On chille ou on flâne ?

À force de dire : «Es-tu down pour aller chiller ?», les Québécois parleront-ils demain une langue incompréhensible ? Des linguistes s’affrontent.

anglicismes
Infographie : Samantha Puth

« Bon week-end ! » Chaque fois qu’on la salue de la sorte, le vendredi après-midi, Nadine Vincent ressent une pointe d’agacement. Non pas qu’elle rechigne à prendre un peu de repos les samedis et les dimanches. C’est l’expression qui porte sur les nerfs de cette linguiste, professionnelle de recherche et chargée de cours à l’Université de Sherbrooke et à l’Université de Montréal, et membre du groupe d’humoristes Les Zapartistes. « Il y a 20 ans, il n’y avait que Bernard Derome et ses collègues radio-canadiens qui nous saluaient ainsi. Aujourd’hui, on l’entend partout. »

Chez bien des Québécois, utiliser « week-end » plutôt que « fin de semaine » est désormais bon chic bon genre. « Les “week-ends”, on part à la campagne ; les “fins de semaine”, on fait platement son lavage », ironise-t-elle.

Paradoxalement, cet anglicisme n’a pas gagné le Québec en provenance du Canada ou des États-Unis. Il est arrivé, beaucoup plus sournoisement, de la France. Tout comme shopping, meeting, people et tant d’autres qu’on peut entendre dans la bouche de journalistes québécois, d’Outremontais branchés… du jet-set, quoi. « On commence par dire ces mots avec un sourire en coin, en imitant les Français, puis on finit par les intégrer à notre vocabulaire, parce qu’on oublie comment dire les choses autrement », observe la linguiste.

D’une certaine façon, les quelques mots anglais exportés par nos cousins d’outre-Atlantique l’inquiètent davantage que ceux dont nous bombardent nos voisins immédiats. « C’est un peu la ligne Maginot linguistique, illustre-t-elle. Les Québécois ont élaboré des moyens de défense pour résister à l’invasion de mots empruntés aux Américains et aux Canadiens. Mais quand ils viennent de la France, on les laisse passer, parce qu’on a l’impression que cela est acceptable et même désirable. »

Après nous avoir abandonnés lors de la Conquête de 1760, voici que la mère patrie déserte la cause du français et nous laisse à nous-mêmes pour nous défendre !

Au Québec, l’Office québécois de la langue française (OQLF) assure son rôle de général des armées. Il mène une guerre sans merci aux anglicismes en proposant des néologismes pour nommer les nouvelles réalités issues du monde technologique et numérique, comme e-mail, podcast ou chat. En France, la Commission générale de terminologie et de néologie (CGTN) joue un rôle parallèle, mais remporte beaucoup moins de victoires.

À l’aide d’un moteur de recherche, Nadine Vincent a recensé dans la presse française et québécoise quelques néologismes que l’on doit aux Américains. De 2011 à 2013, les journalistes de l’Hexagone ont repris 1 726 fois le mot « tchat » (transcription de l’anglais chat) dans la presse écrite. Ce terme précédait de loin « dialogue en ligne », proposé par la CGTN (90 occurrences), et « clavardage », recommandé par l’OQLF (38 occurrences). Dans la presse québécoise, en revanche, on comptait 1 157 « clavardage », contre seulement 19 « tchat » et 12 « dialogue en ligne ».

La linguiste a effectué la même démarche avec « podcast » (la CGTN propose « diffusion pour baladeur » et l’OQLF « baladodiffusion ») et « e-mail » (« messagerie électronique » chez les Français, « courriel » au Québec). En France, les termes anglais trônaient toujours en tête. Dans la presse québécoise, ce sont les recommandations de l’OQLF qui arrivaient premières. « Entre “baladodiffusion” et “podcast”, c’est cependant assez serré », signale Nadine Vincent, qui a travaillé au dictionnaire Usito, lequel répertorie les mots du français standard en usage au Québec. « Mais au moins, il y a une lutte. De l’autre côté de l’Atlantique, il n’y a aucune résistance. »

Selon elle, les Français verraient l’intégration de mots anglais comme un signe de modernité et d’ouverture au monde, et percevraient les Québécois comme des puristes un peu trop renfermés sur eux-mêmes. « Mais au Québec, on sait très bien qu’on ne peut pas se permettre de banaliser l’intégration d’un mot anglais, fait-elle valoir. La menace de l’assimilation est trop forte. Et à nos yeux, les Français font preuve d’à-plat-ventrisme. »

On n’est pas près de sacrer les Québécois « défenseurs de la langue française » pour autant. Car si on fait le plus souvent barrage à l’intégration des anglicismes dans la langue standard, celle qu’on veut « présentable », c’est tout autre chose dans la langue familière. On emploie beaucoup plus d’anglicismes à l’oral que les Français. « C’est normal, compte tenu de notre situation géographique », explique Nadine Vincent.

