Mendier est désormais illégal en Norvège

Les municipalités du pays auront de nouveau le droit de bannir les clochards de leurs rues. Une mesure qui cible principalement les Roms.

Photo © Peter Parks / AFP / Getty Images
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La Norvège, pays du progrès social ? Pas si l’on se fie à la loi interdisant la mendicité, qui a été adoptée par Oslo le 17 juin, rapporte Le Figaro. Une décennie après l’application d’une politique de tolérance, les municipalités du pays auront de nouveau le droit de bannir les clochards de leurs rues à compter de cet été, avant la mise en vigueur d’une interdiction nationale prévue à partir de l’été 2015.

Il s’agit là d’un retour en arrière, puisque la mendicité était illégale dans le pays jusqu’en 2005, date à laquelle l’ancien premier ministre social-démocrate, Jens Stoltenberg, avait mis fin à l’interdiction. Mais depuis les législatives de 2013, la question est revenue au centre des débats. En cause : le nombre croissant de Roms arrivant à Oslo ces dernières années. Selon le ministère norvégien de la Justice, sur les 194 mendiants dénombrés dans la capitale, en 2012, seuls 7 étaient norvégiens. «Les autres étaient principalement des ressortissants roumains», d’origine rom, dit-on.

La presse norvégienne s’indigne que la loi pénalise avant tout les Roms : «Cela touche les plus démunis de la société, et, en réalité, l’interdiction juge d’emblée toute une minorité», note le journal local norvégien Bergens Tidende (BT), adapté par le Courrier international.

Le Parti du progrès (FrP, formation de droite et anti-immigration) a également joué un rôle important dans l’adoption de cette mesure. Le ministre de la Justice norvégien, Anders Anundsen, justifie cette loi en invoquant «un lien» entre la mendicité et la délinquance. Selon le gouvernement, criminaliser la mendicité, c’est «donner à la police les meilleurs outils pour lutter contre le crime organisé», rapporte le journal Aftenposten.

La répression envers les mendiants n’est pas unique à la Norvège. Le Figaro rappelle qu’en France, les villes de Nice, Montpellier et Chartres ont déjà eu recours à des mesures semblables. Le quotidien français cite également le Danemark et la Grande-Bretagne, où la mendicité est officiellement interdite depuis 1824, mais n’est pas passible d’une peine d’emprisonnement, comme ce sera le cas en Norvège (en plus d’une amende). À Montréal, le règlement municipal interdisant la mendicité a été abrogé en 1993.