Nouvelle orthographe : vaincre les résistances

Non, simplifier l’orthographe du français ne mènerait pas à un nivellement par le bas. Voici pourquoi.

Montage L'actualité

Pour cette quatrième chronique sur la rationalisation de l’orthographe, le temps est venu de répondre aux objections. Ma principale inspiration est l’essai Orthographe : qui a peur de la réforme ?, de Georges Legros et Marie-Louise Moreau. Ces deux linguistes belges démontent les arguments de la résistance en 20 pages brillantes, qui devraient être une lecture obligatoire dans les cours de français.

Résumons d’abord ici les quatre changements qui font consensus chez les tenants d’une réforme :

1) Remplacement des lettres grecques et latines (ph, th, rh, œ, par exemple) par leur équivalent français (f, t, r, é, eu) ;

2) Généralisation des s finaux au pluriel (chevaus) et au singulier (dous) ;

3) Élimination des consonnes doubles en fin de mot ;

4) Simplification de la règle du participe passé.

Les deux auteurs font valoir que cette rationalisation n’aurait aucune répercussion sur le charme et la beauté de la langue et ne priverait nullement les élèves de l’accès aux classiques. Il n’y aurait ni « nivellement par le bas » ni déclassement de ceux qui maîtrisent les anciennes règles. Cette rationalisation suivrait, au contraire, l’évolution naturelle de la langue. Et, oui, les gouvernements peuvent agir et doivent agir. Parce que cette réforme n’est pas un gadget, mais une nécessité sociale.

Rappelons ici le principe fondamental : il ne faut pas confondre orthographe et langue. Les deux notions sont distinctes. Simplifier l’orthographe ne change rien à la langue. Les auteurs donnent pour exemple ces deux vers tirés du Nicomède de Pierre Corneille, publié en 1651.

« Ie ƒçait que les Romains qui l’auoient en oƒtage
L’ont enfin renuoyé pour un plus digne ouurage. »

(Le ƒ, appelé s long, se prononçait comme le s.)

Aujourd’hui (selon les conventions orthographiques de 1835), ça donne ceci :

« Je sais que les Romains qui l’avaient en otage
L’ont enfin renvoyé pour un plus digne ouvrage. »

Qu’on lise l’une ou l’autre version à voix haute, la prononciation est la même. C’est la même langue. La différence réside dans les conventions orthographiques, qui suivaient leur temps (et qui ne le suivent plus). Et notez au passage que les simplifications proposées sont assez modestes, puisqu’elles n’auraient aucun effet sur les deux vers en question.

Quant à l’argument de l’accès aux classiques, il ne tient pas la route. Le pauvre étudiant qui tombe sur une édition ancienne de Corneille doit déjà se débrouiller avec des i, ƒ et u à la place des j, s et v. Qu’est-ce que ça lui ferait de lire une vieille édition de Michel Tremblay avec des lettres grecques ou des x à la fin des mots ? Rien. Et puis, les éditeurs sont parfaitement capables de rééditer Corneille ou Tremblay selon la nouvelle orthographe : ils l’ont fait et ils le referont quand il y aura une « piastre à faire ». (Sur le strict plan des affaires, ils devraient être les premiers promoteurs d’une réforme.)

Le nivellement par le bas : un faux argument

Le principal épouvantail contre la réforme est celui du nivellement par le bas : la simplification de l’orthographe « pour faire peuple » ne ferait qu’accélérer la dégradation de la langue !

Les lamentations sur la baisse de niveau sont de tout temps. Casanova, en 1797, annonçait que le français deviendrait un « patois » que les « bons écrivains n’utiliseraient jamais ».

En fait, le nivellement par le bas a déjà lieu : le maintien de complications « immuables » qui provoque l’échec de masse, le décrochage, des troubles de la lecture et l’insécurité linguistique. C’est cela qui tire tout le monde vers le bas. Et comme je l’expliquais dans la précédente chronique, il ne sera jamais possible de faire mieux, parce que cette norme a été pensée précisément pour être inaccessible à la masse. Tant que l’on s’obstinera, on continuera à dépenser des milliards de dollars d’argent public sans résultats probants.

C’est le grand linguiste belge Jean-Marie Klinkenberg qui soulignait que l’école, par son mandat démocratique, n’a pas pour mission de servir de camp de sélection des champions de l’orthographe. L’école devrait donner à chacun les outils pour bien pratiquer sa langue. Certes, elle doit valoriser l’effort pour des notions utiles, mais sa réflexion pédagogique ne devrait pas non plus s’appuyer sur le fait que l’orthographe est une fatalité.