Chez les adolescents, c’est particulièrement marqué. Il a suffi pour m’en convaincre de passer une soirée en compagnie de mon neveu de 15 ans et de ma nièce de 17 ans, qui étudient dans une école secondaire privée de la Rive-Nord. « J’ai ridé, c’était sick » se traduit par « J’ai fait du ski, c’était génial ». « Es-tu down pour aller chiller ? » signifie « Es-tu d’accord pour aller flâner ? » À quoi l’ami peut répondre « c’est cool », « c’est good » ou « c’est perf » (pour perfect). Il lui « lâchera un call plus tard ». Évidemment, il pourra « chocker », en décidant d’annuler à la dernière minute.

« Ça, ce n’est pas nouveau », affirme Chantal Bouchard, sociolinguiste et professeure au Département de langue et littérature françaises de l’Université McGill. « Il s’élabore toujours à l’intérieur des groupes d’adolescents un jargon qui leur est propre. Moi-même, quand j’étais adolescente, à la fin des années 1960, j’utilisais des mots comme cool ou sharp », dit cette spécialiste, auteure de quelques ouvrages, dont Méchante langue : La légitimité linguistique du français parlé au Québec (Les Presses de l’Université de Montréal, 2011).

Diane Pacom, sociologue, spécialiste de l’adolescence et professeure à l’Université d’Ottawa, abonde dans le même sens : « Il y a toujours eu cette volonté chez les adolescents de s’approprier un espace symbolique. C’est une forme de résistance à la société adulte. » Elle signale que dans toutes les sociétés occidentales, on constate la même fascination pour la culture américaine, transmise par les médias de masse. Et ce sont les jeunes qui s’abreuvent le plus à cette culture populaire. « Chaque génération d’adolescents, depuis les années 1950, a son microlangage », explique-t-elle. Même chez les anglophones, de nouveaux mots apparaissent au contact de la culture populaire. Le rappeur canadien Drake, par exemple, a popularisé YOLO (« you only live once », à peu près équivalent à l’expression latine « carpe diem », qui signifie « mets à profit le jour présent »).

Les anglicismes utilisés par les jeunes Québécois n’ont d’ailleurs rien à voir avec ceux qu’utilisaient nos grands-parents. Chantal Bouchard rappelle qu’à partir de la fin du XIXsiècle, sous le coup de l’industrialisation, les francophones des campagnes québécoises ont été forcés de migrer vers les villes pour trouver du travail. Sous la férule de patrons anglophones, ils évoluaient dans un univers où tous les outils portaient des noms anglais. « Ces travailleurs ne connaissaient pas les termes français pour nommer les choses », raconte la sociolinguiste. Les Québécois sont devenus extrêmement complexés à partir des années 1960, quand les élites francophones ont sonné l’alarme pour signaler que la langue parlée par la classe ouvrière était en train de s’hybrider à un point tel que ce n’était plus du français.

Or, aujourd’hui, les adolescents savent très bien qu’ils doivent dire « interrupteur » plutôt que « switch ». En outre, les mots anglais qu’ils utilisent servent rarement à désigner des objets. Ils traduisent le plus souvent des sentiments ou des émotions. « Les jeunes peuvent généralement choisir d’autres expressions, s’ils s’adressent à un professeur par exemple », dit Chantal Bouchard.

