On fait ce qu’on peut, ok ? 

Attention à ce que vous mettez sur les médias sociaux. Chaque fois que vous êtes fier de faire votre pain, ça se peut que quelqu’un se dise « merde, je devrais faire du pain ».

Photo : L'actualité

Je télétravaille. Bon, ça change pas grand-chose, j’écris sur un ordinateur chez moi dans la vie, donc pandémie ou pas, j’écris sur un ordinateur chez moi. Ce que ça change, c’est que d’habitude, j’écris sur un ordinateur quand mes enfants sont à l’école. Là, je dois attendre que mon mari rentre de son emploi essentiel pour ensuite écrire sur mon ordinateur pendant qu’il s’occupe des enfants. Alors je le fais le soir. Quand mon deuxième quart de travail commence. L’ennui aussi, c’est que parfois (comme là), j’oublie que le soir je dois écrire un texte et je bois du vin. Et après je me souviens que je dois écrire. En ayant bu du vin.

Comment ça va ? Vous vous en sortez ? J’aimerais vous dire… Mollement, en louchant d’un oeil… Non, j’aimerais vous dire sans blague que si vous vous mettez de la pression ces temps-ci, alors que vous êtes parents et que vous travaillez en même temps, je vais venir vous « crier après » à deux mètres de votre porte. C’est non. Je ne veux voir absolument personne se taper sur la tête parce qu’il trouve qu’il ne fait pas assez de bricolage avec les petits ou oublie le trou normand dans un repas cinq services. Eille !

On est dans une situation de stress international, si t’as réussi à enfiler même une seule chaussette ce matin, t’as accompli quelque chose. Lâchez-moi la performance, cibole. La dernière chose qu’il nous faut ces temps-ci, c’est une compétition. Maintenant, si ce qui vous fait du bien, c’est de passer votre anxiété en crochetant une couverture de 10 pieds de long ou faire deux douzaines de biscuits par jour (comme moi), eh bien, faites. Mais attention à ce que vous mettez sur les médias sociaux parce que sachez que chaque fois que vous êtes fier de faire votre pain, ça se peut que quelqu’un se dise « merde, je devrais faire du pain ». Fait que mangez votre pain, mais attention à la frime. Ça aussi, ça devrait s’apprendre en confinement après avoir fini de relire L’Iliade et L’Odyssée.

Maintenant, pour occuper vos journées et parce que le temps peut être long, surtout si vous êtes seul, il y a un paquet de défis qui circule, dont le dernier en vogue sur Facebook la semaine dernière, le fameux défi de la vieille photo. Bon, j’avoue que je vous ai un peu jugé avec votre « j’ai relevé le défi, je mets une vieille photo de moi ». Ouin, calmez-vous le défi, y’a des équipes de soignants qui sont au front pour sauver la santé publique, je me garderais une petite gêne sur appeler « un clic » un défi.

La famille Stréliski en vacances (Photo : Léa Stréliski)

Toujours est-il que voici ma photo de famille préférée. C’est moi qui l’ai prise. À Florence. Alors c’est un petit clin d’œil à l’Italie qui souffre. D’abord, merci de remarquer que mon père « matche » terriblement avec la cathédrale en arrière. On retrouve sur cette image les quatre personnes qui forment mon noyau familial originel. Quatre personnes qui me manquent et que je ne peux serrer dans mes bras à l’heure actuelle. Mais heureusement je peux continuer de voir cette photo où mon père essaie d’empêcher une madame de rentrer dans le cadre avec son journal. Un échec. Mais une belle tentative. C’est l’intention qui compte.

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Piazza del Duomo… La coupole visible d’à peu près partout — imaginée par l’architecte Filippo Brunelleschi — est encore le dôme en maçonnerie le plus grand au monde, il date de la première moitié du 15ième siècle. Comme Brunelleschi n’a laissé de son vivant aucune indication sur la technique de construction, on ne sait pas exactement comment il s’y est pris pour que tout cela tienne debout. Le génie italien.

Florence, quelle merveilleuse ville d’art !

Ironiquement, Brunelleschi est décède peu après l’achèvement de cette édification des suites… d’une épidémie…. La fièvre fait partie intégrante de l’histoire de l’humanité, nous avons quelquefois tendance à l’oublier.

De son vrai nom, la cathédrale de Florence s’appelle l’église Santa Maria del Fiore (Sainte-Marie de la Fleur). Bonne célébration de Pâques qui arrive presqu’en même temps pour la plupart des religions, profitons-en pour témoigner aussi de l’affection à nos ainés.

PS : Je ne sais si le papier de la photo de Léa Stréliski a jauni… ou si c’était du numérique, c’est la balance de blanc qui était mal réglée. La dame au premier plan à droite est vraiment du meilleur effet. Avec un logiciel photo il est toujours possible de redonner un « coup d’jeune » à ces images défraichies. Je peux envoyer à la rédaction sur simple demande (ou toute autre adresse) la photographie dûment corrigée.

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