La responsabilité du politique

Mais l’orthographe que nous avons n’est-elle pas l’« usage » ? Réponse rapide : non. Le précepte de base de l’orthographe française est, depuis quatre siècles, que l’usage est roi. Sauf que ce dernier est devenu un alibi pour ne rien faire. Vérifier l’usage supposerait des échantillonnages réels. Mis à part Usito de l’Université de Sherbrooke, aucun dictionnaire de langue française n’a jamais fondé son travail sur un véritable échantillonnage. Au contraire, les linguistes qui étudient l’usage réel constatent des écarts très importants entre l’usage fantasmé et l’usage réel, lequel est, dans les faits, très proche des propositions citées plus haut.

Puisque l’orthographe se veut unique, son évolution supposera forcément une action étatique, donc politique. Le politique peut-il dicter la langue ? Il le fait déjà à travers les textes officiels et la décision de ce qui est enseigné.

Comme le soulignent fort justement les deux linguistes belges, c’est le politique qui a créé l’Académie française. Quand cette Académie s’est avérée déphasée par rapport aux connaissances linguistiques, la France, la Belgique, le Québec et la Suisse ont constitué des organes professionnels, comme l’Office québécois de la langue française et les divers « conseils supérieurs » ou « délégations générales ». Leur travail est d’agir sur la langue, et la plupart commencent à s’inquiéter sérieusement du marasme orthographique actuel.

Ce qui manque au politique, c’est le signal social. Comme tout le monde a été endoctriné par rapport à la fixité de la langue, les associations et syndicats d’enseignants, mais aussi les grands regroupements de parents, de citoyens ou de psychologues, jouent mal leur rôle. Ceux qui ont conscience du problème s’autorisent rarement à dénoncer publiquement les ravages causés par une norme écrite malade et à appeler l’État à intervenir. Nous dépensons des milliards à mal enseigner une orthographe déphasée qui produit des pathologies de lecture, l’insécurité linguistique et l’échec scolaire. On ne peut pas vouloir constamment réformer l’enseignement sans s’interroger sur la validité de ce que l’on enseigne : ça n’a pas de sens.

Il faudra peut-être qu’un gouvernement prenne l’initiative, comme l’avait fait le Québec en 1979 pour la féminisation des titres et fonctions, avant de rallier les Belges, les Suisses et les Français à sa norme. Les Belges sont actuellement les leaders sur la question de la rationalisation.

Nos gouvernements, comme les grands acteurs sociaux, gagneraient à étudier le cas des hispanophones, qui systématisent depuis des siècles l’évolution de leur langue en révisant périodiquement son orthographe. Bref, il n’y a aucune raison de ne pas instaurer pour le français, comme pour l’espagnol, une tradition de mise à jour périodique de l’orthographe. (Je vous expliquerai ça en détail dans une autre chronique, c’est fascinant.)

Il n’y a pas beaucoup d’objections valables à une rationalisation de l’orthographe. D’abord, tout est prêt. Les linguistes ont déterminé les quatre principaux chantiers. Les listes sont faites et tout le travail est basé sur des enquêtes et des échantillonnages réels produits avec de l’argent public. Les gouvernements qui voudraient procéder n’auraient plus grand-chose à faire.

Rien ne sert de « désapprendre »

Mais il faudra aussi expliquer très clairement que ce projet de rationalisation ne vise pas à déclasser ceux qui ont appris les règles anciennes et à les leur faire désapprendre. Il s’agit simplement d’en tolérer de nouvelles qui viendraient se superposer aux précédentes pour les remplacer complètement après une ou deux générations. Comme le dit si bien le linguiste français Claude Gruaz, l’un des principaux penseurs de cette réforme, ce qui est logique ne devrait jamais être une faute.

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Juste une question : pourquoi l’auteur de ce texte s’est-il enquiquiné à le rédiger dans une langue écrite qu’il juge absconse, au lieu de prêcher par l’exemple et de le faire dans le français pour les nuls qu’il prône? Peut-être n’a-t-il pas lui- même « s’abaisser » à cela?

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C’est peut-être à cause de ma formation scientifique, mais j’aime bien la logique et je considère que simplifier l’écriture de la langue en éliminant les exceptions et « l’accord du participe passé avec avoir » serait un pas dans la bonne direction.
Il y a déjà eu des réformes dans d’autres langues dans le but d’en simplifier l’écriture. Alors pourquoi cette obstination à ne pas vouloir qu’on améliore le français écrit ?
Va-t-on devoir devenir extrêmement dépendant des logiciels de correction toute notre vie ?