Cette relation qu’entretiennent les jeunes d’ici avec la langue ressemble à celle que l’on observe en France, selon la sociolinguiste. Et c’est plutôt bon signe. « Puisqu’ils sont moins complexés vis-à-vis du français que l’étaient leurs ancêtres, les Québécois se permettent davantage de jouer avec les mots à l’oral, tout en maintenant une langue standard correcte. »

Comme Nadine Vincent, elle s’inquiète néanmoins des anglicismes qui nous parviennent de la France. Les mots anglais qui font leur apparition dans le langage des adolescents remontent très rarement vers les générations plus âgées, constate-t-elle. Ils restent dans le jargon des ados. Mais ceux qui sont adoptés par la couche dominante de la société, en signe de distinction, deviennent des marqueurs de prestige. Ils peuvent être repris par la classe moyenne et remplacer rapidement une ancienne formule. « Aujourd’hui, parler d’une plug dans le sens de prise électrique est mal vu et tend à disparaître, mais faire une plogue à la télévision, pour parler d’un artiste, est valorisé », explique-t-elle.

Si la qualité de la langue au Québec n’inquiète pas outre mesure Chantal Bouchard et Nadine Vincent, il en va autrement de son statut. « Quand on dit que Montréal s’anglicise, on ne parle pas de chaque individu qui devient de plus en plus à l’aise avec l’anglais, souligne cette dernière. Le bilinguisme individuel est une chose formidable, et le polyglottisme encore plus. Mais quand les institutions se bilinguisent, il y a danger. Pourquoi traînerait-on une langue, si elle ne sert plus à rien ? Là, les politiciens ne font pas leur travail. »

Chantal Bouchard remarque de plus en plus souvent, au centre-ville de Montréal, des groupes d’adolescents au sein desquels les jeunes passent de l’anglais au français, sans façon. Elle y voit un signe du décloisonnement des quartiers. « À mon époque, c’était Outremont d’un côté, Notre-Dame-de-Grâce de l’autre. Aujourd’hui, il y a plus de mixité. » Tant mieux ! Par contre, quand les jeunes entrent dans un commerce du centre-ville, il est impératif qu’ils soient servis en français. « On n’a pas d’autre choix que de continuer à tenir très serré les rênes des politiques linguistiques, affirme-t-elle. C’est le seul instrument dont on dispose pour assurer la pérennité de la langue. Autrement, l’anglicisation se fera en une génération. »

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L’anglicisation se fera en 1 ou 2 ou 3 générations mais elle se fera sauf si le Québec débarque de la confédération actuelle pour mieux soutenir le français en Amérique. Les 2 solutions sont valides, selon les goûts de chacun.

Tout à fait d’accord. Il n’y a, effectivement, que l’indépendance pour ne pas passer dans le hachoir à viande! Je fréquente souvent le Nouveau-Brunswick et c,est le Québec de demain. Dans 25-30 ans, on aura l’air de ça. Les derniers à tomber seront les villages autour de la baie des Chaleurs. Moncton, c’est une farce. Entrez dans un Tim Horton et on ne pourra vous servir en français. Moncton, c’est le Montréal de N.B. , Le fait que le N.B. soit officiellement bilingue facilite les choses en un sens car il légitimise l’anglais partout, tout le temps.

C’est ce qui de facto se passe à Montréal et, clairement, ce sont les anglophones et allophones (immigrants) qui élisent les dirtigeants de Montréal maintenant. Voyez comme ils ont d’abord choisi les immigrants dans l’histoire du projet de Loi sur la laïcité. Ils étaient prêts à tout pour éventuellement ne pas appliquer la loi sur leur territoire. Non seulement les anglos et immigrants élisent le Gouvernement municipal de Montréal mais ils élisent aussi le Gouvernement du Québec. À 86%, ils votent SOLIDAIREMENT pour le PLQ.

Mais attention! Réalisons que ce ne sont pas les anglos qui font la différence! Leur nombre relatif est passé de 20% de la population totale du Québec à environ 9%. PAR CONTRE, les immigrants sont passés de « rien » à près de 12%! Ils sont LE facteur décisif. Réalisons aussi, que le Québec serait aussi indépendant depuis 1995 si l’immigration avait été réduite de moitié entre 1970 et 1995… Réalisons aussi que le PLQ ne serait pas au pouvoir présentment sans les immigrants.

Retenons aussi que cet aveuglement qui fait de Montréal la plus grande ville bilingue au monde (Montréal n’est plus majoritairement francophone) n’est pas que le fait des fédéralistes qui ont compris comment noyer le poisson francophone du Québec, ni non plus que le geste conscient du PLQ. Cette énorme erreur est le fait AUSSI des politiques d’immigration du PQ!!! Qui a cru pouvoir « convertir » les immigrants, allant même jusqu’à remiser son chef le plus lucide en la matière (et en bien d’autres!), Jacques Parizeau. Parizeau avait raison. L’arbitre comme dans une autre « cause » impliquant les Nordiques avait tort!!!

