La marche des femmes contre Trump attire des milliers de personnes à Montréal

(Photo: Graham Hughes/PC)
Le 21 janvier, dans plusieurs villes du monde dont Montréal, des milliers de personnes se sont rassemblées pour protester contre l’inauguration de Donald Trump. (Photo: Graham Hughes/PC)

L’appel de solidarité lancé par la marche des femmes de Washington a trouvé écho à Montréal, samedi, où plusieurs milliers de personnes se sont réunies pour dénoncer le nouveau président des États-Unis, Donald Trump, qui a parfois eu des propos grossiers et misogynes à l’égard des femmes.

Alors que se déroulaient des événements dans plus de 600 villes à travers le monde, les Montréalais ont afflué vers le centre-ville pour entendre des discours de plusieurs féministes, dont l’animatrice Pénélope McQuade, la journaliste Sue Montgomery et la politologue Élisabeth Vallet.

Dans une ambiance festive, les Montréalais avaient apporté leurs pancartes aux slogans plus colorés les uns que les autres, dont «Garde tes petites mains loin de nos droits» et «Nous ne devons pas être trop dépeignés». D’autres portaient une citation célèbre de l’ex-rivale de Donald Trump, Hillary Clinton, qui avait déclaré dans les années 1990 que «les droits des femmes sont des droits de la personne».

Une autre femme avait amené un chandail sur lequel il écrit écrit «Nasty Women» («Femme méchante») — un qualificatif qu’avait utilisé M. Trump pour parler de son adversaire démocrate.

L’événement avait commencé par un chant autochtone pour souligner la mémoire des femmes autochtones disparues ou assassinées — comme pour rappeler que les droits des femmes sont aussi menacés au Canada et au Québec.

C’était d’ailleurs le message de plusieurs militantes: la frontière entre les États-Unis et le Canada ne nous protège pas de ces écueils.

«Je suis ici pas seulement pour manifester contre un homme, parce que ce serait tellement simple de réduire ces valeurs misogynes, machistes, cette vision du monde moyenâgeuse à un seul homme. Ce serait trop facile de circonscrire ça à des frontières», a témoigné Pénélope McQuade.

Élisabeth Vallet, une analyste bien connue de la politique américaine, a rappelé pendant son allocution que le Canada «avait la politique de sa géographie», et qu’en «agissant pour celles qui vivent au sud de la frontière», les Canadiennes agissent pour elles aussi.

«Les sirènes de populisme vont chanter chez nous aussi et nous devons avoir conscience que nous sommes toutes à risque de reproduire le modèle que nos mères et nos grands-mères ont connu», a-t-elle ajouté.

D’autres manifestants se sont dits inquiets qu’un mouvement inspiré de Donald Trump puisse se transporter au Canada.


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«On voit la droite qui devient de plus en plus forte en Europe, aux États-Unis, donc c’est sûr que j’ai peur un peu avec le Parti conservateur qui fait sa course», a témoigné Joseph, l’un d’entre eux.

«Même si ça ne se passe pas ici, c’est quand même à côté. Qui que ce soit qui est mis à un poste si important, dans n’importe quel pays, qui amène une négativité à l’endroit des droits des femmes, c’est dangereux parce que ça vient normaliser les injustices sociales», a renchéri Julie Mollard, une jeune manifestante de 20 ans.

Si le rassemblement visait à défendre les droits des femmes, il semblait y avoir autant d’hommes sur place.

Andrew Plank tenait à venir en appui à ses deux filles et à sa femme. «Ce qui affecte les femmes nous affecte tous. Si on regarde tout ce qui est attaqué aux États-Unis — Planned Parenhood, les droits sur l’avortement, les droits sur la contraception — toutes ces choses ce sont des inégalités. Et les inégalités, c’est le problème de tout le monde», a-t-il expliqué en anglais.

Le rassemblement montréalais a aussi attiré quelques Américains.

Sasha, une manifestante qui a vécu aux États-Unis avant d’arriver à Montréal, dit comprendre ce que c’est de «lutter pour ses droits», en raison de ses origines russes.

«Je crois qu’il y a beaucoup de monde aux États-Unis qui sont fâchés et qui ne se sentent pas écoutés. Ils sont prêts à faire n’importe quoi pour se faire écouter, même si cela va leur nuire», a-t-elle soutenu.

Dixie, une mère de famille new-yorkaise voulait s’évader de son pays en vue de l’investiture de Donald Trump pour faire une «sabbatique autothérapeutique», mais elle souhaitait en même temps s’impliquer dans la marche pour les femmes.

«J’ai cherché sur Google ce qui se passait dans le monde, j’ai trouvé le site internet et j’ai vu que Montréal faisait partie de la liste. C’était important de me joindre à ce mouvement de solidarité», a-t-elle affirmé.

D’importantes manifestations se sont également déroulées ailleurs au Canada.

A Toronto, la police a estimé le nombre de protestataires à au moins 6000 personnes. Des tramways ont dû patienter à certaines intersections tant l’affluence était dense.

Dans la capitale nationale, entre 6000 et 8000 personnes sont descendues dans la rue pour participer à une manifestation qui s’est amorcée au monument des droits de la personne.


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Les commentaires sont fermés.

Hey…les féministes…à quand une VRAIE marche des femmes contre les pays musulmans qui répriment VRAIMENT les droits des femmes? Hein?

Complètement ridicule et qui témoigne de la bêtise humaine, de la mentalité de troupeau et de l’influence de médias biaisés incapables de la moindre perspective.

Au fait, combien d’artistes et de féministes enragé(e)s américain(e)s qui ont déclaré vouloir déménager au Canada si Trump était élu l’ont fait?