Michel Belley
Rédacteur en chef, revue Le Québec sceptique.

Michel, je ne sais pas si simplifier est synonyme d’améliorer. Ensuite c’est pas parce que le voisin l’a fait qu’on doit faire pareil, c’est peut-être une erreur que de faire le mouton et de suivre le troupeau.
Aussi, les logiciels de correction, à moins de ne pas savoir écrire, nous n’en sommes pas dépendants, personnellement ces logiciels me sont utiles parce que soit j’inverse les lettres sur le clavier, soit je tape la touche d’à côté et donc le mot est souligné en rouge et c’est plutôt pratique, ça ne me corrige pas d’une faute de français mais d’une faute de frappe.
Je trouve que la réforme proposée n’est pas une évolution naturelle de la langue, mais plutôt un appauvrissement.

Enfin, une lueur d’espoir! Moi qui ai un cours classique, je rêve de cette réforme depuis longtemps. L’anglicisation de la France en informatique est la preuve que le français est en voie d’extinction. Les dinosaures de l’académie française doivent être remplacés par une institution comme un office mondial de la langue française qui consulterait l’office de la langue de chaque pays pour créer de nouveaux mots. Le mot « courriel » est tellement plus descriptif et français que « mail » quoique je sois très ouvert à l’adoption de termes techniques anglais en général. Les Français ont eu le culot de franciser pratiquement tous les noms géographiques du monde et maintenant ils adoptent les mot anglais sans aucune francisation. J’enrage de lire des traductions faites en France et comportant pleins de mots anglais alors que l’équivalent français existe. Je préfère lire les versions originales anglaises.

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Je suis d’accord avec vous Gagnon. Je me souviens d’avoir lu jadis la traduction franco-française de « Catcher in the rye » de Salinger…j’ai quasiment lancé le livre par la fenêtre tant les mots utilisés démontraient une grande ignorance de l’Amérique et de son âme.
C’est comme pour les films américains traduits en franco-français: j’en ai vu un dernièrement où le cowboy vouvoyait la putain dans un bar ??

Non le français ne va pas disparaître.
Et le français n’est pas le seul à avoir le « culot » de franciser les noms des pays, l’anglais le fait très bien (Japon = Japan = Nihon par exemple).
Ensuite je ne vois pas le lien entre rendre une orthographe plus simple (et moins belle, mais ça c’est un goût personnel) et l’anglicisation.
Et non je ne pense pas que le problème soit l’orthographe mais bel et bien la société. En Chine ils ont plus de 10 000 caractères avec quelque 200 clefs. Pour être fluide et comprendre quasiment tout, il faut maîtriser 2000 caractères. Nous avec 26 lettres ne me faites pas croire qu’on ne peut pas apprendre à écrire correctement parce que c’est une langue « élitiste ». Les gens sont fainéants et le niveau baisse ? Ou l’enseignement est à revoir ? Ou la lecture est à remettre au goût du jour ? Je n’ai pas de solutions à proposer, mais je me refuse à croire qu’il faut s’abaisser à un manque d’activité neuronale trop perturbée par un excès d’écrans et de divertissements médiatiques stupides. Certes certaines modifications sont nécessaires à l’évolution d’une langue, mais là c’est pas une évolution qu’ils proposent, c’est une mutation dégénérative.

Orthographe? Qu’est ce que ce mot pédant? L’auteur de cet article est hautain. Mes amis, je parle à cet aristocrate pour qu’il me comprenne. Mais je veux lui dire:

Ortograf? Kess ke ce mo pédan. L’oteur de cet article est otin. Mè ami, je parl à cet aristokrat pour k’il me conprenn.

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D’abord l’orthographe, ensuite la grammaire évidemment. Enfin il n’y aura plus à d’effort à faire pour parler et écrire le français! Mais moi je crois que ce sont précisément ces efforts qui constituent la discipline nécessaire pour réussir dans l’éducation supérieure – et donc dans la vie. Voulons-nous vraiment que nos enfants ne sachent pas ce que c’est que l’effort?

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S’il n’y a pas de nivellement par le bas et pas d’abolition de l’orthographe classique…. à quoi ça sert sauf à payer un journaleux et trois gonzes pour récrire le français ? Au temps tolérer toutes les orthographes et dire qu’il n’y a plus de fautes, ça évitera des coûts inutiles. Je quitterai ce pays sans regret…

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Bon Tom, si tu veux qu’on accepte de changer le « français » par du « fransè », je ne regretterai personnellement pas ton départ.
« au temps » partir maintenant, comme tu le dis.

