Les mannequins et l’hypersexualisation des adolescentes

L’hypersexualisation des jeunes filles est un problème qui ne se résume pas à la perversité des hommes.

«Sait-on vraiment faire la différence entre une femme et une fille dans une image publicitaire, ou les cartes sont-elles juste trop brouillées?»

C’est l’excellente question que pose Lili Boisvert dans un billet du blogue Originel de Radio-Canada.

La preuve par l’exemple. Voyez la photo publiée dans Harper’s Bazaar Brésil de la mannequin Thairine Garcia, dont le vêtement voile à peine les seins.

Photo © Zee Nunes / Harper's Bazaar Brésil
Photo © Zee Nunes / Harper’s Bazaar Brésil

Au moment de la publication du cliché, dans le numéro de février 2012 du magazine de mode, la Brésilienne née le 09 décembre 1997 venait de fêter ses… 14 ans.

Mais l’hypersexualisation des jeunes filles — qui «encourage pratiquement la pédophilie», selon la mannequin québécoise Rachel Blais — est un problème qui ne se résume pas à la perversité des hommes.

Car le plus étrange, note Boisvert, est que la photo de Thairine Garcia et les autres publiées dans son billet l’ont été «à l’occasion de campagnes publicitaires s’adressant aux femmes adultes qui ont une carrière et un véritable pouvoir d’achat».

Pourquoi donc ? «On veut que les consommatrices se projettent dans cette image de femme sexy, à la beauté intemporelle», dit la blogueuse.

Considérant que l’espace public est truffé d’images «réductrices de la femme», le gouvernement du Québec a organisé quatre forums régionaux en guise de consultations avant de faire des propositions pour lutter contre les effets pervers de cette hypersexualisation, qui entraînerait des «conséquences sur la santé psychologique, physique et sexuelle des jeunes filles et des adolescentes».

Selon The Model Alliance, un organisme qui défend les droits des mannequins aux États-Unis, 55 % des mannequins commencent leur carrière entre 13 et 16 ans. De manière globale, 87% des mannequins se sont vues demander de se dénuder lors d’une séance photo, et 30% ont été victimes de gestes déplacés sur leur lieu de travail.

Les commentaires sont fermés.

Des femmes veulent trop souvent ressembler à des modèles très difficiles à égaler, qui ne sont pas nécessairement ce qu’aimeraient les hommes, pour ne parler ici que d’un seul aspect de la question, et qui n’est pas sans importance…