que la population vieillit. Et qu’assurer sa sécurité aura un prix. Choix déchirants en vue pour le prochain budget du gouvernement (Photo © Ryan Remiorz / PC)

Entendre Philippe Couillard dire aux Québécois qu’ils ne peuvent choisir un modèle de diversité qui les distingue de leurs voisins sans en payer le prix économique, « parce qu’ils fonctionnent dans un contexte nord-américain », a dû glacer le sang d’une partie des troupes libérales et fouetter celui des caquistes !

Il n’y a pas si longtemps — en 1990 —, un chef du Parti libéral du Québec (PLQ) galvanisait ses militants en disant : « Quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse, le Québec est […] libre et capable d’assumer son destin et son développement. »

Un autre avant lui proposait de faire ce qui était jugé comme un anathème alors en Amérique du Nord : nationaliser l’électricité. Ce choix allait ouvrir une ère de prospérité pour les Québécois.

Déjà que le PLQ reculait dans les sondages, voilà que Philippe Couillard arrache aux militants la torche qui, au pays de Louis Cyr, a si souvent illuminé le chemin vers la victoire : cette idée que les Québécois peuvent se forger leur propre destin, qu’ils sont la branche de l’Amérique qui parle français, qu’ils peuvent affirmer leur différence.

Que la mise en garde de Philippe Couillard soit juste ou pas n’est pas le problème. En politique, les perceptions comptent plus que d’avoir raison. Couillard doit armer ses troupes avec plus qu’un crucifix et des menaces de déclin économique pour cause de société distincte.

Maintenant que le PLQ faiblit dans les intentions de vote, il y a fort à parier que les libéraux ne renverseront pas le gouvernement Marois en février, comme leurs stratèges l’avaient brièvement envisagé. Le Québec échappera aux autobus de campagne coincés dans le blizzard. Voilà le scrutin reporté au moins au printemps, en avril peut-être. Profitons de ce répit pour réfléchir.

Le tragique incendie de la maison de retraite de L’Isle-Verte, en plus d’endeuiller toute une région, a rappelé aux Québécois que la population vieillit et qu’ils auront à faire des choix déchirants.

Installer des gicleurs dans toutes les résidences pour personnes âgées du Québec, réparer des ponts et des routes, ouvrir l’université au plus grand nombre, encourager les entrepreneurs à exporter, réduire le taux de chômage des immigrants… Les défis ne manquent pas. Mais les ressources sont insuffisantes.

Voilà pourquoi il est crucial que le gouvernement Marois dépose un budget avant d’appeler le Québec aux urnes. Les gens ont le droit d’avoir un portrait clair des finances publiques avant de voter. Le Québec n’a pas eu de nouveau budget depuis 15 mois !

Le gouvernement serait également mal venu de solliciter la confiance de l’électorat avant d’avoir entendu tous les mémoires sur le projet de Charte des valeurs, qui déchire l’opinion. Il a aussi intérêt à faire adopter le projet de loi concernant les soins de fin de vie, qu’une majorité de Québécois appellent de leurs vœux.

Avant de décider s’ils peuvent ou non se payer des gicleurs, les contribuables voudront aussi savoir qui s’est servi dans l’assiette au beurre ! Laissons donc à la commission Charbonneau le temps qu’il faut pour achever son œuvre.

Au prochain scrutin, les Québécois voudront choisir des chefs courageux, qui leur diront la vérité sur les finances publiques et mobiliseront leur fierté autour d’un projet qui, même s’il demande des sacrifices, ne reniera par leur détermination à rester maîtres de leur destin. Même en matière de diversité !

+

Des études comme celle de HEC Montréal montrent que l’économie du Québec crée trop peu de richesse pour financer les services publics. Lire à ce propos le billet de Pierre Duhamel en cliquant ici.

 

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3 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Vous étiez presque bien parti !
Les 4 derniers paragraphes qui fessent dans le tas comme une technique simpliste et vlan ! Un article inutilement propagandiste.
La CAQ c’est mort ça !

Quand c’est rendu que même leur Jacques Parizeau panique au sujet de l’économie du Québec, c’est qu.on est VRAIMENT, mais VRAIMENT dans le trouble:

http://www.journaldemontreal.com/2014/02/09/ca-prend-un-remede-de-cheval

Out la Charte de la Honte et un budget au plus vite car des mesures draconiennes s’imposent pour remettre le Québec sur les rails.

La gauche social-démocrate nous a dirigé droit dans le mur avec son « modèle québécois » que personne au monde n’imite et il est grand temps de « scrapper » cette aberration pour la remplacer par un modèle qui fonctionne: celui des Américains ou celui du Canada Anglais.

réduire le taux de chômage des immigrants

Facile a faire. On n’a qu’à couper de moitié le nombre d’immigrants, ce qui nous ramènerait au taux américain
Hélas, meme le Pq ne le fera pas.
Pourquoi?
Voici ce que j’ai entendu
On ne voulait pas réduire le nombre d’immigrants parce que trop d’immigrants sont à la porte et attendent d’entrée!
Trop d’immigrants parrainent leur famille. si on réduit le nombre, ils vont attendre plus longtemps;
La ministre a plié.
On est rendu la. Nos politiques d’immigration ne font pas faites pour remplir les besoins du Québec. Elles sont faites pour remplir les besoins des immgrants.