« Autant » (renvoyant à l’égalité de validité), et pas « au temps » comme dans l’expression d’origine militaire « au temps pour moi » qui n’a rien n’a voir. 🙂

Voltaire n’utilisait pas l’orthographe contemporaine. Il écrivait par exemple, « misantrope ».

Les linguistes répondent aux linguistes.
Une langue naturelle évolue par l’usage qui est toujours maître en la matière, donc nul besoin de réforme pour elle. Ensuite, l’expression écrite d’une langue naturelle porte en elle son histoire, surtout lorsqu’elle est aussi riche que le français qui est régulièrement charcuté par ses utilisateurs qui n’en ont aucun respect et qui ne considèrent que l’aspect visible de « l’iceberg ». Cette misère linguistique me fait frémir et les gens qui proposent de telles réformes me rappellent la réaction du capitaine du Titanic. On a vu le résultat. Je refuse que le français devienne un parler sans histoire et sans profondeur. Les gens (y compris les Belges) acceptent bien d’apprendre l’anglais tel qu’il est sans rien dire. Que les francophones fassent de même et profitent de leurs années d’école pour apprendre ce qui leur servira toute leur vie. Étudions la langue et essayons de la comprendre au lieu de vouloir toujours tout simplifier à des fins démagogiques.
Un linguiste en colère.

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L’anglicisation des francophones est galoppante malgré le fait que l’anglais soit une langue fort difficile non seulement à écrire mais aussi à parler. Les lettres des mots en anglais ne sont même pas consistants entre eux et il n’y a aucun accent de disponible pour savoir où mettre l’emphase comme en espagnol. Essayez de dire karaté à un anglophone et vous verrez car ça ressemble plus à krraaté… Quand on se regarde, on se désole mais quand on se compare, on se console.

Ah ben là les anglos vont être contents : pas de règles orthographique et grammaticale rien que du son, plus d’excuse de ne pas parler français, j’approuve!
(Ok. C’est du sarcasme… même à ça, ça ne les convaincra pas de parler l’autre langue officielle de leur pays. Désolée!)
Svp touchez pas à notre langue. Si nous les vieux on a appris avec les bonnes soeurs sans beaucoup de ressources, les plus jeunes avec la techno et la documentation existante, l’école accessible, diantre ils n’ont qu’à faire l’effort!

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C’est triste, cette façon d’affirmer des « vérités ». « C’est bien, parce-que nous disons que c’est bien, donc c’est bien. »
Comme si les gens n’avaient que ça à foutre. Réapprendre leur propre langue parce-que les nouvelles générations sont de plus en plus abruties par les mêmes personnes à qui vous vous vendez en écrivant cet article.
Une fois de plus, la médiocrité gagne une bataille contre l’effort et la discipline.
Attendez, laissez-moi deviner; on appelle ça le « Progrès ». OK. Bien que ce mot ait une connotation positive, ça n’est pas forcément le cas. Vous progressez, oui, vers la décadence et la médiocrité. A qui cela va-t-il vraiment bénéficier ? Pas à vous. Les petits courtisans qui rêvent de se joindre à quelque chose qui les dépasse totalement.

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Ah ça n’est pas du nivellement par le bas ?

La simplification du langage mène à la simplification des esprits.

En plus en effaçant les racines grecques et autres au profil d’une novlangue purement pratique (technopratique) on efface le sens véritable des mots que nos histoires ont façonnés.

Totalement opposé à cette idée qui sort encore du chapeau des globalistes .

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Je commence à croire que monsieur Nadeau est obsédé par des rectifications ou des changements qu’il juge nécessaire à notre langue . Le trop n’est-il pas l’ennemi du bien ?

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Que c’est fatiguant cet acharnement contre le participe passé! L’accord n’est pas uniquement l’application d’une règle, il a un sens profond. La notion d’objet est fondamentale en français: ce n’est pas tant celui qui fait l’action qui compte, mais celui qui la subit. «Je ME brosse les dents», «Tu ME le donnes» (me vient en premier). Alors, l’accord, il n’y a rien de plus simple: Quand on en vient à écrire la terminaison, si on sait exactement DE QUOI on parle, on fait l’accord, c’est tout. «J’ai mangé (???) une pomme» «La pomme que j’ai mangée (je sais) était pourrie»,«Ces biscuits sont formidables, j’en ai mangé (???) trois», «Je me suis lavé (???) les mains», «Oui Maman, je me les suis lavées (je sais) . Ça devient totalement automatique. Je sais, il y a les «ils se sont vus mourir» et «ils se sont vu envair par l’ennemi»… Si on supprime cette introspection dans le fond de notre langue, on en perd le sens.