Le PQ s’est donc tiré dans le pied avec son aveuglement stupide. Les meilleures politiques pour protéger la langue sont possiblement de l’ordre de la législation sur la langue mais, les plus efficaces sont celles sur l’immigration. Le nombre, la concentration à Montréal, siège social du biuldozer de l’anglicisation, sont les facteurs les plus décisifs de La bilinguisation actuelle et de l’anglicisation de demain. Effectivement chacun ses choix mais soyons au moins conscients, soyons lucide quand nous les faisons…

Il faudrait noter que les 2/3 de la population du Nouveau-Brunswick est anglophone et que le fait que la province soit bilingue est plutôt un avantage qu’un désavantage pour les francophones car si elle était unilingue (comme auparavant) elle serait certainement anglophone. Je reviens de quelques jours au NB et j’ai surtout été très agréablement surpris de la fierté et de la vivacité du peuple acadien. Alors je ne crois pas que d’utiliser le NB pour se projeter dans 15-20 ans soit juste. C’est oublier la déportation et l’exode des francophone qui a considérablement réduit la proportion des francophones dans la province.

Encore une qui va se cacher derrière son petit doigt et accuser un autre pays d’être responsable des maux de mots au Québec… Un peu éculé comme bouc émissaire, non? Et la qualité de la langue au Québec ne l’inquiète pas? Le taux de réussite des futurs enseignants du primaire au TECFEE ne l’inquiète pas? Les fôtes qui parsèment aussi bien l’écrit que l’oral de ces mêmes enseignants ne l’inquiètent pas? Savoir que si certains films québécois qui sortent en France sont sous-titrés, ce n’est pas à cause de l’accent, mais bien parce que la proportion de mots anglais ou d’anglicismes est telle que le discours en devient incompréhensible pour les Français, cela ne l’inquiète pas? Et quand je parle d’anglicismes, ce ne sont pas les emprunts directs, mais plutôt les traductions littérales de mots ou d’expressions anglaises dont le français au Québec regorge : quelqu’un d’articulé, prendre une marche, avoir de l’équité sur sa maison, lever un grief, faire de la haute pression, etc. Autant d’expressions incompréhensibles à juste titre pour le reste de la francophonie. Mais ces déviations sont excusables, puisque québécoises, tandis que week-end doit être rejeté en raison de sa provenance. Belle logique qui fleure bon l’intégrisme.

PS : à quand un article sur les Anglais pour leur reprocher que 30 % de leur vocabulaire soit constitué d’emprunts directs au français?

Merci tout d’abord pour cet article très pertinent et précis sur le sujet: c’est la première fois que je lis une analyse si intéressante car prenant en compte la valorisation donnée aux anglicismes utilisés. Je comprends mieux maintenant l’inquiétude quant à l’utilisation des anglicismes importés de France.
J’ajouterais qu’en France, on n’a pas, en tous cas pour l’instant instant, de risque d’assimilation linguistique, donc pas de combat à mener dans ce domaine. À mon avis, l’usage des mots anglais dans le langage des français de France, n’est pas de « l’à-plat-ventrisme », mais plutôt dans le même esprit que quand, au Québec, on utilise les anglicismes de France: c’est faire preuve d’ouverture et c’est distingué et « branché », c’est « in » quoi!

Que penser de l’expression « Bon Matin! » qui m’horripile au plus au point. Bonjour! est pourtant connu de tout le monde…!!! Pourquoi s’acharner à utiliser ce calque de Good Morning! ???

Quand on entend une cycliste demander : « Y a-tu un char de parqué? » et une mère dire à son jeune enfant : « Ça va te coûter trois piasses de cochonneries », en parlant de bonbons, à l’épicerie, ce ne sont pas les quelques emprunts à l’anglais des Français, ni le « jargon » des adolescents qui sont préoccupants, mais plutôt l’absence de souçi pour la qualité du français parlé, et bien souvent écrit, ici au Québec qui m’inquiète.

