Nous et nos faux bilans

« Les bilans me font rire parce que je ne les trouve pas réalistes. En fait, je trouve que l’on n’a pas à s’imposer des résultats basés sur le temps dicté par le calendrier. » Les réflexions de fin d’année de Léa Stréliski. 

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Pourquoi fait-on des bilans ? Tout le temps. À chaque année. On se met à résumer l’année. À regarder en arrière. À revoir tout ce qu’on a fait de nos 365 jours. Comme si le temps, la vie, était réellement cadré autour d’un calendrier. On l’a bien vu cette année à l’Halloween, les dates, ça se change. Quoi ? L’Halloween est le 31 octobre depuis les dinosaures ? Meh, il pleut, moi je dis qu’on remet ça au lendemain.

Les dates se changent. L’heure se change aussi. On ne sait pas trop pourquoi. Pourquoi change-t-on l’heure déjà ? Pour accommoder les fermiers du 19e siècle ? Vaguement. Pour qu’il fasse nuit à 14 h 30 en novembre et que le mois des morts soit encore plus pénible à vivre ? On le sait plus. Toujours est-il que le temps se change. On peut bouger les aiguilles de l’horloge. Tous ensemble. S’entendre sur ce principe que la grille dans laquelle nous avons classé le temps se change.

Pourtant, dès qu’approche la fin de l’année ou notre anniversaire, vient le temps de se dire que le calendrier est très important et qu’à cette date-là tu dois regarder ta vie du haut d’un arbre et te demander si tu avances dans la bonne direction. Comme si au coup de minuit, tout allait s’effacer. Comme si le lendemain matin, alors que le chiffre sur le calendrier a changé, tu allais te sentir complètement différent. Et qu’un chapitre allait réellement se fermer dans ton grimoire.

Les années s’accumulent en moi comme les hivers. Je les supporte de moins en moins. Ça n’est pas le temps qui passe que je ne supporte pas, c’est l’accumulation des cycles. La répétition. Refaire le même manège chaque année. Je le connais le punch du 31 décembre. Je le sais que j’ai l’âge d’aller me coucher. D’attendre minuit comme une Cendrillon fatiguée qui a hâte de retrouver sa citrouille et sa robe en haillons parce que mon dieu c’est plus confortable.

Les bilans me font rire parce que je ne les trouve pas réalistes. En fait, je trouve que l’on n’a pas à s’imposer des résultats basés sur le temps dicté par le calendrier. Nous avons tous un rythme, un temps qui nous appartient. Selon ce qu’on est. Et ça me semble beaucoup de pression de penser que la grille du temps concorde avec notre grille personnelle. En 2020, je nous souhaite de revenir à nous et de moins nous baser sur des grilles extérieures qui ne nous correspondent pas. Essayez et vous en ferez un bilan un jour aléatoire de l’année. Celui que vous choisirez. Parce qu’il fait beau.

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Comment et par quoi définir le passage du temps ?

Du passage des saisons nous sommes passés au passage des ans. Chaque année détient ses sections et ses sous-sections. Pour chacune des sections nous devons rendre des comptes et avec les comptes vient l’heure des bilans.

Sous la houlette du pape Grégoire XIII, le 15 octobre 1582, Rome décidait d’imposer son propre découpage temporel en rapport direct avec le calendrier religieux, ceci s’avérait alors pour les États pontificaux seulement. L’année commençait en mars et non le 1er janvier. Ce qui est singulier, c’est que ce sectionnement du temps est devenu presque universel. Il est employé partout par défaut.

Pourquoi avons-nous adopté et conservons-nous toujours l’année telle qu’initiée par le Vatican ?

Si l’on regarde l’adoption de ce calendrier qui prime sur tous les autres, cela est pratiquement incompréhensible, d’autant plus incompréhensible dans une époque qui se veut laïque ; un calendrier conditionné par les célébrations catholiques lequel offre des mois de durées inégales et un mois de février tronqué.

Combien de gens pourtant seraient prêts à choisir une année de 13 mois ? Commencer l’année avec le printemps ? Renoncer au traditionnel 25 décembre et au tonitruant « Bye Bye » du 31 décembre juste avant minuit ?

— Alors en fin de compte à quoi servent les bilans et à qui profitent-ils ? Sommes-nous comptables de quoique ce soit ?

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