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La simplification pour les incapables ? Certainement. Cette méthode de paresseux ne mènera qu’à l’ignorance généralisée ! Vous les Français qui parsemez votre langage d’anglicismes n’êtes pas encore satisfaits ? Voici que la hache vient de tomber dans cette belle langue qu’est le français ! Désastre !

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Nous devons tous parler une seule et même langue, qui ne laisse aucune place à l’ambiguité ! Être bien sure que nous nous comprenions tous, pour être une seule masse unie ! Une langue efficace qui fait pas de chichis ! Une langue sans bizarreries artisanales ni singularités, mais productives, qui va vite, droit au but, qui pense collectif! Une langue par et pour tous ! Tous pour tous comme disent les foumis ! Masse, en marche, en avant vers le bonheur !

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Eh ben sai fantastique sa, on va ecrir come on panse sen réfléchir, chouete on ora plus de tant pour joué. Cela donnera ceci !
Donc au lieu d’apprendre le français correct, de former les enseignants on change l’orthographe. Je me rappelle encore des astuces apprises il y a plus de 50 ans. Cela me rappelle lorsque les Belges ont voulu changer les couleurs des plaques d’immatriculation, certaines propositions étaient hilarantes, presque blanc sur blanc. Il y a déjà plusieurs commentaires que je ne peux plus lire tellement ils font mal aux yeux

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C’est honteux de changer l’orthographe, il vaudrait mieux apprendre à écrire à ceux qui ne savent pas. Pourquoi changer l’écriture de notre vocabulaire ?

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Le « s long » n’était pas un f mais une lettre qui lui ressemble, mais sans barre transversale. Elle était toujours suivie d’un « s » standard auquel il était ligaturé. Ce double s (ss) a disparu de presque toutes les langues écrites en caractères latins à l’exception de l’allemand qui l’a conservé. Appelé « eszett », il ressemble beaucoup au bêta grec. Voir sur Google pour en apprendre plus.

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Pour garder une langue vivante, il faut d’abord la parler et l’écrire correctement après l’avoir bien apprise auprès de personnes qui aussi l’enseignent et la pratiquent correctement. Disons que sur ce point, le Québec a beaucoup de compétence et de capacités à rattraper.

Promenez-vous un peu partout à l’extérieur dans le public et sur les réseaux sociaux et vous verrez le massacre que notre langue subit.

Le problème de notre langue parlée et écrite n’a rien à voir avec l’orthographe et la grammaire.

Il est le résultat de la valeur que la société donne à cette langue.

Le problème ne se corrigera pas en la modifiant. Si elle est mal parlée ou écrite aujourd’hui. Elle sera tout autant une fois modifiée puisque de nouvelles modifications apparaîtront sans cesse. Je n’appelle pas ça l’évolution d’une langue mais sa transformation et disparition graduelle.

Elle pourrait éventuellement s’appeler franglais, franjoual, quebeckois ou quebequois. Vous pouvez trouver meillleur nom si vous voulez.

En passant, ce sont encore moins des lois qui vont régler ça.

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Les rectifications orthographiques de 1990 n’ont pas vraiment réussi s’imposer, car on a laissé coexister les deux graphies, celle dite traditionnelle et la nouvelle. S’il faut faire une réforme, allons-y à fond !

Qu’on sabre notamment dans les règles stupides et arbitraires du participe passé (j’aimerais bien tenir la hache). Et qu’on ne se laisse surtout pas intimider par la théorie voulant que l’effort intellectuel exigé pour bien écrire le français sert à donner du muscle au cerveau. Si elle s’avérait, l’ Italie, qui a réformé avec succès son orthographe au siècle dernier, serait maintenant peuplé d’idiots.

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Je suis surpris de la réticence aux changements en lisant les commentaires. J’ose espérer qu’elle reflète une minorité conservatrice qui se valorise par leur maîtrise de toutes les exceptions illogiques du français 😉

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En fait, cette nouvelle langue aseptisée sera parfaite pour les robots! La nouvelle orthographe, c’est … un complot des GAFA!!!

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