En France on parle encore français malgré plusieurs emprunts à l’anglais (ou à d’autres langues) alors qu’au Québec on parle un hybride de français et d’anglais. Certes les mots sonnent français mais les constructions de phrases et les expressions sont souvent structurées à partir de l’anglais. Il est tout à fait louable de faire des efforts pour bien parler notre langue en créant des mots français qui décrivent les nouvelles réalités mais quand la structure elle-même de la phrase est calquée sur l’anglais, l’assimilation fait son chemin.

Par ailleurs, la langue écrite des jeunes d’aujourd’hui est pathétique. Je connais une fille qui est en 5ième année et qui ne peut écrire une seule phrase en français correct et ses messages sur internet (Facebook) sont souvent incompréhensibles même pour un Québécois de souche! (sauf probablement pour ses amis, comme le souligne le texte mais il est clair qu’elle ne peut pas écrire en français correct dans quelque circonstance que ce soit) Si on ne peut se faire comprendre par le reste des gens, est-ce que la langue commune ne deviendra-t-elle pas l’anglais? C’est souvent plus difficile pour quelqu’un qui a l’anglais comme langue seconde de savoir les expressions « slang » tout comme un Français a souvent du mal avec les expressions populaires québécoises et, donc, on tend à parler un anglais plus « standard » quand c’est notre langue seconde, ce qui rend les communications beaucoup plus faciles.

Le système éducatif québécois est aussi responsable de la détérioration de notre langue nationale à cause de son laxisme et, semble-t-il, de son incapacité d’enseigner et d’inculquer chez les écoliers une langue correcte. Évidemment, si on ajoute une immigration croissante, on a donc tendance à délaisser une langue pour laquelle on a peu de respect pour une langue comme l’anglais qui s’impose de plus en plus au niveau international et qui encourage les échanges interpersonnels à grande échelle.

Merci pour cette prise de position très claire. J’aimerais savoir si les linguistes cités ici ont remarqué l’anglicisation de la prononciation de certains sons, surtout le « eu » (et, par conséquent le « eur ») chez certains chroniqueurs/journalistes en vue (à Radio-Canada!) : ils prononcent un « eu » palatalisé et non «labial », comme c’est le propre des voyelles françaises, qui ressemble drôlement au son anglais « er », comme dans « her », « father », etc.

Chers Français, s’ils avaient vécu l’aventure des « factries » de coton des États-Unis, comme nos grand-pères et arrières-grands, ils seraient moins à plat-ventre devant l’anglais qu’ils idéaliseraient moins; ils auraient le goût de trouver de trouver leurs mots bien à eux, juste pour avoir enfin! une prise sur leur réalité.

Tout ce qui est imposé tanne les gens. Travaillons pour valoriser le français aulieu de l’imposer. Et travaillons pour être une province bilingue et ensuite trilingue.

Je vais broder autour de l’affirmation …

« . Le bilinguisme individuel est une chose formidable, et le polyglottisme encore plus »

(1)

Des remarques de même, je pense que les experts devraient être plus courageux et moins nous remplir de lieux communs sur le bilinguisme et le polyglottisme. Je me demande si eux même sont pris à ne pas pouvoir mettre de nuances, tout d’un coup que quelqu’un leur ferait des gros yeux, car ils ne seraient pas suffisament ouvert.

(2)

Si c’est si formidable et facile de parler 2,3, ou tient 10 langues … pourquoi on se retrouve avec une élite anglo-saxone … au états-unis, en Angleterre, en Australie ou au Canada essentiellement unilingue … des juges unilingues, des scientifiques unilingues, des dirigeants de banque unilingues, des dirigeants d’entreprise unilingues, même des artistes unilingues. Pourquoi si je fréquente des universités anglo saxonnes de part le monde je me retrouve avec un paquet de natifs anglo-saxon qui sont unilingues. Même lorsque ces gens anglo saxon et scolarise et ont un conjoint avec une autre langue maternelle … très rarement on fait même l’effort d’apprendre cette langue, c’est donc dire l’ouverture à sens unique.

Qu’on se comprennent bien, j’ai pris des cours dans des langues diverses, je travaille à l’étranger en anglais, jevoyage ici et là, j’ai même acheté en fin de semaine à Paris La comédie édition bilingue pour mon plaisir …. les langues sont un domaine de la connaissance importants et interessant et pas juste comme outil d’avancement social (mais il y en a bien d’autres … la science et les math par exemple ).

Mais dans le fond ce discours débile sur le bilinguisme individuel et naïf, au point d’occulter d’autre domaine de la connaissance, au point de ne pas voir la dynamique des langues à Montreal et dans le monde, il sert qui sinon aux anglo saxon paresseux , ethnocentriques, tournés vers eux même et leur production de bien culturels uniformisé, pensant voyager ici et là en se faisant servir en anglais sans jamais ouvrir un guide de conversation dans la langue des locaux.

Quelqu’un pense que nos anglo saxon si ouvert sur le monde … voient beaucoup de film etranger, ecoute beaucoup de musique d’ici ou la …

La dynamique est pas mal à sens unique … faudrait le rappeler tout de même …

(3)

Et puis on est expert et on évoque le bilinguisme sans même le définir.

Que veut dire bilinguisme, alors que de part le monde les gens ont de la difficulté à maitriser leur langue maternelle à un niveau littéraires ou même lire un texte de philosophie.

Juste à voir au Québec le taux de décrochage, les élèves qui redoublent en francais, ceux qui finissent de peine et de misère leur secondaire et en particulier les cours de francais. À voir le nombre d’étudiants qui peinent à aborder un texte philosophique et même disons le dépassés intellectuellement par des textes difficiles au cégep.

Les fautes, la grammaire, l’othographe c’est un affaire … mais un vocabulaire limité, de la difficulté à comprendre un texte, émettre un propos complexe … c’est un drame … c’est de la pensé limitée …

La question qui se pose ( pas juste pour le Québec ) est combien d’étudiants, de gens, de citoyens, etc, maitrisent même une langue.

Et puis dans le fond à quoi bon faire semblant de savoir 2,3 ou 4 langues si on peut lire dans aucune d’entre elles des textes difficiles ou littéraires ou philosophique.

Il me semble que des experts devraient nous dire ca …

(4)

Ce qu’on nous propose c’est un apprentissage naïf et superficiel des langues, un apprentissage qui permet bien sur de dire quelques mots ici et la … un apprentissage tourné vers l’expression orale et la petite conversation avec les petites idées ou on évite la lectures et les textes difficiles. Dans le fond on propose d’avoir plusieurs langue seconde.

On se retrouve avec des gens qui évoquent avoir 2,3 , 4 langues mais avec un vocabulaire restreint. Tout juste bonne à exprimer leurs idées limités.

—-

(5)

Depuis un couple d’année …

Moi je vois des textes des textes de pseudo experts et même à radio Canada il y a des articles soi disant de vulgarisation scientifique ou on parle des soi disant bienfaits du bilinguisme au plan cognitif et tout le tralala …

Si les effets étaient si importants au plan cognitif… par un simple modus tollen on se retrouverait avec des problèmes évidents pour les peuples unilingues anglo saxon et une élites anglo saxonne avec des problèmes cognitifs non seulement certains mais serieux …

Soyons sérieux je pense que des gens, même des experts ont oublié de s’encrer dans le réel. On est plutôt dans les ideologies à 2$ lié à un mauvaise lecture du monde.

—-

(6)

Autre rappel …

(a)

On aime bien au Québec fabuler sur les langues mais aussi l’immigration … fantasmer sur ceux qui parleraient plusieurs langues avec facilité et aisance …

C’est evident que si on vient d’un autre pays avec une langue différentes du pays ou on va s’établir on va en apprendre une 2e et en faire usage en principe …

Mais on parle comme si la condition d’immigrant était pas particulière, le fait de certains pays industrialisé qui la pratique beaucoup plus que d’autres, et à l’inverse le fait aussi de lieux au prise avec des conflits qui voient une partie de leur élite s’enfuir ailleurs …

Mais le réel même en cette ère de mondialisation … même avec ces stages, de doctorat qu’on fait ici ou là, d’ emploi temporaire à l’étranger, voyage pour soi disant aider dans le tier ou le quart monde …. voyage pour une compagnie qui explique les ressources ici ou la, au final une majorité de citoyen sur terre reste dans leur pays d’origine et font leur vie là.

La condition d’immigrant est quelque chose de limité et n’a rien d’une condition predominante …

(b)

Et puis même cette condition d’immigrant, elle est temporaire dans la mesure ou la langue à la maison, puisque les enfants natifs du pays d’adoption iront dans des écoles de la langue des locaux, deviendra aussi très souvent aussi celle des locaux …

Et puis ultimement ces immigrants de 2e génération auront peut être un apprentissage limité de la langue du pays d’origine … quelque mots pour faire plaisir à la grand mere …

Et ceux de 3e générations …peut être aucune connaissance et seront fort probablement s’ils immigre dans un pays anglo saxon avec les mêmes mauvais plis concernant le peu d’ouverture au monde et aux langues et fort probablement unilingue anglophone.

Le réel c’est ca.

(7)

Quand j’ai vu un premier ministre évoquer en plein débat des chefs que quelqu’un dans une usine devrait pouvoir expliquer sa machine si un anglais venait visiter ( peut être pour délocalisé …. son emploi) en anglais …

Je me suis dit mais quelle connerie …

Une connerie tellement gigantesque que j’ai pu entendre en meme temps le silence de nos pseudo élites et pseudo experts de langue …

Tsé sacrament … si des juges de la court suprême au Canada sont pas suffisament ouvert pour apprendre une 2e langue …

Si des immigrants et anglophones de Montreal sont pas foutus d’apprendre le francais langue commune à Montréal et langue officielle du Québec.

Quelle ostie de maladie mentale il faut pour suggérer que les gens des usines devraient pouvoir expliquer leur machine en anglais à un perdu qui vient sans connaitre le francais.

Batard si la compagnie veut envoyer kekun pour apprendre comment fonctionne la machine de joblo … on pourrait envoyer quelqu’un lui de bilingue tant qu’à payer le voyagement à kekun …

(8)

Je m’excuse mais toute autant que vous êtes, journalistes, blogueurs, pseudo expert de langue, vous êtes des élites de papier à 2$.

Le genre qui plie selon le vent, tu soufflés dessus pis ca se tasse.

On pourrait commencer par demander à nos élites du petit écran de respecter les noms: Entendus sur Radio-Canada: La belle hôtel, la belle autobus (étobusse, pourquoi pas), la belle édifice…

Ce ne sont pas les «mots» anglais qui m’inquiètent, ce sont les fautes de syntaxe, qu’elles proviennent ou non de la langue anglaise. Et les adolescents ne sont pas les seuls en cause : j’ai des collègues dans la trentaine, voire dans la quarantaine, qui sévissent dans l’enseignement collégial en aboyant une «langue» qu’une élève de l’École Normale des années 1940 ne se serait jamais abaissée à utiliser. Mais laissons mes éminents collègues en paix, puisqu’ils ont des diplômes… et revenons aux étudiants. On dit qu’il faut entre 600 et 800 mots de vocabulaire pour se débrouiller dans une langue étrangère : force est de constater que pour beaucoup d’étudiants qui entrent au cégep, le français demeure une langue étrangère. Je dois avouer que les anglicismes me tourmentent moins que les expressions «bouche-trou» qui servent à pallier la pauvreté du vocabulaire… Ma bête noire, c’est cet insupportable «dans l’fond». Cette expression qui encombre pratiquement chaque phrase me désoblige considérablement…. Oups, pardon ! J’veux dire «CHU PU CAPAB, TABAR… !» Je crois, hélas! que, depuis au moins vingt ans, nous subissons le plus mauvais système d’éducation de la francophonie : nommez-moi, par exemple, un pays francophone d’Afrique où l’on s’exprime encore plus mal qu’au Québec ! Ce ne sont pas les Anglophones qui auront raison de nous, ce sont les membres de nos nouvelles «élites» diplômées, qui encombrent les médias et les établissements d’enseignement, entre autres. Suis-je indûment pessimiste ?

Une fois pour tout, «weekend» ou «week-end» est français! Comme «spaghetti», mot d’origine italienne, l’est! L’anglicisme serait plutôt «fin de semaine», traduction bâtard du terme d’origine anglaise! En anglais, le mot «end» dans «weekend» a deux sens: «fin» et «bout». «Weekend» est construit la même façon que «bookend», c’est-à-dire un «serre-livre». Autrement dit, un «weekend» supporte la fin d’une semaine avec le début d’une autre. «Fin» n’a pas le sens de «bout»!